
Depuis le 15 avril 2024 en France, les motos et scooters (3-roues et voiturettes aussi) sont soumis à un contrôle technique. Deux ans plus tard, MNC dresse un bilan négatif : celui d’une mesure massivement rejetée, qui ne peut prétendre améliorer la sécurité routière de manière tangible et prouve même ponctuellement son inutilité. Oh bravo.
Quel bilan tirer du contrôle technique moto qui souffle aujourd'hui même sa deuxième bougie ? Les Moto-Nautes - qui, comme chacun sait, ont un peu plus de chance que les autres - ne seront pas surpris d'apprendre que cette mesure peine à convaincre les motards… en colère, mais pas que !
"Deux ans après l’entrée en vigueur du contrôle technique pour les deux-roues motorisés (2RM), le constat reste sans appel : cette mesure, imposée contre toute logique de sécurité routière, n’est qu’une taxe de plus sur la mobilité des motards", fulmine la Fédération Française des Motards en Colère.
Or ce rejet dépasse largement le rayon d'action de l'association ! Pour mémoire, 730 150 motocycles (2525 side-car et 92 547 cyclos) avaient été présentés au contrôle en 2024. Un nombre impressionnant certes, mais insuffisant : sur un parc français estimé à 4,6 millions de deux-roues motorisés, la moitié aurait du passer à l'atelier avant le 1er janvier 2025.
Le compte n'était pas bon pour les contrôles techniques ? Il n'était, hélas, pas bien meilleur pour la sécurité routière, contestant ainsi les arguments mêmes des autorités selon lesquels le contrôle technique permettrait de faire baisser la sinistralité chez les motards.
Les données disponibles à ce jour indiquent en effet que les deux-roues motorisés restent - logiquement - surreprésentés dans les accidents mortels : en hausse de +2% en 2024, le nombres de tués à deux-roues est passé sous la barre des 700 (575 motos + 116 cyclos) en 2025. Bien ?
Sauf que cette baisse "insignifiante" (sauf pour quelques familles épargnées, bien sûr) ne peut être attribuée au seul, révolutionnaire et pas-si-obligatoire-que-cela contrôle technique. Pour cause, "depuis 2008, la FFMC martèle une vérité étayée par l’étude européenne MAIDS : l’état technique du véhicule n’est en cause que dans moins de 0,5% des accidents de deux-roues".

Le nombre des contre-visites vient d'ailleurs appuyer ce point capital : d'après les statistiques fournies par Mobilians (ex-CNPA ou Conseil National des Professions de l'Automobile) lors du premier anniversaire du CT moto, moins d'une moto contrôlée sur 1000 (mille !) nécessitait une contre-visite motivée par une défaillance critique.
De même, moins d'une moto contrôlée sur 10 était recalée pour un motif - moins - grave, soit deux fois moins que les voitures et trois fois moins que les voiturettes sans permis. En deux ans d'existence donc, le contrôle technique n'a pas permis d'identifier de problème(s) majeur(s) de sécurité lié(s) à la mécanique des motos...
Ce constat légitime encore la grogne des motards qui entretiennent convenablement leur machine. Beaucoup craignent davantage le comportement des autres conducteurs, critiquent l'état de certaines routes... et devraient eux-mêmes parfois mieux se conduire, aussi ?!
Les chiffres de la sinistralité - toujours préoccupants - ne montrent pas plus d’amélioration attribuable au contrôle technique moto. Dans ce contexte, sa pertinence en France reste plus que jamais critiquable en raison de son utilité réelle infondée et son acceptabilité largement contestée.
"La sécurité des motards passe par leur tête et leurs équipements de protection, pas par un tampon sur une carte grise", résume la FFMC qui poursuit ses actions, comme le dialogue ministériel par exemple, afin de mettre en place d'autres mesures : "amélioration de l’état des routes, lutte contre les glissières de sécurité "guillotines" et incitations fiscales à l’équipement de protection".
La Fédération Française des Motards Contre-le-controle-technique maintient aussi son boycott des centres de contrôle technique auto "qui ont choisi de s’équiper pour ponctionner les motards", compile toujours les témoignages à charge, et soutient encore la pétition en ligne exigeant l'abrogation du CT moto.
La FFMC signale justement une "première victoire d'étape" pour la pétition qui dépasse désormais les 79 000 signataire et vient surtout d'être "retenue et sera examinée par la Commission du Développement Durable" (cf. vidéo en ligne, à partir de 12min 13sec). Affaire à suivre, sur MNC bien sûr : restez connectés !
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