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San Francisco (USA), le 19 octobre 2012

Essai Kawasaki ZX-6R 636 2013 : une Supersport Karrément super !

Essai Kawasaki ZX-6R 636 2013 : une Supersport Karrément super !

Prenez une Kawasaki ZX-6R et portez sa cylindrée à 636 cc pour booster ses mi-régimes. Greffez-y une électronique de pointe et des suspensions moins fermes : vous obtenez la ZX-6R 636 2013, une Supersport fréquentable au quotidien. Essai piste et route.

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Kawasaki (re)tente le supersport routier

Dessinées par et pour la course, les motos de Supersport n'ont de cesse de se radicaliser. Toujours plus performantes, elles perdent du poids et gagnent du muscle à chaque renouvellement de modèle, tandis que leurs parties cycle s'affûtent jusqu'à devenir plus tranchante qu'un coupe choux de barbier...

Mais ce parti pris 100% "racing" a un revers : ces fleurs de piste ne s'épanouissent qu'entre deux vibreurs et perdent rapidement de leur éclat dans un environnement routier. Il suffit de faire une centaine de kilomètres "incrusté" sur la minimaliste Daytona 675 ou sur l'exigeante YZF-R6 et son moteur typé 2-temps (rien en bas, tout en haut) pour s'en rendre compte !

Conscient de cette dérive, Kawasaki tente une approche originale en 2013 : puisqu'il est si difficile d'élaborer une sportive de 600 cc efficace sur circuit et agréable sur route, pourquoi ne pas proposer deux déclinaisons sur la même base ? Une ZX-6R de 599 cc conçue pour chasser le chrono et une ZX-6R 636 plus adaptée à un usage courant, grâce à ses 37 cc supplémentaires et un comportement général adouci.

A dire vrai, la démarche n'est pas vraiment nouvelle pour les Verts puisque la "Saga 636" a vu le jour dès 2002 avant d'être abandonnée à partir du millésime 2007 (lire notre Dossier spécial ZX-6R 636). Du coup, certains de nos lecteurs se demandent sans doute ce qui a persuadé Kawasaki de redémarrer un programme en sommeil depuis six ans...

"Arrêter la ZX-6R 636 n'a pas été une décision facile à prendre à l'époque, mais nous souhaitions nous recentrer sur notre programme sportif et créer une moto pour s'imposer en Supersport", nous répond Hirotsugu Warabino, chef de projet de la ZX-6R 636 2013. A priori, l'objectif est parfaitement rempli puisque l'actuelle ZX-6R a emmené Kenan Sofuoglu vers son second titre en Mondial Supersport, tandis que Grégory Lebanc a écrasé le championnat de France 2012 à son guidon !

Une fois la "base" arrivée au niveau de compétitivité voulu, Warabino-san et son équipe ont donc remis l'ouvrage sur le métier pour "ressusciter" la 636 qui reprend pour l'essentiel les caractéristiques de la ZX-6R 2009 (lire notre Essai MNC du 4 mai 2009 et notre Point technique en pages suivantes). Comme durant la période 2002 à 2007, les deux motos cohabiteront dans la gamme afin de maintenir les engagements de Kawasaki en compétitions de Supersport.

Ce qui change en revanche, c'est que la nouveauté 2013 est technologiquement plus évoluée que son inspiratrice. Plutôt que de se contenter de "routifier" la ZX-6R, le blason d'Akashi s'est lâché lors de la conception de sa 636 ! Tant et si bien que l'on peut décemment parler de "nouveau modèle" et non de simple déclinaison pour désigner la ZX-6R 636 millésime 2013.

Au niveau du moteur par exemple, la liste des modifications apportées au quatre-cylindres en ligne ne se résume pas qu'à une "simple" augmentation de la course de 2,6 mm (42,5 sur la ZX-6R 2012 contre 45,1 pour la ZX-6R 636 2013) : les Verts ont aussi amélioré de nombreux points comme l'admission, l'injection ou encore la transmission (tous les détails dans notre Point technique).

Même chose pour la partie cycle : si le cadre périmétrique en alu et le bras oscillant digne d'une ZX-10R sont reconduits quasiment tels quels dans leurs fonctions (l'angle de chasse est plus fermé de 0,5°, notamment), les suspensions sont totalement inédites, tout comme le dispositif de freinage composé d'étriers monoblocs Nissin à fixation radiale - une première sur une Kawasaki. Là encore, les plus curieux de nos lecteurs n'hésiteront pas à dévorer notre Présentation technique complète en pages suivantes.

Ajoutez à cela le package électronique le plus complet jamais rencontré sur une moto de Supersport (choix de cartographies au guidon, anti-patinage réglable et déconnectable et ABS en option) et une plastique revisitée de haut en bas, et force est de reconnaitre qu'elle n'usurpe pas son statut de "nouveauté", cette Ninja 2013 !

Ninja puissance 636 !

Calquées sur l'actuelle ZX-10R, les lignes de la 636 versent dans le style "manga" cher aux designers Kawa. L'avant est particulièrement réussi et exsude l'agressivité de tous ses angles vifs. Les clignotants intégrés dans les flancs de carénage ou le sabot en deux parties dissimulant presque complètement la disgracieuse chambre de tranquillisation de l'échappement témoignent de l'importance accordée au look.

La partie arrière s'avère un peu moins excitante... La faute tout d'abord au volume et à l'aspect banal du silencieux et à une coque qui aurait gagné à être encore plus aérienne, à l'instar des poupes effilées au possible d'une RC8R ou d'une YZF-R6.

Cela aurait renforcé l'aspect "furtif" de la moto sans occasionner de gros bouleversements pratiques : la taille réduite du strapontin et la hauteur des repose-pieds passagers en disent suffisamment long sur l'accueil offert au courageux "copilote", tandis que le volume du coffre est de toute façon assez restreint (au mieux, on y glisse un bloque-disque).

Côté présentation, un examen approfondi abouti là encore à des résultats essentiellement positifs : l'oeil du motard sportif est immédiatement attiré par l'ensemble "étriers radiaux + disques pétales", la fourche de 41 mm aux fourreaux dorés, l'amortisseur "full réglable", ainsi que le cadre et le maousse bras oscillant aux soudures impeccables.

Le feu arrière abritant des leds en forme de double "Z" - similaire à celui de la nouvelle Z800 - produit aussi son petit effet, tout comme la nouvelle console de bord à la fois claire, lisible et complète.

Globalement bien finie, la Ninja 2013 camoufle presque parfaitement ses durits et ses câbles électriques : seules quelques cosses dépassent à l'intérieur du cockpit. La qualité des matériaux utilisés est à l'avenant, à l'exception de certains plastiques un peu cheap comme le "cache cadre" installé sous le réservoir de 17 litres.

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèles avec 1200 km au compteur
  • Réglages route : d'origine
  • Réglages circuit :arrière remonté de 4 mm et suspensions durcies
  • Parcours : 5 sessions de 30 min sur circuit et 130 km de routes sinueuses
  • Météo : chaud et sec
  • Pneus : Bridgestone R10 sur circuit et S20 (monte d'origine) sur route
  • Conso moyenne : non mesurée
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS KAWASAKI ZX-6R 636 2013

 
  • Coffre et allonge moteur
  • Contenu technologique probant
  • Excellent compromis des suspensions
 
 
 

POINTS FAIBLES KAWASAKI ZX-6R 636 2013

 
  • Largeur du réservoir (surtout sur piste)
  • Vibrations à partir de 8000 tr/mn
  • Concept pas assez approfondi ?
 
 
 
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