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TEST SHARK EXPLORE-R
Paris, le 8 février 2019

Essai longue durée du casque moto Shark Explore-R

Essai longue durée du casque moto Shark Explore-R

Un casque, quatre configurations possibles et plusieurs astuces pratiques dont un tour de cou intégré et un masque tout-terrain livré de série : plutôt séduisante la fiche technique du Shark Explore-R, non ? MNC a vérifié si le charme opérait toujours au bout de dix mois de tests sur route et off-road. Essai longue durée.

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Le casque Shark Explore-R du manufacturier marseillais est à l'image des motos trail auxquelles il se destine : ce casque intégral haut de gamme - en fibres de carbone, d'aramide et de verre - propose une polyvalence de premier plan grâce à sa conception astucieuse.

Lancé en 2014 puis amélioré en 2015, l'Explore-R dérive d'un modèle touring, d'où sa coque aux formes arrondies. Grâce à ses accessoires démontables, il propose des prestations soit exclusivement routières - avec écran et sans sa visière typée cross - soit adaptées tout-terrain, avec sa longue visière et son masque fumé fourni à l'achat.

Ce modèle littéralement "transformable" propose en tout quatre configurations différentes, dont une adaptée aux trajets routiers sur un maxi-trail (avec visière et écran : n°1 ci-dessous) et une autre qui assure un look typé dans la mouvance de la mode Scrambler (avec le masque mais sans visière ni écran : n°4). Un véritable "4-en-1" !

Dès les premiers kilomètres avec ce casque au printemps dernier, MNC découvre un accessoire bien conçu, relativement léger (1560 g en configuration route) et aux finitions classieuses. Le soin apporté aux détails prend notamment la forme de patins en caoutchouc sur le bas de sa partie arrière, qui le préserve du contact avec le sol. Attention appréciable au regard du prix (419 ,99 € en peinture unie, 449,99 € en "carbon skin" comme ci-dessous).

L'intérieur est dans la même veine, avec des mousses douces et qualitatives en plus d'être aisément démontables. Délicate attention : de pratiques encoches creusées de chaque côté facilitent par ailleurs le passage des branches de lunettes de vue.

La boucle micrométrique de la jugulaire simplifie avantageusement les opérations d'ouverture et de fermeture, tandis qu'une garniture recouvre douillettement la sangle pour éviter d'irriter le menton et le cou. Une fois sa jugulaire correctement réglée, le Shark présente un maintien très correct et un confort à l'avenant. C'est un casque agréable, aux masses bien équilibrées.

Pratique, l'Explore-R dispose d'une fonctionnalité "filet d'air" activable depuis un petit levier sur le côté gauche (encerclé en rouge ci-dessous). Un atout pour les évolutions à basse vitesse par fortes chaleur ou au contraire par temps froid et humide : ce dispositif qui soulève légèrement l'écran principal renforce l'action des aérations pour contrer l'apparition de buée.

Ce détail n'est pas superflu pour deux raisons : d'une part car la ventilation n'est pas exceptionnelle, de l'autre en raison de l'absence de lentille antibuée. Shark balaie cette lacune en vantant l'efficacité du traitement antibuée appliqué à l'intérieur de son écran : celui-ci fonctionne effectivement plutôt bien, mais avoue ses limites en conditions vraiment humides. Un "Pinlock" se montre supérieur quand la pluie et le froid combinent leurs "bienfaits" !

Pratique et ingénieux

Autre aspect pratique bienvenu : l'écran solaire amovible - "labellisé UV380" -, qui se déploie du bout de l'index gauche grâce à un levier bien placé (entouré en rouge ci-dessous). Indispensable pour affronter sereinement les changements de luminosité ! Le cache-nez amovible placé sur la mentonnière est un autre témoin de l'exhaustivité de sa dotation de série. 

Le fabricant français a véritablement tout prévu pour faire de son Explore-R un casque polyvalent et valorisant, jusqu'à développer un accessoire inédit : un tour de cou intégré dans l'enveloppante bavette ! Cet équipement est dissimulé sous une fermeture éclair et présente un scratch pour s'accrocher derrière la nuque. 

L'un des atouts de ce tour de cou est son isolation particulièrement performante contre les courants d'air puisqu'il est solidaire de la calotte. Malin et efficace ! En revanche, sa matière plastique - façon K-Way - est peu agréable et pas assez épaisse pour préserver des grands froids. A compléter avec un col de veste qui remonte bien haut, ou... un deuxième tour de cou en textile. 

Mais le principal inconvénient de ce dispositif tient surtout à son rangement, qui réclame de la méthode et de la minutie : le tour de cou doit être soigneusement replié pour réintégrer son logement, au risque de coincer le zip de fermeture. Grr... Cette tâche un rien fastidieuse tend à inciter à se passer de ses services. Dommage, car l'idée est tout bonnement géniale ! 

Un casque, quatre possibilités

Passer de la configuration totalement routière à celle complètement off-road - et vice-versa - est enfantin : la première étape consiste à démonter l'écran, opération qui demande simplement de l'ouvrir en position haute puis de tirer dessus pour le désolidariser de la calotte. Simple, on vous dit !

Placez ensuite les pattes de la visière (ci-dessus) sur les fixations latérales, avant d'assurer sa tenue en serrant l'écrou à son sommet. Cette vis étant située dans une lumière, la position de la visière peut varier sur un axe horizontal : plus elle est avancée, plus la résistance à l'air sera élevé. A prendre en compte en fonction du degré de protection du pare-brise de sa moto pour éviter l'effet "arrachement de la tête".

Cette opération met en évidence l'aspect rudimentaire du système de fixation de l'écran et de la visière : les démonter exige de tirer énergiquement sur les pattes latérales pour les sortir de leur logement, tandis que le montage demande d'exercer une importante pression pour solidariser les parties. En clair : ça sort et ça rentre en force, avec tous les réserves que cela suggère sur la durée de vie des pièces en plastiques ainsi mises en contrainte...

La dernière étape pour achever la transformation off-road consiste à accrocher le bandeau du masque sur les rivets à l'arrière : l'Explore-R prend alors l'apparence d'un modèle d'enduro ou de cross, en plus volumineux. Testé à plusieurs reprises en tout-terrain dans cette configuration, le Shark s'y montre parfaitement à l'aise à quelques - petites - exceptions près...

Convaincant sur et hors bitume

On regrette de nouveau sa ventilation moyennement performante, surtout quant le roulage devient vraiment physique : la transpiration se forme rapidement à l'intérieur et peine à s'évacuer. La rançon d'une conception dérivée d'un moule routier, qui englobe totalement le visage sans laisser passer d'air comme le fait un casque cross.

Par ailleurs, si le traitement fumé du masque est appréciable sur des pistes ensoleillées et dégagées, cela devient une contrainte dans des sous-bois ombragés. Difficile alors de bien distinguer les reliefs et les pièges, faute de clarté suffisante. Inutile de préciser que le problème se pose également quand la nuit commence à tomber !

Reste que les capacités de l'Explore-R suffisent largement pour du tout-terrain "soft", adapté en somme aux besoins de la plupart des "trailistes". Et c'est là toute sa force. Autre précision concernant la vision : le champ diminue énormément sur les côtés à cause du format du masque.

Ce facteur pardonnable en tout-terrain devient problématique sur route : une surveillance très, très attentive des angles morts est indispensable dans des zones à forte circulation. Au final, mieux vaut réserver le port du masque aux sorties hors bitume.

Ce conseil est d'autant plus approprié que l'écran principal de l'Explore-R offre une vision panoramique tout simplement exceptionnelle ! Autre avantage : l'isolation phonique est infiniment meilleure avec l'écran, même si MNC a été agréablement par l'absence de turbulences véritablement gênantes jusqu'aux alentours de 90 km/h avec le masque. 

Une preuve de qualité et de conception soignée de cet équipement off-road, qui s'intègre parfaitement dans la calotte ! En configuration "écran + visière", la plus utilisée pendant notre essai, le casque Explore-R offre un confort visuel et sonore de très bon niveau, à peine perturbé par l'inévitable pertubation aérodynamique causée par la visière. 

Verdict : 9/10

Moyen partout, bon nul part : tel est le risque encouru par les équipements qui se veulent trop polyvalents. Shark évite brillamment ce piège avec son excellent casque Explore-R, qui associe réellement les qualités attendues d'un modèle Touring à celles d'un casque tout-terrain. 

Certes, quelques détails trahissent parfois les - petits - compromis exigés pour être performant sur ces deux tableaux, à l'image de la ventilation perfectible et du champ de vision restreint avec le masque. Mais la somme de ses qualités surpasse très largement celle des contraintes !

Au regard de ce bilan très positif et de sa modularité, son prix paraît même finalement très acceptable : l'Explore-R met quatre modèles différents à la disposition de vos envies dès 419,99 euros, soit une centaine d'euros par casque. 

Points forts Shark Explore-R

  • Concept "4-en-1" très pertinent
  • Montage et démontage des accessoires sans outils
  • Présentation et finitions soignées
  • Equipements pratiques nombreux et bien pensés

Points faible Shark Explore-R

  • Prix élevé... mais "amorti" sur 4 casques !
  • Rangement fastidieux de l'astucieux tour cour intégré
  • Durée de vie des pattes de la visière et de l'écran si sollicitations répétées ?

Fiche technique Shark Explore-R

  • Calotte disponible en deux tailles, en fibres de carbone, aramide et fibres de verre 
  • Ecran traité anti-rayures et antibuée, démontable sans outils
  • Pare-soleil amovible, traité anti-rayures
  • Mousses internes amovibles et hypoallergéniques
  • Boucle de fermeture micrométrique
  • Tour de cou intégré
  • Masque de tout-terrain livré de série
  • Emplacement prévu pour le communication Bluetooth "Sharktooth"
  • Poids (mesures MNC) : entre 1560 gr et 1670 gr en taille L, selon la configuration 
  • Taille : XS au XL
  • Prix : 419,99 euros en peinture unie mat et 449,99 euros en décoration "Carbon Skin".

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