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CE N'EST QU'UN DÉBUT...
Paris, le 28 mai 2007

Les radars automatiques pourraient ne plus être signalés

C'était pourtant prévisible : en élisant à la présidence de la République le principal instigateur du contrôle sanction automatisé, les Français devaient bien s'attendre à un nouveau durcissement de la politique de sécurité routière à leur égard...

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C'était pourtant prévisible : en élisant à la présidence de la République le principal instigateur du contrôle sanction automatisé, les Français devaient bien s'attendre à un nouveau durcissement de la politique de sécurité routière à leur égard...

Ainsi "l'interrogation personnelle" de Dominique Bussereau selon laquelle "ces panneaux [indiquant la présence d'un radar fixe, NDLR] ne sont pas de la sévérité totale parce que l’on voit bien que les automobilistes diminuent leur vitesse et dès que la zone est terminée, ils rappuient sur le champignon" - n'est que le premier signe d'une nouvelle offensive de plus grande échelle contre les automobilistes et les motards.

"On peut se demander si à un moment, il ne faut pas les supprimer", a estimé sur la chaîne Public Sénat le nouveau secrétaire d'Etat chargé des transports sous l'autorité d'Alain Juppé, réagissant à une information de nos confrères d'Auto Plus indiquant que "le gouvernement de Nicolas Sarkozy envisage sérieusement de supprimer les panneaux avertissant de la présence d'une cabine-radar. Même si une telle annonce ne sera pas faite avant les élections législatives, la volonté de faire disparaître cette signalisation serait bien réelle".

On aurait pourtant pu croire que cette pratique effectivement très répandue - ralentir à l'approche d'un radar puis reprendre sa vitesse normale - mettait de nouveau en évidence l'inadaptation de l'immense majorité des limitations de vitesse aux conditions de circulations actuelles, en raison notamment des énormes progrès réalisés par les véhicules depuis les années 70.

Mais il n'en est rien : tout conducteur dépassant la vitesse prescrite, ne serait-ce que d'un petit kilomètre à l'heure, est un dangereux criminel qu'il convient de mettre hors d'état de nuire en multipliant par tous les moyens les amendes et les retraits de points.

Ainsi, dès lors qu'on s'aperçoit que ledit conducteur ralentit à l'approche d'un radar (n'était-ce pas prévisible ?), il convient de l'en empêcher en supprimant les panneaux avertisseurs...

Et peu importe que l'immense majorité des contraventions délivrées à tour de bras par les radars automatiques concerne de très petits dépassements sans aucun risque ni pour autrui, ni pour le "délinquant de la route" abondamment stigmatisé par le gouvernement et l'ensemble des médias.

Les radars automatiques pourraient ne plus être signalés

Car qui se souvient aujourd'hui qu'en maillant très habilement l'ensemble du territoire de ces nouveaux radars automatiques, le gouvernement jurait à qui voulait l'entendre qu'il n'était pas question de piéger qui que ce soit et que les radars seraient donc dûment signalés, afin de prévenir les automobilistes de leur arrivée imminente dans une zone accidentogène ? (lire notre Dossier spécial Radars automatiques et notamment Moto-Net.Com du 2 juillet 2004 et Moto-Net.Com du 18 juillet 2005)

Les automobilistes n'ont qu'à s'acheter un GPS, indique en substance Dominique Bussereau, ancien ministre de l'agriculture proche de Jean-Pierre Raffarin, actuellement conseiller général (UDF puis UMP) de la Charente-maritime, adjoint au maire de Saint-George-de-Didonne (17) et premier vice-président de la communauté d'agglomération de Royan (17).

Et force est de constater qu'en raison de l'individualisation croissante de la société, on ne peut plus guère compter sur la pratique solidaire des appels de phares, qui a connu son heure de gloire dans les années 70 et 80.

Les progrès technologiques aidant, on peut même attendre sereinement la miniaturisation des radars automatiques de façon à les rendre quasiment invisibles. Leur portée pourra également être étendue et la précision de leurs photos améliorée, sans oublier la généralisation progressive du contrôle de la vitesse en continu, en calculant le temps moyen d'un parcours donné : d'abord très facilement sur les autoroutes entre l'entrée et le péage, puis sur les nationales et départementales grâce au GPS...

On pourrait alors continuer à verbaliser à tour de bras, sans même avoir recours aux radars... et tout cela dans notre intérêt à tous, naturellement !

En attendant, seule l'association 40 millions d'automobilistes a fait part de ses réserves en adressant une lettre ouverte à Dominique Bussereau. Par la voix de son président René Queffelec, l'association rappelle que "la pré-signalisation est une bonne chose parce que c'est un rappel à l'ordre qui provoque un coup d'oeil au compteur suivi, si nécessaire, d'un ralentissement progressif dans de bonnes conditions de sécurité alors que la surprise due au flash ou à la simple vision du radar provoque un coup de frein brutal qui peut être dangereux. N'oublions pas non plus le sentiment d'exaspération que cela provoque et qui ne favorise pas

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Commentaires

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Patrick Le Breton et Depestel, vous avez raison en théorie. Mais que dire de rouler sous des trombes d'eau derrière les voitures sur route nationale "tout le monde à 90" (-10km/h si pluie)...avec le motard dans le flot de voitures et camions, aspergés par elles + baisse de visibilité que cela entraine ? Désolé mais pour rouler en meilleure sécurité, faut les doubler ces camions et ces caisses, non ?! Meme sur le sec : imaginons que la moto se trouve "à 90 km/h" sur nationale derrière les voitures "à 90 hm/h" et que la voiture juste devant le motard pile ? pas de souci le motard actionne ses reflexes et pile aussi. Mais si la voiture derrière le motard n'a pas le reflexe à temps ? --> effet sandwich garanti et moto à la casse avec pilote bien amoché dans le meilleur des cas. Pour sa sécurité, et par expérience perso et d'autres motards, le motard a intérêt à rouler sur route avec un dégagement suffisant devant lui, donc doubler les voitures qui réduisent son champ de vison/sa sécurité afin d'aller chercher ce dégagement (avoir un bonus de vitesse par rapport au flot de circulation : revendication FFMC)... SAUF si tout le monde garde ses distances de sécurité sur le sec (et les augmente notablement sur le mouillé) alors je suis d'accord avec vous ! Rêvons un peu lol
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Liberté "EGALITE" Fraternité!! Ceux qui ont les moyens de se payer un GPS vont être apparement plus Egaux que les autres... C'est cela la République???
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Je ne comprends pas très bien cette mesure de supprimer les panneaux avertisseurs. Les radars automatiques étant tous placés dans des endroits à haut risques prouvés et fortement accidentogènes, le dit panneau incite donc à juste titre les automobilistes à ralentir en entrant dans cette zone à hauts risques. En supprimant les panneaux personne (même lui) ne ralentira ce qui augmentera fortement le risque d'accident dans ces zones. Pour ma part, il serait plus utile de placer des panneaux sans radar que des radars sans panneaux. P.S. A moins que le but recherché ne serait pas de limiter les risques mais de remplir quelque chose....
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Belle figure en chapeau que celle du Ministre 53% de bulletins, 63% de convaincus (plus beau score depuis de Gaulle), que la critique n'atteint plus guère puisque celle-ci est désormais difficilement tolérée par le bloc des vainqueurs, qui ne voit la Démocratie que comme l'expression vraie de la vérité vraie, murée dans son refus d’écouter les voix éparses des traîtres (nous vivons l’avènement des traîtres, paraît-il, 47 % tout de même en France). Aussi, peu importe que les thèses officielles sensées incarner la vérité changent au gré des courants. Cette dernière conserve à jamais la légitimité inviolable de la parole du dominant : opposée aux récriminations des minorités, elle vaut l'or et le fer, l'airain et le béton armé d’un mur… atlantiste. Qu’importent ses formes complexes, les retournements et les fourberies qu’en son nom nous subissons… C'était pourtant prévisible, dites-vous : « en élisant à la présidence de la République le principal instigateur du contrôle sanction automatisé, les Français devaient bien s'attendre à un nouveau durcissement de la politique de sécurité routière à leur égard... » Alors là, pardon ! Qui donc s’en serait-il plaint ? Pour ce qu’on en dit paraît-il, on réclame, on exige la répression à tous les étages. On se veut même impitoyable à l’égard des récalcitrants du côté des soldats du renouveau les plus engagés. Sans doute à force de s’entendre corner aux oreilles le discours « sécuritaire » dominant, le démocrate est-il arrivé à la conclusion attendue qu’il est entouré de délinquants (de qualités inégales). Certes, cette conviction l’abandonne lâchement à chaque fois que, devenu délinquant lui-même par la magie de la répression en voie d’institutionnalisation, il se transmue en victime frappée par le châtiment qui le sanctionne très ordinairement dès le premier degré de la criminalité à laquelle il s’adonne sans le savoir. Vient alors pour lui le moment convenu de pousser une gueulante agréée qui restera sans lendemain. J’avais récemment signalé ma surprise en lisant un petit sondage sur un site motard, qui indiquait des intentions d’élection en faveur de Monsieur Sarkosy bien supérieures à 55 %. Y’a-t-il vraiment raison de croire que la répression n’est pas le souhait premier du citoyen primitif, qui voudrait bien voir punir… son voisin, réponse archangélique à la dérive des sociétés occidentale ? Faut-il encore se bercer de l’illusion que la tolérance et le respect mutuel appartiennent aux vraies valeurs que chacun s’obligerait à défendre et à pratiquer au quotidien ? Je suis fasciné par le spectacle que nous nous jouons en espérant que les promesses de nos candidats se réaliseront, alors qu’ils nous infligent dans le même temps l’exhibition de leurs compromissions. L’exemple de la faillite de déclarations de la plus haute vertu célébrant la défense de la vie, sensées consacrer la « sanction automatisée », assorties des gages les plus émouvants concernant l’application philanthropique de ce système déshumanisé afin qu’il ne révèle pas la moindre traîtrise, démontre comme d’habitude la vanité de la confiance que nos dirigeants exigent de nous. Je m’étonne quand même qu’avant, pendant et après les campagnes électorales (terme guerrier, fait du hasard ?), notre stupeur persiste face aux promesses violées. « Les automobilistes n'ont qu'à s'acheter un GPS, indique en substance Dominique Bussereau » : ne devrait-il pas plus simplement traiter ses concitoyens de c…s, de manière à rendre sa pensée profonde plus directement accessible ? Rêvez donc, usagers des routes françaises, non sans vous intéresser à la Suisse qui assimile aujourd’hui déjà la possession d’un localisateur de radars GPS à celle d’un détecteur de radars. Pour ce qui est de la miniaturisation et du fabuleux progrès technologique des moyens de coercition en tous genres, ils sont bien entendu en cours d’application et ne devraient pas se cantonner au domaine des routes. Sagem parmi elles, les sociétés qui ont trouvé dans le développement ou la commercialisation des dispositifs d’asservissement de l’individu une source de revenus autrement plus éthique que les marchands d’armes n’interrompront pas de leur propre initiative leur marche forcée technologique. Avec la complicité des lois du marché… et l’activité entreprenante des amoureux de l’ordre juste, les performances et la dissimulation parfaite des moyens de surveillance et de contrainte ne peuvent que s’instaurer partout, en repoussant continuellement les limites qui hier encore nous paraissaient difficilement abordables. Demain, avec notre caution silencieuse ou active, (toutes) les caméras verront de nuit comme de jour, seront invisibles et couplées à des systèmes de reconnaissance morphologique et de détection de comportement. La plupart des gens y voient des gages de leur sécurité, ou traitent par le mépris l’inquiétude des protestataires. Et comme pour l’heure, les sous-lieutenants à la sécurité intérieure font librement ou presque leur courses dans les supermarchés de la répression, nantis de la bénédiction des ligues contre la délinquance routière et de leurs Ministères de tutelle ; comme tout semble indiquer que le «public» réclame en bramant leur intervention musclée ; comme l’éthique gouvernementale et civile ne semble pas avoir fait des progrès majeurs tout dernièrement, je suis amer et pessimiste pour les années qui viennent. Bernard Bracam

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