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MOTO GP 2013 - QATAR (1 SUR 18)
Paris, le 8 avril 2013

Déclarations et analyses du Moto GP au Qatar

Déclarations et analyses du Moto GP au Qatar

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations et les résultats des principaux protagonistes de la catégorie reine, ainsi que l'analyse de leurs réussites (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du GP du Qatar 2013.

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Déclarations et analyses du GP du Qatar 2013

Jorge Lorenzo, Yamaha Factory (1er en qualifs et 1er en course) : "Je suis très, très content et vraiment fier de moi-même et de toute l'équipe. Le week-end a été parfait, notamment la course, pour laquelle nous avons été très forts dès le début. J'ai pris un bon départ et je savais qu'il fallait attaquer dès le départ pour faire la différence".

"J'ai pris deux ou trois secondes d'avances et après ça, j'ai pu me calmer et rester concentré. C'est un résultat parfait pour Yamaha et pour le team. Je suis aussi très content pour Valentino, qui a vécu une situation difficile ces deux dernières années. Il a une fois de plus démontré que c'est un pilote rapide et complet. Nous verrons la suite au Texas !"

L'analyse Moto-Net.Com : Comment rêver d'un meilleur début de saison pour Lorenzo ? Auteur de la pole et du meilleur départ, le champion du monde en titre a ensuite exprimé tout son talent en claquant sept tours consécutifs sous les 1'56, dont le meilleur a été réalisé dès sa deuxième boucle (!) en 1'55.569 : pendant que ses rivaux prenaient encore la "température" de la piste, "Lorenshow" leur collait environ une demi-seconde au tour !

Très vite hors de portée, le Majorquin s'impose pour la deuxième fois d'affilée au Qatar - avec 5,990 sec d'avance ! - et signe au passage son 45ème succès en Grands Prix, dont 24 en MotoGP. Oui, Jorge : tu peux effectivement être fier de toi !

Valentino Rossi, Yamaha Factory (7ème en qualifs et 2ème en course) : "Je suis plus qu'heureux : je suis très, très, très content parce que je rêvais de monter sur le podium pour ma première course depuis mon retour sur la Yamaha. C'était mon objectif depuis le mois de novembre et j'ai fait le maximum d'efforts pour y parvenir".

"Le week-end a été difficile, notamment la séance d'hier, mais je savais que nous avions un très bon rythme. J'ai essayé de remonter au début mais j'ai fait une erreur et j'ai perdu du temps. Je devais faire une bonne seconde partie de course parce que je savais que j'avais un très bon rythme. Je suis revenu petit à petit, tout près du podium !"

"En fin de course, j'ai eu une belle bataille avec Marc pour la seconde place. Je suis content, pour moi mais aussi pour tous mes amis et mes fans qui ont souffert durant deux saisons. Et aussi pour Yamaha, qui commence la saison avec un doublé : pas mal !".

L'analyse Moto-Net.Com : A la cave en qualifications (septième à presque une seconde de Lorenzo), Valentino Rossi avait la mine grave samedi soir : l'officiel Yamaha est tout simplement passé à côté de sa première qualif' chez Yamaha... Pour ne rien arranger, son ancienne moto pilotée par Dovizioso s'est qualifiée devant lui, avec quasiment six dixièmes d'avance (1'55.160 contre 1'55.711) !

Il faut y voir les conséquences de la pression liée à l'obligation de se "racheter" après son échec chez Ducati, mais aussi au nouveau format - plus court - des qualifications : en 2012, les pilotes MotoGP disposaient d'une quinzaine de tentatives pour claquer une pendule, désormais les possibilités sont réduites à quatre essais (lire toutes les explications sur le règlement dans notre Guide MotoGP 2013). Or, Rossi est un pilote qui aime "poser ses jalons" avant de se lâcher : cela explique notamment pourquoi il éprouve plus de difficultés qu'un Lorenzo ou un Pedrosa pour s'élancer plein pot dès le début d'une course.

Enterré corps et âme par ses détracteurs samedi soir, l'officiel Yamaha a mis un point d'honneur à prouver que sa légende ne s'était pas construite sur du vent : malgré un départ compliqué où il a touché Pedrosa avant de tirer tout droit en tentant de doubler Dovizioso, le Docteur termine deuxième après une remontée dont lui seul a le secret.

Dépassements osés - et quel plaisir de revoir des dépassements en MotoGP ! -, chronos en hausse constante (meilleur temps en course en 1'55.756 dans son 16ème tour), hargne presque palpable dans sa façon de piloter "sa" M1 : Valentino n'a rien lâché, y compris contre le "gamin" Marc Marquez à qui il a montré de quel bois un "vieux" se chauffait !

Le n°46 en a d'ailleurs tellement demandé à sa Yamaha que celle-ci a calé juste après l'arrivée, victime d'une panne sèche (d'où la photo ci-contre, où Rossi s'amuse de l'absence de sa moto dans le parc fermé) ! C'était moins une...

Marc Marquez, Honda-Respol (6ème en qualifs et 3ème en course) : "A vrai dire, j'étais très nerveux sur la grille parce que c'était ma première course en MotoGP. Je crois que je n'avais jamais été aussi nerveux. J'ai eu du mal à garder mon calme et je n'étais pas aussi concentré que je l'étais en Moto2".

"J'ai quand même retrouvé ma concentration au dernier moment. Le départ était important et nous savions que nous partions du côté sale de la piste. Je ne suis pas bien parti mais j'ai pu attaquer sur les premiers tours et doubler beaucoup de pilotes, je pense que ça a été la clé. J'ai beaucoup appris en roulant derrière Dani et ensuite derrière Valentino. Il y a toujours du spectacle quand on se bat avec lui mais c'est aussi très difficile".

"Valentino a été un adversaire très dur à doubler sur les derniers tours. Il nous a battus cette fois-ci, mais j'espère continuer à apprendre de lui et de ceux qui ont été plus rapides que nous".

L'analyse Moto-Net.Com : Certes, on s'attendait à être impressionnés par Marc Marquez dès ses débuts en catégorie reine. Certains lui prêtaient même le génie nécessaire pour rééditer l'exploit de Max Biaggi en 1998, lorsque l'Empereur romain s'était imposé à Suzuka après avoir signé la pole de son premier Grand Prix en 500 cc.

Un peu en retrait en qualifications, le rookie espagnol n'a peut-être pas égalé l'incroyable performance de Biaggi, mais il a gagné toute la considération de ses pairs et l'admiration du public. Car comment ne pas rester sur le c..l devant le talent et le culot de ce débutant de 20 ans à l'enthousiasme contagieux ?

Auteur du meilleur tour en course en 1'55.445 (oui, oui, devant Lorenzo, Rossi, Crutchlow et Pedrosa !), le n°93 a mené sa Honda officielle de 275 ch sur la troisième marche du podium après s'être défait de son coéquipier et avoir livré une belle bataille avec Rossi. Il fallait le voir sourire sur le podium pour mieux s'en rendre compte : Marquez vit un rêve éveillé.

Bien sûr, il lui manque encore un peu "d'épaisseur" pour remporter sa première course à la régulière, mais la dernière phrase de sa déclaration d'après-course en dit long sur les prétentions du bonhomme. Une fois ses marques prises, le champion du monde Moto2 donnera tout et prendra moins de gants qu'il ne l'a fait dimanche soir. Et là, gare !

Dani Pedrosa, Honda-Repsol (3ème en qualifs et 4ème en course) : "Ma course a été bonne. J'ai eu un bon niveau, même si pendant toute la course j'ai été obligé de beaucoup faire glisser l'arrière pour compenser le manque de grip. Je me suis rendu compte dès le premier tour que Lorenzo allait beaucoup plus vite et j'ai essayé de garder ma position parce que je savais que la motricité en sortie de virage allait être un problème".

"J'ai fait de mon mieux pour me défendre, mais quand Rossi est arrivé à toute vitesse, honnêtement, je n'ai rien pu faire. Il est tout de suite passé devant. J'ai fait tout mon possible mais ça n'a pas suffi. Peut-être que nos réglages pour l'arrière n'étaient pas bons parce que j'ai eu des problèmes tout le week-end et que je n'avais toujours pas assez de grip ce soir. Au final, je manque le podium et c'est dommage parce que la pré-saison s'était très bien passée et que nos réglages avaient bien fonctionné. Ça n'a tout simplement pas marché pour nous ce soir".

L'analyse Moto-Net.Com : En retrait lors pendant les essais libres, Dani Pedrosa a commencé à redresser la barre en qualifications, puis au warm-up. Son team manager, Alberto Puig, a alors poussé un gros "ouf" de soulagement, rassuré de constater que son protégé vendrait chèrement sa peau en course...

Hélas, cette progression est intervenue un peu tard : en proie à des problèmes de motricité probablement dus à la nature sale et glissante de la piste, le n°26 n'est pas parvenu à donner la réplique à son rival pour le titre, Jorge Lorenzo. Pire encore : l'Espagnol s'est fait "doser" par son coéquipier aux dents longues et par un Rossi revenu du diable vauvert !

Quatrième à presque 9,5 sec du vainqueur, Dani Pedrosa termine son premier Grand Prix loin des objectifs qu'il s'était légitimement fixés après avoir remporté six des huit dernières courses de la saison 2012... Certes, le championnat ne fait que démarrer et il est évident que "Pedro" s'imposera très vite, tout comme il est certain qu'il se battra pour le titre. Mais cette entame en demi-teinte va immanquablement le faire cogiter et risque d'affecter sa confiance en lui.

Cal Crutchlow, Yamaha-Tech3 (2ème en qualifs et 5ème en course) : "Je suis content d'entamer la saison après un hiver qui a été long mais honnêtement, après avoir été aussi performant pour les essais et les qualif', finir cinquième est un peu frustrant".

"Mon rythme était prometteur, je pensais que je méritais d'être sur le podium, mais il était évident que je manquais de vitesse sur la ligne droite. Je devais donc attaquer très fort dans les virages pour réduire l'écart et si nous avions pu résoudre ce petit problème je suis certain que j'aurais pu me battre devant avec les autres".

L'analyse Moto-Net.Com : Pauvre Cal Crutchlow ! Dans le coup tout le week-end, le Britannique échoue à quelques longueurs du podium après avoir passé la quasi-totalité de la course dans le sillage de Pedrosa et de Marquez... Et ce n'est pas sa vélocité qui est en cause : il a signé le 4ème meilleur temps en 1'55.804 !

Selon le pilote Tech3, ce revers ne tient qu'à la vitesse de pointe en retrait de sa M1 satellite. Une analyse non dénuée de fondements puisqu'il lui manquait entre 5 et 7 km/h pour faire jeu égal avec les RCV officielles : 337,1 km/h pour le n°35 contre 342,2 km/h pour Pedrosa et 344 km/h pour Marquez.

Néanmoins, ce seul facteur n'explique pas tout : avec la M1 d'usine, Jorge Lorenzo n'a roulé qu'un seul petit km/h plus vite (338,1 km/h) et Valentino Rossi n'est monté "qu'à" 342 km/h. Et cette différence entre les deux officiels Yamaha s'explique essentiellement par l'aspiration : seul en tête durant toute la course, Lorenzo n'en a jamais profité, contrairement à son coéquipier.

Cal Crutchlow est surtout passé à côté du podium à cause d'une "boulette" réalisée après que Rossi l'a dépassé. Surpris de voir débouler l'Italien, le pilote Tech3 a perdu sa concentration un court instant et a tiré tout droit - heureusement sans chuter ! Le turbulent pilote britannique doit aussi s'améliorer sur les dépassements : il "bute" souvent sur des rivaux moins rapides sans parvenir à trouver l'ouverture.

Andrea Dovizioso, Ducati Team (4ème en qualifs et 7ème en course) : "Avant d'arriver ici, c'était le meilleur résultat que nous pouvions espérer. C'est ce à quoi nous nous attendions. Après les qualifications, tout le monde pensait que nous pouvions faire une très bonne course mais nous devons accepter la réalité".

"Je savais, par mon expérience, que la course allait être une toute autre histoire, et c'est ce qui s'est passé. C'est la réalité et nous devons partir de là. Nous pouvons apprendre beaucoup plus de choses durant les week-ends de course que durant les essais hivernaux et nous allons essayer de bâtir sur ce que nous avons".

L'analyse Moto-Net.Com : "Dovi" a beau tenter de relativiser, personne n'est dupe... Après sa superbe qualification, lui-aussi croyait dur comme fer être en mesure de faire sensation pour son premier Grand Prix chez Ducati ! Ne serait-ce qu'au vu de la façon dont il a tenu tête à Rossi en début de course, le n°4 ne partait pas pour terminer à presque 25 secondes du vainqueur.

Dans les premiers tours, le n°4 a peut-être même caressé l'espoir de faire la nique à l'ancien pilote de la Desmosedici en terminant devant lui... Las, cette entame prometteuse n'a pas fait long feu : victime des maux habituels des Ducati (sous-virage et manque de motricité), "Dovi" a rapidement dû rendre les armes.

Entre son quatrième et son neuvième tour, le rythme de Italien est passé de 1'56.494 à 1'57.464... soit presque une seconde perdue en l'espace de cinq boucles ! A titre de comparaison, Lorenzo n'a perdu que quatre dixièmes dans le même intervalle alors qu'il roulait nettement plus vite : le Majorquin a été chronométré en 1'55.644 dans son quatrième tour, puis en 1'56.051 dans son neuvième.

Du quatrième au neuvième tour, Pedrosa a de son côté perdu moins de deux dixièmes (de 1'56.060 à 1'56.249) et Rossi seulement 0,093 sec (de 1'56.315 à 1'56.408). Plus fort encore concernant le n°46 : une fois débarrassé de Dovizioso puis de Bradl, ses chronos ont continué à descendre jusqu'à son 16ème tour où il a roulé le plus vite en 1'55.756 !

Seules satisfactions pour Andrea Dovizioso : il termine premier pilote Ducati et son résultat est meilleur que celui obtenu par Rossi lors du GP du Qatar 2012 (10ème). Pari réussi, donc ? Pas vraiment si l'on se fie au chrono : Dovizioso a mis 43'04.157 pour couvrir les 22 tours de course, soit seulement 13 secondes de moins que Rossi l'an dernier (43'17.879 min). Même si la piste qatarie offrait davantage de grip en 2012, cela en dit long sur la progression de la Ducati en exactement un an...

Déçu d'avoir terminé derrière Dovi alors qu'il avait réalisé son meilleur chrono du week-end pendant la course (1'56.437), son coéquipier Nicky Hayden a résumé la situation des Rouges de Bologne via une phrase lourde de sens : "il n'y a rien de spectaculaire chez nous, mais nous devons trouver des points positifs"...

Randy de Puniet (CRT), ART-Aspar (14ème en qualifs et 12ème en course) : "Si on m'avait dit jeudi que j'allais finir comme ça, ça m'aurait sûrement convenu parce que nous avons eu des soucis au début mais nous avons quand même réussi à progresser tout au long du week-end, notamment sur le manque de confiance avec le train avant".

"Aujourd'hui, j'ai eu de très bonnes sensations durant les trois premiers quarts de la course et j'ai pu me battre avec Aleix, mais à huit tours de l'arrivée j'ai commencé à avoir des problèmes dans les virages à gauche et je n'arrivais pas à tourner correctement. J'ai donc perdu en rythme et c'est dommage parce que je pense que sans ça, j'aurais pu me battre avec Aleix jusqu'à la fin. Je crois qu'il faut garder les points positifs, nous avons réussi à terminer la course et nous sommes deuxièmes des CRT".

L'analyse Moto-Net.Com : En manque de feeling avec l'avant de son ART (moteur et châssis Aprilia), Randy de Puniet n'a été que l'ombre de lui-même durant les essais. Incapable de se qualifier en QP2 (la "super qualif" qui détermine les douze premières places sur la grille, le pilote français a vécu un premier week-end de course difficile psychologiquement : clairement, son coéquipier Aleix Espargaro avait l'ascendant.

Mais hors de question pour Randy de baisser les bras : en course, le n°14 s'est battu comme un lion pour tenir la cadence imprimée par son compagnon d'écurie. Il termine finalement à 6,686 sec d'Espargaro qui a longtemps tenu tête à la Ducati prototype de Ben Spies. Le Texan est finalement parvenu à battre le pilote espagnol, mais l'alerte fut chaude : la GP13 de Spies a franchi la ligne d'arrivée avec seulement 4,901 sec d'avance sur la CRT-Aprilia...

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