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ESSAI
Paris, le 19 juin 2015

Essai Z300 : le mini roadster Kawasaki, enfin !

Essai Z300 : le mini roadster Kawasaki, enfin !

Première marque sur les roadsters de moyenne et grosse cylindrée en France durant des années, Kawasaki était curieusement absente chez les plus petits. Il suffisait pourtant de dénuder la petite sportive Ninja 300. C'est chose faite avec la Z300. Essai !

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MNC cravache le nouveau roadster Z300

Sous ses airs de Z800, la Z300 cache un poids plume qui plaira à tous les jeunes permis A2 encore peu sûrs d'eux lors des manoeuvres moteur coupé, ainsi qu'à tous les vieux permis sur le de retour sur une moto qui ne veulent pas se bloquer le dos bêtement...

L'excellent rayon de braquage de cette petite moto est un autre allié important au moment de sortir sa moto du fin fond du garage - coincée derrière le merdospace - ou de l'extirper d'un parking deux-roues monopolisé par de volumineux scooters à trois roues !

Une fois le moteur démarré, le propriétaire de la petite Kawasaki ne peut plus prétendre conduire une moto de grosse cylindrée : au ralenti, les tranquilles allers-retours des pistons dans leurs cylindres - en alu ! - n'évoque en rien la tonalité des Z800 que l'on croise dans la rue, souvent affublées de pots "Sapetoku" !

Le petit bicylindre - identique en tous points avec celui monté sur la Ninja 300 d'origine - est cependant particulièrement attachant. En premier lieu, sa souplesse et sa docilité font de la Z300 une alliée de choix pour (se) roder en ville.

La commande d'embrayage est incroyablement souple - un bienfait du système "Assist&Slipper" - et le premier rapport très court évite d'avoir à faire patiner l'embrayage pour décoller, même en trombe. Les rapports supérieurs passent sans efforts, même si l'on sent une légère résistance au niveau du sélecteur.

Extrêmement souple, le petit moulin à eau permet de circuler à moins de 40 km/h en sixième. Il tourne alors à 2500 tr/min et accepte de repartir sans un hoquet, mais sans grande vigueur non plus : ce n'est qu'un 296 cc, après tout !

Les accélérations et reprises sous 4500 tr/min suffisent toutefois pour laisser le gros de la circulation dans les rétroviseurs - qui sont par ailleurs convenablement excentrés et offrent une bonne vue. En contrepartie, ils demandent parfois quelques savants coups de guidon pour remonter complètement - doucement et cordialement - les files de voitures.

Le guidon, quant à lui, est un soupçon plus haut et surtout plus droit que sur la mini Ninja, ce qui facilite le travail et améliore la condition du conducteur. Les rapports de boîte en revanche sont toujours aussi serrés et le recours au sélecteur de vitesses toujours aussi fréquent.

Pour faire jeu égal avec les scooters et motos, il faut maintenir l'aiguille du compte-tours au-delà des 5000 tours et ne pas mollir au niveau du pied gauche. Le pied droit lui, peut rester sagement posé sur la plaque d'isolation du pot.

D'un côté comme de l'autre, on ne regrette pas l'absence de gomme sur les repose-pieds "réciiing" : les légères vibrations passent inaperçues dans cet environnement stressant... Une brève incursion sur autoroute valide ce choix : calée à 130 km/h en 6ème à 9000 tr/min, la Z300 ne grésille pratiquement pas.

De retour en ville, le freinage de la Z300 est très satisfaisant. Son atout principal réside dans son dosage : au levier comme à la pédale, on distille avec facilité et précision la pression appliquée sur le disque. La puissance, enfin, est suffisante au quotidien.

La fourche gomme étonnamment bien les pavés des petites ruelles et ménage ainsi les poignets et avant-bras du pilote. L'amortisseur au contraire se montre plus dur envers les fesses et les lombaires. Trop dure également, la selle transmet quasiment tous les soubresauts du train arrière.

Même sur route parfaitement plate, le fessier du pilote fatigue au fil des kilomètres. Le grip de la selle est pourtant bon, permettant aux plus grands de se jucher sur sa partie arrière et large. Mais le faible rembourrage gâche tout. Dommage, car on roulerait volontiers très longtemps sur la mini "Zed".

Parmi les gros points forts de la Z300, en ville comme sur petites routes, figure son agilité ! Grâce à son faible empattement, à ses pneus fins et à son train avant fermé - davantage que celui de la Ninja 300 -, le petit roadster Kawasaki plonge dans les carrefours, ronds-points ou épingles avec une facilité déconcertante.

Déconcertante également pour certains, la monte de pneus d'origine nous est parue convaincante : même sous la pluie, les IRC Road Winner - quel nom ! - et leurs sculptures en vague - quel style ! - n'ont eu aucun mal à passer les 39 chevaux et 27 Nm au sol. Ce qui n'est pas non plus, reconnaissons-le, un défi terriblement ardu.

Trop sec à notre goût en agglomération sur les dos d'âne et les pavés, l'amortisseur de la Z300 se révèle plus agréable lorsqu'on le soumet à des pressions moins brutales... Là encore, les ruades des 40 poneys sont contenues sans mal et les irrégularités du bitume sont globalement bien absorbées.

À l'inverse, alors qu'on saluait en ville le côté prévenant et gérable du freinage, on s'aperçoit en utilisation plus sportive qu'il manque de mordant et de puissance. Mais ce n'est si grave au fond : le plaisir, avec ce roadster, est justement de garder le maximum de vitesse en entrée de courbe - pas en aveugle, hein !

On évite d'ailleurs de freiner trop brutalement à l'approche des virages, ce qui aurait pour effet de faire plonger l'avant de la moto un peu trop généreusement. Afin de négocier rapidement les courbes et de rendre les trajectoires plus précises, mieux vaut garder une assiette plate.

Malheureusement, le pilote a beau aborder les courbes de manière coulée, quelques petites bosses suffisent à saper son dur labeur... Les coups de guidon et balancements du train avant incitent en effet à réduire la vitesse dans les enchaînements suivants.

Plus nerveuse encore que la Ninja 300 au niveau du train avant, la Z300 peut compter sur son train arrière pour effectuer de belles sorties de courbe. À condition que son pilote sélectionne le bon rapport, naturellement... L'apprenti pilote comprend vite que pour - tenter de - rester au contact d'autres motos plus puissantes, il est indispensable de maintenir le bicylindre haut dans les tours !

C'est une autre source de joie pour le motard : le caractère rageur du moteur 4-temps n'est pas sans rappeler celui des petits 2-temps d'antan. Pas aussi explosif, le twin parallèle de Kawasaki dispose comme eux d'une impressionnante, grisante et vibrante allonge. On prend donc un infini plaisir à le cravacher !

Pas rancunière, la Z300 n'a brûlé que 14,9 litres de carburant pour parcourir les 315 km de notre essai, soit une consommation moyenne de 4,7 l/100 km. Et pourtant, entre les bouchons en ville et les arsouilles sur petites routes, MNC ne s'est pas montré tendre envers le bicylindre !

En conduisant plus sagement, l'autonomie de la Z300 (17 litres) pourrait donc avoisiner les 400 km : de quoi parcourir de nombreux trajets entre le boulot et le domicile, ou entre la fac et l'appartement de sa petite copine (qu'il est plus intéressant de côtoyer "IRL" que par smartphones interposés, ça aussi les vieux peuvent vous le certifier) !

Le budget essence ne s'annonce donc pas trop lourd, tout comme celui de l'assurance. Seul le tarif de la moto semble un peu élevé : 4799 €, 5199 € avec l'ABS... Soit exactement le même prix que la 390 Duke et, surtout, dans la même fourchette que d'innombrables moyennes cylindrées d'occasion... Dur de lutter ?

Selon Moto-Net.Com, la Z300 dispose de sérieux atouts pour s'imposer : sa légèreté et son agilité qui la rendent extrêmement facile à appréhender, son allure de Z800 qui fait recette en France et son moteur terriblement efficace pour un 300 cc.

En ville, il faudra néanmoins composer avec sa selle et son amorto trop durs. MNC a eu moins de mal à occulter le comportement perfectible de son train avant et doit reconnaître que la mini "Zed" permet de s'amuser sur belles départementales, et ce sans trop dépasser les 90 km/h. Les motards expérimentés nous croiront volontiers. Quant aux plus jeunes bridés par leur permis A2 : ils feraient bien d'essayer, juste pour voir y croire !

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Modèle d'origine
  • Parcours : 315 km
  • Routes : petites routes et ville
  • Pneus : IRC Road Winner
  • Conso : 4,7l/100km
  • Problèmes rencontrés : RAS

POINTS FORTS Z300

  • Légèreté et agilité
  • Souplesse et rage du 300 cc
  • Allure de Z800

POINTS FAIBLES Z300

  • Tarif élevé
  • Selle et amortisseur durs
  • Train avant sur route bosselée
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