BCA Expertise, l’autoproclamé leader français de l’expertise automobile, déterre un rapport de 2022 sur la sinistralité des deux-roues. Selon lui, il faut contrôler la réparation des véhicules gravement endommagés... mais aussi l’état de tous les autres ! Vraiment, alors que 4 % seulement des motos et scooters sont potentiellement dangereux ?
"En France, plus de 3 millions de deux roues circulent sur les routes", expose BCA Expertise en introduction. "Depuis quelques années, ce chiffre est en constante augmentation, notamment dans les grandes villes. Toutefois, malgré une baisse générale de la sinistralité sur les routes françaises, les accidents impliquant des deux roues restent encore élevés", s’inquiète pour nous le leader français de l’expertise motocy... automobile ?!
En partenariat avec l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière), cet expert quatre-roues a donc cherché à "comprendre l’origine et l’impact de ces sinistres et (à) déterminer les actions à privilégier pour améliorer la sécurité routière des deux-roues". Morceaux choisis du rapport publié le 8 novembre 2022...
Basée sur 49 000 expertises de deux-roues réalisées entre janvier 2019 et mars 2021 par ses experts, l’étude indique que 78% des expertises font suite à un accident de circulation, dont 58% à cause de collisions avec un ou plusieurs véhicules, soit la première cause de sinistralité pour les deux roues.
Dans 18% des cas seulement, les sinistres en circulation font suite à une perte de contrôle sans cause extérieure : le fameux "ça passait, c’était beau". Enfin, "parmi les autres types de sinistres constatés, on retrouve le vol et vandalisme (19%), les véhicules volés non retrouvés (hors périmètre de mesure), les défaillances, dommages ou pannes mécaniques (3%)" répertorie BCA Expertise.
En approfondissant ses recherches, l’expert a détecté que "61% des véhicules accidentés en circulation présentent des dommages affectant la sécurité du véhicule au niveau de la conduite et/ou de sa signalisation (éléments de suspension 29 %, système de freinage 22 %, ensemble de guidon 20 %, roues 18 % et cadre 11 %)".
Selon l’étude, 28% de ces motos et scooters ne peuvent plus rouler. Direction la casse, l’atelier ou le garage donc. Les 72% déclarés roulant, peuvent reprendre la route (les rues, où 67 % des sinistres se produisent) puisque les propriétaires sont aujourd’hui libres de les utiliser tel quel.
Sur les 49 000 véhicules toujours, les experts de la BAC BCA ont constaté dans 74% des cas que les deux-roues se trouvaient dans un état standard (autrement dit bon état). Le quart restant était composé de machines ayant subis des dommages antérieurs.
Les déficiences préalables observées sur ces motos et scooters mal ou pas du tout entretenus, concernent dans l’ordre : l’état général (32%), absence, non-conformité ou détérioration de l’échappement (30 %), absence, détérioration et/ou non conformité des éléments d’éclairage et de signalisation (15%), fuites, usures, non-conformité au niveau de la fourche, du moteur et de la transmission (10%), usures prononcées des pneumatiques, des disques et plaquettes de frein (8%) et jeux anormaux au niveau des articulations de la partie cycle (5%).
Ce que retient surtout Moto-Net.Com, c’est que 4 % seulement des véhicules sinistrés sont considérés par BCA Expertise comme "dangereux" avant la survenue du dit sinistre. Soit 1960 motos et scooters repérés en plus de deux ans d’étude. Alors, inquiétant ou rassurant ?
Sur les mêmes 49 000 deux-roues expertisés par BCA Expertise, 41 % présentaient des modifications. Si 14 % des motards et scootéristes se contentent de personnalisations purement esthétiques, "12 % d’entre eux s’aventurent à modifier mécaniquement leurs véhicules", alerte l’étude.
D’après le rapport, "ces modifications entraînent des conséquences sur la sécurité et on compte 7 % des deux-roues comme étant non-conformes et dangereux", juge l’expert (auto toujours). Ce dernier souligne que 47 % de ces "cercueils roulants" (c’est MNC qui le dit) sont des cyclomoteurs (mobylettes, motos et scooters 50 cc). Mais que font les parents ?
En raison des 4 % de motos et scooters endommagés antérieurement et présentant un danger pour le conducteur et les autres usagers de la route d’une part, et des 7 % non conformes et potentiellement dangeureux également de l’autre, BCA Expertise estime que "deux facteurs sont à surveiller car ils peuvent avoir un impact non négligeable sur la sécurité des deux-roues : l’état général des deux-roues en circulation et de leur conformité, ainsi que la qualité de la réparation des deux-roues après un sinistre".
Pour améliorer la sécurité des deux-roues motorisés, l’expert quatre-roues préconise donc un "contrôle de la réparation des deux-roues gravement endommagés" afin de ne plus laisser rouler de mortelles poubelles. Il suffirait selon lui "d’étendre, aux deux-roues, la procédure réglementaire déjà appliquée aux véhicules légers (procédure VGE définie par les articles L327-1 à 6 du code de la route)".
De même, "à l’instar de ce qui est en place pour les véhicules légers en France et pour les deux-roues dans de nombreux pays européens, BCA Expertise soutient la mise en place d’un contrôle technique des deux-roues motorisés dont l’entrée en vigueur en France est prévue début 2024".
Le contrôle devrait être réalisé sur les engins "immatriculés avant le 1er janvier 2017 (...) avant le 31 décembre 2024". De plus, un contrôle technique de moins de six mois devrait être réclamé "pour toute vente d’un véhicule d’occasion éligible au contrôle technique, à l’image de ce qui se pratique pour les voitures".
Enfin, l’expert "propose également la mise en place d’un observatoire annuel qui présenterait plusieurs avantages : un suivi régulier de la situation des deux-roues par rapport aux études précédentes, une mesure de l’efficacité des actions, une aide à la décision de la politique sécuritaire"... et des recettes supplémentaires pour son bureau d’investigation. Bien vu !
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