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ESSAI
Paris, le 4 novembre 2010

Essai RSV4 Factory APRC SE : l'électro-Superbe Bike !

Essai RSV4 Factory APRC SE : l'électro-Superbe Bike !

Tutoyer l'exceptionnel, dépasser ses limites : tels sont les sentiments ressentis lors de l'essai de la sculpturale et sophistiquée Aprilia RSV4 Factory APRC SE (Aprilia Performance Ride Control Special Edition) sur le circuit MotoGP de Jerez (Espagne)...

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Le paradoxe de l'électronique

Esthétiquement, l'Aprilia APRC SE se différencie de la RSV4 Factory "standard" par l'incrustation en 3D du sigle "RSV4", la superbe livrée tricolore du bas de carénage, les autocollants "Superbike World Championship 2010" et ceux à la gloire de Biaggi positionnés sur le minuscule capot de selle.

La finition est toujours aussi somptueuse et seul un examen minutieux révèle la présence d'un échappement moins volumineux (et plus léger 2 kg), d'un pneu arrière plus large de 10 millimètres (200 mm), d'un shifter dénommé "AQS" (Aprilia Quick Shifht), de couronnes dentelées sur chaque roue et des commandes "+/-" chipées à la Mana sur le commodo gauche.

Ce sont justement ces dernières qui permettent de paramétrer l'action des "puces savantes" qui se cachent derrière cette alambiquée appellation APRC : anti-patinage (ATC pour Aprilia Traction Control), anti-wheeling (AWC pour Aprilia Wheelie Control) et même assistance au départ (!) ALC pour Aprilia Launch Control. Le tout entièrement déconnectable pour ne pas braquer les motards réfractaires à la surenchère technologique !

Car à la lecture de la fiche technique, certains pourront en effet ressentir ce désagréable sentiment de frustration né de l'idée que cet assistanat électronique digne d'un Airbus ne soit conçu et destiné qu'à des "Geek" capables de pirater le serveur de l'Élysée depuis leur iPhone !

Mais là où Aprilia frappe un grand coup, c'est en proposant un système aussi sophistiqué qu'intuitif, programmable à l'arrêt d'une pichenette du pouce gauche pour l'AWC et l'ALC (tous les deux réglables sur trois positions) et à n'importe quel moment pour le fameux Traction Control et ses huit degrés d'intervention.

Si la calibrage de ce dernier peut s'ajuster en roulant d'une simple pression sur les commandes "+" ou "-", il est en revanche nécessaire de presser le bouton "Mode" (sur le commodo gauche) pour faire défiler et changer les graduations de l'anti-wheeling ou de l'assistance au départ.

L'occasion de constater que la console de bord propose un pratique double affichage : un au profil "routier" avec température moteur, indicateur de rapport engagé, heure, niveau de l'ATC et de l'ALC, odomètre et vitesse en gros chiffres, et un autre orienté "piste" avec chrono, indicateur de rapport engagé, mapping d'injection sélectionné, niveau de l'ATC, température moteur et vitesse en petits caractères.

Avec les assistances réglées au maximum (3 pour l'anti-wheeling et 8 pour le Traction Control), la RSV4 Factory APRC permet de découvrir un nouveau tracé avec des pneus neufs et froids (les tout nouveaux Pirelli Diablo Supercorsa Sport Production) sans craindre de ruades ou d'embardées : le "Lion indomptable" se fait aussi doux qu'un agneau à l'accélération !

Le phénomène est bluffant : grâce à la comparaison entre différents paramètres mécaniques (vitesse enclenchée, tours-minute, ouverture des gaz, etc.) et les valeurs d'inclinaisons et d'accélérations mesurées en temps réel par deux gyroscopes, deux accéléromètres, les capteurs de vitesse avant/arrière et le degré d'assistanat demandé, l'ECU (Electronic Central Unit) module instantanément le couple délivré à la roue en jouant sur l'ouverture des papillons d'injection et l'avance à l'allumage.

Entre 6 et 8, le Traction Control prévient de toutes glissades à la remise de gaz avec une transparence et une douceur surprenante : loin de la brutalité de certains dispositifs, l'action de l'électronique Aprilia (développée avec l'Ecole Polytechnique de Milan et Magneti Marelli) provoque simplement la sensation d'être entré avec un, voire deux rapports de trop dans une courbe.

Sauf qu'au fur et à mesure que l'on redresse la moto - bien aidé par une agilité nullement affectée par le passage en 200 à l'arrière -, l'intervention électronique cède progressivement la gestion des 180 ch au seul poignet droit !

Avec en bonus de légères dérives en fin de courbe et des délestages de l'avant lorsque l'aiguille du compte-tours oscille entre 10 et 13 000 tr/mn sur les trois premiers rapports à la démultiplication raccourcie pour plus de punch.

Comme si le dispositif APRC voulait subtilement vous chuchoter à l'oreille : "tu vois ce qu'il aurait pu se passer sans mon aide?". Cette transition extrêmement fine provoque une sensation de contrôle absolu de l'Aprilia RSV4 Factory APRC SE : paradoxalement, l'électronique permet à cette "compé-client" d'être aussi accessible pour le poireau sans expérience que performante aux mains d'un pistard confirmé.

Et comme l'équilibre du châssis à double poutre en aluminium (qui propose tous les ajustements possibles, y compris celui de la hauteur du moteur dans le cadre !) confère une agilité et une stabilité hors pair à la RSV4 et que la réactivité et la progressivité des luxueuses suspensions Öhlins équipant les versions Factory pardonnent quasiment toutes les erreurs, une seule session suffit à prendre ses marques !

Du jamais vu avec une Hypersport ! D'autant que le V4 de 999,6 cc - dont le circuit de lubrification a été revu - reprend fort dès les bas régimes, balance sa considérable hargne dès 7000 tr/mn et que les étriers monoblocs Brembo assurent des décélérations d'une puissance inouïe !

Piloter cette moto devient une véritable orgie de sensations, une symphonie de plaisirs, un défi quasi orgasmique : il suffit de se concentrer sur les différentes phases de son pilotage en laissant l'électronique gérer ses excès !

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèle d'origine
  • Parcours : 4 sessions de 20 min sur le circuit de Jerez (Espagne)
  • Pneus : Pirelli Diablo Supercorsa Sport Production (SP)
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS

 
  • Intérêt des aides au pilotage perceptible par tous
  • Sensibilité et douceur des différents dispositifs APRC
  • Partie cycle et moteur
 
 
 

POINTS FAIBLES

 
  • Exclusivité
  • Prix
  • Quid de la fiabilité de l'électronique dans le temps ?
 
 
 
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