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MOTOGP - ARAGON (14 SUR 18)
Paris, le 28 septembre 2015

Déclarations et analyse du GP d'Aragon MotoGP

Déclarations et analyse du GP d'Aragon MotoGP

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix d'Aragon Moto GP 2015 à Alcaniz (Espagne).

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Déclarations des pilotes MotoGP

Le Grand Prix d'Aragon 2015 marquait ce week-end un tournant important dans le calendrier MotoGP 2015 : il s'agissait de l'avant-dernière course à se disputer en Europe (la dernière sera la finale à Valence), puisque les trois prochaines manches se dérouleront dans le Pacifique lors de la traditionnelle tournée d'outre-mer : Japon, Australie et Malaisie.

Pour la plupart des pilotes, l'épreuve aragonaise revêtait donc un caractère particulier dans la mesure où beaucoup souhaitaient briller une avant-dernière fois devant leurs fans, leur famille et amis... mais aussi sponsors potentiels pour la saison prochaine !

Pour le leader de chaque catégorie, le tracé situé près d'Alcaniz (Espagne) pouvait aussi les conduire un peu plus près du sacre mondial, voire leur permettre de coiffer la couronne dans le cas du français Johann Zarco ! Mais en définitive, ni Danny Kent, ni Johann Zarco, ni Valentino Rossi ne l'emportèrent dimanche en Moto3, Moto2 et Moto GP.

Si Zarco et Rossi ont intelligemment su limiter la perte de points - avec un panache fabuleux de la part de l'italien et une sage intelligence concernant le français -, Kent, lui, est parti au tapis dans le dernier tour de la course Moto3. Ce qui prouve que rien n'est jamais acquis, même lorsqu'on domine totalement sa catégorie comme le font Kent (51 points d'avance) et Zarco (78 points) depuis le début de la saison !

La course au titre se poursuivra donc le 11 octobre au Japon, avec un suspens toujours aussi intense en MotoGP puisque Jorge Lorenzo est revenu à 14 points du leader Valentino Rossi grâce à sa 5ème victoire décrochée cette saison...

Déclarations des pilotes et analyse MNC

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar Factory (2ème en qualifs et 1er en course) : "J'ai pu souffler quand j'ai vu Marc tomber, parce que j'attaquais à fond et que la tension était à son niveau le plus élevé. J'essayais de prendre quelques mètres d'avance sur lui. Je savais que ça allait être difficile parce que mon rythme était très proche du sien et qu'après le warm-up, je savais aussi qu'il avait un très bon rythme. Nous nous serions probablement battus toute la course et il m'aurait peut-être battu à la fin, mais j'ai eu de la chance. On m'a indiqué qu'il avait chuté sur mon pit-board et j'ai dû attendre un tour de plus pour voir quelle était mon avance sur Pedrosa. C'était déjà un bel écart au bout de deux tours, mais je ne pouvais pas me relâcher parce que je savais que Dani avait Valentino derrière lui et qu'il pouvait avoir un bon rythme sur ce circuit. Je devais rester concentré et ne pas faire d'erreur, contrôler l'écart et c'est ce que j'ai fait toute la course".

"Cette course a été très importante, elle m'a permis d'oublier les deux dernières, où j'avais été malchanceux avec la météo et où j'avais fait des erreurs. Si j'avais perdu plus de points par rapport à Valentino, remporter le championnat aurait été impossible pour moi. Maintenant j'ai de meilleures chances, mais on ne sait pas ce qui va arriver sur le triplé de courses de la tournée d'outre-mer et nous devrons garder les pieds sur terre pour les quatre prochaines courses. Nous nous en étions bien sortis au Motegi ces deux dernières années, la moto fonctionne bien là-bas, mais c'est généralement une piste difficile pour nous. Les freinages appuyés et les accélérations conviennent mieux à nos adversaires. Ce ne sera pas facile, peut-être que nous pourrons gagner mais ce qui est sûr, c'est que Márquez sera à nouveau très fort".

L'analyse Moto-Net.Com : Après ses deux courses décevantes à Silverstone (4ème à 5,7 sec du vainqueur Rossi en raison d'un faux rythme sur le mouillé et d'un souci de visière) puis à Misano (chute en repartant des stands avec des slicks froids), Jorge Lorenzo devait impérativement redresser la barre en Aragon pour poursuivre la passionnante lutte pour le titre l'opposant à son coéquipier Valentino Rossi.

Pas totalement à son aise sur ce circuit vallonné - bien qu'il y soit toujours monté sur le podium depuis son introduction dans le calendrier en 2010 et qu'il ait remporté l'édition 2014 -, Lorenzo eut l'agréable surprise de réaliser d'excellents chronos dès les essais libres, sans doute aidé par les récents tests privés menés ici même il y a quelques semaines.

Cette entame en trombe a boosté son moral, un point clé dans le bon fonctionnement de la "machine Lorenzo". Louant chaleureusement les ingénieurs Yamaha pour les progrès réalisés sur la M1 - équipée d'ailerons comme les Ducati pendant les essais, mais pas en course -, le majorquin poursuivra sur le même rythme tout le week-end.

Seul Marc Marquez lui donnera la réplique au chrono, allant même jusqu'à lui souffler la pole position. Pas de quoi inquiéter Lorenzo, dont le rythme de course était - comme souvent - plus constant. Et de toute façon, comme le reconnaît Lorenzo, Marquez l'aurait peut-être battu, mais quand bien même : son principal adversaire n'est pas le pilote Honda, mais Valentino Rossi. Et celui-ci était un ton en dessous ce week-end...

Le n°99 est donc apparu incroyablement concentré et calme sur la grille, conscient que seul Marquez avait la vélocité nécessaire pour suivre - voire contrer - le sprint de 25 tours qu'il prévoyait de mener. Au final, ce duel redouté avec le n°93 a tourné court suite à la chute de Marquez dès le deuxième tour...

A la fois soulagé et excité à la perspective de reprendre des gros points au championnat (son écart sur Rossi passe de 23 à 14 points), Lorenzo a ensuite géré sa confortable avance pour renouer avec la victoire, sa première depuis celle signée mi-août en République tchèque.

Un rien taquin, "Jorgeuil" a gagné la pit-lane avec une main placé à la verticale sur son casque comme un aileron de requin : un clin d'oeil appuyé à Valentino Rossi, qui s'était dépeint comme un petit poisson pourchassé par de redoutables prédateurs sur la décoration spéciale de son casque porté à Misano !

Dani Pedrosa, Honda-Repsol Factory (5ème en qualifs et 2ème en course) : "C'était très dur de me concentrer pour maintenir le rythme à chaque tour tout en fermant la porte à Rossi à chaque virage. J'ai essayé de ne pas perdre de vitesse et de ne pas lui laisser d'espace. Les dix derniers tours ont été très difficiles parce que Rossi essayait tout le temps de trouver quelque chose".

"Je savais que j'avais moins de grip que lui sur les derniers tours parce que je pouvais entendre sa moto à chaque virage. J'ai essayé de me battre jusqu'au bout et de me maintenir devant, parce que je savais que ce serait la clé pour finir deuxième. Ça a été une belle bagarre, je ne sais pas combien de fois nous nous sommes doublés l'un et l'autre mais c'était génial d'arriver deuxième devant tous mes fans".

L'analyse Moto-Net.Com : Malgré sa lourde opération visant à soigner définitivement son syndrome des loges, Dani Pedrosa ne vit pas la saison dont il rêvait. Le catalan l'admet lui-même : ses résultats ne sont pas ceux qu'il escomptait lorsqu'il avait décidé de revenir à la compétition à partir du GP de France.

Avant ce week-end espagnol, "Pedro" n'est monté cette année que deux fois seulement sur le podium - en Catalogne et en Allemagne -, et jamais sur la plus haute marche. Soit sa plus mauvaise campagne de toute sa carrière en MotoGP, débutée en 2006 aux côtés de Nicky Hayden au sein du prestigieux HRC...

Plus préoccupant encore : Dani semble parfois ne plus vraiment y croire et réalise des courses sans relief, voire décevantes (8ème aux Pays-Bas, 5ème en République tchèque et 9ème à San Marin). Et ce alors même que son coéquipier Marc Marquez et le HRC l'exhortent à aider le tenant du titre à retourner le match contre les Yamaha Boys !

Bref, même si son statut de pilote officiel n'est pas en danger car son contrat court jusqu'à fin 2016 - le HRC ayant en outre besoin de sa précieuse expérience pour développer la RCV avec les Michelin et la nouvelle ECU -, Pedrosa se devait de réagir pour rassurer son employeur, ses fans... et son mental ! Car si le n°26 est incontestablement un pilote au talent et au courage immenses, il peut comme tout le monde lui arriver de douter...

L'endroit et le moment se prêtaient particulièrement à son retour aux avant-postes car même s'il adore Aragon où il s'est imposé en 2012, l'officiel Honda reste sur deux chutes consécutives à Alcaniz : la première en high side en 2013 après que Marquez a accidentellement endommagé son capteur d'anti-patinage, la seconde - plus "traditionnelle" - suite à une perte de contrôle sous la pluie en 2014.

Et le résultat, avouons-le, dépasse les espoirs placés sur le petit catalan, quand bien même son week-end ne se termine pas sur une victoire : pendant cinq tours, la démonstration de force et de ténacité face à Valentino Rossi a tout simplement scotché tout le monde, y compris le n°46 lui-même...

Souvent trop "tendre" lors de ses précédents duels livrés en MotoGP, notamment face au Docteur, le n°26 s'est cette fois montré aussi inflexible que du titane, ce métal précieux utilisé comme surnom par son team en raison de sa force de caractère et de sa résistance aux blessures hors du commun. Bravo, "Titanium" !

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar Factory (6ème en qualifs et 3ème en course) : "J'ai tout essayé et j'ai donné le maximum parce qu'il était évidemment important de finir deuxième et de ne concéder que cinq points à Jorge mais au final Dani était très fort aujourd'hui. J'ai tout essayé mais au final il a fini devant moi. D'un autre côté je suis content de ma course, tout d'abord parce qu'elle a été très fun puis ensuite parce que j'ai été compétitif. Ça a été la meilleure course de ma carrière à Aragón, c'est certain, ce circuit avait toujours été difficile pour moi. Maintenant nous devons aller de l'avant et essayer de faire mieux. Je suis resté derrière Dani parce qu'au début il était très difficile de doubler et que je n'avais pas le rythme pour rester devant. J'ai donc dû tout donner dans le dernier tour. J'ai essayé de passer là où je me sentais fort mais j'avais vu dès le départ que Dani était très fort et il revenait à chaque fois".

"J'ai essayé de me concentrer et de rester sur la trajectoire à chaque fois mais sur le dernier tour nous nous sommes touchés à un moment, je suis monté sur les vibreurs et à ce moment-là c'était tout ou rien. J'ai tenté ma chance sans réfléchir dans la chicane mais il a réussi à passer. Maintenant nous allons au Motegi, c'est une piste que j'aime et où j'avais fait une très bonne course l'an dernier. Jorge avait cependant été plus fort que moi l'an dernier et il avait gagné. Nous devrons donc essayer de faire le maximum, l'écart n'est que de quatorze points et ce sera très difficile parce que c'est un très petit avantage".

L'analyse Moto-Net.Com : Décidemment, le circuit d'Aragon refuse de livrer toutes ses clés au "Roi Rossi"... L'italien termine de nouveau troisième, égalant son meilleur résultat obtenu en 2013 sur ce tracé reconnaissable entre tous par ses impressionnants murs de pierres brunes.

Avec Austin (Texas), la piste d'Aragon reste la seule de l'actuel calendrier MotoGP sur laquelle le nonuple champion du monde ne s'est jamais imposé. Pourtant, Valentino Rossi s'estime satisfait de cette 14ème course de la saison, tant son issue s'avérait potentiellement sombre en s'élançant d'une lointaine sixième place...

Comme d'habitude, l'italien est tout d'abord parvenu à trouver juste avant le départ le petit "plus" lui permettant de combler les dixièmes qui lui faisaient défaut pendant les essais. Toujours plus rapide en course, Rossi signe même le deuxième meilleur tour du Grand Prix d'Aragon à seulement 0,045 sec de son coéquipier Jorge Lorenzo (1'48.120 contre 1'48.165). Pas mal du tout !

Il faut y voir le résultat combiné de son expérience et des longues séances de travail menées jusque tard dans la soirée avec son équipe, alors que ses rivaux désertent les paddocks. La méthode a une fois de plus porté ses fruits puisque même Dani Pedrosa - qui lui souffle pourtant la deuxième place - a tourné quelque 0,286 sec moins vite que le leader du championnat dans sa meilleure boucle (1'48.451)...

Autre motif de satisfaction pour le n°46 : le mano a mano explosif - mais fair-play - auquel il s'est livré avec Dani Pedrosa, dont il tire un immense plaisir bien qu'il ne l'ait pas remporté. Une attitude honorable et sportive, qui explique entre autres l'énorme popularité de Valentino Rossi : même dans la défaite, le génie des Alpages reste admirable et sympathique.

Défavorisé par une vitesse de pointe en léger retrait face à la Honda de "Pedro" (340,9 km/h contre 334,6 km/h), Rossi a fait le spectacle en prenant tous les risques pour lui chiper la deuxième position. Alors qu'il risquait très gros au championnat - en cas de chute, Lorenzo lui repassait devant avec 2 points d'avance ! -, "Vale" n'a pas hésité à repousser ses limites, jusqu'à déborder sur un vibreur et perdre l'avant de sa M1 !

Pensez-vous que cela l'aurait calmé, lui qui à 36 ans est le doyen du plateau MotoGP ? Pas une seule seconde : l'officiel Yamaha a tordu l'accélérateur électronique de sa moto pour combler - avec une facilité surprenante - l'avance prise par Pedrosa ! Puis le Docteur a méchamment fait chauffer les disques en carbone de 340 mm de sa M1 en déclenchant un freinage quasi désespéré dans la dernière chicane !

De son propre aveu, ce freinage reporté au-delà du panneau "Gamelle en vue" fut déclenché "sans réfléchir", c'est-à-dire à l'instinct... Dani Pedrosa - ravi d'avoir finalement battu le n°46, ce qui ne lui arrive pas si souvent -, n'a pas hésité à louer la hargne déployée par Rossi en baston et sa déconcertante capacité à chercher l'ouverture par tous les biais!

"Pour moi, championnat ou pas, lorsque vous avez l'opportunité d'essayer de gagner une place, vous devez tenter votre chance", confessait le maestro italien hier soir, avant d'avouer qu'il ne s'attendait pas à rencontrer autant de résistance de la part du petit catalan...

Andrea Iannone, Ducati Factory/Open (3ème en qualifs et 4ème en course) : "Si l'on tient compte de ma condition physique, je crois que nous avons fait une belle course, même si je suis un peu déçu de ne pas avoir pu prendre la roue de Pedrosa et de Rossi. Je pensais avoir le même rythme qu'eux mais ils allaient toujours deux dixièmes plus vite que moi".

"J'aurais aimé me battre pour le podium parce que le team avait travaillé très dur et qu'il est important que leur travail soit récompensé. Je me suis donné à fond malgré ma blessure à l'épaule et je remercie l'équipe de la Clinica Mobile parce qu'ils m'avaient fourni des analgésiques pour éliminer la douleur pour la première partie de la course".

L'analyse Moto-Net.Com : Tenu en dehors du Top 5 à Silverstone (8ème) puis à Misano (7ème), Andrea Iannone avait hâte de revenir se frotter à l'élite, lui dont le plus mauvais résultat avant ces deux dernières courses disputées sur le mouillé était une sixième place à Jerez !

Le week-end semblait pourtant mal engagé pour le jeune italien, de nouveau victime d'une fracture à l'épaule lors d'un "bête" entraînement en course à pied... Déjà que le natif de Vasto serrait les dents depuis sa chute en essais privés à Misano au printemps, dont il s'était relevé l'épaule gauche en vrac...

A cette blessure pénalisante s'ajoute le fait qu'Aragon ne soit pas spécialement favorable aux Ducati, malgré sa longue ligne droite propice aux moteurs puissants : la marque de Bologne n'y possède pas un brillant palmarès, à l'exception de la victoire de l'extra-terrestre Stoner lors de la manche inaugurale en 2010..

Pourtant, Iannone est une fois de plus parvenu à déjouer les statistiques, d'abord en qualifications avec le troisième temps derrière Marquez et Lorenzo. Sa pendule a toutefois été claquée à l'aspi de Lorenzo et avec le pneu tendre Open, ce que n'a pas manqué de souligner Hervé Poncharal, très déçu de voir son pilote Pol Espargaro se faire déloger de la première ligne par une moto avantagée...

En course, malgré un rythme irrégulier - voire parfois franchement chaotique avec plus d'une demi-seconde d'écart entre certains tours -, Andrea Iannone n'a pas démérité et termine à la quatrième place, à 7,8 sec du vainqueur et à 5 sec du podium. Pour le n°29, cette position était la meilleure possible au regard de son état, mais aussi du niveau de sa moto...

Si Iannone se réjouit de la santé moteur de la GP15 en ligne droite, il la juge encore trop délicate dans la seconde partie des courbes : "c'est le moment où nous perdons le plus de temps, quand on commence à accélérer avec la moto encore anglée".

Du côté de son coéquipier Andrea Doviziosio, la satisfaction de terminer cinquième après plusieurs courses en retrait est très largement ternie par son rythme préoccupant : 24,3 sec de retard sur Lorenzo à l'arrivée et pas moins de 16,4 sec sur son coéquipier Iannone, à moto égale !

"Si l'on considère que je partais 13ème sur la grille, terminer cinquième est un bon résultat", relativise l'italien qui explique ne pas avoir pu rouler aussi vite qu'il le voulait en raison d'un insoluble manque de confiance au freinage... "Je suis à la fois satisfait et insatisfait", conclut le n°4, parfaitement conscient de l'avantage pris par son coéquipier depuis la mi-saison...

Loris Baz, Yamaha-Forward Open (22ème en qualifs et 17ème en course) : "On peut dire que la journée s'est bien passée, compte tenu de tout ce qui s'est produit ce week-end", estimait Loris. "Il y a eu un moment ce matin où j'ai pensé ne pas faire la course tellement j'avais mal au dos. Mais je suis parvenu à sauver les meubles grâce à la Clinique Mobile qui a fait un très bon travail dont je les remercie".

"J'ai fait une super course, en bagarre pour la 12ème place avec les premiers Open alors qu'on a loupé toute la journée de travail samedi. J'avais vraiment mal sur la moto, non pas au dos, mais j'ai pris une mauvaise position qui m'a tétanisé le bras. Des problèmes de frein ont amplifié cette tétanie du bras, donc pendant les deux derniers tours je n'y arrivais vraiment plus. Je pense pourtant que j'avais le niveau et la moto pour aller chercher la 13ème ou 14ème place"...

L'analyse Moto-Net.Com : Piégé par la fraîcheur de la piste samedi matin, Loris Baz a ensuite souffert de douleurs cervicales qui ont pénalisé ses performances. Le français est néanmoins parvenu à rester dans le sillage de son principal rival, Hector Barbera, ce qui lui permet de conserver la tête du classement Open.

Ironie de l'histoire : l'espagnol contre lequel se bat farouchement le haut-savoyard pour sa première saison en MotoGP sera son coéquipier chez Avintia l'an prochain. Comme pressenti depuis plusieurs semaines, le team espagnol en effet a officialisé ce week-end sa décision de faire courir Loris en 2016 sur une Ducati GP14.2, la dernière évolution de la Desmosedici 2014.

"J'en suis content", soupire Loris, secondé jusqu'à la fin de la saison par Toni Elias à côté duquel il paraît encore plus "géant" : 1,93 m contre 1,63 m pour l'espagnol, dernier à plus d'une minute pour son retour en catégorie reine sur la deuxième M1 Open Forward !

"Ils ont fait part de leur envie de m'avoir dans leur équipe voici quelques semaines, et moi je voulais vraiment rester dans ce championnat. On a trouvé un accord grâce à tout le travail qui a été fait par Éric (Mahé, son manager, NDLR) et les dirigeants d'Avintia. J'en suis satisfait parce que j'ai tout fait cette année pour montrer que j'avais ma place ici et que je méritais une deuxième année. Cet accord nous permet de terminer la saison avec la tête libre", avoue le n°76, massé à la Clinique Mobile pendant tout le week-end.

Actuellement 15ème du championnat avec 5 points d'avance sur Barbera au classement Open, Loris quittera donc comme prévu le team Forward Racig à la fin de la saison, non sans un petit pincement au coeur concernant la moto qu'il pilotait : l'excellente Yamaha M1 Open.

"Je tiens à remercier l'équipe Forward Racing, ses dirigeants et tout son personnel, pour la confiance qu'ils m'ont apportée pour mes débuts en MotoGP et pour la qualité du matériel qui nous permet actuellement de figurer ensemble en tête de la catégorie Open", rappelle Loris, qui doit intérieurement prier les dieux des Grands Prix pour que la capricieuse Ducati lui convienne !

Rappelons en effet que la Desmosedici n'est devenue plus facile et performante qu'à partir de son évolution 2015 (GP15), grâce à un ensemble culasse et réservoir plus étroit qui la rend plus maniable. La GP14.2 que pilotera Loris en 2016 ne profitera pas - a priori - de ces évolutions, grâce auxquelles Iannone et Dovizioso ont trusté les podiums en début de saison...

Baz "in", Di Meglio "out"

Par ailleurs, si le maintien de Loris est de nature à réjouir tous les fans français, il entraîne par rebond l'éviction du toulousain Mike di Meglio... Actuellement 23ème du championnat (20ème en Aragon), "Di Meg" n'a pas su convaincre ses employeurs de sauver sa tête, malgré quelques résultats intéressants comme sa 14ème place sur le sec en Catalogne et sa 13ème place sur le mouillé à San Marin. Le malheur des uns...

Quant au sulfureux team Forward que quitte Loris, son départ du MotoGP devrait être acté dans les prochaines semaines dans la mesure où Yamaha a officialisé sa décision de ne de plus lui fournir de motos. Cela n'empêche pas ses dirigeants de chercher des solutions pour rester : ce week-end encore, le team suisse a été aperçu en discussions avec des représentants de chaque constructeur, vraisemblablement dans le but de dégotter une MotoGP en 2016...

Pour l'instant, rien n'a officiellement abouti mais il est d'ores et déjà certain que Forward Racing ne quittera pas totalement les Grands Prix l'an prochain : bien que le sort de son dirigeant ne soit pas encore connu, le team a annoncé la reconduction du contrat de son pilote Moto2 Lorenzo Baldassari pour 2016.

L'italien, soutenu par la filière VR46 Academy de Rossi, pilotera une Kalex pour sa deuxième saison en catégorie intermédiaire. Cette annonce laisse à penser que Forward Racing ne serait peut-être pas en si mauvaise posture suite aux accusations de fraude fiscale auxquelles doit faire face son patron, Giovanni Cuzari...

Marquez : c'était de ma faute...

Marc Marquez, Honda-Repsol Factory (1er en qualifs et abandon sur chute en course) : "Aujourd'hui je ne peux que demander pardon au team et à nos fans parce que nous avions très bien travaillé depuis le début et que nous avions un très bon rythme".

"Mais dans le deuxième tour, au freinage du virage 12, j'ai commis une erreur. L'avant s'est fermé et je suis tombé. C'était de ma faute et je suis désolé. Quand ça ne va pas, ça ne va pas et cette année nous avons vraiment du mal. Il reste quatre courses. Nous allons essayer d'aller de l'avant et de nous battre jusqu'au bout"

L'analyse Moto-Net.Com : Son attitude après sa chute était éloquente... Atterré par sa nouvelle boulette, Marc Marquez invectivait sa malheureuse Honda, dont le guidon plié l'empêchait de reprendre la piste. Puis, le regard vide, le tenant du titre a observé sans comprendre ce virage où sa course s'est arrêtée au bout de seulement deux tours...

L'espace d'un instant, il est clair que Marc Marquez s'est demandé pourquoi sa "magie" n'opérait plus, pour quelles obscures raisons ses freinages d'outre-tombe -roue arrière levée - ne l'emmenaient plus vers la victoire mais dans les graviers... Pendant ce court moment, de manière aussi logique que tragique, l'enfant chéri du HRC a sûrement douté.

Le plus dur reste à faire pour Marquez : apprendre de ses faiblesses pour y puiser de nouvelles forces, comprendre qu'il est vain de vouloir battre un Lorenzo au sommet à coup d'entrées en courbes suicidaires. Car il lui faudra l'admettre : dimanche en Aragon, sa moto ne peut pas être tenue pour seule responsable de sa chute. Pas cette fois...

Impossible en effet de reporter la faute à un insoluble problème d'équilibre châssis : Marquez est tout simplement entré dans ce long gauche avec trop de vitesse pour espérer en ressortir sur ses roues. Un péché d'orgueil facilement excusable s'il s'agissait d'un cas isolé, d'autant que le double champion en titre n'a après tout que 22 ans...

Mais dans la mesure où il avait déjà chuté la veille en qualifications et qu'il finit sur le dos une course sur trois depuis le début de la saison (5 chutes en 14 épreuves, soit 35,7% Grands Prix terminés au tapis !), Marquez ne peut pas passer outre et poursuivre sur cette voie. Car il s'agit d'une impasse, que cela plaise ou non à ce pilote exceptionnel...

Désormais relégué à 79 points de Valentino Rossi, Marc Marquez voit aussi son retard sur Lorenzo passer de 40 à 65 longueurs. Non seulement l'espagnol ne sera pas titré, mais la place de vice-champion du monde est en train de lui échapper... Sans compter qu'Andrea Iannone convoite désormais sa troisième position, située à seulement 12 points !

Dans le clan Honda, si l'on se réjouissait hier du retour aux affaires de Pedrosa, beaucoup s'inquiétaient de la nature "on-off" des performances de son chef de file. Le tout sur fond de défaite pour Honda, qui voit le team Yamaha Movistar coiffer en Aragon le "titre" accordé à la meilleure équipe pour la première fois depuis 2010.

Le championnat constructeur, dont les positions sont calculées course après course à partir du résultat obtenu par le meilleur représentant de chaque marque, devrait aussi être remporté par Yamaha grâce à ces 62 points d'avance sur Honda. Bref, pour le blason ailé, les jeux sont faits et rien ne va plus...

Le Grand Prix du Japon 2015, quinzième des 18 courses MotoGP prévues en 2015, se déroulera du 9 au 11 octobre sur le circuit du Motegi. En attendant, plusieurs pilotes sont restés à Alcaniz pour y mener des essais : c'est le cas notamment de Marc Marquez au guidon de la RCV 2016, mais aussi d'Esteve Rabat qui découvre pendant quelques tours la Honda Factory alignée par son team Marc VDS en MotoGP.

Le tenant du titre Moto2 - normalement plus pour longtemps au profit de Johann Zarco ! - s'est en effet vu offrir l'exceptionnelle opportunité de piloter la RC213V de Scott Redding, qui part l'an prochain chez Ducati Pramac en laissant les clés de sa Honda à "Tito" Rabat. A suivre naturellement de très près sur MNC : restez connectés !

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Commentaires

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Gustave je te rejoins sur le cas de Pédrosa, à voir, mais je crains que ce ne soit qu'un mirage...J'espère aussi me tromper mais. Pour ce qui concerne les qualifs c'est la formule qui n'est pas bonne à mon sens. Pas simplement parce que Rossi ne s'en sort pas, mais pour le résultat que cela génère. Tous voulaient qu'il y ai plus de motos devant pour la course, il a donc été permis aux "outsiders" des pneus ultra soft pour se placer sur la grille. Résultat, c'est vrai sur 2 tours et terminé. Par contre cela nous prive régulièrement des bastons entre les 3 à 4 fantastiques. L'écart entre eux est tellement fin que le positionnement sur la grille est primordial. Un formule de simplement 30 minutes au lieu des 15 actuelles changerait certainement déjà énormément la donne. Pour ce qui concerne Lorenzo, on verra si tous les coups sont permis, moi j'aimerai bien le voir se bastonner avec Rossi sur un où deux GP sur cette fin de saison. Enfin pour se qui concerne la rapidité de l'ibère il est effectivement, cette année, le plus rapide sur le sec, mais avec les médiums seulement. Comme Marquez ne peut que rarement les mettre sur la RCV (et compte tenu de son pilotage) et que Rossi ne s'y sent pas trop non plus Lorenzo est tranquille cette année de ce côté là. Il en sera peut-être pas toujours de même. Les 4 derniers gp devraient être palpitants d'autant si la météo s'en mêle à nouveau.
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O'Danix je ne veux pas dire de bêtises mais il me semble que ses "TT" sont en relation avec le surnom de Dani Pédrosa à savoir "Titanium". Une sorte d'encouragement, que de rappeler le surnom d'un pilote retrouvé. Mais peut-être que MNC pourra nous confirmer cela. Pour Lorenzo, avant que de parler de requin, j'aimerai simplement qu'il soit aussi fair-play que ses adversaires, dans la défaite et pas seulement quand il gagne. Je viens de voir une scène d'arrêt aux stands, sur Eurosport, où il s'en prends à Rossi et bien là vraiment il a accord du boulot l'artiste!!!
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Vu le coup du requin de Jorge, j'avais pas pigé hier. A propos quelqu'un sait il ce que signifiait le panneautage de Pédro en fin de course ? Un coup il y avait écrit "TTNUMB" puis "T.T.T.T.T." !!!! Sinon, c'est marrant ce yoyo perpétuel, un coup Marquez remonte et on le voit dangereux pour les Yam, puis il segaufre et du coup il y a Iannone qui klaxonne pour la 3è place, puis Marquez revient, et maintenant Iannone n'est plus loin du podium. Pour Marquez (et Honda) il va falloir maintenant sauver le podium pour garder l'honneur sauf.

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