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MOTOGP - VALENCE (18 SUR 18)
Paris, le 10 novembre 2014

Déclarations et analyse du GP de Valence MotoGP

Déclarations et analyse du GP de Valence MotoGP

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix moto de Valence 2014, finale de la saison !

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Une finale à couper le souffle !

Un baston fantastique à l'issue imprévisible jusqu'au dernier tour pour départager Miller et Marquez en Moto3 - avec titre à la clé pour l'espagnol -, un mano a mano intense entre Rabat et Lüthi conclu par une amorce de panne sèche sur la ligne par la Kalex du champion en titre en Moto2 et une superbe démonstration de dextérité et de sang-froid de Marc Marquez en MotoGP : la finale de la saison des Grands Prix 2014 à Valence a tenu toutes ses promesses en termes de spectacle sur le circuit Ricardo Tormo !

Marc Marquez, Honda-Repsol (5ème en qualifs et 1er en course) : "Je suis vraiment très heureux aujourd'hui, peut-être encore plus qu'au Motegi (quand il avait décroché le titre 2014, NDLR) parce que je suis aussi heureux pour mon frère. Je fêtais sa victoire quand j'ai dû me préparer pour la course ! Quand il a commencé à pleuvoir j'ai repensé à Aragon (et sa foire d'empoigne météo, NDLR), je ne savais pas s'il fallait s'arrêter ou non"...

"Il n'y avait que deux ou trois virages mouillés et nous avons montré que nous avons retenu la leçon d'Aragón : aujourd'hui, nous avons choisi la meilleure stratégie. Maintenant nous allons savourer le reste de 2014 et ce sera difficile, peut-être même impossible, de faire aussi bien l'an prochain".

L'analyse Moto-Net.Com : Marc Marquez termine à Valence la saison MotoGP 2014 comme il l'avait débuté au Qatar : par une victoire nette et sans bavure !

Malgré ses deux chutes en essais - dont une durant les qualifications qui lui a probablement coûté une possible 14ème pole position -, l'officiel Honda ne s'est pas déconcentré et signe un magistral 13ème succès, effaçant du même coup le record de 12 victoires remportées par Doohan en 1997.

De là à conclure que l'espagnol est plus fort que l'australien, il y a cependant un pas que MNC laisse à chacun le soin de franchir ou non : impossible en effet de comparer objectivement deux performances si éloignées, tant les conditions et le matériel diffèrent. Et ce même si les deux ont été signées sur des Honda-Repsol !

Souvenons-nous qu'à la fin des années 90, les pneus n'offraient pas autant d'adhérence et surtout de constance qu'aujourd'hui, tandis que l'électronique n'en était qu'à ses balbutiements. Deux conditions rendant encore plus délicat le pilotage des 500cc 2-temps, certes moins puissantes - d'environ 60 ch - que les actuelles 1000 4-temps mais autrement plus bestiales !

Sur le plan strictement "comptable" en revanche, Mick Doohan conserve l'avantage en termes de réussite pure puisqu'il a remporté 12 des 15 courses de la saison 1997 (soit 80% de réussite), contre 13 victoires en 18 courses pour Marquez (soit 72,2%).

Ce calendrier plus étoffé en 2014 implique aussi que l'espagnol a bénéficié de trois occasions supplémentaires pour égaler, puis dépasser ce record atteint par Doohan lorsqu'il coiffa sa quatrième et avant-dernière couronne en 500 cc.

La performance de Marquez n'en reste pas moins hallucinante, tant sportivement que psychologiquement, car le n°93 a dû faire face à une adversité supérieure à celle exercée sur Doohan il y a 17 ans. Rossi, Pedrosa et Lorenzo ont chacun maintenu une pression intense sur le plus jeune double champion du monde MotoGP de l'histoire, le poussant même parfois à la faute pour lui contester la victoire.

Mais cela n'a pas suffi, loin s'en faut ! Et comment ne pas être admiratif devant le sang-froid dont Marquez a su faire preuve lorsque la pluie s'en est mêlée durant cette finale, le plaçant dans une situation propice à la faute comme il en a fait l'amère expérience en Aragon ?

Comme lors de chacun de ses succès, Marc Marquez a tenu à le partager avec toute son équipe, dont certains portaient des gants marqués du chiffre "13" pour célébrer sa 13ème victoire ! Une fois n'est pas coutume, Shuhei Nakamoto, vice-président du HRC (dans les bras de Marquez ci-dessus), a donné quartier libre aujourd'hui à son prodige ainsi qu'à tous ses équipiers, alors que les premiers tests 2015 ont débuté ce matin.

"Demain je serai libre, mais il est important que les mécaniciens puissent aussi fêter ça et se détendre", expliquait le n°93 hier soir, tout aussi réjoui par sa performance que par celle de son frère titré en Moto3.

Valentino Rossi, Yamaha Factory (1er en qualifs et 2ème en course) : "Je suis très content parce que je finis une bonne saison avec une bonne course. La course a été difficile aujourd'hui parce qu'il était impossible de comprendre les conditions. Nous avions bien travaillé et nous avons été forts. Je n'étais pas très loin de Marc et je me sentais bien sur la moto".

"Nous avions par contre un problème sur le côté droit du pneu, nous nous en étions rendu compte lors des essais. Le pneu a souffert à cause des températures et des conditions de piste et je ne pouvais pas suivre Marc dans les virages à droite. Cette saison, je savais que je pouvais être compétitif et j'étais très content après ma première course au Qatar, mais c'est très dur avec Marc"...

"Au final, j'ai eu beaucoup de podiums et beaucoup de points mais seulement deux victoires. Marc en a remportées 13, il y a une grosse différence ! Nous devons nous concentrer sur la moto et le team pour faire un grand pas en avant en 2015".

L'analyse Moto-Net.Com : Valentino Rossi termine à Valence la saison MotoGP 2014 comme il l'avait débutée au Qatar : sur la deuxième place du podium, une marche en-dessous de Marquez sur qui il maintint jusqu'au bout la pression.

Si l'officiel Honda est indubitablement l'homme fort du championnat, le Docteur décroche lui aussi les félicitations du "jury MNC" ! Car à 35 ans, "Vale" réalise le tour de force d'avoir su trouver le talent et l'énergie nécessaires pour hausser son niveau et revenir au contact du trio "Marquez-Pedrosa-Lorenzo".

A l'heure du bilan, le n°46 marque 58 points de plus qu'en 2013, lors de sa première saison de retour chez Yamaha (295 points contre 237). Il gagne surtout deux places au classement (4ème en 2013, deuxième en 2014), double son nombre de victoires (deux cette année, une seule l'an dernier) et signe à Valence sa première pole positon depuis le GP de France 2010.

"La dernière fois que j'ai fait la pole, la télé était en noir et blanc !", rigolait Rossi après les qualifications, ses yeux bleus pétillants de malice et son sourire légèrement moqueur rivé aux lèvres. Très rare chez les sportifs de haut niveau, cette autodérision le classe définitivement parmi les champions à part : le n°46 continue à faire le spectacle sur et en dehors de la piste, porté par sa passion dévorante pour le sport moto.

Attention toutefois à ne pas réduire "Vale" au statut "d'amuseur public du MotoGP", car il reste ce pilote d'exception jamais rassasié de succès, comme il l'a fait savoir à Valence en déclarant briguer son dixième titre mondial en 2015...

Et parmi ses adversaires, aucun n'a pris ses ambitions à la légère : ni Marc Marquez du haut de ses 13 victoires (dont dix consécutives !) et encore moins Jorge Lorenzo, qui avoue en toute humilité que Rossi est redevenu presque trop fort à son goût !

"A Sepang, "Vale" m'a forcé à pousser jusque dans les trois derniers tours, alors qu'il faisait plus de 35°C", rappelle Marquez, fervent admirateur de Rossi avec lequel il s'est même entraîné dans son ranch. "J'ai beaucoup de respect pour lui, sa motivation et sa très belle saison. J'aimerais être comme lui plus tard, mais ça ne sera pas facile".

"Quand vous avez un coéquipier qui va plus vite que vous, c'est dur de rester motivé et de trouver les ressources pour s'améliorer"', analyse de son côté Lorenzo. "C'est pourtant ce qu'a fait Valentino en revenant à mes côtés chez Yamaha. Maintenant, il va extrêmement vite, trop même ! Il est redevenu très fort et aujourd'hui, c'est moi qui aimerait le voir aller moins vite !"

Ces déclarations sincères, lancées par ses rivaux en conférence de presse, ont visiblement surpris et touché Valentino Rossi. Car c'est aussi ça la beauté du sport moto : chacun veut surpasser l'autre, quitte à tout tenter en piste pour terrasser "l'ennemi", mais cela ne les empêche pas d'éprouver un sincère respect l'un pour l'autre.

Dani Pedrosa, Honda-Repsol (3ème en qualifs et 3ème en course) : "La course n'a pas été facile... Le milieu de la course a été compliqué parce que la piste était un peu mouillée. J'avais pris un mauvais départ et j'avais perdu le contact avec Márquez et Rossi. J'ai été un peu plus fort que d'habitude sur les premiers tours. C'est mieux de finir sur le podium que de ne pas le faire, ça n'a pas été ma meilleure saison mais je suis quand même content".

"La saison a été dure, avec des problèmes tout du long, mais il faut savoir garder le positif et en tirer des leçons. Nous ferons de notre mieux pour progresser et être plus forts l'an prochain".

L'analyse Moto-Net.Com : Dani Pedrosa termine à Valence la saison MotoGP 2014 comme il l'avait débutée au Qatar : sur la troisième marche du podium, loin, très loin de Marquez et Rossi (14 secondes de retard sur le n°93 à l'arrivée)...

Cette (contre)performance n'est franchement pas à la hauteur du talent de "Pedro", qui a perdu toutes chances de lutter avec les leaders en abaissant trop son rythme lorsqu'un deuxième épisode pluvieux est venu perturber la course.

Sans doute doit-on voir dans ce relatif "excès de prudence" une conséquence de sa boulette d'Aragon, quand il avait chuté sous la pluie en tentant de forcer en pneus slicks pour suivre son coéquipier, lui aussi piégé peu après pour les mêmes raisons...

Reste qu'à domicile, Dani a de nouveau livré une course sans relief, certes dans le "bon wagon" mais pas en catégorie "première classe"... Ce dixième podium de la saison sauve néanmoins une fin de saison difficile, marqué par deux résultats blancs consécutifs en Australie (accrochage causé par Iannone) et en Malaisie (double chute de l'avant).

Alors qu'on l'attendait de botte ferme pour contrer la "Marc Royale" de son coéquipier, Dani Pedrosa - à moto et pneus égaux - n'aura finalement jamais réussi à se hisser au niveau de Marquez. Il termine quatrième du championnat avec un seul succès au compteur (à Brno), son plus modeste score en termes de victoires depuis son arrivée en MotoGP sur la Honda officielle en 2006 (de deux à sept victoires par saison ces neuf dernières années).

Andrea Dovizioso, Ducati Team (9ème en qualifs et 4ème en course) : "Je suis très content de cette quatrième place ! C'est la confirmation que nous avons fait du bon travail ce week-end, malgré une qualification décevante. Je suis content de la façon dont j'ai géré ma course parce que ce n'est pas facile de partir en troisième ligne à Valence".

"La course a été difficile à cause de la pluie, on ne pouvait pas rouler à la limite et tout dépendait des risques que l'on voulait bien prendre... J'ai fait ce que j'ai pu mais j'aurais peut-être pu prendre davantage de risques. La bagarre avec Cal a été très bonne mais aussi très propre, comme toujours. Je me suis fait plaisir et, d'une certaine manière, je regrette qu'il quitte l'équipe !"

L'analyse Moto-Net.Com : C'est au terme d'un magnifique duel avec son désormais ancien coéquipier qu'Andrea Dovizioso conclut sa deuxième saison chez Ducati, marquée par ses deux premiers podiums sur la Desmosedici à Austin (3ème) puis aux Pays-Bas (2ème).

Cinquième du classement général avec 47 points supplémentaires par rapport à 2013, l'italien est incontestablement monté en puissance, comme le prouvent ses cinq incursions dans le Top 10 lors des sept derniers GP.

La raison de cette progression est en grande partie d'ordre technique, puisque les Rouges ont visiblement bien progressé sur le comportement de la Ducati grâce aux possibilités de développement supplémentaires accordées par les subtilités du règlement "Factory 2" (accès au pneu plus tendre Open, développement moteur illimité, 24 litres d'essence contre 20 pour les Factory et 12 moteurs au lieu de 5).

Grâce à ce règlement à "quatre vitesses" (la catégorie MotoGP opposait cette année les Factory type RC213V et YZR-M1 d'usine ou privées, les Factory 2 Ducati, les Open type RCV1000R et M1 Forwards et les ultimes CRT comme l'Avintia de Di Meglio !), Ducati est parvenu à redresser la barre en termes de performances, avec en point d'orgue l'introduction d'une GP14.2 affinée au niveau du réservoir et plus agile en Aragon.

Tous leurs espoirs des Rouges portent désormais sur la GP15 conçue par Luigi Dall'Igna, dont les débuts étaient en toute logique attendus à Valence pour les essais "post-course" mais que le boss du service course italien a préféré reporter à Sepang en février 2015...

Cal Crutchlow, Ducati (8ème en qualifs et 6ème en course) : "Je crois que c'était une bonne manière de finir ma saison, en piste avec Andrea aux quatrième et cinquième places, après avoir fait du bon travail. Nous aurions peut-être dû attaquer un peu plus quand la piste était légèrement mouillée, mais je suis sûr que le résultat aurait été le même sur le sec".

"Le week-end a été positif, j'avais un bon rythme en course et je me suis bien battu avec Andrea. Je suis satisfait de ma dernière course. Je tiens à remercier Ducati et toute l'équipe, ils ont fait un excellent travail et c'est dur de les quitter. Je leur souhaite le meilleur pour la suite".

L'analyse Moto-Net.Com : Comme tous les pilotes passés chez Ducati, Cal Crutchlow éprouve un pincement au coeur en se séparant de son équipe dont il aura vanté les mérites toute l'année. Concernant les dirigeants du team officiel Ducati et la Ducati en question, c'est une toute autre histoire...

Jamais à l'aise avec cette moto "physique" et toujours aussi rétive à placer sur la bonne trajectoire - et surtout à y rester ! -, le britannique a lâché prise face à l'ampleur de la tâche... Très vite démotivé malgré le gros chèque empoché pour piloter la Desmosedici, le n°35 s'est de surcroît "accroché" à plusieurs reprises avec les dirigeants du team en raison de ses propos corrosifs, comme lorsqu'il avait déclaré vouloir emmener sa moto à Lourdes pour qu'il se produise un miracle !

Malgré un très beau podium en Aragon, Crutchlow termine à une 13ème place très éloignée des ambitions placées sur un pilote de ce calibre, auteur de deux pole positions et de six podiums avec la M1 Tech3 les deux saisons précédentes.

Au final, le britannique aura été éclipsé toute la saison par son remplaçant Andrea Iannone, dixième du championnat et auteur de superbes coups d'éclats - ce week-end encore face à Marquez, notamment -, car autrement plus décidé à se retrousser les manches sur sa Ducati satellite !

Pol Espargaro, Yamaha-Tech3 (6ème en qualifs et 6ème en course) : " Je ne peux pas m'empêcher d'être un peu déçu du résultat... Nous étions en deuxième ligne et j'avais fini deuxième du warm-up avec un réservoir plein et des pneus usés. Je pense que nous étions bien préparés pour cette dernière course mais nous avons eu un petit peu de pluie au début de la course et ça a gâché nos chances".

"Je n'ai pas encore assez d'expérience avec le pneu slick dans ces conditions et je ne pouvais donc pas prendre de risques. Bradley et mon frère n'étaient pas loin et nous nous battions tous les trois pour la sixième place au championnat. Je devais donc essayer de finir avec un bon résultat, sans faire d'erreur. Je finis ma première saison comme meilleur pilote privé, ce qui était notre objectif, et je suis content d'avoir réussi".

"Je tiens à remercier le team pour tout leur travail et leur patience, ils m'ont beaucoup appris et beaucoup soutenu cette année. Lundi nous commencerons à préparer 2015 et je suis prêt pour ces essais".

L'analyse Moto-Net.Com : Sixième de cette finale et du championnat du monde, Pol Espargaro ne cache pas une certaine déception à l'idée que la saison se termine sans qu'il soit parvenu à donner la réplique aux leaders...

Débarqué en MotoGP avec de grosses ambitions nées de son titre en Moto2, le cadet de la fratrie Espargaro termine sa première saison en MotoGP avec une quatrième place au Mans comme meilleur résultat, deux Top 5 (Italie et Indianapolis) et plusieurs sixième et septième places.

Des résultats satisfaisants dans l'absolu, mais qui ne font pourtant pas le bonheur du n°44, déterminé à marcher sur les traces d'un certain Marc Marquez avec lequel il bataillait jadis en Moto2... Pol Espargaro a pourtant la vitesse nécessaire pour jouer a minima le podium, mais il peine à mettre rapidement le gant sur les bons réglages, ce qui lui fait perdre un temps précieux.

Avec une année supplémentaire, la donne devrait donc normalement changer l'an prochain !

Jorge Lorenzo, Yamaha Factory (4ème en qualifs et abandon en course) : "En Aragon j'avais décidé de rentrer aux stands avec l'arrivée de la pluie et c'était la bonne décision, mais ici il ne pleuvait pas suffisamment pour que le pneu arrière fonctionne bien".

"Les autres pilotes étaient plus rapides avec les pneus slicks sur les passages mouillés, où je perdais de mon côté beaucoup de temps faute de confiance. Comme à Aragon, plutôt que finir 6ème ou 7ème dans ces conditions, j'ai pris le pari de rentrer aux stands, mais nous n'avons pas eu la chance dont nous avions bénéficié là-bas".

"Je tournais 5 à 6 secondes moins vite que les autres et j'ai décidé d'arrêter. Nous avons fait une erreur et nous devons apprendre de toutes les erreurs commises cette saison pour revenir plus fort l'année prochaine".

L'analyse Moto-Net.Com : Jorge Lorenzo termine à Valence la saison MotoGP 2014 comme il l'avait débutée au Qatar : par un abandon dont il est le seul responsable... .

Bien sûr, les circonstances étaient délicates à cerner et dans ces conditions, prendre la bonne décision relève presque du coup de poker. Comme il ne manque pas de le souligner, Lorenzo s'est d'ailleurs imposé en Aragon car il avait opté le premier pour un retour au stand.

Cependant, la situation était différente car il pleuvait de manière plus prononcée à Alcaniz, faisant immédiatement baisser le rythme d'une dizaine de secondes. A Valence, les temps au tour n'ont augmenté "que" d'environ 5 secondes lorsqu'une deuxième série de petites gouttes s'est abattue sur la piste.

Dès lors, alors qu'il pouvait voir à chaque virage que le bitume n'était pas gorgé d'eau comme en Aragon, Lorenzo savait pertinemment qu'il prenait un risque conséquent en rentrant le premier au stand, suivi de Iannone. A peine était-il ressorti avec sa M1 dotée des pneus rainurés que l'averse avait déjà disparu, Marquez et Rossi recommençant à envoyer du gros gaz en tête de course.

A ce moment, la course était perdue pour le n°99, victime d'une nouvelle erreur d'appréciation... A l'arrivée, le majorquin a avoué être incapable de continuer à rouler à bon rythme lorsque les conditions se gâtent : "dans ces circonstances, de mon point de vue, il n'est pas normal de rouler en slicks", plaide-t-il pour se justifier, avant de reconnaître qu'il doit apprendre à surmonter ses craintes pour être capable "de faire de mon mieux dans n'importe quelles conditions".

Troisième du championnat - sa plus mauvaise position depuis 2009 -, Lorenzo voit s'achever avec un soulagement certain cette campagne 2014 où il n'aura été que l'ombre de lui-même à plusieurs moments clés. Le majorquin clôt néanmoins la saison avec 11 podiums au compteur, dont neuf signés successivement à partir du Grand Prix de Grande-Bretagne.

Reste qu'il ne s'est imposé qu'à deux reprises avec la Yamaha officielle, comme son coéquipier Valentino Rossi sur lequel il accuse 32 points de retard au général. Un classement lourd de sens puisqu'il implique que le n°99 perd son statut de n°1 chez Yamaha, pour la première fois depuis son premier titre MotoGP en 2010...

Randy de Puniet, wild card Suzuki (20ème en qualifs et abandon sur problème technique en course) : "Nous savions que le week-end n'allait pas être facile, mais nous ne nous attendions pas à avoir ces problèmes. Tout le monde a fait de son mieux au sein du team mais ce n'était pas suffisant, et pour finir et j'ai souffert de problèmes avec la boîte de vitesses".

"C'est dommage parce qu'avec ces conditions pour la course, j'aurais pu me battre pour une bonne position. Maintenant l'heure est venue pour moi de me tourner vers le Superbike. Je pense avoir fait du bon travail avec Suzuki cette année et je suis impatient de voir et d'écouter les réactions des nouveaux pilotes".

L'analyse Moto-Net.Com : Disons-le tout net, le retour en Grand Prix de Suzuki après trois saisons de "pause" ne pouvait pas plus mal débuter, le prototype GSX-RR souffrant à la fois d'un manque de fiabilité et de compétitivité...

Engagé en tant que pilote wild card, Randy de Puniet a dû composer avec un 4-cylindres en ligne défaillant pendant les essais, puis avec une boîte de vitesses bloquée en position "abandon" au bout de seulement douze tours... Un revers d'autant plus dur à avaler pour le français qu'il s'agissait probablement de sa dernière apparition en Grands Prix...

De son côté, le blason d'Hamamatsu a surtout pris pleinement conscience du chemin restant à parcourir : malgré le talent de Randy pour affoler le chrono sur un tour, la Suz' ne s'est jamais approchée à moins d'1,3 sec du temps de référence en essais et ne s'est qualifiée qu'au 20ème rang à 1,666 sec de la pole...

Plusieurs raisons expliquent cet écart : une électronique qui reste visiblement à peaufiner et un 4-cylindres en ligne à la puissance en retrait, comme en atteste la vitesse de pointe de "seulement" 307,6 km/h atteinte par le n°14 en course contre... 326,9 km/h pour la Honda officielle de Pedrosa : presque 20 bornes d'écart !

Réellement déçu par ce possible "baroud d'honneur" raté, Randy de Puniet se tourne quant à lui - bon gré mal gré... - vers sa nouvelle carrière en World Superbike, où il tentera de faire briller la vieillissante GSX-R1000.

Là encore, la tâche ne s'annonce pas facile pour le pilote tricolore qui peine à digérer l'affront de voir Alex Espargaro et Maverick Vinales piloter la Suzuki de MotoGP, dont il poursuivra le développement en 2015...

Les p'tits nouveaux à Valence !

Le MotoGP reste jusqu'à mercredi sur le circuit Ricardo Tormo de Valence, où se déroulent les traditionnels premiers essais de la pré-saison 2015. Ce sera l'occasion pour de nombreux pilotes de découvrir leur nouvelle moto, à l'instar de Ianonne qui passe dans le team officiel Ducati en laissant sa place à Danilo Petrucci aux côtés de Yonny Hernandez chez Pramac.

Aleix Espargaro (ancien pilote NGM sur la M1 Open) et le transfuge du Moto2 Maverick Vinales découvriront de leur côté le nouveau proto Suzuki, tandis que Mike di Meglio découvrira la GP14 Open grâce à l'accord trouvé avec son team. A partir de mardi, Alvaro Bautista découvrira quant à lui la nouvelle Aprilia, "déverminée" aujourd'hui par l'ancien pilote Alex Hoffman (désormais reconverti en commentateur télé).

Bautista, aligné par le team Gresini, sera accompagné par Marco Melandri, dont l'annonce officielle de la signature avec Aprilia-Gresini ne devrait plus tarder - comme pressenti depuis septembre par MNC.

Le team LCR accueillera de son côté ses deux nouveaux pilotes : Cal Crutchlow sur une RCV Factory et Jack Miller sur une RCV Open. Il va sans dire que les premiers tours de roue de l'australien sont suivis avec beaucoup d'attention, puisqu'il monte directement du Moto3 au MotoGP !

Eugene Laverty fera quant à lui ses premiers pas aux côtés de Nicky Hayden dans le team Aspar, tandis que Scott Redding étrennera la RCV Factory alignée par le nouveau team en MotoGP, Marc VDS Racing. Enfin, Loris Baz, tansfuge du team Kawasaki en WSBK, va découvrir la catégorie reine au guidon de la M1 Open du team Forwards, aux côtés du méticuleux Stefan Bradl.

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Ce grand prix ? Du théâtre ! Une tragédie avec un jeune page qui finit par triompher et deux notables qui sombrent, un se retrouvant carrément aux enfers. Par ailleurs, la comédia del arte avec les Ducati, sur cette course le spectacle était là. Dommage pour Cal qu’il n’ait trouvé le mode d’emploi qu’en fin de saison. Ironie du sort, il risque l’an prochain de regretter la Ducati. Pour l’an prochain, le destin peut évidemment réserver toutes les surprises. Heureusement, mais globalement la répartition des forces restera la même avec un championnat à deux, voire 3, vitesses, la principale incertitude restant peut-être ce que vont faire les rouges. Au niveau des 1+3, Marquez nous fera du Marquez, Rossi fera encore de son mieux (et donc bien mieux en course qu’aux essais), et il me semble que pour Pedrosa l’heure est passée. Le cas le plus incertain est celui de Lorenzo, notamment, comme il le dit lui-même, avec son incapacité cette année à rester lui-même dès que la météo menaçait.

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