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MOTOGP - SILVERSTONE (12 SUR 18)
Paris, le 5 septembre 2016

Déclarations et analyse du GP de Grande-Bretagne MotoGP 2016

Déclarations et analyse du GP de Grande-Bretagne MotoGP 2016

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix moto de Grande-Bretagne 2016 à Silverstone.

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Déclarations, analyse et classements

Maverick Viñales, Suzuki-Ecstar (3ème en qualifs et 1er en course) : "C'est une sensation incroyable ! C'est pour arriver là que nous nous battons depuis le début et c'est un rêve qui devient réalité. La course a été incroyable et j'ai bien géré mes chronos à chaque tour. Le team avait fait un excellent travail, ils avaient tous beaucoup travaillé et je leur en suis très reconnaissant. Vendredi, quand je suis arrivé, je savais déjà que je pouvais gagner ici à Silverstone. C'est un circuit qui m'a toujours plu et où la moto a été très compétitive. J'espère me maintenir à ce niveau et offrir d'autres moments de joie à Suzuki".

L'analyse Moto-Net.Com : Une course parfaite. Voila ce qu'est parvenu à réaliser Maverick Viñales dès son 30ème départ en MotoGP, battant à la régulière et sur le sec tous les ténors de la catégorie reine. On le savait doué : le jeune espagnol se révèle exceptionnel !

"Tous ceux qui travaillent en MotoGP connaissent depuis longtemps l'étendue de son talent", a rappelé son futur coéquipier Valentino Rossi, un rien inquiet d'hériter d'un tel phénomène à ses côtés l'an prochain... "Je sais depuis qu'il a signé avec Yamaha que ça ne sera pas simple et que je ne pourrai pas me relâcher", indique le Docteur, soufflé par la démonstration sans équivoque de Viñales ce week-end.

La clé de sa réussite incontestable (3,480 secondes d'avance sur son premier poursuivant, Cal Crutchlow !) tient en partie à son choix pneumatique pertinent (dur à l'avant et médium à l'arrière), très rapidement validé pendant les essais. Dès le vendredi, le débutant de l'année 2015 et ancien champion du monde Moto3 2013 confiait être en mesure d'imprimer un rythme régulier et rapide : ce fut effectivement le cas !

Par ailleurs, la fraîcheur britannique (18°C dans l'air et sur la piste en course) a aussi joué en sa faveur, plus exactement en faveur de sa moto qui se montre toujours plus à l'aise dans des conditions froides car elles masquent ses soucis de motricité souvent rencontrés en fin de course par temps chaud.

Le peu expansif Maverick Viñales - en comparaison, Rossi et Crutchlow semblaient en transe à ses côtés sur le podium ! - espère pouvoir dorénavant reproduire sa performance dans toutes les conditions, y compris avec des hautes températures comme ce peut être le cas pour le prochain Grand Prix à Misano (Italie).

Heureux de renouer avec la victoire pour la première fois depuis le GP de Malaisie 2014, "Mack" confie avec honnêteté qu'il avait projeté jusque-là de ne s'imposer qu'à partir de l'an prochain sur la Yamaha officielle. Ce succès en solitaire fait de lui le premier pilote victorieux dans les trois catégories actuelles (Moto3, Moto2 et MotoGP), en plus de le faire remonter à la 4ème place au provisoire à la place de Dani Pedrosa.

Cal Crutchlow, Honda-LCR (1er en qualifs et 2ème en course) : "C'était vraiment incroyable d'être impliqué dans une bagarre aussi intense et je suis persuadé que le public britannique a pris du plaisir à assister à un tel spectacle. Je tenais sincèrement à remercier chaleureusement l'équipe LCR et Honda pour le travail acharné qu'ils ont fourni au cours des dernières semaines. Nous avons entamé la saison avec de nombreuses chutes et des problèmes sur la moto, mais nous réussissons à démontrer que tous nos efforts finissent par être récompensés".

«Je me sentais vraiment à mon aise pendant ce Grand Prix au cours duquel je ne me suis pas économisé et la lutte avec Marc et Valentino restera un grand moment. Je tenais aussi à adresser toutes mes félicitations à Maverick car il a parfaitement su contrôler la course et il a accompli un superbe travail. Quatre nouveaux vainqueurs au terme des quatre dernières épreuves MotoGP est quelque chose d'unique et attrayant pour le championnat".

"Monter sur le podium à domicile devant mes fans anglais représente quelque chose de vraiment particulier et je ne cache pas ma fierté d'avoir pu le réaliser. Je me sens en grande forme actuellement et j'espère réellement que la manche de San Marin pourra à nouveau nous apporter un résultat similaire, même si nous savons pertinemment que les choses ne seront pas aisées sur la côte adriatique car Honda a souvent été en proie à des difficultés sur ce circuit les années précédentes. Cela ne m'empêchera pas toutefois de maximiser mes efforts pour réaliser une nouvelle performance dans deux semaines"

L'analyse Moto-Net.Com : Enzo Ferrari, créateur de la prestigieuse marque éponyme, avait coutume de dire qu'un pilote devenu père perdait une demi-seconde au tour... Cal Crutchlow est la parfaite contradiction du constat de l'illustre "Commandatore" : depuis la naissance de son premier enfant cet été, la ravissante petite Willow, le britannique obtient ses meilleurs résultats !

Le pilote Honda décroche à domicile son premier podium de la saison sur le sec, portant à trois son total d'apparitions sur la "caisse" après les GP d'Allemagne et de République tchèque. Deux semaines après sa première victoire à Brno, Cal reste sur le même élan positif, comme il l'a prouvé en qualifications en allant hargneusement décrocher sur le mouillé sa première pole depuis le GP de République tchèque 2013.

Mais c'est surtout sa farouche résistance au leader du championnat qui force le respect : alors que Marc Marquez avait fait plier tous ses rivaux dans sa spectaculaire et animée remontée, Crutchlow a tenu tête à toutes ses attaques, y compris la dernière au freinage malgré l'impressionnante "touchette" provoquée par l'impétueux n°93 à plus de 200 km/h !

Cette combativité retrouvée et son admirable vélocité font que le britannique remonte comme une fusée au provisoire : le n°35, longtemps dans les profondeurs du classement à cause de ses quatre résultats blancs (Qatar, Argentine, France et Pays-Bas), apparaît désormais à la 8ème place à seulement trois petits points d'Andrea Dovizioso !

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar (2ème en qualifs et 3ème en course) : "Nous ne reprenons que trois points au championnat, mais quelle bataille ! Je me suis battu tout au long de la course, sans jamais lâcher prise. Malheureusement, mon pneu arrière commençait déjà à glisser après huit ou neuf tours (une gomme dure pourtant, contrairement à Viñales et Crutchlow en médium, NDLR), du coup la moto n'était pas facile à contrôler. Mais cette bagarre avec Marc et Cal était très sympa et je suis très content de ce podium".

"C'était une belle course, avec une lutte acharnée dans les premiers tours comme à la fin. Sur le sec nous n'étions pas très rapides. Je savais que j'allais souffrir en deuxième moitié de course avec mes pneus et c'est ce qui s'est passé. Mais j'ai donné le maximum pour terminer sur le podium. Au-delà des points, ce résultat est très important pour mon équipe et moi. J'ai quelques traces de pneus sur mon cuir suite à mes contacts avec Marc... La bagarre était rude mais sportive et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Face à lui, la bataille est toujours très intense. J'ai hâte de voir ça devant un écran !".

L'analyse Moto-Net.Com : Le 18 août 1996, Valentino Rossi remportait en République tchèque sa première victoire en Grand Prix en 125 cc. Vingt ans et quelques jours plus tard, à 37 ans et pour sa 250ème course en MotoGP, le même Docteur se bat avec autant de hargne - et peut-être plus de talent encore - contre des rivaux quinze ans plus jeunes !

Car au-delà du podium, c'est bien entendu la fantastique lutte avec son vieux copain Marquez (23 ans) qui a maintenu le public et les téléspectateurs en haleine : Rossi lui-même concédait à l'arrivée que le résultat final lui importait moins que le plaisir et l'excitation ressentis durant la bagarre.

Dans les boxes Honda et Yamaha en revanche, tout le monde retenait son souffle à chaque passe d'armes, craignant que la lutte ne dégénère en un remake du tristement célèbre GP de Malaisie 2015... Mais il n'en fut rien : les deux immenses champions ont ferraillé sans compter, allant jusqu'au contact à plusieurs reprises mais sans jamais dépasser les limites du fair-play.

"Cela n'avait rien à voir avec Sepang : ici, il s'agissait de deux pilotes déterminés à obtenir le meilleur résultat, rien de plus", analyse le n°46 quand on l'interroge sur les similitudes avec la Malaisie. Marquez préfère de son côté botter en touche : "je ne veux pas penser au passé, juste à l'avenir, parce qu'on travaille très dur sur ce championnat", se dérobe-t-il quand la question du "Sepang Clash" est remise sur le tapis.

A l'arrivée, les deux hommes n'ont en tout état de cause manifesté aucune tension quelconque suite à leur fantastique bataille, Rossi rappelant même que celle l'ayant opposé à Andrea Iannone fut tout aussi gratinée !

"Et puis, je sais que Márquez me réserve toujours un traitement de faveur", ne peut s'empêcher d'ajouter l'espiègle italien, ajoutant aussitôt qu'il n'avait rien à lui reprocher, au contraire : "il a été gentleman", souligne-t-il en référence au petit geste d'excuse adressé par Marquez après un énième dépassement.

Si Marc Marquez a gagné en maturité cette saison, Valentino Rossi a lui aussi retenu les leçons du passé : le nonuple champion du monde s'est bien gardé de souffler sur les braises - encore chaudes - des discordes passées, bien qu'il ait confié ce week-end encore ressentir l'amertume du titre manqué en 2015, selon lui injustement : "j'ai payé très cher et c'est lourd à porter", avoue-t-il...

Marc Marquez, Honda-Repsol (5ème en qualifs et 4ème en course) : "Il y a des dimanches plus difficiles que d'autres et ça a été le cas aujourd'hui puisqu'il y avait différentes façons d'approcher la course, avec plusieurs choix valides pour le pneu avant comme pour l'arrière. Nous avons peut-être fait une erreur en choisissant le pneu tendre à l'avant mais nous pensions que c'était la meilleure option pour la course".

"J'ai réalisé que c'était une erreur et j'ai alors décidé de gérer au mieux la situation. C'est dommage que je sois parti trop large au freinage quand je me battais pour la seconde place, mais j'ai fini par corriger ça. Nous avons pris la quatrième place et nous n'avons perdu que trois points de notre avance, qui est ce qui compte le plus pour nous".

L'analyse Moto-Net.Com : "Chassez le naturel, il revient au galop !" L'adage colle parfaitement au comportement de Marc Marquez à Silverstone, fermement décidé à prouver qu'il n'avait rien perdu de sa fougue et de son stupéfiant talent d'équilibriste après une demie saison gérée avec retenue aux moments opportuns.

Le leader du championnat, fort de ses 53 points d'avance en arrivant en Grande-Bretagne, avait clairement "débranché" toutes les sécurités nées de ses multiples chutes l'an passé (6 en 18 courses). Durant les derniers tours, Marquez était prêt à tout pour finir devant malgré une monte pneumatique qu'il savait inadaptée, quitte à prendre le risque de connaître son premier résultat blanc de la saison...

Au final, avec sa 5ème place, le "funambule du MotoGP" s'en tire bien au regard de ses énormes prises de risques, dont son freinage "cata" causant un contact avec Crutchlow et terminé dans les dégagements bitumés ! Le n°93 perd certes trois points, mais retire en retour la satisfaction d'avoir pu laisser exploser dans l'espace son tempérament volcanique, qu'il contenait patiemment sur les conseils du HRC...

Car comme tout autre champion de son calibre, Marc Marquez a sa fierté et la perspective d'être taxé d'épicier l'insupporte au plus haut point. D'où cette sorte de "récréation" anglaise, histoire de rappeler à tous que le patron ne craint personne en piste... Attention aux excès tout de même, car à ce stade, le rival le plus dangereux de Marc Marquez est... Marc Marquez lui-même !

Dani Pedrosa, Honda-Repsol (4ème en qualifs et 5ème en course) : « Ce week-end fut assez compliqué compte tenu des conditions météo. Nous n'avons presque pas eu de soleil et même quelques gouttes de pluie. Du coup la piste a toujours été très fraîche. C'était difficile de trouver un bon feeling avec les pneus car il n'y avait que très peu de gomme sur l'asphalte. J'avais choisi l'association de pneus "soft-soft"".

"Je savais que j'allais avoir quelques difficultés dans les derniers tours, mais je pense tout de même que c'était alors le meilleur choix. La bonne nouvelle est que nous avons progressé en termes de résultats. J'ai également gagné en confiance, tout particulièrement au freinage. Il y a encore des choses que nous devons améliorer, mais nous avons fait une course correcte avec des chronos raisonnables. Nous essaierons de poursuivre dans cette dynamique lors des prochaines courses".

L'analyse Moto-Net.Com : Dani Pedrosa revient enfin dans le Top 5 à Silverstone, son meilleur résultat depuis sa troisième place en Catalogne. Même si la chute de Iannone a clairement profité au catalan, sa performance est nettement plus encourageante que ses résultats passés, tout comme son rythme.

"Pedro" a en effet signé le quatrième meilleur tour en course derrière Viñales, Crutchlow et Espargaro (Aleix). Son chrono en 2'02.721 est même plus rapide que ceux de Rossi (2'02.745), Iannone (2'02.790) et Marquez (2'02.815). Bref, même si l'officiel Honda a lui aussi subi la domination de la "fusée Viñales" - le seul à être passé sous les 2'02.4 (2'02.339) - sa cadence était très compétitive.

Pour autant, l'expérimenté espagnol ne s'estime pas encore sorti de sa spirale négative dans laquelle l'ont plongé ses soucis d'adaptation avec la version 2016 du V4 de sa RC213V (désormais à vilebrequin contrarotatif) et les pneus Michelin, qu'il continue à trouver trop rigides.

Le n°26, toujours sans victoire pour la première fois de sa carrière à ce stade du championnat, perd une place au provisoire au profit de Maverick Viñales. D'aucuns y verront un autre symbole de l'ascendant pris par la jeune génération sur l'ancienne garde en MotoGP : Pedrosa fêtera le 29 septembre ses 31 ans, soit dix de plus que Viñales...

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar (9ème en qualifs et 8ème en course) : "Le week-end a été difficile parce que nous n'avons pas trouvé de set-up avec lequel je sois à l'aise sur la moto. Nous avons essayé une configuration différente pour la course (des réglages de suspensions plus durs qui lui avaient souri en 2012, NDLR), que nous n'avions pas testée durant le warm-up, et c'est un pari qui n'a pas marché".

"Je pouvais voir le second groupe devant moi mais je ne pouvais pas les rattraper faute de grip. J'avais beaucoup de vibrations à l'arrière, comme lorsque le pneu est abîmé, et j'ai dû diminuer ma cadence. Nous avons beaucoup de soucis avec les pneus cette année et j'espère que Michelin réussira à résoudre ces problèmes pour l'an prochain".

L'analyse Moto-Net.Com : Les week-ends se suivent et se ressemblent, hélas, pour Jorge Lorenzo, dont la dernière victoire remonte au GP d'Italie. Soit déjà six courses sans s'imposer et seulement un podium (3ème en Autriche). Pire : le champion du monde en titre a enchaîné ses plus mauvais résultats en MotoGP en Allemagne (15ème) puis à Brno (17ème), littéralement pétrifié par les conditions humides.

Des trois pilotes en lice pour le titre, le n°99 est celui qui a marqué le moins de points sur la période estivale, laissant tour à tour filer Marquez puis Rossi au provisoire. Et ce alors qu'il ne cesse d'annoncer sa volonté de remporter toutes les courses jusqu'à la finale à Valence (Espagne) !

Mais le majorquin est loin d'afficher la vitesse nécessaire à la réalisation de ses ambitieux objectifs, une situation qu'il impute aux nouveaux pneus Michelin dont il ne parvient pas à tirer le meilleur sur le sec et encore moins sur le mouillé. Ce week-end, le n°99 estime que sa course a de nouveau été gâchée par un souci de vibrations à l'arrière, phénomène dont personne d'autre ne s'est plaint...

Forcément, la situation ne manque pas d'en agacer quelques-uns chez Yamaha, d'autant que Lorenzo a plusieurs fois été surpris en conversation avec son futur employeur Ducati, chez qui il prépare visiblement déjà activement sa prochaine saison. De là à dire qu'il a tiré un trait sur sa dernière saison aux couleurs du blason d'Iwata, il n'y qu'un pas que certains n'hésitent pas à franchir...

C'est le cas notamment de Stefan Pierer, le boss de KTM, très critique face aux résultats en dents de scie de Lorenzo : "Ducati a engagé Lorenzo pour combien ? 12 millions d'euros ? Et malgré ça ils ne sont pas certains de gagner parce que, quand il pleut, il connaît beaucoup de problèmes. Et dans ces cas-là, piloter la meilleure moto ne compte pas", analyse l'autrichien, connu pour ses discours souvent aussi tranchés que les lignes de ses motos de route !

Cette déclaration faite à nos confrères de Motosprint a profondément agacé l'intéressé, qui a aussitôt répliqué que Pierer n'a "soit aucune mémoire, soit n'est pas très professionnel", dans la mesure où Lorenzo compte plusieurs succès sous la pluie. "Sa remarque n'est pas justifiée", estime le champion en titre.

Reste qu'avec sa huitième place à Silverstone à quelque 19 secondes du vainqueur, Lorenzo poursuit sa dégringolade en termes de points au championnat : le voici désormais relégué à 64 points de Marquez à six courses de la fin de la saison, soit plus de 10 points à lui reprendre chaque week-end !

Un écart qui paraît difficile à combler, voire impossible, même s'il n'a de cesse de répéter que "le championnat n'est pas terminé tant qu'il subsiste une possibilité mathématique". Son coéquipier Valentino Rossi le devance désormais de 14 longueurs, briguant sans s'en cacher l'objectif de battre le majorquin à moto égale. Une dernière fois pour l'honneur, en somme !

Andrea Iannone, Ducati (8ème en qualifs et abandon sur chute en course) : " Je suis très déçu car je réalisais une très belle course. J'avais certainement une chance de terminer sur le podium. Malheureusement, juste avant le cap de la mi-course, mon avant-bras droit a commencé à fatiguer. Je n'étais plus en mesure de piloter aussi bien qu'auparavant, ce qui m'a beaucoup handicapé".

"Je commençais vraiment à avoir mal, mais il n'était pas question pour moi d'arrêter. Cette situation aurait été trop difficile à accepter. Quand je suis arrivé dans le virage 17 à six tours de la fin, j'ai tourné un peu tardivement, j'ai roulé sur une bosse et je suis tombé. Je n'avais juste plus la force de contrôler la moto. C'est vraiment dommage car ce dimanche nous aurions pu faire un très bon résultat".

L'analyse Moto-Net.Com : Andrea Iannone est rapide, c'est un fait avéré, surtout depuis sa victoire en Autriche. Mais l'italien manque de constance : sa chute à Silvertone marque son cinquième résultat blanc de la saison sur douze courses disputées. Il conserve certes le statut de premier pilote Ducati au provisoire, 6ème devant Dovizioso, mais voit l'écart avec Pedrosa qui le précède passer à 24 points.

Pour sa défense, Iannone invoque une douleur au bras droit devenue si gênante qu'il ne parvenait plus à contrôler sa Ducati. L'italien, opéré de cet avant-bras en 2013 en raison d'un syndrome des loges, craint un retour de son souci de "arm-pump". Rien à voir donc avec sa légère blessure à la main en cassant une vitre de Porsche Cayenne !

D'autres pilotes ont déjà connu des "répliques" de ce souci physique très courant à haut niveau en moto et que cause la répétition d'importants gonflements des muscles à l'intérieur de leurs gaines : Dani Pedrosa, entre autres, avait choisi de mettre sa carrière entre parenthèses début 2015 pour subir une importante opération visant à éradiquer ses douleurs.

Andrea Iannone va se soumettre à une batterie d'examens dont les résultats seront transmis au docteur qui l'a opéré en 2013, l'incontournable Dr Mir, afin de statuer sur ce potentiel retour d'un syndrome des loges. Selon lui, la nature trop physique de la Desmosedici serait aussi à l'origine de son problème...

Andrea Dovizioso, sixième à 12,3 sec du vainqueur, abonde dans ce sens, estimant que la Ducati requiert "trop de forces et d'énergie" et ne permet pas d'être pilotée avec fluidité. Pour autant, si "Dovi" avoue avoir terminé la course rincé, cela ne l'empêche pas d'admettre que la moto de Bologne avait le potentiel pour terminer deuxième, position occupée par Iannone avant sa chute.

Alex Lowes, Yamaha-Tech3 (16ème en qualifs et 13ème en course) : "Dans l'ensemble je suis content de la façon dont mon week-end s'achève. J'ai vraiment beaucoup appris lors de cette première expérience en MotoGP, c'était génial. Les conditions météo en constante évolution ont rendu mes débuts sur la YZR-M1 encore plus difficiles. Concernant la course elle-même, c'était la première fois que j'alignais plus de six tours consécutifs et que je roulais avec un réservoir plein. L'apprentissage fut donc corsé".

"Durant les premiers tours, ma roue avant s'est bloquée à plusieurs reprises, ce qui fait que j'ai un peu perdu confiance. Mais après ça, j'ai essayé de me concentrer sur la moto, sur son changement de comportement compte tenu de la dégradation des pneus et de la consommation d'essence. J'ai aussi observé les pilotes autour de moi et j'ai beaucoup appris. Tout compte fait, je termine à 40 secondes du vainqueur, à 20 secondes de Jorge pour mon premier Grand Prix, ce qui est positif".

"Mais l'objectif principal était de rallier l'arrivée. En plus de ça je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je suis un pilote. J'ai maintenant quelques jours pour digérer mon week-end afin d'être encore plus fort à Misano. Je voudrais remercier tout le team Tech3 qui a fait un excellent travail, je leur suis très reconnaissant".

Alvaro Bautista, Aprilia-Gresini (19ème en qualifs et 10ème en course) : "Ca a été un peu la pagaille au premier départ, mais fort heureusement Pol et Loris vont bien. Au second départ, j'ai essayé de trouver mon rythme. Nous avons eu du mal tout au long du week-end, mais je savais que dans le duel nous étions capables de mieux faire et c'est ce qui s'est passé. J'ai bataillé un moment face à Yonny mais je suis remonté au classement".

"Quand j'ai réussi à le passer, j'ai changé les réglages sur la RS-GP pour gagner quelques dixièmes et ainsi créer un petit écart. Ça a marché. Je voudrais remercier mon équipe et mes mécaniciens qui ont travaillé dur pour me donner la meilleure moto possible. J'ai hâte de me rendre à Misano. Aprilia sera sur ses terres, j'espère donc offrir un bon résultat aux fans de la marque".

Scott Redding, Ducati Pramac (7ème en qualifs et 17ème en course après deux chutes !) : "C'est dommage, j'avais signé un bon envol lors du premier départ, mais durant la seconde course quelque chose avait changé. Je n'avais plus le même feeling. Je suis tombé de la moto sans m'y attendre. Ça peut arriver, mais je suis déçu que ça se produise sur ce tracé. Mais il ne faut jamais renoncer, alors j'ai continué jusqu'à la fin même si ça n'était pas simple. J'aimerais remercier tous mes fans qui m'ont soutenu à chaque tour".

Loris Baz, Ducati-Avintia (13ème en qualifs et abandon sur chute en course) : " Ce fut une grosse frayeur ! Je suis plutôt bien parti. Pol me double dans le premier virage, je me place alors à côté pour repasser à l'intérieur au virage suivant. À ce moment, je suis surpris par Danilo (Petrucci, NDLR) qui freine très tôt. Lorsque je réalise que je vais le percuter, j'essaie de l'éviter en me plaçant à droite".

"Pol (Espargaró, NDLR) est alors sur sa trajectoire et je le percute. À partir de là, je ne me souviens de rien jusqu'à mon arrivée dans l'ambulance. Selon les premiers examens, aucune blessure sérieuse n'a été diagnostiquée. J'avais toutefois mal à la tête en fin de journée et je me suis donc décidé à passer un scanner qui n'a rien révélé. J'ai principalement mal au pied et à deux orteils. Je souffre d'une bonne entorse et d'une brûlure à la cuisse".

"Je suis vraiment chanceux et je tiens à m'excuser auprès de Pol. Je n'ai vraiment pas pu l'éviter, il n'y avait pas d'autre solution. C'est dommage, car il y avait la possibilité de faire une bonne course aujourd'hui. Je vais me reposer et me préparer pour le prochain Grand Prix à Misano en fin de semaine".

Pol Espargaro, Yamaha Tech3 (15ème en qualifs et abandon sur chute en course) : "J'ai ressenti un gros impact à l'arrière dans le premier virage. J'ai commencé à rouler au sol, puis j'ai été heurté à la fois par ma moto et par celle de Loris. J'ai très mal partout, surtout au tibia droit, mais rien de très inquiétant et je suis certain qu'avec un peu de massages, ça ira".

"D'un côté, je dois dire que cet accident était vraiment malchanceux, mais pour être totalement franc, les dernières courses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu. D'un autre côté, je suis heureux qu'il ne soit rien arrivé de pire".

Résultats et classement du GP de Grande-Bretagne MotoGP 2016

  1. 25 Maverick VIÑALES SPA Team SUZUKI ECSTAR Suzuki 39'03.559
  2. 35 Cal CRUTCHLOW GBR LCR Honda Honda +3.480
  3. 46 Valentino ROSSI ITA Movistar Yamaha MotoGP Yamaha +4.063
  4. 93 Marc MARQUEZ SPA Repsol Honda Team Honda +5.992
  5. 26 Dani PEDROSA SPA Repsol Honda Team Honda +6.381
  6. 4 Andrea DOVIZIOSO ITA Ducati Team Ducati +12.303
  7. 41 Aleix ESPARGARO SPA Team SUZUKI ECSTAR Suzuki +16.672
  8. 99 Jorge LORENZO SPA Movistar Yamaha MotoGP Yamaha +19.432
  9. 9 Danilo PETRUCCI ITA OCTO Pramac Yakhnich Ducati +25.618
  10. 19 Alvaro BAUTISTA SPA Aprilia Racing Team Gresini Aprilia +32.084
  11. 68 Yonny HERNANDEZ COL Pull & Bear Aspar Team Ducati +36.131
  12. 50 Eugene LAVERTY IRL Pull & Bear Aspar Team Ducati +39.130
  13. 22 Alex LOWES GBR Monster Yamaha Tech 3 Yamaha +40.143
  14. 8 Hector BARBERA SPA Avintia Racing Ducati +41.356
  15. 53 Tito RABAT SPA Estrella Galicia 0,0 Marc VDS Honda +41.943
  16. 43 Jack MILLER AUS Estrella Galicia 0,0 Marc VDS Honda +47.610
  17. 45 Scott REDDING GBR OCTO Pramac Yakhnich Ducati +1'56.177

Non classés

  • 29 Andrea IANNONE ITA Ducati Team Ducati 171.9 (6 tours) 6 Stefan BRADL GER Aprilia Racing Team Gresini Aprilia 167.0 (17 tours)

Non partants

  • 76 Loris BAZ FRA Avintia Racing Ducati (0 tour)
  • 44 Pol ESPARGARO SPA Monster Yamaha Tech 3 Yamaha (0 tour)

Classement provisoire du championnat du monde MotoGP 2016

  1. Marc MARQUEZ Honda SPA 210 points
  2. Valentino ROSSI Yamaha ITA 160 points
  3. Jorge LORENZO Yamaha SPA 146 points
  4. Maverick VIÑALES Suzuki SPA 125 points
  5. Dani PEDROSA Honda SPA 120 points
  6. Andrea IANNONE Ducati ITA 96 points
  7. Andrea DOVIZIOSO Ducati ITA 89 points
  8. Cal CRUTCHLOW Honda GBR 86 points
  9. Pol ESPARGARO Yamaha SPA 81 points
  10. Hector BARBERA Ducati SPA 78 points
  11. Eugene LAVERTY Ducati IRL 67 points
  12. Aleix ESPARGARO Suzuki SPA 60 points
  13. Scott REDDING Ducati GBR 54 points
  14. Danilo PETRUCCI Ducati ITA 45 points
  15. Jack MILLER Honda AUS 42 points
  16. Bradley SMITH Yamaha GBR 42 points
  17. Alvaro BAUTISTA Aprilia SPA 41 points
  18. Stefan BRADL Aprilia GER 39 points
  19. Tito RABAT Honda SPA 27 points
  20. Loris BAZ Ducati FRA 24 points
  21. Michele PIRRO Ducati ITA 23 points
  22. Yonny HERNANDEZ Ducati COL 13 points
  23. Alex LOWES Yamaha GBR 3 points

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