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JOHNNY QUI
Paris, le 29 septembre 2018

Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

Plutôt que d'interroger une nouvelle fois Jonathan Rea, Moto-Net.Com s'est tourné vers Fabien Foret pour en savoir plus sur ce champion hors-norme. En tant que "spotter", le français scrute l'impitoyable JR sous tous les angles sur la piste. Mais c'est aussi son coach, son ami, son confident. Entrevue.

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Vendredi soir à Magny-Cours. Moto-Net.Com a rendez-vous avec Fabien Foret. Le bonhomme est détendu malgré l'enjeu : demain, Jonathan Rea a l'opportunité de remporter son quatrième titre de suite en World Superbike ! Or notre champion français n'y est pas étranger... Interview.

Moto-Net.Com : Salut Fabien, comment ça va ?
Fabien Foret :
Bah écoute ça va ! Un peu plus d'occupations que d'habitude, forcément car le week-end est un peu particulier pour Johnny. Demain par exemple, il va être suivi toute la journée pour faire une vidéo sur son quotidien. Bon, il se trouve que demain sera une journée un peu particulière mais ce n'est pas grave, il va falloir la mener comme toutes les autres. Il se peut qu'on ait un truc à fêter demain ou dimanche, mais ce sera la cerise sur le gâteau.

MNC : Avant de parler de Jonathan Rea, parlons un peu de toi. Tu as raccroché le cuir l'an dernier. La compétition ne te manque pas ?
F. F. :
Tu sais, je pense avoir les pieds sur terre. Je pense toujours les avoir eus. Je suis honnête, envers moi même pour commencer. Je sais que toute chose a une fin, et je considérais avoir été au bout de cette aventure. Pour moi, c'est le moment opportun d'arrêter ma carrière. Je ne regrette pas ma décision parce qu'elle était logique pour moi. Tourner la page ne me pose pas de problème.

MNC : C'est d'autant plus facile à faire quand on a de nouveaux projets...
F. F. :
Et puis j'ai pris le soin d'organiser autre chose. Ce que je redoutais, c'était le vide, ne pas savoir quoi faire de ma vie. Donc j'avais ce projet pro, et puis je suis pas mal occupé sur le plan personnel avec mon petit garçon qui a trois ans et demi, et le deuxième qui est arrivé en décembre ! Physiquement aussi, il fallait que je prenne soin de moi, je commençais à avoir mal au cou... Bon, je dis pas que sur certains circuits que j'affectionne particulièrement comme Philip Island, je ne me laisserais pas tenter. Mais je me rappelle des bons souvenirs et ça ne me frustre pas.

MNC : Rester dans le sport moto, c'était une nécessité ?
F. F. :
Sincèrement, non. Pour te dire, avant que Johnny me propose de bosser avec lui, je me disais que je changerai complètement de milieu car ce que j'aime en moto, c'est piloter. Le reste, à l'époque, ne m'intéressait pas plus que ça. Mais quand en 2016, il m'a proposé d'être son "second oeil", j'ai accepté.

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

MNC : Quel est ton rôle, ton statut auprès de JR ?
F. F. :
À la base c'est d'être "spotter", c'est à dire faire de la visualisation en bord de piste. Mais ça va plus loin que ça maintenant, dans le sens où le psychologique entre en jeu aussi : je sais très bien ce qu'il veut entendre, ce qu'il ne veut pas entendre, ce que je dois lui passer comme message ou pas. Ce n'est plus que de la technique...

MNC : Tu as d'autres activités ?
F. F. :
Parallèlement à Johnny, je suis également deux jeunes qui roulent en Supersport 300 sur Kawasaki : Perez qui est 3ème du championnat et Rovelli qui est moins mature. Mais ça me prend beaucoup moins de temps que pour Johnny. Sinon pour rigoler, m'occuper et arrondir les fins de mois, je fais quelques coachings pour particuliers dans des structures de personnes que je connais bien. Je vais en faire un mardi à Lédenon justement, mais c'est parce que je ne serai pas loin à ce moment-là.

MNC : Tu as été sacré champion du monde Supersport en 2002. Qu'est-ce que ça t’a apporté ?
F. F. :
Sur le moment, beaucoup de satisfaction, forcément. Aujourd'hui, ce titre me sert toujours car il me donne un certain poids, une certaine influence, du respect, qui me permettent de continuer à évoluer dans ce milieu. Je n'ai gagné qu'un titre en 600, j'ai aussi gagné des courses pendant plusieurs années. J'ai gagné en Endurance aussi, mais c'est une discipline très franco-française. C'est assez marrant d'ailleurs parce qu'en France, quand on me demande ce que j'ai fait, les réactions c'est du genre : "ah ouais champion du monde Supersport, c'est pas mal... Et t'as gagné le Bol et les 24H du Mans, ouah super !" À l'étranger c'est complètement l'inverse.

MNC : En quoi toutes ces années de pilotes te servent pour ton boulot actuel ?
F. F. :
J'ai pu m'apercevoir que le talent n'était pas l'unique clé du succès. Je pense que j'avais un minimum de talent pour réussir à gagner un championnat du monde, il en faut, mais je pense que la détermination, le travail, la remise en question, le professionnalisme et plein d'autres facteurs permettent aussi de faire la différence. Aujourd'hui clairement, le talent pur n'est plus suffisant.

MNC : C'est ce que tu essaies de transmettre à tes petits jeunes du WSSP300 ?
F. F. :
Exactement. J'ai toujours été travailleur et carré. Mais j'ai aussi commis des erreurs, et j'essaie de leur faire gagner du temps en leur évitant les mêmes bourdes. C'est au fil des années que tu rends comptes des mauvais choix, et des bons aussi.

MNC : Tu as obtenu ton titre avec le team Ten Kate... C'est une bonne école ? C'est celle qu'a suivie JR durant 7 ans.
F. F. :
Oui, Johnny, Charpentier... J'ai été le premier à gagner avec eux, Avec Pirelli aussi, à l'époque où le WSSP était encore multimarque. Du coup je suis resté proche de ces gens là, j'ai gardé des rapports privilégiés avec eux. J'ai aujourd'hui une image très Kawasaki, même si j'ai gagné avec Honda (et roulé sur Yamaha également, voire Ducati à ses débuts, NDLR). Certains pensent que j'ai gagné mon titre avec Kawasaki !

MNC : C'est chez Ten Kate que tu as fait plus ample connaissance ?
F. F. :
Oui, je l'ai fréquenté quand il est arrivé, son coéquipier était alors Andrew Pitt, un de mes bons potes. Je me souviens de notre première rencontre, c'était en Australie...

MNC : Vos femmes sont australiennes. Cela vous a encore rapproché ?
F. F. :
Oui, oui. Il a rencontré Tatia, une australienne qui est aujourd'hui sa femme. Or ma fiancée est également australienne. Du coup on a passé tout un hiver ensemble, dans le même appartement à Melbourne (non loin de Phillip Island, NDLR), on s'est entrainé tous les deux et c'est là qu'on a tissé des liens solides.

MNC : C'était en quelle année ?
F. F. :
C'était l'hiver 2011-2012. On venait de passer la saison chez Ten Kate, lui en Superbike et moi en Supersport. On s'entendait bien et on a décidé de passer l'hiver ensemble, les filles étaient près de leur famille... C'est parti de là, depuis on est resté potes.

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

MNC : Et en 2016, il te demande de travailler avec lui !
F. F. :
Faut savoir que Johnny se remet continuellement en question, il est toujours à la recherche de plus de performance, veut toujours s'améliorer. Ce qui est une excellente attitude ! Pour l'anecdote, je ne crois pas lui avoir dit mais je pense que tout est parti de là : un jour il m'envoie un message, vers le mois de mai, alors que je regarde un Grand Prix. Ils venaient de passer un sujet sur Mamola, qui était "spotter" pour Smith je crois. Je venais de me dire "ah, ça pourrait me botter". Je me voyais assez bien faire ça, plus que chef-mécano même si j'aime bien la mécanique. Donc il m'envoie ce texto, en me demandant ce que je fais. Je lui réponds : "bah j'imagine comme toi, je suis devant le GP". Là-dessus, il me propose de bosser pour lui, d'être ce "second oeil". Je n'ai pas accepté tout de suite, car je n'étais pas certain de pouvoir lui apporter grand chose. Il avait largement dominé en 2015, continuait de gagner en 2016... Mais lui trouvait que ça devenait plus dur, il voulait mettre toutes les chances de son côté.

MNC : Quand as-tu commencé ?
F. F. :
C'était à Donington Park, un circuit où Sykes est un "warrior" (guerrier imbattable ou presque, NDLR). Là, je décèle de suite ce qui ne va pas dans le secteur où il prenait tous les ans,. Il perdait près de trois dixièmes, sur le meilleur chrono, un et demi ou deux à la régulière, ce qui est énorme ! Je lui dis "là, la vitesse n'est pas passée au bon endroit, ici c'est la trajectoire, là haut ta façon de couper les gaz...".

MNC : Tu avais tout analysé, décortiqué...
F. F. :
Oui, c'est ça. Je lui décrit tout, il m'écoute, mais pour mettre tout en action, il m'annonce que ça ne va pas être simple ! Mais le lendemain il était ravi. Ce qui a joué aussi, c'est que je m'entends hyper bien avec Riba (chef-mécano de Rea depuis son arrivée chez Kawasaki, NDLR), on a été coéquipier trois saisons : chez Ten Kate en 2001, chez Kawa en 2003 et 2007.

MNC : Il y a eu tout un tas de coïncidences au final...
F. F. :
Oui, c'est sûr. Quand Johnny a parlé à Riba de son projet, il n'était pas certain. Puis il a su que c'était moi et a validé car il connaissait ma façon de bosser, on était proches. Donc effectivement, tout s'est bien mis en place. Donc tout s'est bien passé la première fois et on a continué, mis à part quelques dates qui se chevauchaient avec l'Endurance en 2016. Depuis je le suis partout.

Que dit Fabien Foret ? Les fans de Jonathan Rea se lâchent...

MNC : Je te propose de parler de ton boulot et de Johnny via un petit jeu que Jonathan a lui même lancé sur Facebook. Il a publié une photo de toi, Pere Riba et lui dans le box, en demandant à ses fans ce que tu pouvais bien raconter. Voilà les réponses que MNC a retenu, comme pistes de réflexions...

"Soit plus rapide que les autres (encu...)"

MNC : Tu emploies la méthode Couet ? Tu lui rappelles que c'est le meilleur, qu'il doit se battre et gagner, s'améliorer...
F. F. :
Oui, ça fait clairement partie de ma stratégie. Le psychologique, dans ce sport comme dans tous les sports, est déterminant. Je ne cesse de lui répéter qu'il est le meilleur, qu'il va les tuer, qu'il est le plus régulier... Je descends aussi les autres, même en exagérant un peu pour être honnête. Si on parle de régularité par exemple, je lui rappelle que Chaz fait une goutte d'eau (sort de la trajectoire, NDLR) tous les trois tours, qu'il est pendu.

MNC : Tu ne peux pas non plus lui mentir. Il est parfois moins rapide que d'autres...
F. F. :
Il faut rester cohérent quand tu as cette approche. Il reste toujours beau et fort, mais c'est parfois un peu moins le cas, et les autres sont moins mauvais que d'habitude. Il sait que je suis là pour motiver, mais il a les pieds sur terre, comme moi d'ailleurs, et sait très bien sur certains week-ends qu'il ne peut pas gagner comme ça. Mais je pense le connaitre, je sais quand lui parler, quand me taire.

MNC : Qu'observes-tu en bord de piste. Son pilotage, celui des autres ?
F. F. :
Tout. Je regarde la position de Johnny sur la moto, moins celle des autres. Mais je scrute toutes les trajectoires, la manière de prendre les freins ou de les tenir, les passages de vitesses, l'utilisation de la piste, l'attitude du pilote sur la moto. Je compare beaucoup, surtout avec son coéquipier...

MNC : ... et les pilotes qui ont des motos similaires. Peut-être pas les Ducati...
F. F. :
Oui, c'est plus facile à moto comparable. Les Ducati ont leurs propres atouts, leurs inconvénients, leurs pilotes peuvent tenter des choses que les autres ne peuvent pas faire, et vice-versa. Après il reste des similitudes. En tout cas je ne regarde pas que Johnny.

MNC : Quel genre de commentaires fais-tu pour aider JR à gagner ?
F. F. :
Niveau technique, ça peut être "change ta vitesse 5 ou 10 mètres plus tôt", "utilise un mètre de piste en moins ici", "accélère un peu moins agressivement ici"... Ce sont des petits détails de ce type-là, jamais de grosses corrections, tu t'en doutes. Il m'est arrivé que je n'ai quasiment rien à dire. Il y a eu des circuits où, dès le vendredi après la FP1, ça a été très bref. Cela dit, il y a d'autres circuits où on pouvait penser que tout allait car il dominait dès la FP1, alors qu'il y avait justement plus à redire.

MNC : Il t'arrive de le bousculer ?
F. F. :
Il m'est déjà arrivé de lui dire qu'il avait de la merde. Je lui parle comme ça, c'est qu'il attend. Comme au Qatar en 2016 où il rentre de la course 2ème derrière Chaz et pense avoir fait une bonne course. Il me lance "Qu'est ce que t'en penses ?, avec un petit sourire. Il me demande, je lui réponds ! "Je pense que t'as fait de la merde. T'as pas du tout appliqué la stratégie dont on avait parlé, au niveau du pilotage t'es retombé dans les travers qu'on avait corrigés... Si t'avais fait ce qu'on avait dit, tu aurais gagné". Là il ne dit rien, c'est son caractère, je ne sais pas ce qu'il pense, si je suis un con ou quoi, je le laisse dans son jus... Et le lendemain, il gagne. J'avais eu raison de le piquer un peu. On n'en reparle plus, inutile de savoir qui avait raison ou tort. Ce qui compte c'est que le duo marche.

MNC : Ca ne doit pas être évident de faire progresser le meilleur !
F. F. :
C'est marrant parce que 'l'autre fois, j'étais en bord de piste avec Neil Hodgson. Et il me sort : "c'est facile de bosser avec les meilleurs ! Nan je rigole, je sais très bien que ce n'est pas facile du tout". Et c'est vrai, va bosser avec un mec qui gagne tout : "bah tout est bon, viens on va se faire une glace!" Ca arrive. J'ai parfois rien à dire. Ma mission, quand je suis arrivé en tant que spotter, c'était de gagner un dixième. Parfois c'est deux, parfois c'est zéro, parfois c'est autre chose.

MNC : Et comment se passe la mise en application ? Ca ne doit pas être évident pour lui de modifier ses actions.
F. F. :
Il y arrive, oui. Il est rarement en désaccord avec moi. Quand je lui fais mes commentaires, il écoute et ne dit rien. Parfois il reconnait plus tard que j'avais vu juste. Mais sur le moment, j'ai aucune idée de son interprétation, comment il prend la remarque ou s'il va en tenir compte. Cet après-midi, je lui ai conseillé de stabiliser la moto sur les freins, d'une certaine façon. Ce n'était pas sa manière de faire, il n'a pas adopté, mais il a quand même essayé.

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

"Je peux essayer ta moto ?"

MNC : As-tu roulé sur sa moto ?
F. F. :
Non. Je pourrais à la rigueur, pendant des essais hivernaux. Si je leur demandais comme un petit cadeau, je pense qu'il me laisserait faire quelques tours. Si on me propose, je ne dirais pas non bien sûr. Mais ce n'est pas vraiment nécessaire.

MNC : Ca n'aurait pas d'intérêt pour toi comme pour lui ?
F. F. :
Pas grand intérêt pour moi. Et aucun intérêt dans mon boulot car je ne serais pas capable de pousser comme il le fait, je ne suis plus dedans. Je sais à quoi m'attendre. Les points forts de la moto et les... Je connais, quoi.

MNC : Ta grande expérience sur la Kawa d'endurance n'a pas plus d'utilité. Ce ne sont pas les mêmes machines.
F. F. :
Non. Ce qui est bien, c'est d'avoir roulé avec une 1000. Car le gros de ma carrière s'est passé sur des 600. J'ai fait les trois quarts de la saison 2006 de Superbike avec Alstare, j'ai roulé avec quelques Superbike. Mais j'ai surtout l'expérience de la course, de ce championnat, des Pirelli... Je connais tous ses adversaires, comme Chaz Davies avec qui je courrais en 600, je connais ses points forts et ses points faibles, ils n'ont pas changé.

"Je t'ai préparé des petits sandwiches pour le thé"

MNC : Tu es au petit soin pour JR. Comment vous répartissez vous la tâche dans le team, notamment avec Kev ?
F. F. :
Kev conduit le camping-car, à travers toute l'Europe. Il gère aussi le matériel de Johnny, et ses mettings, même si un autre membre du team les lui rappelle aussi. De mon côté, je m'occupe de la performance. Le physique, même si je ne suis pas son coach, j'interviens, on discute, je lui demande ce qu'il a fait cette semaine, etc. La nutrition un peu, car c'est un bon vivant or les pilotes doivent surveiller leur poids. Et la logistique outre-mer, comme j'ai beaucoup voyagé, je sais comment gérer les déplacements avec l'agence du team.

"On est en rade de bière !"

MNC : L'hygiène de vie de JR est comparable à celle d'athlètes et champions dans d'autres disciplines ?
F. F. :
Oui, il est suivi de très près. Il fait régulièrement des prises de sang, son poids est contrôlé chaque jour de compétition, avant et après être monté sur la moto pour savoir combien il perd en eau...

MNC : Avais-tu la même approche il y a 15 ans ?
F. F. :
Non, c'était bien moins pointu, moins précis. En 600 je me souviens, il fallait être léger. Donc à l'époque j'avais mon poids de forme. Si je le dépassais, je ne mangeais rien pendant une journée ! Ce qui est une connerie mais bon, c'était comme ça.

"Tu me rapporteras des Tayto la prochaine fois ?"

MNC : Il s'agit d'une marque de chips d'Irlande du Nord, un tout petit pays adepte de sports méca. Il en est fier !
F. F. :
Oui, il est vraiment patriote. Actuellement en Irlande du Nord, à part deux golfeurs, il n'y a pas beaucoup de sportifs connus. Il est donc fier de représenter son pays à travers le monde.

MNC : Il est exilé sur l'Ile de Man. Ses compatriotes ne lui en tiennent pas rigueur ?
F. F. :
Ca vient de changer, il réside de nouveau en Irlande du Nord. Il était effectivement sur l'Ile de Man avant, mais il est revenu pour les enfants, l'école, pas mal de raisons. C'était trop compliqué d'habiter sur ce rocher, notamment en termes de déplacements : il fallait toujours passer par Londres, souvent rester une nuit, c'était une vraie galère niveau "timing".

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

"Apparemment tu as besoin de plus de charisme pour faire revenir les fans au WSBK"

MNC : À en croire nos statistiques MNC et le nombre de fans sur Facebook, le WSBK est 10 fois moins populaire que le MotoGP. Faut-il s'en inquiéter, s'en satisfaire, intervenir ?
F. F. :
Est-ce qu'il faut s'inquiéter du charisme de Rea (rires). D'abord, pour en avoir parlé un petit peu avec Daniel (Carrera, directeur exécutif du championnat, NDLR), je pense que les propos à chaud ont été un peu amplifiés. Ensuite, Johnny a une personnalité peut-être plus expressive qu'un latin, mais il est comme il est.

MNC : À côté de ça il est parfois attachant, quand il poste des images de ses entrainement s en cross avec ses petits gars !
F. F. :
Il est très famille. Il ne se livre peut-être pas aussi facilement que d'autres, je ne sais pas. Le charisme ensuite... La vraie question, l'inquiétude, c'est plutôt de savoir ce qui doit être fait pour sauver le championnat, plutôt que ce que devrait faire Rea.

"Gregorio Lavilla vient de m'informer que tu devras prendre le départ de toutes les courses depuis la rue principale de Ballyclare"

MNC : Que penses-tu de la grille inversée en seconde manche ?
F. F. :
Écoute, je suis pas fan de ça à la base. Mais je reconnais que parfois, cela rend la course un peu plus intéressante, car il arrive que ça entraine des batailles jusqu'au bout. C'est sûr que Rea ne s'échappe pas aussi facilement qu'en première manche. Maintenant, est-ce que ça change le résultat. Non. Est-ce qu'il y a plus de batailles et de spectacle ? Oui, certainement. Est-ce que ça fait prendre plus de risques aux pilote ? Oui, aussi. Jusque là, ça s'est toujours bien passé...

MNC : À garder ou pas pour l'an prochain ?
F. F. :
Bah... Ouais, à garder, car pour le sport c'est toujours mieux de voir un mec (Jonathan, NDLR !) qui double, rattrape un Chaz ou un mec rapide et se bat avec lui jusqu'au bout. Je suis pas fan sur le principe, mais je dois avouer que c'est plus sympa à regarder. Après on ne peut pas non plus couper les pattes d'un mec qui gagne.

MNC : Les organisateurs interviennent justement sur le règlement, dans le but d'équilibrer les forces en présence. Comment faire ?
F. F. :
Je vais te dire un truc, c'est dommage que Rea ne soit pas en MotoGP

MNC : Ah nan, tu grilles la fin de l'interview !
F. F. :
Oui, je vais un peu vite ! C'est pas que le niveau du WSBK ne soit pas bon, mais l'élite de la vitesse moto, le top du top, c'est le MotoGP. Il devrait y être. Parce qu'a mon avis, si tu mets Rea sur la Yamaha, avec son équipe technique et son entourage, il gagne. Idem sur la Ducati. Avec les équipes en place aussi peut-être, je ne connais pas. Ce que je sais, c'est que son équipe, c'est plus qu'un chef mécano, un responsable "data", etc. C'est une famille, vraiment. Il a transcendé les gens qui ont travaillé pour lui. Et il se montre très reconnaissant : à chaque fin d'année, il loue une maison pour nous tous en Espagne, il fait même venir un chef. On est soudé. Les autres pilotes ne font pas forcément ça, sont-ils prêts à donner autant ? Au final donc, c'est peut-être pas un problème de championnat WSBK ou de pilote en particulier. Rea devrait batailler avec Rossi et les autres...

"Je pense qu'on devrait laisser quelqu'un d'autre gagner une course"

F. F. : (Rire) Non.

MNC : Penses-tu que Rea va battre son record de 16 victoires en une saison (2017) ?
F. F. :
Je suis sûr qu'il va l'égaler. Le battre ça va être chaud car il en est à 12

(avant Magny-Cours, NDLR) et il ne reste que six courses. Au Qatar surtout, on sait que la Ducati va bien, et Chaz roulera libéré. Ce week-end, il risque de gagner les deux manches. En Argentine, comme personne ne connait le circuit et que Rea est un mec qui a une vitesse d'apprentissage et une mise en action extraordinaires, ces adversaires ont du souci à se faire. Donc ça pourrait faire quatre manches, 16 victoires. Reste donc le Qatar, où les restrictions de régime maxi sur la Kawasaki sont plus handicapants sur ce type de circuit.

MNC : Cette domination est dure pour les adversaires. Vous pensez à eux parfois ? Apparemment non, si vous pouvez les enfoncer plus, vous ne vous priverez pas !
F. F. :
Complet ! Exactement.

MNC : Mais pour JR, ce doit être dur aussi de garder la motivation et la concentration. Comment fait-il ?
F. F. :
Sa motivation... Sa motivation c'est la peur de ne plus gagner.

MNC : Il te l'a dit ? Il y pense, c'est une hantise ?
F. F. :
Oui il me le dit : "Je redoute le jour où je ne gagnerais plus". Il sait que ça arrivera, tôt ou tard, un mec arrivera avec le bon package et la bonne moto. Donc il fait tout pour retarder ce moment-là. Tu sais, quand t'as goûté la gagne...

MNC : euh non, jamais gouté !
F. F. :
(sourire) bah tu peux pas terminer deuxième, t'es blasé.

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

"Quand as-tu débarqué sur notre planète exactement ?"

MNC : JR n'est pas un extra-terrestre.
F. F. :
Je lui ai encore sorti ce matin : "Faut vraiment que tu consultes...". Écoute bien ça : premier tour chrono du matin, il claque un 1' 38,1. Ca veut dire qu'avec son premier tour rapide, il aurait terminé 3ème de la séance, et encore 8ème de la FP2. Il arrive ce matin, la merde dans les yeux, et il poste un 1' 38,1 ici... N'importe quoi. On en rigole, fut un temps on faisait même des paris sur son premier chrono dans l'équipe. Mais j'ai demandé qu'on arrête, ça risquait de mal tourner. Bref, ce qu'il fait sur la moto, c'est pas donné à tout le monde...

MNC : Justement. Rea est-il un pur talent, un gros bosseur, les deux ?
F. F. :
À la base, c'est un pur talent. Mais il bosse, il est intelligent, il sait se remettre en question. Comme tout le monde, il lui arrive de douter. Mais il a fait en sorte qu'une mec "Fabien, NDLR !) lui ôte ces doutes. l reste humain. Mais il coche pas mal de cases .

MNC : À une époque en revanche, ça n'a pas été un grand chanceux. Sur la Honda, pour compenser le déficit de la moto peut-être, il s'est souvent blessé. Il avait déjà le niveau d'un champion du monde selon toi ?
F. F. :
Je pense qu'il devait prendre plus de risques au guidon de la Fireblade. Il avait aussi moins d'expérience. Est-ce qu'il avait déjà son niveau actuel ? On peut observer ce qui se passe aujourd'hui : la Honda n'est pas ne gagne pas, n'accède pas au podium ni même au Top 5.

MNC : Certains observateurs - commentaires sur MNC - considèrent que Rea ne faisait pas grand chose sur la Honda et rafle tout sur la Kawasaki. Sous-entendu, c'est grâce à sa moto qu'il gagne.
F. F. :
Je ne suis pas d'accord du tout. Les mecs qui considèrent que Rea ne faisait rien sur la Honda oublient qu'il a gagné des courses, est monté sur des podiums, terminait constamment dans le Top 5. Que fontles CBR aujourd'hui ? Moins que rien ? Leon Camier est un bon pilote pourtant, mais lui aussi s'est blessé...

MNC : Avec la bonne moto, il aurait pu disputer leurs titres à Biaggi, Checa, Sykes ou Guintoli ?
F. F. :
Oui. Avec la bonne moto, et le bon entourage aussi, il aurait gagné le titre il y a longtemps. On ne peut pas refaire l'histoire, mais je suis sûr qu'il aurait gagné.

"Pourquoi mettre ta combi, tu as déjà remporté le championnat"

MNC : Certains accusent JR et Kawa de tuer le suspense en WSBK, voire le championnat lui-même. Comment le ressent-il ?
F. F. :
Lui ne le voit pas comme ça. Il vient chaque week-end dans l'objectif de gagner des courses. Mon rôle, son attitude, tout est projeté vers ce but. Mais ce n'est pas aussi facile que ça. Après la FP2 ce midi par exemple, lorsque Tom s'est plus que rapproché de lui, il a commencé à me dire "Putain, demain on va faire 2". Je l'ai rassuré. Ce qu'il lisait sur la feuille de temps devait être interprété, ce que j'avais vu sur la piste, il ne l'avais pas encore saisi. Ca l'a un peu piqué et en FP3, il a fait une simulation de course avec 12 tours dans les 1' 37,3 ou 4, les autres sont inquiets... Pas besoin d'être un expert pour analyser la feuille des temps. Tu te demandes en revanche s'il ne coupait pas un virage quelque part. Tout ça pour dire que ce n'est pas si simple, il n'arrive pas sur un circuit en se disant qu'il va encore empocher 50 points.

"Enverrez-vous une carte à Tom pour Noël ?"

MNC : Quels sont les rapports entre JR et Tom ?
F. F. :
Tu sais, ils ont tous les deux été au mariage de l'autre. Mais leur boulot, la compétition ont fait que des tensions sont nées. C'est normal entre deux champions, l'un a pris l'ascendant sur l'autre... Ce n'est pas facil e pour Tom qui a d'autres soucis d'ordre personnel. C'est compliqué, mais ça reste suffisamment sain.

MNC : Comment entretenir une saine rivalité entre deux grands pilotes ?
F. F. :
Il faut conserver un respect mutuel. Et le plus facile ensuite, c'est qu'il n'y ait pas de relations entre les deux. Ils ne sont pas là pour devenir les meilleurs amis du monde. Ils sont potes à la base, il s le sont moins en ce moment, ils le redeviendront peut-être un jour ? C'est un peu ce qui m'est arrivé avec Charpentier : il y a eu un froid terrible, et aujourd'hui on est comme cul et chemise. Entre Johnny et Tom en ce moment, il n'y a juste pas de relation, mais c'est pas plus mal.

MNC : L'ambiance sera plus détendue avec Haslam l'an prochain ?
F. F. :
Peut-être. Ils sont bien potes, et Haslam se fait peut-être moins d'illusions aussi. Mais attention, c'est un compétiteur. Je pense que la situation sera pluus simple : Haslam n'a pas remporté de championnat, Rea va en avoir quatre.

MNC : Même si Leon arrive à le battre ?
F. F. :
Dans ce cas c'est sûr, il y aura moins d'échanges d'infos entre les deux. Mais je sens que la rivalité sera moins importante.

MNC : Il y a Toprak Razgatlioglu qui arrive aussi derrière. Pourquoi n'est-il pas monté dans le team officiel
F. F. :
Oui, la logique voudrait que Toprak arrive au KRT en 2020. Aujourd'hui, tu prends la liste des mecs qui roulent bien en Superbike, Toprak sort du lot. En plus il est déjà sur Kawa. Pour être tout à fait franc avec toi, je pense qu'il devrait être avec nous dès l'an prochain, au sein du team officiel avec une équipe au top, même si Puccetti est déjà très professionnel. Certains pensent que Toprak est un peu trop frais, je ne crois pas. Ce sera Leon à la place, tant mieux, on ira jouer au golf ensemble !

 Interview Fabien Foret : La motivation de Rea, c'est la peur de ne plus gagner

"Si on lance une pétition, peut-être que Kawa te fabriquera une MotoGP"

MNC : N'est-ce pas Honda le plus fautif dans l'histoire ?
F. F. :
On n'en a jamais vraiment parler ensemble, je ne peux te donner que mon avis. Je pense que si Johnny est resté aussi longtemps chez Honda, en étant conscient qu'il n'avait pas la moto pour être champion WSBK, c'est parce qu'il attendait son transfert en MotoGP, en remerciement pour ses loyaux services. Il est parti quand il a senti que ca ne se passerait pas comme ça. Est-ce une erreur de la part de Honda, je pense. Mais c'est facile de le dire aujourd'hui.

JR avait pourtant fait deux piges en MotoGP en 2012 : 8ème à Misano et 7ème à Aragon. Il méritait alors un guidon ?
F. F. :
Or c'était compliqué, on lui dit qu'il n'a pas le droit de tomber. Je pense effectivement qu'il méritait sa place en catégorie reine.

MNC : Kawasaki et Rea en GP, ce serait intéressant, non ?
F. F. :
Oui, bien sûr. Mais ça ne se passe pas comme ça. Je pense que Kawasaki est très content de dominer ici, content que ça leur coute ce que ça leur coute par rapport au MotoGP... Ils ont des résultats garantis ici. Ils seraient capable d'en avoir en GP aussi, comme Suzuki le fait en ce moment,. D'ailleurs le proto Kawa à la fin (rebaptisée Hayate, pilotée par Melandri, NDLR) n'était pas si mal.

MNC : C'est un projet inconcevable ?
F. F. :
Les boss qui appuient sur les boutons là-haut ont leurs propres arguments, leurs contraintes... De notre point de vue on trouve ça dommage c'est sur. Johnny a eu une proposition pour le MotoGP, mais ce n'est pas sur une moto capable de jouer devant : Top 10 à la régulière, un peu mieux s'il y a du déchet. Je pense qu'il peut faire bien mieux, lui aussi. C'est un mec qui ne s'est jamais vraiment fait battre par Crutchlow. Il a bien sa vitesse, au moins. Or Cal est monté sur le podium, il a même réussi à gagner des courses. Mais ça ne s'est pas fait. Et ça ne se fera plus.

MNC : Le risque pour Kawasaki, c'est que Rea parte chez un autre constructeur. Pas avant 2021 cela dit...
F. F. :
Comme tu le dis, il a signé pour deux ans. Il se sent bien là, il est certainement content des conditions financières et du reste. Mais c'est la course. Aujourd'hui, Rea est un dieu, mais demain... bon, il restera un dieu vu ses quatre titres, voire plus après, tous ses records et ses statistiques.

MNC : Il ne s'interdit toutefois pas, un jour, de changer d'employeur ?
F. F. :
Non, pas du tout. Ce n'est pas vert ou rien. C'est un compétiteur, il aime les challenges. Il se verrait bien gagner en bleu, en rouge, pourquoi pas.

MNC : Tu resterais avec lui ?
F. F. :
Oui. Je pense qu'il se voit bien finir avec moi à ses côtés d'ailleurs. Je me contente de faire mon max pour lui aujourd'hui. Ca fonctionne bien. Un jour il voudra peut-être changer de moto ou de coach. Ca ne nous empêchera pas d'aller boire un verre ensemble, de faire nos sorties à vélo et le reste !

MNC : Ce sera le mot de la fin. Merci Fabien d'avoir répondu à toutes nos questions !
F. F. :
Merci à toi.

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