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TEST
Almeria (Espagne), le 20 février 2015

Essai pneu moto sport-route Metzeler Sportec M7 RR

Essai pneu moto sport-route Metzeler Sportec M7 RR

Lancé au printemps dernier, le Metzeler Sportec M7 RR se veut le pneu idéal pour arsouiller sans transpirer, y compris sur routes dégradées ou mouillées. Une polyvalence ambitieuse validée par MNC lors d'une humide prise de contact sur route et piste.

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Sportec M7 RR : test route et piste

Successeur du Sportec M5 Interact, le M7 RR est un pneu destiné aux sportives et aux roadsters "énergiques" pilotés de manière dynamique sur routes. Quelques incursions sur circuit ne seront pas pour lui déplaire, même s'il est préférable d'opter pour une gomme plus "racing" dans le cadre d'une pratique assidue de la piste.

Dans ce cas de figure, mieux vaut alors se tourner vers le Racetec RR, le dernier né de la gamme sportive de Metzeler que MNC devait normalement découvrir cette semaine sur le circuit d'Almeria (Espagne)...

Hélas, la pluie a joué les invitées indésirables et c'est finalement avec le Sportec M7 RR que le Journal moto du Net a arpenté le bitume tour à tour détrempé puis séchant - bref, casse-gueule ! - de la piste ibérique et des petites routes alentours (lire MNC du 18 février 2015).

Une expérience riche en émotions, tant s'élancer sur un circuit luisant d'humidité avec une Superbike de 200 ch - en l'occurrence la S1000RR 2015 - a quelque chose de proprement effrayant. "Sauve qui pneu", nous souffle notre instinct de survie !

Au final, une fois évacuée cette légitime appréhension, ce test s'est avéré être une source d'enseignements très précieux sur le potentiel du M7 RR, notamment au niveau de son comportement sportif et de ses surprenantes aptitudes sur le mouillé…

Sportec M7 RR : ce que Metzeler promet

S'il a abandonné la terminologie "Interact", le Sportec M7 RR conserve néanmoins une ceinture à 0° dont les brins en acier sont tendus de différentes manières afin d'optimiser la répartition de la chaleur sur toute la surface de la gomme.

Cette technologie, nommée "Interact" par Metzeler, favorise aussi la constance des performances et serait la clé de voûte d'une parfaite connexion entre la structure du pneu, sa ceinture et ses différents composés.

Depuis l'année dernière, le manufacturier allemand a cependant décidé de davantage mettre en avant son investissement dans les courses sur routes, ce qui se traduit par l'emploi sur sa gamme sportive du suffixe "RR", pour "Road Racing" (lire notre Présentation du Sportec M7 RR, "Guy Martin Approved").

Annoncé "20%" plus endurant que le M5 Interact, le M7 RR dispose d'un nouvel entaillage dont l'une des principales caractéristiques tient dans la diminution progressive de la profondeur des rainures vers les épaules. Au centre, une partie de la bande de roulement devient totalement lisse, caractéristique retenue pour offrir plus de grip à l'accélération (en tout cas, en ligne droite !) et "une usure régulière", assure Metzeler.

Le ratio plein/vide a également été repensé, avec un taux augmenté de 12,6 à 14,7% à l'avant et diminué de 12,6 à 11,1% à l'arrière. L'objectif étant d'obtenir le meilleur compromis entre adhérence sur l'angle et drainage de l'eau, qualités indispensables pour un pneu à usage routier par définition utilisable sur tous types de bitumes, qu'elles que soient les conditions météo.

Le profil a aussi été modifié : les flancs sont plus hauts de "3 mm" et les épaules sont aplaties, augmentant ainsi la zone de contact au sol de "5% par rapport au M5 Interact.

Dans le même ordre d'idées, des composés à haute teneur en silice ont été développés, afin "d'offrir des performances sportives à la fois sur sol sec et à des températures élevées ainsi que sur sol mouillé à des températures plus basses", assure la marque du groupe Pirelli.

Enfin, le Sportec M7 RR hérite d'une conception bi-gomme à l'arrière : la partie centrale de la bande de roulement (environ 45 mm selon la dimension) reçoit un composé plus dur et à moindre teneur en silice que les épaules, dans le but de concilier stabilité et endurance au centre à une forte adhérence sur l'angle.

A l'avant, le pneu est mono-gomme et son mélange utilise le nouveau composé à haute teneur en silice développé par Metzeler, le "SiO2".

Sportec M7 RR : ce que MNC a pu constater

Entamés sur des routes rendues humides par des ondées nocturnes (voire encore détrempées par endroits), nos premiers tours de roue avec le M7 RR révèlent un comportement rassurant et prévisible, qualités ô combien appréciables dans ces conditions. Surtout aux commandes d'un missile comme la S1000RR 2015 (199 ch pour 204 kg) !

La mise sur l'angle est progressive, sans à-coups ni résistance, et brille par sa neutralité. Le train avant s'inscrit avec naturel et précision en courbe, sans vivacité excessive. Une propriété opportune sur un bitume "frais", où la nature bienveillante des enveloppes allemandes et leur rapide montée en température rassurent.

Certains pneus au profil plus "pointus" se montrent plus incisifs lors du déclenchement du virage, au détriment toutefois de la stabilité sur chaussées dégradées dans la plupart des cas. Aucun souci à ce niveau pour le Sportec M7 RR, digne représentant de la rigueur germanique en toutes circonstances !

En revanche, si sa stabilité est flatteuse dans les passages bosselés, son confort l'est moins... Assez rigide, la carcasse ne déploie pas des trésors de douceur dans sa manière d'absorber les imperfections du bitume. Fréquente avec les pneus Metzeler, cette caractéristique tient essentiellement à leur ceinture à 0° en acier.

Mis en confiance par cette entame très positive, MNC aborde assez sereinement la seconde partie du test programmée sur le circuit d'Almeria (Espagne). L'appréhension - pour ne pas dire, la peur ! - s'installe toutefois au regard des conditions de piste : bien que balayé par de fortes rafales de vent, le bitume est loin d'être sec…

Dans certaines zones, la moto de notre ouvreur Jurgen Fuchs (1 pole et 5 podiums à son actif en GP250 dans les années 90, rien que ça !) fend une pellicule d'eau suffisamment épaisse pour éclabousser la visière du pilote suivant. De petites averses tombant par intermittence renforcent à ce moment notre sentiment très aigu d'être au mauvais endroit, au mauvais moment.

Là encore, le comportement rassurant du Sportec M7 RR permet de progressivement gagner en confiance et d'oser venir titiller les limites d'adhérence du M7 RR. Et surprise, son niveau de grip est incroyablement élevé : le genou vient naturellement caresser le sol dans les virages situés dans les parties séchantes !

Grâce à l'inédit indicateur d'inclinaison placé sur le tableau de bord de la BMW, MNC apprend ainsi avoir pris jusqu'à 48° d'angle dans les virages à droite. Certes, on est loin des terrifiants 64° pris sur le sec - avec des slicks prototypes - par les MotoGP (61° en WSBK), mais au regard des conditions météo cette valeur s'avère plutôt flatteuse pour un pneu sport-route comme le M7 RR !

D'autant plus louable que sur route, une sportive de série prendrait "dans les 50° d'angle" sur le sec (40° pour un scooter) d'après les estimations d'un manufacturier concurrent de Metzeler.

Bref, le Sportec M7 RR offre un niveau d'adhérence sur l'angle stupéfiant, même et surtout sur revêtement humide. Cerise sur le gâteau : la motricité est du même tonneau, permettant de faire passer une impressionnante partie de la puissance de la S1000RR au sol avant que ne s'active son contrôle de traction.

La déformation du pneu avant au freinage est elle aussi satisfaisante, gage d'un bon contrôle en entrée de courbes sur les freins. Y compris lorsque MNC a osé dépasser les 280 km/h avant de freiner lourdement tout en rentrant trois rapports pour plonger dans un droite serré. Merci la rigide ceinture à 0° !

La seule faille relevée lors de ce test un peu particulier concerne le comportement du M7 RR lorsqu'il atteint ses limites à l'avant. Si le Metzeler renvoie beaucoup d'informations sur l'angle, ce qui contribue à le rendre si rassurant, il se montre en revanche moins "bavard" à l'approche de son seuil de décrochage…

Fort heureusement, à défaut d'être toujours prévisibles, ses pertes d'adhérence sont suffisamment progressives pour laisser au pilote le temps de rectifier le tir, en élargissant le rayon de la courbe pour abaisser les contraintes exercées sur l'avant notamment.

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