WSBK - Interview Loris Baz : "le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP"
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BAZOOKA
Paris, le 8 août 2018

Interview Loris Baz : "le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP"

Interview Loris Baz : "le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP"

Moto-Net.Com profite de la - très - longue pause estivale du World Superbike pour s'entretenir avec Loris Baz. Unique pilote français et BMW, il galère sur sa S1000RR, pendant que ses concurrents progressent. Comment améliorer la situation et niveler le championnat ? Voici ses réponses.

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Six mois se sont écoulés depuis notre dernière interview de Loris Baz. Six mois et les deux tiers d'une saison 2018 qui marque le retour de notre n°76 en World Superbike. Le - seul - pilote BMW figure à la 12ème place du classement général WSBK. On espérait le voir plus haut. Lui aussi...

Moto-Net.Com : Comment ça va ?
Loris Baz :
Bien ! Désolé pour hier, tu n'as pas pu me joindre car j'étais en mer, sur des jetski avec Franck (Millet) et Jérémy (Guarnoni).

MNC : Aucun souci. On se demandait justement ce que tu faisais de beau dernièrement. Å part partager des vidéos de chevreuil sous la canicule bien sûr...
L. B. :
La pause est un peu longue cette année, ça fait un peu bizarre d'avoir deux mois d'interruption en World Superbike, contre deux semaines en MotoGP ! Le premier mois, je l'ai passé tranquille chez moi, à m'entrainer. J'ai fait pas mal de trucs, avec mon père... Là, je passe quelques jours en Espagne. Après je reprendrai l'entrainement pour être en forme pour la fin de la saison.

MNC : Fin mai, tu as fait le tour du lac Léman d'une traite à vélo. Tu prépares le Tour de France 2019 ?
L. B. :
Non, pas du tout. Mais j'ai fait pas mal de vélo ces deux dernières années : je m'y suis mis suite à mes opérations du pied. La sortie était vraiment sympa, avec un ancien coureur pro qui allait vite !

Interview Loris Baz : le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP

MNC : On le connait ?
L. B. :
Pas sûr, il s'appelle Nicolas Roux. Il vient de gagner le Tour du Mont Blanc en battant le record de l'épreuve. Il a une petite quarantaine, mais il envoie vraiment du lourd.

MNC : Il y a deux semaines, tu étais au micro d'Eurosport pour les 8 Heures de Suzuka. Commenter, c'est un exercice qui te plait?
L. B. :
Oui, j'aime bien faire de la TV, être sur un plateau, ou sur la piste pour des interviews. C'était la première fois que je travaillais depuis Paris et j'ai bien aimé, en plus j'étais avec Jérèm, c'était cool. Après, 8 heures c'est long... Et le réveil à 4 heures du matin, ce n'est pas dans nos habitudes (rires)...

MNC : ...c'est plutôt l'heure à laquelle vous vous couchez ?
L. B. :
Non quand même pas. En tout cas c'était sympa. Je ne me vois pas faire ça tous les week-ends, je préfère être sur la moto. D'ailleurs les 8H de Suzuka, ça me botterait vraiment : c'est une course mythique, qui fait rêver. Mais faut pouvoir la faire dans de bonnes conditions pour espérer gagner.

Interview Loris Baz : le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP

MNC : Qu'est ce que tu retiens de cette édition 2018 à Suzuka ?
L. B. :
La grosse bagarre devant, avec Kawa qui avait préparé une moto qui marchait fort. Le niveau était vraiment haut, c'était une belle course !

MNC : Passons au vif du sujet, le WorldSBK. Quel est ton bilan, au deux-tiers de la saison 2018 ?
L. B. :
C'est une année très frustrante, même si je savais qu'elle risquait d'être un peu compliquée en signant la BMW. On pensait que ça se passerait mieux que ça. On espérait faire des Top 5 régulièrement et des podiums de temps en temps. Mais tout le monde a énormément progressé, nous pas du tout : rien n'a changé sur la moto. C'est frustrant de se battre pour des 10èmes places quand tu sais qu'avec une bonne moto, tu jouerais devant. Je me souviens de ce que j'ai fait dans ce championnat, je vois bien comment je roule, donc je sais me situer par rapport aux autres pilotes. C'est une des saisons les plus dures de ma carrière. Mais c'est aussi pendant des années comme celle-là qu'on apprend.

MNC : Tu trouves souvent des surnoms affectueux pour tes motos. Mais ta BMW a l'air d'être une sacrée teigne quand même, non ?
L. B. :
Oui, mais la base est bonne, excellente même. Malheureusement, le développement est insuffisant pour pouvoir gagner en Superbike, face à certaines motos dont l'électronique est presque plus aboutie qu'en MotoGP. Nous roulons avec le boitier d'origine de la S1000RR. Donc ce qu'on fait est bien ! Mais pas assez bien : il nous manque souvent une seconde, une seconde et demi... ce qui n'est pas énorme quand on prend en compte les différences des moyens investis.

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MNC : Tu as tout de même nettement progressé en qualification, avec une première ligne à Donington Park, ce qui n'était plus arrivé depuis cinq ans pour un pilote BMW. Sur les dernières épreuves, tu es passé directement en SP2. C'est encourageant !
L. B. :
Oui, sauf que ça ne provient pas de progrès réalisés sur la moto. Ça vient plutôt de notre méthodologie. En début de saison, on espérait vraiment entrer dans le Top 5 en course. Du coup, quand je rentrai au stand pendant les trois séances libres du vendredi, loin des chronos de tête, on avait tendance à partir un peu dans tous les sens pour tenter de trouver des solutions. On s'est rendu compte qu'on n'avait pas ces solutions pour jouer devant. On a accepté que notre place était plus autour des 10 que des 5, et on a moins changé les réglages de la moto, ce qui m'a permis de rouler davantage.

MNC : Les circuits rentrent aussi en ligne de compte...
L. B. :
Oui, sur les pistes qui offrent beaucoup de grip, on a moins de problèmes d'électronique. Le traction control est moins sollicité, le frein moteur est plus présent, c'est plus simple. C'est comme ça qu'à Misano ou Donington, j'ai réussi à faire des trucs pas mal en me sortant les doigts, en attaquant, mais sur un tour. Car sur une course entière, c'est plus compliqué.

MNC : En course, tu as décroché sept top 10, mais pas encore de Top 6. L'an dernier, Torres en avait décroché cinq, sur la même machine. La "même", vraiment ?! Le problème, c'est que les autres progressent, peut-être davantage : les Yamaha sont au niveau des Kawa et Ducati, les Aprilia remontent...
L. B. :
Oui, les Yam ont gagné des courses, Aprilia est monté sur des podiums. Les Kawa et Ducat' privées marchent bien... Beaucoup de motos ont fait un grand pas en avant cette saison. De notre côté, on a eu droit à de petites évolutions, mais pas sur les secteurs cruciaux. L'électronique est restée à peu près la même. Il aurait fallu plus pour suivre les autres.

MNC : Tu as posté une belle photo sur Instagram (ci-dessus), où on te voit glisser à l'accélération. Tu dis que c'est joli, mais pas efficace. C'est ton principal souci aujourd'hui ?
L. B. :
Le souci c'est vraiment l'électronique dans sa globalité, au freinage comme à l'accélération. Elle est moins développée et aboutie que celles des concurrents. Les réactions sont plus lentes, on perd un tout petit peu, dans chaque virage, plus en entrée qu'en sortie d'ailleurs.

MNC : BMW est le seul constructeur à rouler avec une ECU Bosch. Toutes les autres marques utilisent du Magneti Marelli ?
L. B. :
Oui car je crois que Ten Kate (Honda) y est passé cette année.

MNC : Chez Honda, Camier avait bien débuté la saison. Mais il s'est blessé quand son team est passé sur Magneti Marelli et depuis son retour, il lutte comme toi dans le Top 10...
L. B. :
Oui mais Leon s'est bien fait mal, ça complique la donne aussi. L'électronique Magneti Marelli, il faut savoir qu'il y a plusieurs stades, et que son efficacité dépend des personnes qui la gèrent au sein des équipes. Il ne suffit pas de mettre le boitier dans la moto pour que ça marche !

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MNC : McCoy en GP500 fumait son pneu arrière et arrivait à gagner des courses. En British Superbike, ils courent avec une électronique très limitée. Tu as essayé de tout débrancher sur la "Béhème" pour voir ?
L. B. :
La méthode McCoy marchait parce qu'à l'époque, personne n'avait d'assistance électronique. En BS, tout le monde se bat sans traction-control. En WorldSBK, le "traction" est devenu primordial, surtout pour gérer le frein moteur. Or malheureusement, un pilote ne peut pas faire mieux avec son embrayage. J'ai essayé plusieurs fois en début de saison de tout débrancher et de rouler, c'était pareil, ou pire à certains endroits. On a reçu un nouveau boitier en milieu d'année, avec un petit progrès. On ne peut pas y couper, il faut faire avec.

MNC : Le règlement WSBK actuel qui régule les régimes maxi et limite la préparation des motos, ça n'a pas l'air de vous aider des masses...
L. B. :
À mon avis, à part baisser le niveau de performances de la Kawasaki, ça n'a pas apporté grand-chose. On nous a ajouté 250 tr/min en cours de saison, mais on en a pas besoin ! Ce n'est pas ça qui va nous faire aller plus vite. Mais la FIM et Dorna se devaient de réagir, il y avait trop d'écart avec les motos... Mais pour équilibrer les forces en présence, il faut donner des moyens aux petits teams et adopter le boitier unique, comme ils l'ont fait en Grand Prix d'ailleurs.

MNC : On y vient... L'ECU unique arrive, mais en World Supersport ! Tu comprends ce choix ?
L. B. :
Le WorldSBK est un championnat dans lequel les constructeurs sont plus ou moins investis (en WSSP, seul Yamaha a proposé un nouveau modèle l'an passé, NDLR !)... Chacun a sa vision des choses ! Kawasaki par exemple, veut gagner en Superbike et y met tous ses moyens. Pour les Verts, adopter le boitier unique signifierait revenir en arrière car ils sont en avance sur ce plan-là. BMW de son côté, cherche à développer ses motos de série et ne veut donc rouler qu'avec son boitier, pas un autre. Ducati et Yamaha sont engagés en MotoGP et leurs pilotes d'essai travaillent en parallèle sur les deux motos... Au final, personne ne veut donc du boitier unique en World Superbike. Pourtant si on veut un championnat homogène avec un tas de marques et de modèles qui se battent devant, il faut employer la méthode Grand Prix : boitier unique et soutien financier des plus petits. Mais le Superbike n'en a pas forcément les moyens.

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MNC : On sentait en début d'année que tu considérais 2018 comme une saison de transition. Mais les choses risquent de ne pas beaucoup bouger en 2019...
L. B. :
2018 était une année de transition à tous les points de vue pour moi. J'ai essayé de rester en GP jusqu'à très tard, donc j'ai un peu pris ce qu'il restait en WSBK. En 2019, j'espérais retrouver quelque chose de top pour me battre devant, on l'espère toujours avec BMW et le team, mais ce n'est pas fait. Surtout avec l'absence de changement dans le règlement.

MNC : Ca va jouer sur ton avenir ?
L. B. :
C'est sûr. Ça aurait niveler les niveaux de plein d'équipes et multiplié les chances de nombreux pilotes de rouler devant. Ca va donc influer mes choix car je ne vais pas repartir pour une nouvelle saison 2018, ça n'a aucun intérêt.

MNC : Ce qui est certain pour 2019 et l'année suivante, c'est que Jonathan Rea roulera toujours sur Kawasaki ? Qu'en penses-tu ?
L. B. :
Bah écoute, je trouve dommage qu'il n'ait pas sa chance en Grand Prix. Après, je ne suis pas certain qu'il en ait vraiment envie non plus, compte tenu de sa situation en WorldSBK : il est triple champion du monde, bientôt quadruple, il gagne bien sa vie, il y a 13 épreuves par an en WSBK contre 20 en MotoGP, ce qui est plus tranquille quand on a une famille. Les GP, c'est un autre monde qui demande plus d'investissement et de sacrifices personnels. Il y a aussi la question de la moto : il ne pouvait pas espérer une moto d'usine. Je ne suis même pas certain qu'il ait reçu une proposition pour rouler sur une bonne moto. Il la méritait pourtant, vu sa domination en Superbike, et les bons résultats de Cal Crutchlow ou de Ben Spies avant.

Interview Loris Baz : le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP

MNC : Les places sont chères en MotoGP !
L. B. :
Oui, je le sais bien. Le problème vient aussi du Moto2 qui brouille les cartes. Aujourd'hui, on n'a aucune idée de quel pilote va aller vite en MotoGP. Avant, on savait que les trois ou quatre meilleurs pilotes de GP250 ou des premières années de Moto2 pouvaient potentiellement intéresser les teams. Aujourd'hui, même des gars qui sont 15ème peuvent monter : Folger ne faisait pas des miracles en catégorie intermédiaire mais il a réalisé des trucs exceptionnelles en MotoGP. Personne n'attendait Syahryn si vite, si tôt. À l'inverse, il y a des champion du monde Moto2 qui montent et qui n'y arrivent pas. C'est assez étrange. Ca devient encore plus compliqué pour les pilotes de World Superbike.

MNC : Il faudrait que Kawasaki se relance en MotoGP avec lui !
L. B. :
Non parce que le World Superbike est aussi un beau championnat. Johnny est un super pilote qui vient de remporter trois titres d'affilée et se dirige vers son quatrième. Il n'est pas nécessaire d'aller en MotoGP pour réussir sa carrière de pilote de vitesse moto ! Regarde Fogarty qui est un pilote de légende, que tout le monde connait. Tout le monde se souvient du phénoménal titre de Spies à l'issue de son unique saison en World Superbike. Il y en a d'autres, comme Bayliss qui lui aussi a roulé en Grand Prix, mais restera comme un grand champion de Superbike.

MNC : Comme Corser, Haga, Toseland ou Guintoli...
L. B. :
Exactement. Rea aura eu une carrière exemplaire sans passer par les Grand Prix.

MNC : Sykes en revanche est sur le départ. Tu as été en contact pour prendre sa place chez Kawa, pour qui tu as roulé entre 2012 et 2014 ?
L. B. :
Honnêtement, je n'occupe pas des contacts et des négociations. Éric (Mahé) s'occupe de tout, il me tient informé de ce qui est potentiellement possible ou pas. Ce n'est qu'une fois les cartes toutes brassées qu'il me donne le choix. Je prends la décision finale, mais je ne gère pas tout ce qui se passe en amont, savoir où il reste de la place, où il n'y en a plus...

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MNC : Haslam sera finalement le coéquipier de Rea. Vu de loin et sans dénigrer Leon qui brille en BSB depuis trois saisons, ça ressemble un peu à du copinage, non ?
L. B. :
je pense qu'il y a plein de facteurs qui entrent en ligne de compte. Je pense que Kawasaki prépare l'avenir avec Toprak (Razgatlioglu qui découvre la catégorie Superbike au sein du team Puccetti, NDLR). Il lui laisse le temps de se préparer tranquillement, sans jouer dans les pattes de Rea. Haslam roulera vite, il sera devant, mais je ne suis pas sûr qu'il concurrence Johnny. Je pense aussi que Kawasaki cherchait à assurer une bonne ambiance dans l'équipe, ce qui leur manque depuis de nombreuses années, je sais de quoi je parle ! Après, faire revenir Leon peut sembler étrange, sachant qu'il y a des jeunes qui ne demandent qu'à rouler. Mais le choix n'est pas uniquement sportif : il est anglais, très populaire en Grande-Bretagne, tout le monde l'adore. Ca joue aussi sur les plans marketing et commercial.

MNC : Et ton avenir alors... Le boss de ton actuel team Althea a annoncé que BMW sortira une nouvelle S1000RR cet hiver. Tu en sais un peu plus ?
L. B. :
Non, je sais juste qu'il y aura une nouvelle "Béhème". Un vrai nouveau modèle, pas une évolution de celle-ci. Masi on n'a pas plus d'informations dessus, ni sur les projets de BMW. Ce serait fantastique qu'il réintègre le World Superbike de manière officielle, avec la volonté de gagner, comme il y a quelques années. Mais il semble qu'ils souhaitent poursuivre leur programme sportif, ni plus ni moins. Ce n'est pas simple pour moi, cette période est toujours délicate, c'est pareil chaque année ou presque, pour tout le monde. C'est la course !

MNC : MNC n'oublie pas que tu as grandi chez Yamaha, auprès de JCO. Il y a des opportunités de ce côté là ?
L. B. :
J'ai roulé un peu partout (sourire). Mais c'est sûr que Yamaha est spécial pour moi car ils étaient là à mes débuts, surtout Jean-Claude (Ollivier, grand patron de Yamaha en France). Mais il n'y a pas de place dans le team officiel, pas énormément dans les autres teams d'usine. Il va falloir trouver la meilleure moto possible pour rejouer devant, peu importe la marque ou l'équipe.

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MNC : Tu sais ce qui se passe chez Ducati avec le nouveau V4, ou chez les autres Rouges Aprilia ou Honda ?
L. B. :
Je n'en ai aucune idée. Honnêtement.

MNC : Tu suis le MotoGP de près, bien sûr. Que penses-tu de cette première moitié de saison ?
L. B. :
C'est encore une belle saison, à l'image des trois dernières. Marquez est au-dessus du lot, il n'y a aucun doute. Contrairement à l'an dernier, il a commencé la saison sur une moto sur laquelle il se sentait bien. Donc pour moi, sauf blessure ou gros pépin pour Marc, le championnat est plié. Il l'aurait été encore plus sans ces petites erreurs, mais c'est son style. Cela n'empèche pas le spectacle, les courses serrées. Lorenzo revient, Dovizioso aussi, Rossi est toujours là. La petite déception vient de Vinales, pour l'instant.

MNC : Zarco était très bien parti, puis ses résultats ont soudainement baissés, avec sa chute au Mans...
L. B. :
La chute au GP de France à du jouer car il y avait beaucoup de pression, dont une bonne partie qu'il s'est lui-même appliquée. Le fait de tomber lui a certainement mis un coup au moral. Il y a la moto aussi, qui n'est pas exactement au niveau des autres, même si d'après lui, elle allait bien. Je pense qu'elle n'est pas si facile que ça. Je crois aussi qu'il s'était habitué à des résultats exceptionnels. D'ailleurs, il n'est pas passé de bon à pourri, mais de l'exceptionnel au bon, très bon. La signature chez KTM a également dû le disperser. Dans ces moments, on a parfois la tête ailleurs. Mais je ne suis pas dans sa tête. Ce qu'on peut voir, c'est qu'il continue de faire de belles choses. Ce week-end à Brno, il a encore fait un super Grand Prix.

Interview Loris Baz : le WorldSBK devrait employer la méthode MotoGP

MNC : Tu surveilles le Moto2 de près également. Quartararo qui gagne, ça fait plaisir !
L. B. :
Oui franchement, je suis très content pour lui. Il a été beaucoup critiqué ces dernières années, par tout le monde. Mais il garde son talent, et a réussi à se replacer dans une bonne dynamique en gagnant sa première course dans la catégorie, et en décrochant une deuxième place avec la manière aussi.

MNC : Fabio est en pole pour une Yamaha satellite en MotoGP l'an prochain. Tu aurais des conseils à lui donner ?
L. B. :
Nan, nan (rires). Il sait à quoi s'attendre s'il se lance. Je ne m'en fais pas pour lui : c'est un bosseur. Le seul conseil peut-être, serait de ne pas commettre les erreurs du passé. Mais il en est conscient. Et puis, il n'a jamais fait de grosse erreur.

MNC : Bon, on va te laisser tranquille. Le programme c'est vélo, athlétisme, natation... à la TV ou pour de vrai ?
L. B. :
Ni l'un ni l'autre. J'ai des trucs à acheter pour la maison, faut nettoyer la piscine... J'irai m'entrainer si j'ai le temps, mais ce n'est pas gagné aujourd'hui. Je suis les championnats d'Europe de loin. Mais je vais regarder Renaud (Lavillenie, à la perche, NDLR) que je connais.

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