
La loi Ripost du 21 juillet 2026 interdit l'accès des nouveaux permis B à des voitures trop performantes, sous réserve de statuer sur une puissance précise. A la bonne heure : cela fait quarante ans que les motards, jeunes et moins jeunes, sont soumis à différents bridages !
Le parlement entérine la loi "RIPOST", soit les Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité. Parmi la série de mesures, plusieurs concernent les dérives liées aux véhicules motorisées : rodéos urbains, séances "freestyle", courses sauvages. Le tout, souvent, sur fond de consommation de protoxyde d'azote.
Autre phénomène à la mode avec l'essor des réseaux sociaux : la location de voitures hyper puissantes dans le but de se filmer à bloc sur l'autoroute ou de réaliser un dangereux remake de Taxi. Décision est donc prise d'interdire l'accès aux voitures trop performantes aux nouveaux titulaires du permis B, qu'il s'agisse du coupé-sport à papa, de la GTI du frangin mais aussi des RS à louer chez Avis, Sixt, etc.
"La loi interdit désormais aux jeunes conducteurs titulaires d’un permis probatoire de conduire, louer ou se faire prêter une voiture jugée puissante", informent nos confrères de L'Indépendant. (...) Tout contrevenant risque une sanction de 15 000 euros et un an d’emprisonnement".
Les professionnels de la location sont également visés puisqu'ils s'exposent à "1500 euros" en cas d'infraction à cette nouvelle règle. Une amende qui pourrait être "doublée" en cas de récidive ! Ces limitations s'appliqueront pendant les trois années de la période probatoire des nouveaux permis B (deux ans pour les titulaires du permis accompagné).
Cette loi rétablit partiellement une vieille inégalité entre permis moto et permis voiture : cela fait déjà treize ans que les nouveaux détenteurs du permis A2 n'ont accès qu'à des deux-roues de 47,5 ch (35 kW) pendant leur période probatoire de deux ans. Avant cela, de 1996 à la réforme 2013, la puissance accessible aux nouveaux permis moto était limitée à 46,24 ch (34 kW).

Entre 1980 et 1985, cette notion de progressivité était corrélée à la cylindrée du deux-roues avec une limite à 400 cc. A la même date apparaît par ailleurs le cauchemar de tous les motards tricolores : le fameux bridage franco(n)-français à 100 ch qui s'appliquait sur toutes les motos, quel que soit l'âge ou l'expérience du détenteur du permis A.
Bref, la notion d'accès limité fait depuis longtemps partie du parcours d'apprentissage motard. Sans jamais, jusqu'à présent, se transposer à l'automobile. Logique administrative qui estime que 50 ch pour se former en deux-roues "oulala, c'est déjà beaucoup", mais 500 ch et plus sur quatre-roues, pas de problème. La loi RIPOST met fin à cette iniquité. En théorie…
En théorie seulement, car le vote du 21 juillet 2026 pose un cadre, mais n'en définit pas les contours. En l'occurrence, aucune limite de puissance, de cylindrée ou de poids ne sont définies : le texte renvoie à un décret d'application. Autrement dit : on interdit, mais on réfléchit encore aux termes de cette interdiction.
La limite sera d'autant plus délicate à définir que les voitures électriques, et leur couple colossal immédiatement disponible, donnent aussi accès à des performances "survoltées". Moto-Net.Com est par ailleurs curieux de connaître les réactions des constructeurs automobiles face à cette nouvelle contrainte dans un marché tourmenté. Car cette bride "anti-jeunes" aura un coût et des conséquences, quelle que soit sa forme.
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