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Schiavon (Italie), le 16 octobre 2020

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

L'inédite RS 660 débarque en novembre 2020 ! Combien vaut la première sportive Aprilia de moyenne cylindrée, équipée du nouveau Twin issu du V4 de Superbike, d'une électronique de pointe, d'une partie-cycle optimisée et d'un look modernisé ? 11 050 euros. Que vaut-elle ? Réponse dans notre essai MNC.

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Essai RS 660 page 1 - Aprilia ne fait pas les choses à moitié

Dévoilée au salon Eicma 2018 sous forme de concept et présentée l'an passé - toujours chez elle à Milan - dans sa version définitive, la RS 660 est un modèle capital pour Aprilia puisqu'elle inaugure un nouveau Twin destiné à équiper une future gamme de moyenne cylindrée : roadster Tuono, trail Tuareg... scooter SRV voire custom Classic ?!

Afin de marquer les esprits, la marque de Noale a logiquement choisi de se relancer dans le segment des "mid-size" via une sportive, comblant habilement une trou béant dans sa gamme : entre les petites RS50 et RS125 pour minots et "motomobilistes" d'une part, et les RSV4 1000 et 1100 pour pilotes expérimentés et purs pistards de l'autre...

Pour créer leur "Supersport", les motoristes ont décidé de couper en deux le 4-cylindres en V de leur Superbike. Simple et efficace, la méthode des ingénieurs Aprilia ? En partie seulement, car ils assurent avoir travaillé longuement et durement pour développer ce Twin qu'ils considèrent donc comme un tout nouveau moteur.

Prenez les pistons par exemple, dont le diamètre est le même que sur la RSV4 et sur la RS-GP ("per favore" !), soit 81 mm. Leur tête est spécifique et leur course a été portée à 63,93 mm (contre 52,3 mm sur la "grosse" RSV4 1100) afin d'obtenir une cylindrée de 659 cc, de hautes performances... et une incontestable fiabilité ? MNC n'a pas pu vérifier ce dernier point ! Pour le deuxième en revanche...

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Calé à 270°, le Twin Aprilia ne sonne évidement pas comme un V4 mais comme un bicylindre en V. Son pot à double sortie placé sous le moteur a le double avantage d'abaisser le centre de gravité et de tenir la chaleur éloignée du pilote et de son éventuel passager (qui peut d'ailleurs se jucher sur une selle assez large et moelleuse, pour la catégorie).

Éloigné des oreilles également, l'échappement de la RS 660 se montre agréablement discret ou curieusement timide, selon qu'on prévoit de l'employer en centre-ville pour frimer ou en rase campagne pour s'éclater (au sens figuré, bien entendu).

Une grosse moitié de V4

Quelques rotations de la poignée droite suffisent toutefois à faire grimper le nombre de décibels et à dévoiler la véritable personnalité du Twin. Compte-tenu de sa cylindrée, le moteur produit un grondement assez grave à l'accélération et distille de savoureuses pétarades durant la vive décélération.

Enclin à prendre et rendre des tours très rapidement, la RS 660 surprend agréablement dès les premiers tours de roues : son moteur se montre volontaire, acceptant de détaler en 4ème vitesse trotter sur le quatrième rapport à 50 km/h, sans hoqueter.

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À la même allure sur le 3ème rapport, le moulin - à eau - offre déjà de belles accélérations : il tourne alors à 3500 tr/min. Aprilia affirme justement que la RS 660 fournit 80% de son couple maxi dès 4000 tr/min, puis 90 % lorsque le moteur atteint 6250 tr/min. Guidon en main, MNC confirme cette vigueur.

Parallèlement, le journal Moto du net notre un premier petit défaut : il faut gérer minutieusement l'accélérateur électronique pour ne pas subir d'à-coup à la remise des gaz. On attendait mieux de la part du constructeur de Noale qui a été le premier à doter une moto d'un "Ride-by-wire". Pour mémoire, c'était la Shiver 750 en 2007.

Sur les rapports supérieurs, les relances dans la première moitié du compte-tour ne peuvent être qualifiées d'explosives cependant, devancer un flot de voitures à un feu rouge - passant au vert... - ne nécessite pas de cravacher le bicylindre. Idem pour doubler un camion entre deux épingles d'une petite route de montagne (les Dolomites, en l'occurrence).

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Pour prendre un départ canon ou effectuer un dépassement éclair, il faut monter plus haut dans les tours : passés les 7000 tr/min et jusque dans la zone rouge fixée à 11 500 tr/min, la RS 660 hausse le ton et le son, pour le plus grand bonheur de son pilote.

L'arrivée des cent chevaux se fait de manière progressive... et jouissive ! Plus on tire sur les rapports, plus la moto accélère fort, sans jamais relâcher son effort. Pour un peu, on se croirait aux commandes d'un bon vieux deux-temps Rotax ou Suzuki qui équipaient respectivement les RS125 et 250 des années 90. L'odeur en moins, bien sûr...

Les vibrations en revanche sont bien présentes et constituent selon Moto-Net.Com le second point faible de ce moteur 4-temps. Des grésillements apparaissent dans le guidon dès les mi-régimes, puis transitent vers le réservoir et la selle et parcourent furtivement les repose-pieds.

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Sensibles et lassantes en environnement urbain ou périurbain, ces vibrations peuvent néanmoins séduire les adeptes de sensations fortes et multiples. Pour certains motards en effet, l'impression de - prise de - vitesse est décuplée par le son et les vibrations. Ils seront servis !

Il est toutefois fort probable que la majorité des propriétaires de RS 660 ne se plaigne pas de ses vibrations : en usage normal - à fond sur petites routes ?! -, on se concentre sur ce qui arrive devant soi plutôt que ce qui passe en soi ! Le pilote veille à anticiper les dangers, pendant que l'électronique veille pour museler les excès...

Le plein de technologies

Aprilia a voulu sa nouvelle moto à la fois "sécurisante et plaisante". Pour ce faire, la marque très sportive du groupe Piaggio a installé sur sa sportive de moyenne cylindrée une électronique de toute dernière génération, plus récente encore que sur leur Superbike !

La RS 660 inaugure en effet un boitier Marelli "11MP" mieux pourvu que le "7SM" qui officie actuellement sur les autres motos Aprilia : "144 broches contre 80 pour gérer davantage de composants, une cadence de 200 MHz au lieu de 50 pour plus de calculs simultanés, une mémoire vive de 4 Mo contre 1 seul pour des algorithmes plus complexes", va jusqu'à nous détailler l'ingénieur Roberto Calo.

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Renseignée par une centrale inertielle 6 axes - une IMU pour les connaisseurs -, l'APRC (pour "Aprilia Power Ride Control") comprend six fonctions : l'antipatinage ATC, l'anticabrage AWC, la gestion du frein moteur AEB et celle des modes moteur AEM, le régulateur de vitesse ACC et le quickshifter AQS que MNC a immédiatement adopté tant il se montre efficace quelque soit les circonstances.

En complément, l'Aprilia embarque un dispositif ABS (obligatoire sur les motos) qui tient compte de la prise d'angle de la machine... et d'une multitude d'autres données afin de maintenir la moto sur ses deux roues et garantir les freinages les plus sûrs possibles.

Toutes ces aides au pilotage proposent différents degrés d'intervention, que le pilote peut moduler en sélectionnant le mode de conduite "Individual". Les plus technophiles apprécieront ainsi de pouvoir paramétrer leur moto à leur maingant, comme le font les propriétaires de RSV4 ou les pilotes en World Superbike et MotoGP !

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Les motards moins exigeants se contenteront, comme MNC - d'employer l'un des quatre autres modes de conduite par défaut : "Commute pour la conduite au quotidien, Dynamic pour la conduite sportive sur route Challenge pour effectuer des sessions sur piste et Time Attack pour personnaliser entièrement le réglage de l'électronique"...

Les plus téméraires pourront ainsi désactiver toutes ses "béquilles électroniques", sauf une : l'ABS de la roue avant ne peut être déconnecté sur les motos répondant à la nouvelle norme Euro5 (exception faite pour de rares trails intégrant une fonction "enduro" à utiliser en tout-terrain uniquement).

Concrètement, Moto-Net.Com a effectué la grande majorité de son roulage (de 175 km) en mode Dynamic. Prudent sur les rares portions humides et généreux sur les routes sèches parfois mal revêtues, le journal moto du net n'a absolument pas été gêné par les infimes interventions de l'APRC.

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

D'une simple touche sur le commodo droit, le passage au mode Commute permet effectivement d'adoucir la réactivité de la commande des gaz mais ne supprime pas le hoquet à la réaccélération. Le contrôle de traction coupe un peu plus tôt les petites dérives sur les bandes blanches de passages cloutés par exemple. Cela pourra rassurer les motards - de plus en plus nombreux en Europe - qui descendent de 300 ou 400 cc moins puissantes.

C'est grâce aux flèches du commodo gauche que le pilote peut personnaliser ses paramètres "individuels". MNC note au passage que la commande du régulateur de vitesse qui surplombe le tout n'inspire pas spécialement confiance : le plastique des commodos ne semble pas de grande qualité.

Essai Aprilia RS 660 : une demi-portion pour un plein de sensations

Si les commandes au guidon gagneraient à être moins basiques - les câbles et fils mieux agencés, aussi ? -, car en comparaison le tableau de bord est assurément magnifique. Plus petit que certaines dalles utilisées par la concurrence, l'écran TFT emprunté à la RSV4 fait bon usage de ses couleurs et propose deux affichages - très bien - adapté à la route ou au circuit.

Enfin, les motards de nouvelle génération seront sans doute séduits par l'application développée par - la maison mère - Piaggio : MIA relaie notamment sur le tableau de bord les indications du navigateur GPS du smartphone connecté, en plus de gérer des systèmes de communication (pilote / passager), les appels téléphoniques ou la musique...

Les motards de générations antérieures quant eux, seront sensibles à d'autres aspects de la RS 660. Le coloris choisi par Moto-Net.Com par exemple, risque bien de leur évoquer des souvenirs : retour en 1994, Loris Reggiani pilote alors une Aprilia de 380 cc (!) en GP500. Que cela vous parle ou non, rendez-vous en page suivante pour la suite de notre essai...

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèle d'origine
  • Kilométrage au départ : 918 km
  • Parcours : Routes, ville et voies rapides
  • Roulage : 174 km
  • Pneus : Pirelli Diablo Rossso II
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS RS 660

 
  • Compacte et légère
  • Moteur enthousiasmant
  • Equipement de Superbike
 
 

 

POINTS FAIBLES RS 660

 
  • Vibrations dans les tours
  • Tarif pour la cylindrée
  • Attention, versions 100ch et A2
 
 
 
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