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PRÉVENTION ROUTIÈRE
Paris, le 1er décembre 2009

Mortel Scooter : une campagne pour effrayer les jeunes

Mortel Scooter : une campagne pour effrayer les jeunes

Avec son titre volontairement choquant, la nouvelle campagne de la Prévention routière va-t-elle réellement permettre de sensibiliser les jeunes utilisateurs de scooters aux règles de prudence... ou les décourager à jamais d'utiliser un deux-roues ?

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"Le scooter pour moi c'est un cercueil ambulant"... "Si je pouvais rendre ses pattes à mon fils"... "Mon cerveau a rebondi dans la boîte crânienne"... "J'ai rebondi dans les 3 voitures d'en face"... "Y a pas que la liberté et l'indépendance, y a la mort aussi"...

Première cause de mortalité sur la route chez les 14/17 ans

L'accident de cyclomoteur (50 cm3) est la première cause de mortalité et de blessures (59%) sur la route sur la tranche d'âge 14/17 ans. En 2008, 5163 jeunes cyclomotoristes de 14 à 17 ans ont été victimes d'un accident de la route : 72 sont morts et 5091 ont été blessés. En France, ce drame touche en priorité les zones rurales et les petites villes, selon une étude réalisée à la demande de la Prévention routière et de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) et comportant les interviews de 1407 parents, adolescents conducteurs et non-conducteurs de ces engins. Les cyclomotoristes sont à 69% des garçons et 64% d'entre eux vivent dans des zones rurales. "Le scooter est avant tout utilisé en zone rurale parce qu'il n'y a pas d'autres types de transport et nous savons que largement plus de la moitié de ces engins victimes d'accidents sont débridés", a expliqué un porte-parole de FFSA, Stéphane Pénet.

Avec des phrases de ce type, parsemées de photos plus ou moins trash et de courts témoignages vidéos (interdits aux moins de 14 ans) de huit jeunes blessés, de leurs proches et du personnel médical qui les a suivis, l'association Prévention routière et la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) ont lancé ce matin à Paris la seconde édition de leur campagne destinée aux jeunes utilisateurs de scooters (lire Moto-Net.Com du 31 octobre 2008 : la Prévention routière communique auprès des jeunes cyclomotoristes).

L'objectif, louable, est de "sensibiliser de nouveau les jeunes usagers de cyclomoteurs aux risques liés à la conduite d’un cyclomoteur, combattre leur sentiment d'invulnérabilité et les confronter à la réalité".

En réalité, avec son titre "Mortel Scooter" basé sur un raccourci volontairement violent, cette campagne destinée "en particulier aux garçons de 14 à 18 ans" et "aux parents des adolescents concernés" tend étrangement à assimiler le scooter à une arme mortelle. A tel point qu'on peut se demander si elle ne risque pas, plutôt que de responsabiliser les jeunes en les incitant à la prudence et au bon sens, de les décourager à tout jamais d'enfourcher un deux-roues motorisés...

Mortel : "qui cause la mort"

Mortel : adj. (1080, du latin mortalis). Qui cause la mort, entraîne la mort. V. Fatal. Maladie, blessure mortelle.
(Petit Robert, Dictionnaire de la langue française)

Interrogées à ce sujet par Moto-Net.Com, la Prévention routière et la FFSA estiment qu'elles "n'assimilent pas le scooter à "une arme mortelle". Il s'avère que nous considérons la pratique du cyclomoteur comme dangereuse (les chiffres le montrent) et cherchons au contraire à travers cette campagne à alerter les conducteurs de cyclo, leurs parents ainsi que les autres usagers des différents dangers de cette pratique. L'objectif n'est pas de les culpabiliser, ni de les stigmatiser mais plutôt de responsabiliser à la fois conducteurs de cyclo, parents et autres usagers de la route".

La Prévention routière propose par ailleurs aux parents d'ados d'instaurer un "contrat moral" plutôt intéressant : "nous incitons fortement par exemple les parents dont l'enfant a un cyclo à établir avec lui un contrat moral", précise l'association à Moto-Net.Com. "En échange de l'achat d'un cyclomoteur, l'adolescent s'engage à respecter un certain nombre de règles. Plus qu'une série d’interdictions, conclure un contrat moral avec l'adolescent permettra de le responsabiliser et de lui montrer qu'il est digne de confiance".

Rappelons tout de même une évidence : cher ami djeunz, si tu passes par là, saches que non, le scooter n'est pas mortel ! Pas plus que ne le sont les motos, les voitures, les trains, les avions, les fusils de chasse, les consoles Wii ou les ours en peluche. Ce qui peut éventuellement s'avérer mortel au sens propre du terme, c'est l'accident. Point barre. Et lorsqu'un scooter est qualifié de "mortel", c'est uniquement au figuré, en langage djeunz, dans le sens admiratif : "eh Kevin, parole il est trop mortel ton scoot' !"...

BSR à points et contrôle technique
des deux-roues motorisés

Parallèlement à cette campagne, la Prévention routière et la FFSA demandent aux pouvoirs publics de faire du Brevet de sécurité routière (BSR) un véritable permis de conduite à points, avec des épreuves tests et un fichier national. Les deux structures demandent aussi la mise en place d'un contrôle technique des deux-roues motorisés pour éviter le débridage des cyclomoteurs "comme cela existe déjà dans 15 des 27 pays de la Communauté européenne".

En outre, contrairement aux idées reçues abondamment relayées par les médias généralistes, le gouvernement et les associations de victimes, l'accident n'est pas une fatalité : on peut parfaitement, sinon les maîtriser totalement, du moins en minimiser considérablement les risques avec quelques règles de prudence et de bon sens : faire preuve d'une vigilance de tous les instants, surveiller ce qui se passe devant, derrière et sur les côtés, clignoter, anticiper, prévoir les ouvertures intempestives de portières et autres déboîtements soudains, ralentir avant de franchir une intersection même lorsque le feu est vert, porter (correctement) un (vrai) casque, se protéger avec de vrais vêtements et de vraies chaussures, rouler sur un véhicule en bon état de fonctionnement (freinage, éclairage, pneus...), adapter sa vitesse aux conditions extérieures (circulation, météo, revêtement...) et intérieures (fatigue, stress, maladie...), etc.

Il s'agit donc en résumé, ami djeunz, de se comporter comme l'Homme invisible himself dès que tu boucles ton casque et que tu démarres ton scoot' : personne ne te voit, c'est donc à toi de faire attention à tout. Alors oui le scooter est risqué, oui conduire un deux-roues peut-être dangereux, mais non le scooter n'est pas mortel... Bonne et longue route !

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Totalement d'accord avec Mike! Brider un scooter est une hérésie totale, issue de cerveaux laborieux. J'habite à la campagne, à 15 kms d'une grande ville, et comme lui, j'observe souvent le comportement des scooters en circulation. Je n'ai jamais vu un scooter zigzager sur une nationale ou sur une départementale, mais plutôt des utilisateurs conscients de leur fragilité, respectueux de leur position sur la chaussée, qu'ils soient garçons ou filles, intrépides ou frileux. Ce que je vois par contre, ce sont des automobilstes ou des chauffeurs de poids lourds, qui les double sans aucun égard pour eux, car ils les considèrent comme des chicanes mobiles. Je te frôle, pour ne pas ralentir, si un véhicule vient en face. Je mets mes roues sur le bas côté, dans les nids de poules, pour t'arroser les jours de pluie et te montrer que tu m'as bien gavé, en me ralentissant. Le jour où notre fils a eu son scooter, je l'ai accompagné la première fois à l'école, avec ma moto, histoire de me rassurer et de le rassurer un peu. Et là, quelle surprise!!! A moins de 50 km/h, j'ai fait les 15 kms derrière lui, les yeux rivés dans les rétros, en serrant les coudes...et les fesses. Tous les autres usagers, (à l'exception d'un seul, qui devait être motard et comprenait la situation...), je dis bien tous, nous ont, soit frôlés, soit tassés sans vergogne, et nous ont doublé comme si nous n'existions pas, estimant qu'on les gênait. Je pense que si je n'avais pas du montrer l'exemple ce jour là, j'aurai été tenté d'expliquer la vie à certains. Toujours est il, qu'arrivés au lycée, je suis reparti avec le scooter pour le faire immédiatement débrider. Les décideurs qui ne comprennent pas ça sont des irresponsables! Par la suite, mon seul critère d'achat, lorsque ma fille a eu l'âge de rouler, a été de négocier le débridage, avant de faire le chèque... Je vote par contre des deux mains pour l'instauration d'un vrai permis à points, et je militais depuis longtemps pour l'immatriculation des cyclos. S'abriter derrière un casque et l'anonymat d'un engin non immatriculé est un vrai pousse au crime lorsqu'il s'agit de jouer au héros devant les copains et les copines. Quand la conservation de son permis dépendra de son civisme, le jeune utilisateur sera plus enclin à retrouver la raison. De même pour la vitesse en ville, car tous les scooters sont équipés de compteurs à ce que je sache. Les radars sont aussi là pour contrôler leur vitesse quand le véhicule est immatriculé, et l'utilisateur doit être sanctionné par un retrait de points. Sinon, à 14 ans, les parents paient l'amende, et le vrai fautif ne risque rien d'autre qu'une réprimande parentale. Par ailleurs, un vrai permis, avec une vraie formation, aurait déjà du être institué depuis longtemps. Pour conclure avec les accidents en campagne, comme d'habitude, on ne nous fait pas part du nombre d'accidents, dont les conducteurs de 2RM sont responsables. Il faut avoir l'accuité visuelle de Ray Charles, pour tout mettre sur le dos du débridage.
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Salut, Eh bien permettez-moi de trouver cette campagne "adaptée" pour ma part, n'en déplaise à Eric-Moto-Net-Himself (salut Eric!)! A une époque où la violence se banalise et où des milliers de morts sont vus par des enfants de moins de 14 ans rien qu'en ouvrant le NET ou la Télé, leur dire que le scoot' est potentiellement mortel ne suffit plus!... Il faut des images "choc" (qui nous perturbent, nous "z'autres"... les vieux cons! ;-)) mais qui sont tout juste excessives vu le quotidien des DJEUNS'... Oui, après un carton, plus question d'emballer les filles ou de "baiser", la paralysie, l'impuissance et les séquelles, "ça l'fait pas trop!"... Ceci étant dit, on se cantonne au côté GORE pour choquer, mais j'aimerais - encore une fois - qu'on pense au problème dans son entier (les grosses têtes d'Enarque n'ayant pas beaucoup fait de Scoot', faudrait peut-être aller chercher les solutions ailleurs). --- 1 --- Le BSR est une foutaise que tout le monde ou presque obtient (j'ai sondé mes enfants et leurs copin(e)s)... SANS rouler sérieusement sur un scoot en ville! --- 2 --- Le comportement des ados est "à risques" et devrait peut-être être "éduqué" (mais non... "éduquons" n'est pas une insulte M'sieur le Président!)... Je suivais ce matin un scoot en péri-urbain dans les beaux quartiers : deux minettes en doudoune (protection ZERO) avec un casque (parce qu'il fait froid et que les filles sont plus "civiques" paraît-il) sur un scoot' qui n'avait plus de coque arrière attachée ni de cale-pieds pour la passagère (normal, les sacs prenaient de la place), petits gants de laine (protection ZERO) pour l'une, rien pour l'autre. La passagère avait les pieds dans le vide et jouait avec son téléphone portable et le montrait à la conductrice de temps à autre... Tout ceci à 30km/h dans des rues étroites, tout en respectant assez bien le code de la route d'ailleurs... :-( --- 3 --- Le GROS problème du scoot' en péri-urbain et en campagne, c'est son bridage à 45km/h... EH OUI... N'EN DEPLAISE AUX ENNEMIS DE LA VITESSE... Une voiture qui roule à 90km/h arrive deux fois plus vite et le même risque que pour les voitures sans permis se produit... BOUM!... Mes enfants n'auront pas de scoot' bridé ni de scoot' d'ailleurs... J'ai pas les sous et pas envie de les voir écrasés par un autre usager alors que l'enfant était "dans le respect du code de la route"... J'arrête là, mais si je pense que ce genre de campagne est utile, ce n'est qu'une petite (toute petite) partie du problème. APL2FAR

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