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CONTRÔLES INVISIBLES, AMENDES VISIBLES
Paris, le 2 novembre 2021

Comment l’État tente de mettre en veille les avertisseurs de radars type Coyote et Waze

Comment l’État tente de mettre en veille les avertisseurs de radars type Coyote et Waze

Les outils d’aides à la conduite comme Coyote, Waze, Here WeGo et autres TomTom ne pourront plus signaler certains contrôles de police et de gendarmerie de façon limitée dans le temps et l’espace, à la demande du préfet ou le ministère de l’intérieur. Ces "zones blanches" sont entrées en vigueur ce lundi 1er novembre. Explications.

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Les assistants à la conduite, bientôt inutiles ? Ces appareils et applications communautaires qui permettent de signaler en direct des informations sur la route - et la présence de radars, de façon détournée - subissent comme prévu une nouvelle restriction sous la forme de zones blanches, des tronçons de plusieurs kilomètres où certains contrôles policiers seront invisibles sur ordre de l’État.

Cette mesure décidée fin 2019 est entrée en vigueur hier, conformément au décret n° 2021-468 du 19 avril 2021 qui autorise "l’autorité administrative" à interdire "à tout exploitant d'un service électronique d'aide à la conduite ou à la navigation par géolocalisation de rediffuser au moyen de ce service tout message ou toute indication (…) susceptible de permettre aux autres utilisateurs de se soustraire au contrôle routier".

Pour l'instant, seuls quelques contrôles bien précis sont concernés par ces zones blanches, comme déjà expliqué sur MNC : alcoolémie, stupéfiants et vérifications d’identité suite à une alerte enlèvement ou terroriste et autres cas de personnes recherchées. En clair, des motifs inattaquables : qui irait à l'encontre de l'arrestation de conducteurs ivres ou drogués, voire des kidnappeurs et des terroristes ?

Concrètement, depuis lundi 1er novembre 2021, ces systèmes pourront être amenés à ne plus signaler ces trois types de contrôles policiers sur décision du ministre de l’intérieur - en charge de la sécurité routière - ou du préfet "sur proposition des officiers ou agents de police judiciaire et des agents de police judiciaire adjoints de la gendarmerie et de la police nationales".

Plusieurs limites sont toutefois prévues sur  cette "invisibilité" des forces de l’ordre : ces zones blanches sont limitées "à un rayon de deux kilomètres autour du point de contrôle" en agglomération et de 10 km en dehors. Par ailleurs, leur durée "ne peut excéder deux heures" pour l’alcoolémie et les stupéfiants, mais peut être portée à "douze heures s'il concerne une autre opération" comme les alertes attentat et enlèvement.

Et les contrôles de vitesses, alors ?

En l’état actuel des choses, le texte publié au Journal officiel n’autorise pas les préfets ou le ministre à se servir de cet "aveuglement" pour masquer des contrôles de vitesse sur les assistants à la conduite. Un soulagement pour leurs usagers et leurs gestionnaires, qui redoutent le moment où toute forme de signalements des radars et jumelles sera strictement interdit...

Rappelons en effet que la réglementation à ce sujet maintient un certain flou artistique propre à la France : l’État avait certes diminué en 2011 la précision des signalements sur ces appareils à l’époque couramment appelés avertisseurs de radars, mais des subterfuges existent et sont tolérés.

Désormais, les assistants ne sont plus autorisés à indiquer l’emplacement précis d’un radar : ils signalent à la place l’arrivée dans une "zone de danger" (500 m en ville, 2 km hors agglomération et 4 km sur autoroute). Dans le doute, mieux vaut donc rendre la main ou lever le pied durant toute cette longueur jusqu’au cinémomètre.

Sauf que les utilisateurs ont vite trouvé la parade : sur Waze par exemple, la fonction "Contrôle de police" avec son icône de policier moustachu est systématiquement utilisée pour matérialiser l’endroit exact du radar. Seul impératif : qu’un autre utilisateur de l’application soit passé avant vous pour placer cette "alerte". D’où l’intérêt aussi de surveiller le nombre de "wazeurs" sur son trajet.

Ces systèmes communautaires utiliseront-elles le même genre de feintes face à cette nouvelle contrainte de zones blanches - et aux interdictions futures qui ne manqueront probablement pas de leur être affectées ? Possible. A moins que les conducteurs se tournent vers les réseaux sociaux, comme le redoutent les associations… 

"On va se retrouver avec des gens qui vont vouloir contourner les applications connectées, qui vont allumer leur smartphone, qui vont créer des groupes sur Facebook... et un automobiliste sur un smartphone ça ne fait jamais bon ménage", craint le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, qui oublie un peu vite que Waze, Coyote and Co sont déjà accessibles depuis un... smartphone !

Aujourd'hui pour la bonne cause, demain à cause de ?

Reste que si le fait de rendre "invisible" ce type de contrôles est parfaitement acceptable d'un point de vue moral, qu'est-ce qui empêche à terme l'État d'étendre cette invisibilité à tous les types de contrôles, vitesse comprise ?

Impossible ? MNC ne parierait pas là-dessus : après tout, on parle tout de même d'un gouvernement qui fait passer en force un abaissement de la vitesse à 80 km/h, contre l'avis quasi unanime de la population, des associations d'usagers, mais également d'une cinquantaine de députés et de plusieurs sénateurs ! Ajoutez à cela la menace terroriste et vous obtenez un décrêt intouchable d'un point de vue sociétal...

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