
Kymco a immatriculé 2222 motocycles (-51%) en France en 2025. Pour Moto-Net.Com, le directeur de la marque taïwanaise analyse la baisse du marché français et les tendances majeures, dresse son bilan et celui de ses principaux modèles, annonce les premiers événements 2026... Interview MNC de Stéphane Goeury.
Moto-Net.Com : Le marché français du motocycle (hors 50cc) est en perte de vitesse en 2025. Quelle est la part du passage à Euro5+ dans ce freinage ?
Stéphane Goeury, directeur général Kymco Lux : En ce qui nous concerne, notre gamme de scooters et de quads est relativement étendue, du 50 jusqu’au 700cc. Il convient de noter que la transition vers de nouvelles normes moteur ne peut être réalisée en quelques mois, pour Kymco ce processus s'est étalé sur une période de deux ans, engendrant ainsi certains inconvénients. Cela a beaucoup compté, mais les nouveautés attendues arrivent dans les prochaines semaines.
MNC : Quels autres phénomènes expliquent ce repli des ventes de motos et scooters (125cc et plus) en France ?
S. G. : Ce n’est pas nouveau, le contexte politique et économique touche explicitement le pouvoir d’achat. Actuellement, il s'agit d'un phénomène durable qui ne se limite pas exclusivement à notre secteur des deux-roues. Nous avons effectué des ajustements tarifaires en 2025, suivis de modifications supplémentaires au début de l'année 2026 concernant plusieurs modèles. L'augmentation des prix des carburants, des assurances, ainsi qu'une diminution du kilométrage moyen constituent autant de facteurs qui entravent également le processus de renouvellement.
MNC : Mis à part quelques best-sellers, les 125 cc souffrent particulièrement. Pourquoi les Français les boudent-ils selon vous ?
S. G. : Un terme apparaît de manière récurrente, à savoir la confiance. Les Français, mais pas que, ne savent plus vraiment ce qu’ils doivent acheter et pour combien de temps. Dans le doute, la décision d’achat n’est pas prise et ils conservent leurs véhicules actuels, lesquels, dans de nombreux cas, restent sous-kilométrés. Nous attendons de nouveaux moteurs dans cette catégorie pour redynamiser notre gamme 125, ils ont été dévoilés à Milan en novembre dernier.

MNC : Leurs équivalents à trois roues chutent à nouveau et vertigineusement. Que sont devenus ces "scootomobilistes" : des cyclistes, des télétravailleurs, des R5-istes ?
S. G. : Longtemps le marché a oscillé entre 10 000 et 11 500 immatriculations (pic à 12 900 en 2014), mais avec la montée en gamme/cylindrée des véhicules et la hausse des prix associée, les volumes sont passés sous la barre des 9000 unités depuis 2023 après s’être maintenus à 10 000 unités en 2021 et 2022.
Le CV3 a été introduit en 2022 et, grâce à son moteur bicylindre, il a introduit de la nouveauté sur ce marché. La réponse de Kymco s'est révélée pertinente, adoptant une approche axée sur le tourisme plutôt que de se limiter exclusivement à l'usage quotidien.
De manière générale, il convient de mettre en perspective la notion de diminution du marché. De notre côté, nous observons une érosion qui s'explique par un renouvellement moins significatif de la part du client final, en raison des mêmes motifs que ceux déjà évoqués précédemment. Nous observons que le CV3 continue de séduire en dehors de l’Île-de-France. La version 575 à partir d’avril avec son lot d’évolutions est attendue.
MNC : Les motos de petites cylindrées (entre 300 et 500cc) montent en régime. Est-ce une question de goût, de coût, des deux à la fois ?
S. G. : Nous ne proposons pas de modèles dans ce segment, néanmoins, nous avons constaté l'importance du niveau de prix. Il convient de noter qu'un niveau élevé d'équipements ne correspond plus nécessairement à un coût élevé. Les clients recherchent des équipements, mais pas nécessairement l'ensemble de ceux-ci, sous-entendu les essentiels.
MNC : Quel est votre bilan global sur 2025 en France ?
S. G. : Kymco a vendu un peu plus de 14 000 véhicules en 2025 avec le concours de 270 revendeurs sur le territoire.

MNC : Quels modèles ont particulièrement bien roulé pour vous cette année (en volume et/ou image) ?
S. G. : Le Skytown 125, proposé au prix de 2999 euros, a de nouveau performé avec 1 221 exemplaires immatriculés : c’est un beau succès, il a pris l’aspiration derrière le PCX et le Nmax, en trouvant sa place sur un marché des scooters 125 compacts. Le CV3 a séduit un millier de clients au cours de l'année précédente. Sur le marché des véhicules de 50cc, notre modèle Agility occupe la troisième position avec un total de 2262 unités écoulées, tandis que notre quad MXU 550 reste une valeur sûre avec 977 exemplaires vendus.
MNC : MNC : Quelles machines ont moins bien tourné et pourquoi ?
S. G. : En ce qui nous concerne, nous savions que nous n’aurions pas de version Euro 5+ du CV3 pour 2025. C'est la raison pour laquelle nous avons accru nos stocks et réalisé des immatriculations anticipées à la fin de l'année 2024, afin de garantir l'approvisionnement de notre réseau jusqu'à l'arrivée de la nouvelle version. Le marché des trois roues demeure un secteur caractérisé par une base solide, avec des prix moyens de véhicules relativement élevés. Dans ce contexte, Kymco a su se positionner en seconde place avec un unique modèle, le CV3, en misant sur la motorisation et la polyvalence afin de ne pas se limiter à l'image du scooter urbain.
MNC : MNC : Quels seront vos grands rendez-vous au 1er semestre 2026 ?
S. G. : Nous convions nos clients possesseurs de maxi scooters à la fin du mois de juin pour la quatrième édition de notre événement Kymco Riders, les inscriptions ouvrirons d’ici la fin du mois de février. Nous prévoyons de faire rouler, le temps d'un week-end, environ 150 modèles AK et CV3. Par la suite, le Kymco Évasion, notre événement consacré aux quads, se tiendra fin septembre.
MNC : MNC : Qu'avez vous commandé au Père Noël cette année ?
S. G. : Une mise à jour de notre CV3, ainsi qu'une innovation en 125. Or elles seront disponibles en 2026.
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