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Mandello del Lario (Italie), le 25 novembre 2022

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Un roadster doit être léger et agile, efficace en ville et plaisant sur route. Une routière doit être accueillante et confortable, équipée pour les longs parcours et le duo. Avec sa toute nouvelle V100 Mandello, Moto Guzzi entend combiner les atouts de ces deux styles de moto... MNC teste la version S, haut de gamme.

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Essai V100 Mandello S page 1 : Roadtourer, Tourster... All Rounder !

Certes, le coronavirus a contraint Moto Guzzi à décaler d’un an les festivités pour son centenaire 1921-2021... Cependant, la sortie en cette fin d’année 2022 de la V100 Mandello prouve que l’aigle italien n’est pas grippé, bien au contraire : il déploie des ailes... électriques et autonomes, une première mondiale !

C’est dans leur usine à Mandello del Lario (petite ville logée sur les bords du lac de Côme dont la nouvelle moto tire son nom) que les italiens nous accueillent pour le lancement officiel de leur grande nouveauté. Un parcours d’une centaine de kilomètres est prévu. Ah bon, pas plus ?

Compte tenu de l’importance que revêt cette toute nouvelle moto pour la marque italienne - elle représente leur "premier pas audacieux vers 2121", parait-il -, de son spectre d’utilisation ultra-large et de son contenu technologique jamais vu sur une Guzzi, Moto-Net.Com aurait aimé rouler plus d’une demi-journée sur "sa" V100 Mandello S.

Car il y a beaucoup découvrir, donc à dire - encore plus que ce nous avons rapporté dans notre vidéo en direct de l’essai - et à écrire sur cette machine que Moto Guzzi situe quelque part entre le roadster et le tourer. Un "Roadtourer" ? Un "Tourster" ? Un "All Rounder", nomme le constructeur !

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Pour les italiens, la V100 Mandello représente un tout nouveau concept de "moto compacte, sportive mais confortable" qui intègre les "valeurs traditionnelles Moto Guzzi de sport et de voyage dans un seul véhicule". Le croisement improbable d’une V7 Racer et de feu la Norge, mettons.

Chez MNC, cet engin nous en rappelle un autre : la TDM du chef ! Lancée en 1991, cette machine mi-routière mi-roadster (mi-trail, aussi un peu !) avait assuré un gros succès à Yamaha en France. "Mah, pas tant que ça en Italie", s’étonne Fabio Gilardenghi, responsable presse du groupe Piaggio (Aprilia, Guzzi, Vespa, Gilera, etc !).

Sur le papier - dans l’argumentaire de vente que Moto Guzzi ne manquera pas d’envoyer à ses commerciaux et concessionnaires ! -, la V100 Mandello est une moto pour tous les jours et tous les parcours. Elle peut donc potentiellement plaire à beaucoup, beaucoup de monde.

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Cependant, cette nouveauté 2023 cible en priorité deux espèces de motards. D’une part, les "commuters" (adeptes du moto-boulot-dodo) urbains et dynamiques qui veulent aussi se faire plaisir certains week-ends. D’autre part, les voyageurs au long cours qui trouvent les maxitrails trop imposants, les routières trop lourdes... et les deux trop chers ?!

Justement, la V100 Mandello "S" dont Moto Guzzi nous confie les clés pour une poignées d’heures s’affiche dans les concessions française à 17 999 euros. Un tarif conséquent pour un roadster mais raisonnable pour un tourer, qui peut diminuer de 2500 euros en choisissant la V100 Mandello "tout court".

À 15 499 euros, le client doit dire "arrivederci" aux suspensions Öhlins pilotées électroniquement, au quickshifter "Up/Down", aux poignées chauffantes, aux systèmes TPMS (indicateur de pression des pneus) et MIA (application Piaggio qui permet de connecter la moto à son smartphone). Mais l’équipement de série demeure intéressant !

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Toutes les V100 Mandello reçoivent en effet quatre modes de conduite, un antipatinage et un ABS régulés par une centrale inertielle (inédite sur une Guzzi), un éclairage "Full LED" qui prend aussi compte de l’angle de la machine pour éclairer l’intérieur des virages, une bulle électrique, un écran couleur 5 pouces, un régulateur de vitesse et une prise USB... sans oublier leurs innovantes ailettes, bien sûr.

Esthétiquement, les deux modèles se distinguent par leurs robes : la version standard dispose de deux coloris unis, Rouge "Magma" ou Blanc "Polaire", tandis que la S bénéficient de deux teintes bitons, Vert et Gris ou Noir et Gris. Paradoxalement, les jantes dorées - assorties aux couvre-culasses - se trouvent sur le modèle le moins cher, Guzzi réservant les noires "plus sportives" au modèle S. Bah. Fort réussi, le dessin des jantes reste le même.

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

À l’arrière, le silencieux très court - grâce à la grosse mais discrète marmite logée sous le moteur - dégage merveilleusement la vue sur la jante. Cette dernière est mise en valeur à l’arrêt par le monobras oscillant placé à gauche sur la V100, "pour des raisons techniques, mais vous avez raison, c’est bien plus joli lorsque la moto est sur la latérale", note le responsable presse italien.

Inutile de chercher la béquille centrale : il n’y en a pas... besoin ! La transmission par cardan simplifie grandement l’entretien de la moto. Elle alourdit l’ensemble aussi ? Inévitablement ! Mais pour le moment, Moto-Net.Com se contente d’observer la moto. MNC scrute, détaille et se régale !

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Conformément aux traditions, la V100 Mandello est équipée d’un bicylindre en V à 90° transversal (face à la route). Cette architecture unique dans la production moto actuelle influe directement sur les formes de la moto : le semi-carénage et le réservoir notamment, épousent bien les contours des culasses.

Les designers ont su donner à cette nouvelle moto un look distinctif, ne cédant pas à la tentation du néo-rétro, et se tenant soigneusement écarté du style sophistiqué voire torturé d’autres marques de motos germaniques ou nippones. Les lignes sont fluides et la mécanique "coule" dans le même sens...

C’est une immense première chez Moto Guzzi : le moulin est à eau ! Vu de face, la présence d’un refroidissement liquide est trahi par le radiateur (noir plutôt que gris, dommage). Mais en tournant ensuite autour de la moto, pas un indice ne traîne... pas un tuyau pour mettre la puce - d’eau - à l’oreille !

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

De même, le sculptural V-Twin italien est exempt de tout câble électrique ou disgracieux composant électronique. La raison est simple : en pivotant les culasses de 90°, les corps d’admission et le système d’injection se cachent sous le réservoir. Ces éléments deviennent moins accessibles pour les mécanos mais tant pis, le résultat en vaut la peine.

Bien qu’il soit plus court de 10,3 cm que le petit bloc de la V85 TT (et plus léger que le 1200 8V au simple refroidissement air/huile), le moteur de cette V100 n’en demeure pas moins monumental. Dans le bon sens du terme : comprenez grandiose, pas écrasant...

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Originaux et stylés, les feux de cette machine respectent les codes du clan Guzzi. À l’avant, les petites diodes électroluminescentes esquissent le contour du fameux Aigle, tandis que les feux intègrent de petites paraboles qui éclairent l'intérieur des virages. Le feu stop s’apparente à deux tuyères de réacteurs d’avion de chasse... comme sur la V85TT en fait !

La finition est exemplaire et il faut être sacrément pervers - ou journaliste en manque ! - pour critiquer les quelques câbles qui courent sur le bras oscillant, au niveau du maître-cylindre arrière. Le reste on l’a vu, est à la hauteur des prestigieux périphériques installés sur la moto.

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

L’accueil à bord est aussi satisfaisant : les deux leviers (embrayage à gauche, frein avant à droite pour mémoire !) sont réglables, tout comme les deux commandes au pied (sélecteur à gauche, frein arrière à droite, si, si) qui disposent d’embouts montés sur excentrique. Même les jantes possèdent des valves coudées : Moto Guzzi est aux petits soins !

Moto Guzzi est prévoyant aussi, puisque l’ajout de valises (de 30 et 28 litres, disponibles dans le vaste catalogue d'accessoires dédiés) ne nécessite pas l’achat et la pose de supports supplémentaires. Les encoches sont proprement intégrées, si bien que le roadster garde de belles lignes en toutes circonstances.

La teinte marron de la selle et son grain épais ajoutent deux bonnes doses de classe à la machine. Hélas, le Journal moto du Net aime beaucoup moins sa forme en cuvette au fond de laquelle le pilote finit toujours par retomber. À moins de se reculer fréquemment, on ne profite donc pas suffisamment de sa largueur supérieure sur l’arrière.

Essai V100 Mandello S : roadster ou tourer, Moto Guzzi tente le grand écart

Certes, la selle placée à 815 mm et bien évasée donne facilement accès au sol : seuls les plus petits devront commander leur V100 avec la selle basse (-15 mm). Mais en contre-partie, la selle d’origine fatigue un peu trop vite le fessier : pour un tourer cette fois, c’est décevant...

Facile d’accès, la nouvelle Guzzi est aussi facile de prise en gants. Affichant 233 kilogrammes sur la balance de son constructeur, la V100 Mandello paraît en faire un peu moins lorsqu’on la déplace moteur coupé... et beaucoup moins une fois le V-Twin lancé ! Celui-ci bénéficie d’ailleurs d’une lubrification par carter humide, carter moins profond que sur les anciennes générations, ce qui permet d’abaisser le moteur et le centre de gravité global.

Le guidon relativement large permet de diriger sans effort la roue avant. La moto se penche volontiers dans les petites rues et carrefours, sans tomber non plus dans le caniveau et sans contraindre donc le pilote à rectifier le tir. Neutre et naturel, le train avant donne immédiatement confiance, bien aidé par la monte de pneus d’origine : des Pirelli Angel GT II. En route !

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèle : d'origine
  • Pneus : Pirelli Angel GT 2
  • Parcours : ville et petites routes
  • Roulage : 130 km et basta
  • Conso moy : 6,1 l/100km (ordi de bord)
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS V100 MANDELLO S

 
  • Agrément et peps du V-Twin
  • Polyvalence devenue rare
  • Finition et équipement(s)
 
 

 

POINTS FAIBLES V100 MANDELLO S

 
  • Ailettes - encore ? - trop gadget
  • Boite et quickshifter perfectibles
  • Selle en forme de cuvette
 
 
 
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