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MOTOGP 2016 - PHILLIP ISLAND (16 SUR 18)
Paris, le 24 octobre 2016

Déclarations et analyse du GP d'Australie MotoGP 2016

Déclarations et analyse du GP d'Australie 2016

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix moto d'Australie 2016 remporté par Crutchlow devant Rossi et Vinales. 

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Page 1 - Australie : déclarations et analyses

 Le Grand Prix d'Australie 2016 s'est - comme très souvent - montré impitoyable envers les pilotes et les pneumaticiens, contraints de composer avec des températures extrêmement basses (de 10 à 12°C dans l'air) et de la pluie pendant les essais... Pas franchement l'idéal sur le deuxième circuit le plus rapide du calendrier, derrière le Red Bull Ring, avec une moyenne au tour de 182,1 km/h en MotoGP (186,9 km/h en Autriche) ! D'où l'insistance des pilotes, Valentino Rossi en tête, pour déplacer la course à une période plus clémente.

A ces conditions climatiques toujours imprévisibles pendant le printemps austral s'ajoutent la forte abrasion du bitume australien et ses longues courbes rapides. Dunlop et Michelin doivent par conséquent y apporter des gommes très résistantes, malgré leurs prévisibles difficultés à chauffer du fait des faibles températures... Ce délicat grand écart est en grande partie responsable des nombreuses chutes en course en Moto3 (14 !), du manque d'aisance de Zarco en Moto2 (12ème) et de la première erreur de la saison de Marquez, dont a brillamment profité Cal Crutchlow pour s'imposer en MotoGP.

Déclarations des pilotes MotoGP et analyses MNC

Cal Crutchlow, Honda-LCR (2ème en qualifs et 1er en course) : "J’étais vraiment terrifié lorsque Marc est parti à la faute devant moi et j'ai ensuite freiné avec beaucoup de prudence dans ce virage jusqu'à la fin de l'épreuve. Je savais pertinemment que c'était un endroit critique car j'avais chuté dans cette même courbe il y a deux ans alors qu'il y avait un écart de 10 secondes avec le pilote qui était derrière moi. C'est donc pour cette raison que j'étais relativement effrayé pour être tout à fait honnête. Avec cela à l'esprit, je savais qu'il fallait que je continue d'attaquer pour éviter que mon pneu avant chute trop en température".

"Je demeurais tout de même assez confiant quant au fait de pouvoir rattraper Marc aujourd'hui, mais après qu'il soit parti à la faute j'ai continué à maintenir mon rythme. Pendant les dix derniers tours, je n'ai plus vraiment attaqué et donné mon maximum, mais j'ai surtout fait en sorte que ma gomme avant se maintienne à la bonne température. J'étais beaucoup plus vigilant en essayant d'accélérer un petit peu le rythme lorsque le soleil était caché, mais lorsqu'il refaisait son apparition, j'étais déjà plus décontracté. Ça peut paraître étrange comme cela, mais ce sont les particularités de Phillip Island où tout peut arriver".

"Je traverse un bon moment de ma carrière, je l’avais déjà dit il y a quatre ou cinq courses. Cette année je m’étais fixé certaines courses comme objectifs, dont Brno, Silverstone et Phillip Island. J’ai réussi et je suis aussi content de gagner sur le sec cette fois-ci parce qu’au sinon les gens penseraient que je ne suis capable de gagner que sous la pluie. Je suis sincèrement ravi pour tous les membres de l'équipe LCR Honda qui ont de nouveau redoublé d'énergie tout au long du week-end. J'étais persuadé de pouvoir remporter ce Grand Prix, même si Marc Márquez était resté en course. Honda a réalisé un superbe travail avec notre moto, il n'y a aucun doute à ce sujet. Nous pouvons maintenant focaliser notre attention sur les deux dernières épreuves avant de voir ensuite ce qui se prépare pour l'année prochaine".

L'analyse Moto-Net.Com : Savez-vous quel est le pilote derrière Marc Marquez a avoir inscrit le plus de points de cette deuxième partie de saison MotoGP ? Rossi ? Lorenzo ? Non : Cal Crutchlow ! Depuis la naissance début août de sa fille Willow, le natif de Coventry (Grande-Bretagne) réalise un superbe parcours, débuté par un premier podium en Allemagne suivi de sa mémorable première victoire en MotoGP sur le mouillé en République tchèque.

Deuxième à domicile à Silverstone (Grande-Bretagne) puis huitième à Misano (San Marin), le n°35 s'est ensuite offert deux cinquième places consécutives en Aragon (Espagne) et au Japon, avant de décrocher la timbale en Australie : sa première victoire sur le sec. Ce deuxième succès de Crutchlow en MotoGP est signé avec panache devant deux générations de top pilotes : Rossi et Viñales, incapables de revenir sur le pilote Honda-LCR qui a géré à la perfection son choix de s'élancer avec le pneu avant dur (tendre à l'avant pour la plupart des pilotes : voir notre point pneumatique).

"Oui, nous avons tutoyé les limites avec l’avant : c’était un pari que d’utiliser le pneu le plus dur dans ces conditions et avec ces températures", avoue Crutchlow : "certains comme moi ont choisi des pneus qui n’auraient peut-être pas dû être utilisés dans ces conditions. J’aurais sans doute dû partir avec des plus softs, mais les hards étaient encore si performants à la fin"...

Avec ses deux victoires remportées lors des six dernières courses, le solde de succès de Crutchlow égale celui de Marc Marquez sur la même période. Le britannique inscrit par ailleurs la troisième victoire d'une Honda privée de la saison - avec celle de Miller à Assen - et la première d'une RCV satellite depuis celles de Marco Melandri en 2006 (lui aussi en Australie, mais sur le mouillé !) et de Toni Elias la même saison sur le sec au Portugal. Une réussite qui en dit long sur la façon dont Honda domine la fin du championnat : Yamaha ne s'est de son côté plus imposé depuis neuf courses, à Barcelone

A 30 ans, Cal Crutchlow devient au passage le premier pilote britannique à remporter un GP d'Australie. Il rejoint également Barry Sheene au rang des sujets de Sa Majesté plus d'une fois vainqueur pendant une saison en catégorie reine : une statistique en vigueur depuis 1979 ! Le pilote LCR en profite pour grimper d'un rang au provisoire : désormais sixième devant Dovizioso, le premier pilote privé du classement peut briguer la position précédente détenue par Pedrosa. L'espagnol, absent en Australie à cause de sa fracture de l'épaule contractée au Japon, n'a que 14 points d'avance (155 contre 141)...

De quoi inciter le HRC à poursuivre son soutien officiel auprès de Crutchlow, lui qui utilise depuis plusieurs courses une évolution châssis qu'il juge meilleure pour ressentir l'avant alors même que Pedrosa et Marquez l'ont rejetée ? Probable... D'autant que l'aide de Crutchlow est devenue très précieuse pour Honda, qui peut superposer ses retours avec ceux de Marquez pour développer la RCV. Ce rôle n'est pas anodin dans la mesure où Miller et Rabat sont encore trop "verts" pour y contribuer, tandis que Pedrosa manque de régularité et d'aisance avec sa moto.

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar (15ème en qualifs et 2ème en course) : "Après une journée difficile hier, ça allait mieux ce matin quand je me suis réveillé et que j’ai vu la météo. Le warm-up m’a ensuite permis de me détendre et de me mettre en confiance. J’ai essayé de rester concentré et j’ai fait dix très bons premiers tours. J’ai ensuite vu Marc chuter et je me suis alors dit que je pouvais gagner, mais Cal était trop rapide cette fois-ci. La seconde moitié de la course a été plus difficile pour moi mais après mon erreur au Motegi et un samedi qui a été la pire journée de ma saison, c’était bien de finir sur le podium après une bonne course".

"C’est un bon résultat pour consolider ma deuxième place au championnat mais mon principal objectif est de faire de bonnes courses et de finir sur le podium. Ce sera plus dur à Sepang parce qu’il fera très chaud là-bas. Il faudra bien se reposer, se préparer et faire attention à s’hydrater. Notre objectif sera de nous battre pour le podium".

L'analyse Moto-Net.Com : Savoir rebondir après avoir touché le fond est la marque des grands champions. Valentino Rossi s'est montré à la hauteur de ce constat pour décrocher la deuxième place en Australie après avoir bu la tasse pendant les essais et les qualifications, passage en QP1 et quinzième place sur la grille à la clé ! L'italien ne s'était pas aussi mal qualifié depuis son cauchemardesque passage chez Ducati, quand il s'était élancé depuis la 17ème position en Aragon en 2011...

Là où d'autres se seraient effondrés face à ces difficultés en grande partie causées par un flagrant souci de stratégie chez Yamaha - notamment en ce qui concerne le choix entre pneus rainurés et slicks en FP3 -, le Docteur s'est retroussé les manches dimanche matin au warm-up pour profiter du retour du soleil. Ensuite, comme souvent quand il s'élance du fond de grille, le nonuple champion du monde s'est livré à une formidable remontée, croquant pas moins de douze pilotes en dix tours !

Aiguillonné par la chute de Marquez, "Vale" a même un temps pensé à la victoire... avant d'admettre la supériorité de Crutchlow, situé deux secondes devant lui au moment où le nouveau champion du monde partait au tapis. "Cal est toujours redoutable à Phillip Island, il sait parfaitement interpréter la piste et y a déjà signé un podium en 2012 (3ème avec la Yamaha Tech3, NDLR)", remarque-t-il, conscient de l'actuelle consistance du britannique : "en ce moment, il est fort dans toutes les conditions", reconnaît le n°46, ouvertement inquiet de la montée en puissance des Honda et de la stagnation des Yamaha.

"La Honda, mais aussi la Suzuki, a beaucoup progressé et se montre plus rapide en deuxième partie de course, durant laquelle nous avons du mal à conserver un rythme aussi élevé depuis quelques courses", décrit l'italien qui espère un moteur plus performant et une amélioration de la maniabilité dans les virages lents, dans lesquels la Honda a selon lui pris l'avantage sur la M1.

Cette deuxième place reste malgré tout un excellent résultat puisqu'elle lui permet d'accroître de dix points son avance sur son coéquipier Lorenzo, avec lequel il se dispute la place de vice-champion du monde. Focalisé sur cette bataille, Rossi ne boudait pas son plaisir de voir ainsi son avantage augmenter à deux courses de la fin de saison ! Passant de la joie à la gravité dimanche soir, le natif de Tavullia n'a pas oublié de rendre hommage à son ami Marco Simoncelli, tragiquement décédé en Malaisie cinq ans plus tôt, jour pour jour...

"Ce podium est pour Sic et sa famille. Il nous manque énormément et c'est une bonne manière de se souvenir de lui", a déclaré Rossi à la presse italienne. Signe du destin : le Docteur termine ce Grand Prix d'Australie à la même position que "Super Sic" en 2011, deuxième derrière Casey Stoner pour sa dernière course avant son accident mortel à Sepang…

Maverick Viñales,Suzuki-Ecstar (13ème en qualifs et 3ème en course) : "La lutte était très serrée en fin de course, mais au départ j’étais un peu inquiet concernant mon pneu avant car je n’avais pas pu l’essayer ce week-end. Une fois en confiance, j’ai réussi à trouver mon rythme et j’ai pu passer pas mal de pilotes. Quand j’ai réalisé que je pouvais terminer sur le podium, j’ai décidé d’attaquer un peu plus et je suis revenu assez rapidement sur Andrea".

"Ma stratégie était de tout donner sur la fin. Nous avons livré un joli combat avec Andrea et Aleix. Valentino était en revanche déjà loin. Honnêtement je suis content de ce résultat car mon week-end fut assez désastreux, sans compter cette chute à l’entrée de la pit-lane. Autant dire que je suis vraiment ravi d’inscrire ces 16 points et de terminer devant Jorge".

L'analyse Moto-Net.Com : Lui aussi parti avec le pneu dur à l'avant (comme Crutchlow, Marquez et Aleix Espargaro), Maverick Viñales a par conséquent mis un peu de temps à adopter un gros rythme. Ce n'est qu'une fois dépassé par Rossi que le jeune espagnol a réellement pris la mesure du potentiel à sa portée : "Mack" s'est évertué à rester dans le sillage de son futur coéquipier, rendant temporairement la main avant de revenir dessus en fin de course.

"J'ai mieux géré mes dépassements en début de course, ce qui m'a permis de le distancer un peu, sans cela le contenir aurait été plus difficile", analyse Rossi qui juge désormais les Honda et les Suzuki meilleures que sa Yamaha en deuxième partie de course. Peut-être aussi que le choix pneumatique de Viñales a payé en fin de Grand prix, lui apportant plus de grip que le tendre retenu par le Docteur.

Grâce à ce quatrième podium décroché cette saison par Viñales (dont sa victoire à Silverstone), Suzuki atteint le cap des 6 points dans le barème régissant les concessions accordées aux constructeurs sans victoire sur le sec depuis 2013 (lire notre Point sur la grille et le règlement 2017). Par conséquent, le blason d'Hamamatsu se battra à armes égales la saison prochaine avec Ducati, Honda et Yamaha, sans pouvoir profiter comme jusqu'à présent de moteurs supplémentaires (9 contre 7) et d'essais illimités avec ses pilotes titulaires, un avantage qui disparaît immédiatement. 

Autre concession - et non des moindres - dont ne bénéficiera plus Suzuki à partir de la saison prochaine : la possibilité de développer son 4-cylindres en ligne en cours d'année. Désormais, les blocs de la GSX-RR seront scellés. En 2017, seuls Aprilia et KTM bénéficieront donc de ces fameuses dérogations, en vigueur jusqu'à ce qu'ils atteignent à leur tour 6 points (une victoire en rapporte 3, une deuxième place 2 et une troisième place 1).

Andrea Dovizioso, Ducati (9ème en qualifs et 4ème en course) :  "Je suis satisfait de ma course, même si c’est toujours décevant de se battre pour le podium à quelques tours de l’arrivée et tout compte fait de ne pas l’atteindre. Ceci étant terminer quatrième, alors que j’avais eu une course horrible l’an passé ici-même, est quelque chose de positif. Je suis content de la façon dont nous avons travaillé ce week-end, car nous avons su continuellement améliorer la moto".

"J’ai bien géré ma course, tirant pleinement profit des points forts de la Desmosedici GP dans les portions qui nous étaient les plus favorables. Jusqu’au bout je me suis battu pour le podium. Dans les deux derniers tours j’ai décidé de lâcher prise car je prenais beaucoup de risques pour essayer de rester au contact de Maverick. Mais une quatrième place sur ce circuit est vraiment un très bon résultat pour moi".

L'analyse Moto-Net.Com : Andrea Dovizioso briguait une place de mieux à l'arrivée du GP d'Australie, fort de son podium la semaine précédente au Japon. L'italien échoue finalement à la quatrième place, la plus frustrante des positions de pointe, malgré ses efforts et sa vitesse d'avion de chasse (1ère "top speed" en course avec 340,5 km/h contre 334,2 km/h pour la Suzuki de Viñales, par exemple !)

Le n°4 termine à 9,157 secondes du vainqueur et à quatre secondes de Viñales qui le précède sur la ligne d'arrivée, un écart élevé même si Phillip Island favorise de telles différences du fait ses longues courbes rapides. L'officiel Ducati repart donc à demi-satisfait d'Australie, heureux malgré tout d'avoir évité l'erreur facile à commettre. En témoignent les chutes du leader Marc Marquez ou de son coéquipier par intérim, Hector Barbera, parti à la faute pour la deuxième fois consécutive sur la moto de Iannone.

Pol Espargaro, Yamaha-Tech3 (3ème en qualifs et 5ème en course) : "Ce dimanche, j’avais décidé d’abattre toutes mes cartes et au final nous quittons Phillip Island, ravis de notre performance. Le départ en lui même était plutôt pas mal, puisque je me suis emparé des commandes sans commettre d’erreurs. Tout au long de la course, j’ai essayé de ne pas prendre de risques inconsidérés, tout en faisant attention à mes freinages. J’éprouve néanmoins un peu de frustration d’avoir été passé par les pilotes d’usine. J’ai essayé de lutter face à eux, en vain".

"Mais je sais que l’équipe se donne au maximum et j’aimerais continuer de travailler avec eux de cette manière pour les courses qu’il nous reste à passer ensemble. Je pense que nous avons été un peu chanceux d’avoir eu aussi peu de temps de roulage sur le sec. C’est aussi pour cette raison que nous avons pu devancer certains pilotes factory ce dimanche. Mais nous pouvons être contents de notre résultat et nous espérons réaliser une aussi belle course la semaine prochaine en Malaisie".

L'analyse Moto-Net.Com : Très bien parti depuis sa troisième place sur la grille - sa meilleure qualification depuis sa deuxième place au GP de France 2014 - Pol Espargaro a fait le bonheur de Yamaha-Tech3 en prenant pendant quelques instants les commandes du GP d'Australie après avoir réalisé son premier holeshot en catégorie reine ! 

Forcément déçu de terminer à la cinquième place après une telle entame, le futur pilote KTM prend néanmoins le recul suffisant pour apprécier à sa juste valeur sa belle performance signée sur le sec, devant la Yamaha officielle de l'ancien champion en titre Jorge Lorenzo. 

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar (12ème en qualifs et 6ème en course) : "Pour la course, les températures étaient à peu près les mêmes que pour le warm-up et nous avons produit plus ou moins les mêmes performances. Je faisais les mêmes chronos, dans les 1’30.4. La perte d’adhérence à l’arrière a été énorme, ça m’a fait défaut dès le début mais c’est comme ça".

"Dès que nous sommes sur une piste qui a moins de grip, nous avons plus de difficultés et les problèmes que nous avons sur la moto s’accentuent. Nous ne devrions pas avoir de problèmes liés au froid ou au grip en Malaisie, où la piste est toute neuve (le circuit de Sepang a été récemment ressurfacé, NDLR). Il devrait y avoir plus de grip que l’an dernier et j’espère vraiment finir avec un meilleur résultat".

L'analyse Moto-Net.Com :  Comme son coéquipier Rossi, Lorenzo a souffert pendant les essais et les qualifications, jamais à l'aise sur le mouillé et le séchant. A l'inverse du Docteur, le majorquin est néanmoins parvenu à gagner son ticket pour la QP2 grâce au système de repêchage dont a aussi profité Cal Crutchlow. Ce sursaut d'orgueil aura cependant été le seul du week-end : à l'arrêt pendant les qualifications, Lorenzo a même subi l'humiliation de voir Marquez le dépasser par l'extérieur (si, si !) lors de la chasse à la pole de l'officiel Honda !

Finalement qualifié 12ème, la dernière place en QP2, le n°99 n'a ensuite jamais été en mesure de corriger le tir : son meilleur chrono se situe à pratiquement une seconde du record du tour en course signé par Crutchlow (1'29.494 contre 1'30.446). La facilité avec laquelle Rossi puis Viñales l'ont dépassé lors de leur remontée souligne l'absence de rythme et de combativité du majorquin, qui sauve certes les points de la sixième place... mais à 20 secondes du vainqueur et 16 de son coéquipier. Un comble pour un pilote qui détient depuis 2013 le record absolu du tracé australien en 1'27.899 !

Pour Jorge Lorenzo, le problème provient encore et toujours des pneus Michelin, dont la rigidité s'accommode mal à son pilotage. A l'instar de Rossi, Lorenzo pointe aussi du doigt une mauvaise adéquation entre les pneus et le fonctionnement de la M1 quand les conditions sont fraîches : "on souffre plus par temps froid", analysent en chœur les deux coéquipiers. Le majorquin s'estime par ailleurs plus pénalisé que ses rivaux du fait de son style de pilotage, qui réclame beaucoup de grip à l'arrière pour s'exprimer : "quand il y a du grip, je peux garder beaucoup de vitesse en courbe et vite relever la moto", rapporte le futur pilote Ducati.

A l'inverse, quand l'adhérence est plus délicate à trouver, Lorenzo perd confiance et n'avance plus. Résultat : ses pneus sortent de leur fenêtre idéale de fonctionnement, se mettent à patiner et ses performances chutent. Une sorte de cercle vicieux dont se plaint aussi son compatriote Dani Pedrosa, à la peine pour faire chauffer les Michelin. Conscient de cette faiblesse, Jorge Lorenzo ne cesse de dire qu'il travaille à faire évoluer son style pour s'adapter à la nouvelle donne pneumatique. Mais ses problèmes persistent alors qu'il ne lui reste que deux courses à disputer sur la Yamaha officielle ! "Nos rivaux ont aussi progressé, surtout Honda et Suzuki dans le domaine de l'électronique", se défend l'ancien champion du monde, devancé par Rossi au championnat depuis le GP de République tchèque...

Marc Marquez, Honda-Repsol (1er en qualifs et abandon sur chute en course) : "Avant tout, je souhaite m’excuser auprès de mon équipe car j’ai commis une erreur ce dimanche. Tout s’était déroulé comme dans nos plans, il ne nous manquait qu’un bon résultat pour achever ce week-end. Si le championnat n’avait pas été joué, j’aurais très certainement abordé la course différemment, j’aurais pris moins de risques. Dimanche je suis parti très fort car je savais que la différence se ferait dans les premiers tours".

"Je faisais en sorte de maintenir mon avance, mais arrivé dans un virage, j’ai freiné un peu trop tard. Et au lieu d’écarter, j’ai essayé de continuer. Nous sommes contents dans le sens où nous sommes déjà assurés du titre, mais nous voulons gagner encore plus de courses. C’est totalement de ma faute ! Durant toute la saison, je m’étais toujours montré prudent au freinage. Cette fois, j’ai pris plus de risques et je suis tombé. Nous devons désormais nous focaliser sur la prochaine course qui se tient dans une semaine. Félicitations à Cal pour sa victoire".

L'analyse Moto-Net.Com : Peut-on réellement en vouloir à Marc Marquez d'être parti au tapis dans la foulée de son titre décroché au Japon, lui qui est monté onze fois sur le podium et inscrit des points lors des quinze courses précédentes ? A priori, non : le plus jeune triple champion du monde en catégorie reine s'est comme prévu offert une parenthèse en Australie, sans toutefois suffisamment prévoir l'augmentation du facteur chute ! L'avantage de sa position est que cette erreur ne lui cause aucun préjudice au championnat : grâce à son approche plus mesurée jusqu'à l'Australie, le catalan a déjà coiffé la couronne une semaine avant en profitant de la double chute de Rossi et Lorenzo, bien trop inconstants cette saison.

D'autre part, son statut de "patron" de la catégorie s'est de nouveau illustré lors des qualifications, quand il a rapidement choisi de chausser des slicks sur le séchant pour signer la pole. La leçon de maîtrise administrée à ses rivaux pendant qu'il faisait tomber le chrono était édifiante : le Marc Marquez 2016 possède à la fois la vitesse et une bonne lecture de la piste, deux éléments essentiels que ses adversaires ont du mal à réunir, y compris les plus expérimentés comme Rossi. Le tout est de ne pas se laisser aveugler par son envie de briller, comme lors du dixième tour de ce GP d'Australie !

A noter que le HRC a profité des essais du GP d'Australie pour réaliser des tests de changement de moto en conformité avec la nouvelle réglementation instaurée cet été. Désormais, le nombre de mécaniciens présents aux côtés de la moto est limité à quatre et chacun doit porter un casque. Tour à tour, Marc Marquez et Nicky Hayden se sont pliés à l'exercice, sous le regard curieux des autres équipes... Le même Hayden a malheureusement vu sa première course sur une RCV officielle depuis 2008 partir à vau-l'eau après avoir été poussé par Jack Miller.

Le Kentucky Kid termine courageusement à la 17ème et dernière place ce qui sera probablement sa toute dernière apparition sur une MotoGP d'usine... "C’est la course, je ne l’ai même pas vu arriver : j’ai juste senti le contact mais à ce moment-là il était trop tard pour faire quoi que ce soit", rapporte le remplaçant de Dani Pedrosa, même pas en colère contre le pilote Marc VDS qui ne s'est pourtant pas vraiment répandu en excuses (lire les autres déclarations en page 3) !

Prochaine étape en Malaisie

La course suivante, l'avant-dernière de la saison 2016, se déroulera la semaine prochaine sur le circuit de Sepang en Malaisie. Tous les pilotes ont hâte de retourner sur ce tracé qu'ils connaissent par cœur pour y mener une bonne part de leurs essais hivernaux, et de découvrir la qualité du nouveau revêtement.

Certains d'entre eux, comme Jorge Lorenzo, s'inquiètent toutefois de la dureté des pneus Michelin, conscients que le manufacturier français va prendre des précautions sur ce circuit exigeant sur lequel Loris Baz avait connu cet hiver une chute spectaculaire après l'explosion de son pneu arrière. A noter que le GP de Malaisie marquera le retour d'Andrea Iannone sur sa Ducati officielle. En revanche, il faudra encore patienter pour savoir si Dani Pedrosa sera en mesure de reprendre la piste... A suivre naturellement sur MNC : restez connectés !

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