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Málaga (Espagne), le 27 novembre 2018

Essai Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Dévoilées en septembre, les Z125 et Ninja 125 débarquent mi-décembre en concession. Kawasaki nous a permis d'essayer ses deux nouveautés 2019 sur route... puis sur piste(s) avec Ana Carrasco, championne du monde Supersport 300. Roulez jeunesse !

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Essai Z125 et Ninja 125 page 2 - Une offre, deux choix

La campagne de communication de Kawasaki pour promouvoir ses nouvelles motos 125 cc repose sur le choix cornélien qui s'offre aux jeunes motards : laquelle choisir, la Z125 ou la Ninja ? Le roadster ou la sportive ? La Kawa des villes ou la Kawa des champs circuits ?

Moto-Net.Com a de la chance : un tirage au sort nous a attribué la Ninja 125 pour la matinée et la Z125 pour l'après-midi. Le lendemain, deux ateliers sont prévus pour mettre les motos - et MNC - à l'épreuve : cours particulier avec la championne de WSSP300 Ana Carrasco et séance de gymkhana !

Le Journal moto du Net prend la clé - toute plate - de "sa" Ninja. Alors que certaines motos concurrentes proposent un antidémarrage codé, voire un système sans clé pour la récente GSX-S125, la Ninja 125 (comme sa jumelle Z125) fait appel au plus basique des contacteurs. Le premier "contact" avec la machine est donc rudimentaire.

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Le deuxième abord de la Ninja est un peu plus chaleureux : la selle est dure, certes, mais les suspensions s'affaissent gentiment sous le poids (72 kg tout nu tout bronzé) du pilote. Les demi-guidons incitent à s'incliner sur l'avant de la machine : juste ce qu'il faut pour adopter une attitude sportive.

Excellente surprise pour les grands : les jambes ne sont pas excessivement repliées ! Fluette d'aspect, la mini "ZX-R" dégage autant de place que nécessaire pour les genoux du pilote. Même l'ancien "géant vert" Loris Baz se sentirait à l'aise sur cette mini Superbike.

Un coup de démarreur électrique - "dis papa, c'est quoi un kick ?" - et le moteur s'ébroue. Sa sonorité est bien plus proche de celle d'une tondeuse à gazon que celle de la ZX-10RR quadruple championne du monde de WorldSBK avec Jonathan Rea. On ne pouvait malheureusement pas attendre mieux de la part d'un mono 4-temps...

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Le petit 125 cc ne brille pas par sa nervosité : les coups d'accélérateur se traduisent par de lentes montées en régime, sans doute à cause de l'arbre d'équilibrage qui fait tourner le moteur parfaitement rond. On est loin des envolées des petits 2-temps du siècle dernier, aussi rugissantes qu'entêtantes... en raison de l'odeur caractéristique ?!

L'embrayage permet de faire décoller la moto sans aucune difficulté : sa commande n'est pas trop dure et la progressivité facilite le léger patinage nécessaire pour lancer les 148 kg à sec de la petite Ninja (146 kg pour la Z). L'inertie du petit moteur simplifie également la tâche.

La sélection de la boîte de vitesses se montre un brin rugueuse, mais les 75 km affichés au compteur de notre machine l'excusent partiellement. Le bon étalage des six vitesses et la souplesse du monocylindre sont en revanche totalement validés par MNC.

Un petit moteur à la fois docile et pointu

En ville à 50 km/h, la petite "Kawette" accepte de trotter sur le 6ème et dernier rapport à 4000 tr/min. Il ne faut pas attendre de sa part des reprises tonitruantes, ni même convaincantes. Pour cela, il faut tomber trois vitesses : en 3ème, le mono galope à 6000 tr/min avec plus d'entrain.

On note alors que l'écran digital manque de couleurs pour signifier plus distinctement le régime moteur : pourquoi pas vert en bas, orange au milieu et rouge tout en haut ? Le compte-tours de la Ninja (identique sur la Z) est un peu trop fin pour discerner clairement le régime.

L'absence d'indicateur de témoin de rapport engagé est formatrice : les apprentis motards apprendront à repérer les bas régimes à l'oreille et aux sensations (accélérations molles) et à détecter les hauts régimes à l'oreille toujours,,, et aux vibrations ! Nous y reviendrons.

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Accueillantes de prime abord, les suspensions confirment leur bon caractère en absorbant efficacement les bosses et les trous des ruelles de Malaga. Non réglables (hormis la précharge arrière), elles disposent d'un pertinent compromis entre confort et rigueur.

En prenant le frein avant notamment, la fourche ne plonge pas exagérément. Il faut dire que le mordant de l'étrier avant n'est pas tranchant. Sous ses airs de pure sportive, la Ninja 125 cache une partie cycle de moto basique et accessible : celle de la Z125 !

Le roadster, justement, possède une direction qui semble encore plus légère. Les raisons sont multiples : le guidon plus large, plus droit et plus haut libère naturellement le haut du corps, l'angle de châsse légèrement fermé favorise l'agilité et l'absence de carénage allège l'avant de la moto de 2 kg.

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

La séance de gymkhana organisée par Kawasaki met idéalement en valeur la maniabilité de la Z125. Tourner autour des plots, contourner les cônes, braquer au maximum puis contrebraquer : tout cela s'exécute sans jamais forcer... ni même réfléchir !

Autre atout dans la manche de la Z et de la "ZX-R" : leur frein arrière, dont l'étrier 2-pistons permet de réguler au km/h près l'allure de la moto... mais aussi sa prise d'angle et donc son rayon de braquage, comme nous l'apprennent nos deux instructeurs !

Un peu plus haute, la selle de la Z125 est d'autant plus confortable. Les repose-pieds étant situés scrupuleusement au même endroit que sur la Ninja 125, les jambes sont un peu plus ouvertes sur le roadster. Et pourtant, les grands pourraient préférer la Ninja...

Plutôt Z125 ou Ninja 125 ?

Paradoxalement, la Z125 offre moins de place aux genoux : les rotules butent désagréablement sur les écopes de radiateur ! Heureusement pour Moto-Net.Com, les coques de protection de notre jean de moto ont grandement limité l'inconfort à bord du roadster.

Pour l'épreuve du plateau néanmoins, MNC sélectionnerait toujours la Z125 : la petite Kawa tourne sur elle-même ou presque. La Ninja ne peut pas braquer autant : 35° d'angle à gauche et à droite au lieu de 30° pour la Z. Mais la mini "ZX-R" n'est pas perdue dans le trafic pour autant. On note au passage que les deux motos sont dépourvues de warnings. Ce n'est pourtant pas un gadget pour certains...

Sur route, le Journal moto du Net préfère conduire la Ninja 125 : le "pilote" est plus regroupé sur sa moto et fait davantage corps avec elle. Et puis, si la direction se montre un peu plus "physique" dans le viroleux, elle est loin, très loin d'être fatigante !

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Sur le réseau secondaire français, les minots pourront se caler à 80 km/h "compteur" sur le sixième et dernier rapport : le moteur tourne alors à 6500 tr/min et la moto ne grésille pas encore. L'arbre d'équilibrage reste efficace, la gomme sur les repose-pieds est agréable. On peut donc garder cette vitesse longtemps et sans agacement.

Souple et docile, le moteur se montre trop creux dans la première moitié du compte-tours. Certains apprécieront le caractère joueur qui en ressort, d'autres critiqueront son côté trop pointu : il faut sans cesse le maintenir entre 7000 et 9500 tr/min (entre les valeurs de couple et de puissance maxi) pour garder du rythme.

Le pied gauche est donc mis à forte contribution pour jouer du sélecteur ! Les reprises étant trop timides sous 6500 tr/min, il est recommandé de descendre un rapport pour doubler sur voies rapides... et carrément obligatoire d'en tomber deux pour les dépassements sur route entre deux virages...

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Autre défaut du monocylindre d'Akashi : des vibrations apparaissent dans les genoux puis les fesses haut dans les tours. On lui pardonne cependant car à ces régimes, la concentration du pilote se porte ailleurs : sur le sur le tarmac qui défile de plus en plus vite. Ou de moins en moins lentement, plutôt.

Car on a beau la cravacher et avoir la sensation de tout donner, la petite 125 ne dépasse que rarement les limitations de vitesse sur route ! Sur autoroute, les excès sont tout bonnement impossibles, que l'on soit en 5ème ou en 6ème, en pleine descente, à l'aspi d'un camion ou le vent dans le dos : les Z125 et Ninja régulent à 118 km/h "compteur".

Kawasaki n'a pas débridé nos motos en vue de notre courte incursion sur circuit : longue et vallonnée, la - magnifique - piste de kart nous permet tout juste de pousser à fond le 3ème rapport. Lors des trois tours de reconnaissance derrière la championne du monde de Supersport 300 Ana Carrasco, MNC sent de toute manière qu'il ne faut pas trop attaquer...

Dans la roue de la championne Ana Carrasco !

La piste encore fraîche et par endroit humide et les pneus d'origine (Dunlop TT900) offrent un grip limité, surtout sur l'angle : une petite glisse incite à rester sage ! À l'accélération pourtant, les 15 ch et 11,7 Nm ne martyrisent pas grandement le pneu arrière.

Aux abords des virages, on apprécie que les freinages soient parfaitement dosables, à l'avant comme à l'arrière. L'ABS n'est donc pas harcelé de travail. Durant tout notre essai il ne s'est déclenché qu'une seule fois, en arrivant dans un virage plus fermé et sur une route plus glissante que prévu...

Sur les petites Kawasaki 125, l'intervention du système ABS - moins fin que celui des grosses cylindrées - est alors sensible : le freinage devient saccadé, la fourche finit par piocher et la moto peut sortir de sa trajectoire... mais elle reste sur ses roues, ouf !

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Confortables, les suspensions sont également efficaces. Suffisamment en tout cas pour une utilisation "sportive" sur route, ou pour une initiation sur piste ! Devant puis derrière la sympathique "Pink Warrior", Moto-Net.Com peut s'appliquer sur ses trajectoires grâce aux réactions toujours prévisibles de la Ninja 125.

"C'est pas mal", nous lance d'ailleurs la championne WSSP300 à la fin de notre cours particulier. "Le rythme, les trajectoires, c'est bien ! Au niveau de la position, le déhanchement et le buste, c'est bon aussi. Mais tu pourrais pivoter plus des épaules pour aller chercher naturellement la corde". Message reçu, cheffe !

Pour nous encadrer, Miss Carrasco a troqué sa Ninja 400 pour une 125. Petit bonus auquel les journalistes n'ont pas droit : le pot Arrow Sport, affiché sur le catalogue d'accessoires Kawasaki à 594 euros. La petite sportive gagne nettement en décibels. Les voisins et concitoyens risquent de ne pas apprécier... et même le proprio pourrait être gavé sur long parcours.

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Justement, combien de bornes peuvent couvrir les Kawasaki Z125 et Ninja 125 avec leur réservoir de 11 litres ? Comme souvent en présentation presse, MNC n'a pas pu effectuer de mesure. Or l'ordinateur de bord ne calcule ni l'autonomie restante, ni les consommations moyenne ou instantanée...

Les longs trajets pourront pourtant être envisagés au guidon de ces deux nouvelles 125 : leur faible vitesse de pointe évite au pilote de trop fatiguer malgré l'absence complète de protection, y compris sur la Ninja. Quant à la bulle, bien trop basse et trop fine, elle est juste là pour faire joli.

Au final, Moto-Net.Com préfère tout de même la mini "ZX-R" à la Zed, pour l'attitude et la conduite un peu plus sportives que l'on adopte naturellement à ses demi-guidons et qui colle parfaitement à l'image de marque Kawasaki. Pour le meilleur accueil qu'elle réserve aux genoux, aussi !

 Kawasaki Z125 et Ninja 125 : pour motards de génération Z ou ZX-R ?

Mais puisqu'il parait qu'en matière de motos 125 cc, le style compte avant tout, la Z125 aura forcément plus de succès. Contrairement à la petite Ninja, la Z125 s'inspire beaucoup du look des plus grosses Zed. Son train avant un peu plus agile et sa selle plus confortable seront également appréciés.

La base des mini Z et ZX-R maintenant posée, Kawasaki a tout intérêt à explorer un autre segment très apprécié des permis A1 - et permis B avec formation de 7 heures : le néo rétro ! En France, les Mash, Orcal, Brixton ou Bullit séduisent chaque année de nombreux clients.

Une "Z125RS" dotée d'un moteur légèrement retravaillé pour davantage de répondant dans les mi-régimes et d'un équipement modernisé (fourche inversée et instrumentation couleurs) trouverait sans doute sa place sur la marché. Restez connectés !

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèles d'origine
  • Parcours : 150 km
  • Routes : ville, routes et voies rapides
  • Circuit : 6 tours...
  • Pneus : Dunlop TT900
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS Z ET NINJA 125

 
  • Prises en mains évidente
  • Look de la Z125 (Vs Z900)
  • Partie cycle saine et joueuse
  • Confort inattendu (surtout Ninja)
 
 

 

POINTS FAIBLES Z ET NINJA 125

 
  • Monocylindre 4-temps pointu
  • Equipements assez sommaires
  • Look de la Ninja 125 (Vs ZX-10R)
  • Vitesse maxi faiblarde (118 km/h)
 
 
 
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