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Paris, le 18 décembre 2012

Moto GP : Furusawa prévoit des difficultés pour Yamaha...

Moto GP : Furusawa prévoit des difficultés pour Yamaha...

L'ancien responsable technique de Yamaha en MotoGP, Masao Furusawa, exprime de sérieux doutes sur la capacité de Yamaha à pouvoir gérer les conflits qu'il juge inévitables entre Jorge Lorenzo et Valentino Rossi en 2013.

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L'ancien responsable technique de Yamaha en MotoGP, Masao Furusawa, exprime de sérieux doutes sur la capacité de Yamaha à pouvoir gérer les conflits qu'il juge inévitables entre Jorge Lorenzo et Valentino Rossi en 2013.

"Ce sera une année très difficile"...

Pour le père de l'YZR-M1, par ailleurs grand admirateur et ami du "Docteur", si le retour du n°46 est une bonne chose pour les fans et pour l'image de Yamaha, la concurrence avec Lorenzo provoquera rapidement des conflits de plus en plus difficiles à gérer.

Rossi et Ducati : les remords de Burgess...

Après deux saisons noires chez Ducati, Jeremy Burgess, le fidèle chef mécano de Rossi, est contraint de ravaler ses propos concernant ses capacités et celles du n°46 à régler les problèmes de la Ducati "en 80 secondes".

Malgré l'expérience considérable de Burgess (il fut notamment l'artisan des cinq titres de Doohan) et le génie de Rossi, la "Dream Team" n'a en effet pas réalisé le moindre progrès avec les D16, un échec qui hantera l'Australien jusqu'à la fin de ses jours...

"Je sais que nous aurions pu faire mieux que ce que nous avons fait et c'est quelque chose que je vais emporter avec moi dans la tombe. Car en deux ans, nous n’avons pas atteint les objectifs que nous nous étions fixés", regrette Burgess en rappelant que Rossi n'a signé que trois podiums en deux saisons chez les Rouges. "L’aventure a été décevante", soupire-t-il.

Et s'il comprend le choix de Rossi de quitter Ducati, partir sans avoir terminé le boulot lui laisse un goût amer. D'autant que l'arrivée d'Audi au sein de Ducati constituait selon lui une bonne raison de rester...

"Je pense qu’avec l’arrivée d’Audi, il pourrait y avoir une autre façon de voir ce qui doit être réalisé et ce qu'ils veulent réaliser. Le plus décevant, c’est que Valentino n’a pas réussi à y voir des motifs suffisants pour demeurer une année de plus. Je comprends son point de vue, il veut être compétitif, mais nous n'avons pas atteint nos objectifs. Je pense vraiment que la pression aurait été sur les épaules de Ducati s’il y avait eu une troisième année", regrette le chef mécano de Rossi.

Visiblement modérément emballé par son retour chez Yamaha, Burgess a aussi exprimé son embarras concernant la mise à pied de plusieurs membres du service course Yamaha - l'équipe technique de Spies, essentiellement - que son retour et celui des mécanos attitrés de Rossi a provoqué.

"Ce sont des gars qui ont des emprunts à rembourser, qui ont des familles à nourrir et qui maintenant sont à la recherche d'un emploi", déplore-t-il... 

"Je sais que c'est quelque chose d'agréable et de sympathique pour les fans de voir Valentino et Jorge partager à nouveau les mêmes stands, mais ce sera une année très difficile pour ceux qui sont à l’intérieur de ces stands", prédit l'ancien ingénieur Yamaha dont le départ à la retraite fin 2010 a influé sur le choix de Rossi de rejoindre Ducati.

"Je crois qu’ils vont beaucoup se battre : ce sera un bon spectacle, mais ce sera aussi un gros problème pour Yamaha. Je ne vois personne qui puisse gérer une situation qui, à mon avis, deviendra de plus en plus difficile", affirme le Japonais.

Convaincu que Rossi sera de nouveau compétitif au guidon de la Yamaha, Furusawa assure que les dirigeants du service course du blason d'Iwatta devront rapidement prendre position en faveur de l'Italien ou du Majorquin...

"Avant que Jorge n’arrive chez Yamaha, Masahiko Nakajima (directeur du développement Yamaha, NDLR) aimait beaucoup Valentino", relate Masao Furusawa.

"Ensuite, il a commencé à préférer Jorge parce que c’est parfois difficile de discuter avec Valentino tandis que Jorge était jeune et c’était facile avec lui. Avec Lorenzo, tout s’est bien passé chez Yamaha jusqu’à ce qu’ils apprennent qu’il négociait avec Honda, début 2012"…

"Nakajima a été vraiment blessé et il a changé d’attitude à son égard : il a compris que Jorge se comportait comme les autres pilotes, c’est-à-dire qu’il pense à ses intérêts. Le retour de Valentino intervient dans cette atmosphère et je n’ai aucune idée de ce qui va se passer", conclut l'ancien responsable du projet M1 qui a été approché par le directeur technique de Ducati cet été (lire MNC du 27 août 2012).

Lorenzo ne veut pas de mur

Jorge Lorenzo a assuré qu'il n'y aurait pas de mur séparant son box de celui de Valentino en 2013. Exigé par le n°46 (et Bridgestone) lors de leur première collaboration, ce mur avait à l'époque alimenté un grand nombre de polémiques et de critiques, ce dont le double champion du monde se souvient parfaitement...

“Il est évident que trop de choses ont été dites et écrites à propos de ce mur et de son importance", avoue le tenant du titre avant de nuancer ses propos en rappelant que le MotoGP est un "sport très individuel car chacun s’intéresse d’abord à son propre travail. Ce n’est pas comme si on jouait au basket. Mais peu importe : cette fois-ci, il n’y aura pas de mur", assure le n°99.

De son côté, le service course Yamaha a fait savoir que cette supposée lutte de pouvoirs n'était pas inévitable dans la mesure où le "roi Rossi" n'a plus grand-chose à prouver.

"Valentino, c’est Valentino et il n'a pas besoin de démontrer quoi que ce soit", a tempéré Massimo Meregalli, le team manager de Yamaha. "Il aura 34 ans (en février 2013, NDLR) et les risques qu'un pilote de cet âge est prêt à prendre sont moindres qu'à 23 ans, mais son expérience compense ce manque", souligne-t-il.

"Chaque fois qu'il a eu la possibilité de réaliser un bon résultat, chez Ducati, il n'a pas laissé passer sa chance et a montré qu'il pilotait encore à un niveau très élevé". A suivre de près toute l'année sur MNC : restez connectés !

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