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POURVU QUE ÇA (EN)DURE
Paris, le 26 juillet 2013

Yamaha partenaire des 24H Moto du Mans : les réactions des concurrents

Yamaha partenaire des 24H Moto du Mans : les réactions des concurrents

Suite à un accord signé avec l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), Yamaha Motor France est partenaire principal des 24H Moto du Mans jusqu'en 2015. Qu'en pensent les principaux acteurs du championnat du monde d'endurance ? MNC a mené l'enquête... Réactions.

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Qu'en pensent les concurrents ?

Contactés par Moto-Net.Com, les représentants des principaux constructeurs concurrents de Yamaha se sont pratiquement tous montrés positifs quant à la signature de cet accord entre Yamaha Motor France et les 24H du Mans.

"Je les félicite pour ce partenariat", nous assure même, beau joueur, Marcel Driessen, directeur général de BMW Motorrad France. Même fair-play chez le blason ailé qui trouve "l'initiative intéressante", selon l'expression de Christophe Decultot, directeur général de Honda France.

"On connaît la situation des épreuves d'endurance en France, avec une baisse de l'audience ces dernières années", poursuit le big boss de la filiale française de Honda. "Ce sont pourtant des épreuves fabuleuses, les valeurs de l'endurance sont très fortes et il faut tous faire en sorte que ces courses de 24 heures perdurent et attirent un nouveau public".

"Nous sommes des compétiteurs et, de notre côté, ce qui compte le plus ce sont les résultats en piste", commente de son côté Antoine Coulon, responsable presse et marketing Kawasaki France. S'abstenant de donner leur avis sur le partenariat noué avec Yamaha Motor France, les Verts nous ont indiqué vouloir plutôt se concentrer sur les performances sportives : "nous travaillons très dur pour continuer à gagner des courses de 24 heures et démontrer les qualités de nos machines".

"C'est ce que nos fans attendent de nous et nous sommes heureux de leur faire plaisir", conclut Antoine Coulon en rappelant que la ZX-10R du team Kawasaki SRC a remporté les trois dernières éditions des 24H du Mans et les deux derniers Bol d'Or.

Suzuki pas d'accord

Du côté de Suzuki en revanche, l'avis est plus tranché et les interrogations fusent : même si le blason d'Hamamatsu reconnaît que "les initiatives qui visent à dynamiser l’endurance en France et encourager les motards à renouer avec ces épreuves mythiques" ne peuvent être que félicitées, Dominique Li-Pat-Yuen, responsable marketing et communication Suzuki France, se demande s'il est "légitime qu’une épreuve sportive soit partenaire d’un participant et favorise donc son image au dépend des autres".

"Rappelons-le, le dynamisme d’une telle épreuve passe par l’attrait du plus grand nombre et donc la promotion doit concerner l’ensemble des acteurs concernés. Plus les constructeurs s’impliqueront, plus le spectacle sera attractif et interpellera le plus grand nombre", analyse le responsable français interrogé par Moto-Net.Com.

"Mais quel sera l’intérêt pour un constructeur de participer à une épreuve soutenue par un concurrent ? Comment un constructeur peut-il promouvoir une épreuve dans son réseau alors que les visuels mettront en avant un concurrent direct ?", déplore le porte-parole de la filiale française de Suzuki.

"La promotion des 24 Heures du Mans et de l’endurance au sens général ne doit pas devenir la promotion d’un constructeur. Souhaitons que ce partenariat ne freine pas l’engagement des autres constructeurs et participants", espère Dominique Li-Pat-Yuen.

Sans surprise au regard de ses déclarations, Suzuki France nous a répondu qu'il n'était pas question d'imiter la démarche de Yamaha en devenant partenaire principal de l'autre épreuve d'endurance française : le Bol d'Or.

"Nous souhaitons que le développement de l’endurance se fasse sous d’autres formes, de façon partagée avec l’ensemble des acteurs : il n’est pas du tout à l’ordre du jour que Suzuki soit partenaire d’une épreuve d’endurance", assure Suzuki France.

Chez BMW, le soutien à l'endurance continuera aussi à ne passer que par l'investissement de la marque dans la discipline : "Je ne pense pas que nous fassions la même chose", répond le directeur général de BMW Motorrad France lorsque Moto-Net.Com évoque la possibilité que la marque à l'hélice s'engage en tant que partenaire sur une autre épreuve - comme les 8 Heures d'Oschersleben, la course nationale du constructeur allemand.

"Nous investissons beaucoup dans la course même, avec notre team BMW Motorrad France Team Thevent 99, et on dépense des montants importants pour présenter notre marque et notre gamme de motos autour des épreuves d’endurance ou d’autres compétitions", poursuit Marcel Driessen.

Quant à Honda, "en ce qui concerne le Bol d'Or rien de spécial n'est à l'ordre du jour pour nous, même si cette épreuve a besoin elle aussi d'être dynamisée", nous confie Christophe Decultot.

En revanche, la filiale française de Honda a prévu de mettre en place une initiative inédite pendant les 24H du Mans : "le réseau a décidé d'engager une moto sur les 24H Moto du Mans, en plus du TT Legends au niveau européen, de l'équipe très compétitive de National Moto qui vise le Top 5 et de notre partenaire FMA", révèle le dirigeant français à Moto-Net.Com.

"L'objectif est de fédérer le réseau et les clients. Pour valoriser l'aspect humain de l'épreuve, le réseau s'est associé à la Ligue contre le cancer. La moto, qui sera "stock" avec un minimum de préparation, portera les couleurs de la Ligue et le réseau lui reversera 10 euros par tour parcouru, avec également des donations directes pour ceux qui le voudront".

La constitution du team sera annoncée ultérieurement, mais les mécaniciens et l'ensemble du team "viendront de la famille Honda (volontaires Honda France et membres du réseau) et les pilotes seront essentiellement des membres du réseau", nous explique-t-il.

Il faut sauver le soldat Endurance

Hormis Suzuki, les principaux acteurs du championnat du monde d'endurance moto semblent donc officiellement plutôt favorables à l'initiative de Yamaha Motor France. Au cours de notre enquête, l'un de nos interlocuteurs nous a d'ailleurs fait remarquer que "la nature a horreur du vide : c'était peut-être à nous de saisir cette opportunité de mettre en avant notre marque"...

D'autre part, comme le concède l'ACO, l'endurance a besoin d'être soutenue pour survivre, même si cela passe par un partenariat qui peut faire grincer des dents. Car le mal dont souffre la discipline est profond : malgré un spectacle à couper le souffle en piste (l'an dernier par exemple, la Kawasaki SRC s'est imposée au Mans avec seulement 1'02 min d'avance sur la Suzuki du SERT !), les gradins se vident chaque année...

Mais sur le long terme, il faudra plus qu'une intervention comme celle de Yamaha France pour "sauver" l'endurance : si la fréquentation aux 24H du Mans et au Bol d'Or est en baisse, ce n'est pas uniquement en raison du manque de moyens des organisateurs et du public. L'augmentation des "débordements" dans les campings et la vague de répression policière qu'elle a engendrée est aussi en grande partie responsable de cette désaffection.

"C'est exact : les débordements et la présence policière devenue importante ont clairement effrayé des spectateurs", admet Philippe Jaubin. "Mais la situation s'est améliorée en 2012 grâce à des concertations constructives avec toutes les parties : nous avons enregistré des retours très positifs l'an dernier".

Cela aidera certainement les manches françaises d'endurance à reprendre un nouveau souffle, mais de l'avis de MNC, le public doit aussi se sentir plus "désiré" pour avoir envie de revenir en masse au Mans et à Magny-Cours : "il est nécessaire de réinvestir le spectateur, de lui montrer qu'il n'est pas qu'une personne à qui on prend de l'argent pour assister à un événement", approuve Dominique Méliand.

"Il ne faut pas oublier qu'à la base, le spectateur vient voir un spectacle : c'est dans la définition même du mot !", poursuit le team manager du SERT, estimant que le public doit être davantage impliqué dans la course afin de s'intéresser de plus près à son déroulement.

Lucide, le grand manitou du SERT - et de l'endurance mondiale - sait cependant qu'une bonne initiative met "au moins trois ans"' pour convaincre et que mettre en place de bonnes idées coûte cher... "C'est pourquoi il est intéressant qu'un groupe de travail se soit constitué pour réfléchir à la manière dont on peut améliorer les choses : personne n'a la science infuse et il est important de mutualiser les idées et de réfléchir à plusieurs afin de prendre les bonnes décisions", estime Dominique Méliand en faisant référence à la récente constitution d'un groupe de travail au chevet de l'endurance.

"L'endurance est une discipline unique, très différente des courses de vitesse, mais il faut la faire évoluer et que les médias généralistes la mettent davantage en lumière", renchérit de son côté Christophe Decultot, le big boss de Honda France.

Cet élargissement de la portée de l'endurance moto, les organisateurs des épreuves semblent en avoir saisi l'importance. D'une part en s'appliquant à éradiquer les "excès" auxquels le grand public a, hélas, pris l'habitude d'associer les grands rassemblements moto. Et de l'autre en apportant une touche "d'exotisme" aux épreuves afin d'attirer - positivement - l'intérêt des médias généralistes.

La présence du champion olympique de saut à la perche Renaud Lavillenie sur la liste des engagés aux 24H du Mans 2013, par exemple, est une manière de susciter la curiosité - voire la sympathie - du plus grand nombre (lire notamment MNC du 10 juillet 2013).

Et le public motard, alors ? Quelles mesures peuvent le convaincre de (re)venir et le divertir ? Citons pêle-mêle la traditionnelle fête foraine - dont les attractions sont toujours plus spectaculaires (grande roue de 40 mètres, manèges à fortes sensations, etc.) -, l'ouverture très appréciée de la voie des stands le vendredi de 18h45 à 20h00, le show mécanique le vendredi et le samedi avant le départ, les concerts de 20h15 à 00h30, etc.

Mais aussi les animations mises en place dès le samedi matin dans le Village des 24H (show de vélo, pom-pom girls, etc.) et la présence inédite de plusieurs Playmates : les mannequins sexy de Playboy animeront la nuit au "C24" (le pub du village) via un shooting photo, et elles rencontreront les spectateurs jusqu'à 4h00 du matin ! Les couches-tôt auront une seconde chance d'apercevoir leurs oreilles de lapins le lendemain sur la grille de départ, prévu samedi 21 septembre à 15h00.

Pour peu que le soleil soit de la partie et que les escrocs du hot-dog restaurateurs vendeurs de "nourriture" (?) et de boissons fassent aussi un effort pour améliorer le rapport qualité-prix de leur produits, le succès pourrait bien être au rendez-vous de cette 36ème édition des 24H Moto du Mans... A suivre sur MNC, naturellement : restez connectés !

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