
La Fédération internationale de motocyclisme (FIM) réaffirme son opposition au contrôle technique moto et scooter, ainsi qu'au projet de le rendre obligatoire dans tous les pays d'Europe. Explications.
Qui a dit : "le contrôle technique périodique obligatoire à l’échelle de l’UE pour les motos reste disproportionné, n’est étayé par aucune preuve impartiale en matière d’accidents et s’avère incompatible avec le programme européen de simplification réglementaire" ? La FFMC ? La FEMA ? Les motards signataires de la pétition contre le 2RM ?
Perdu : cette accusation à charge contre l'examen périodique des motos et scooters provient de la Fédération internationale de motocyclisme, l'instance officielle en charge des compétitions moto à travers le monde ! La FIM, historiquement défavorable au contrôle technique, remonte au créneau en réaction au projet du Parlement européen qui entend l'imposer à tous les États membres.
"La Fédération Internationale de Motocyclisme prend acte de la position du Parlement européen sur la révision du Paquet Contrôle Technique et réitère sa ferme opposition à l’introduction d’un contrôle technique périodique obligatoire pour les motos dans l’ensemble de l’UE", déclare la FIM.
Rappelons que le Danemark, la Finlande, l'Irlande ou encore les Pays-Bas ont fait le choix de ne pas mettre en place le "CT2RM", conformément à la législation européenne en vigueur. Les pays membres peuvent effectivement ne pas l'appliquer à condition de présenter des alternatives favorables à la sécurité routière. C'était la voie initialement suivie par la France… avant son pénible volte-face en 2024.

Or, cette flexibilité est mise sur la sellette par le Parlement européen : les élus ont voté début mai, à 30 voix contre 11, pour l'extension du contrôle technique à tous les pays de l'Europe, sans alternative possible. Voilà qui ne va pas faire les affaires du Portugal, qui l'a enterré fin 2024 faute de résultats concrets sur l'accidentalité deux-roues !
"Bien que la FIM soutient pleinement les mesures qui améliorent la sécurité des motards et des motardes, le régime de contrôle obligatoire proposé ne s’attaque pas aux causes principales des accidents de la route impliquant des motos, des scooters et d’autres deux-roues motorisés", abonde dans ce sens la Fédération internationale.
"La priorité doit être accordée à des politiques efficaces et fondées sur des données probantes, et non à des obligations administratives supplémentaires qui généreraient des coûts pour les usagers, les usagères et les autorités publiques sans apporter de bénéfices mesurables en matière de sécurité", fustige l'institution basée à Mies (Suisse).
"Les données disponibles ne démontrent ni corrélation ni lien de causalité entre les régimes de contrôle technique obligatoire et une réduction des accidents de la route impliquant des motos", poursuit la FIM, avant de rappeler la très faible part des défaillances techniques dans l'accidentologie moto (moins de 1%).

"Les facteurs majeurs restent le comportement humain, la sensibilisation des motards, des motardes, des conducteurs et des conductrices, la qualité des infrastructures, l’état de la chaussée, la visibilité, la sécurité aux intersections et la répression des comportements dangereux", liste la Fédé avec bon sens.
"À l’heure où l’UE a placé la simplification réglementaire, la proportionnalité et la compétitivité au centre de son agenda politique, l’imposition d’une nouvelle obligation de contrôle pour les motos irait dans la direction opposée", estime par ailleurs l'institution présidée par Jorge Viegas.
"L’Europe devrait se concentrer sur des mesures dont il est prouvé qu’elles sauvent des vies, et non sur des obligations réglementaires qui imposent des coûts sans gains évidents en matière de sécurité", tâcle - sportivement, bien sûr ! - le dirigeant portugais.
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