
La 49e édition des 24 Heures Motos est remportée par la R1 officielle du Yamaha Austria Racing Team devant la Suzuki n°12 de l'équipe Yoshimura SERT Motul et la Kawasaki n°11 de l'écurie Webike Trickstar. Cependant, la victoire s'est surtout jouée face à la BMW d'usine n°37, longtemps leader. Comptes-rendus de MNC… et des pilotes !
Depuis la saison 2018-2019, le championnat du monde d’Endurance moto (EWC) utilise un système de points original sur ses épreuves longues (24H du Mans et Bol d'Or) afin, notamment, de maintenir le suspense jusqu’au drapeau à damier et de valoriser la performance sur toute la durée de la course.
Contrairement aux championnats de vitesse pure (courses de trois quarts d'heure environ), où seuls les résultats finaux comptent, l’EWC attribue des points à trois moments clés : après 8 heures de course, après 16 heures, et à l’arrivée. Le barème reste dégressif avec une dotation plus importante à l’arrivée que pendant la course. Bah oui, quand même.
Ainsi, après 8 heures et 16 heures, les dix premières équipes reçoivent des points bonus, selon une échelle allant de 10 points pour le leader à 1 point pour le dixième. Ce système intermédiaire permet de récompenser les équipes dominatrices en début et/ou milieu de course.

À l’arrivée, le barème est plus généreux (identique à ceux du MotoGP, du WorldSBK, du FSBK, etc.), à savoir : le vainqueur empoche 25 points, le 2ème 20, le 3ème 16, le 4ème 13, le 5ème 11, le 6ème 10, et ainsi de suite jusqu’au quinzième, qui en obtient 1. Cette répartition récompense ainsi les équipes qui ont rallier l'arrivée, parfois au terme d'une courageuse remontée qui continue ainsi de rapporter gros au championnat.
Ce système vise deux objectifs : réduire l’impact des aléas (casses mécaniques, chutes, neutralisations) sur l'ensemble de la saison, et favoriser la spectacle en maintenant le maximum d'équipes en lice pour le titre jusqu'à la finale de la saison (le Bol d'Or, traditionnellement).

Moto-Net.Com vous propose donc de revivre la 49ème édition en trois temps : du départ donné par le fantasque Pio Marmaï jusqu'à 23h pour la première distribution de point (H+8), durant la phase nocturne toujours extrêmement animée (H+16), et sur les huit dernières heures où la fatigue des pilotes et l'usure des machines peuvent cruellement tout remettre en question...
La 49ème édition des 24 Heures Motos, lancée ce samedi 18 avril 2026 sur le circuit Bugatti du Mans, confirme rapidement sa réputation d’épreuve impitoyable. Dès les premières heures, le BMW Motorrad World Endurance Team s’impose progressivement en tête, profitant d’une stratégie de ravitaillement optimisée et d’un rythme soutenu.

Les pilotes de la M1000RR n°37 Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael van der Mark parviennent à distancer la Yamaha officielle du YART, pourtant favorite après avoir décroché la pole position (la 3ème de suite !) et remporté l’édition 2025. La tension entre les deux équipes est palpable, même si toutes deux savent que la course est longue...
La course est déjà marquée par des abandons spectaculaires. La Yamaha n°99 Elf Marc VDS Racing Team/KM99, partie en tête après le premier tour, voit ses espoirs s’envoler en fumée après une casse moteur survenue au virage de la Chapelle. Alessandro Delbianco, impuissant, doit abandonner sa machine en flammes, scellant la fin prématurée d’une équipe qui avait pourtant brillé en début de course.
Peu après, la Honda n°4 Tati Team AVA6 Racing doit jeter l’éponge à cause d’une avarie mécanique, tandis que la Honda n°5 FCC TSR Honda France, alors en tête, est victime d’un accrochage avec la Yamaha n°16 Team HTC Racing. Malgré une tentative de réparation, l’équipe, triple vainqueur par le passé, reprend la piste avec un retard de 24 tours, avant de connaître de nouvelles difficultés.

Avec une météo au beau fixe, la gestion de la course s’annonce décisive : la BMW n°37, en limitant ses arrêts, creuse un écart significatif, tandis que le Yamaha n°1, plus gourmande en carburant, doit ravitailler plus souvent. La Suzuki n°12, toujours en embuscade, revient progressivement dans le sillage des leaders, profitant des aléas.
En Superstock, la lutte fait rage entre l'équipe Champion-Hert Powered by MRP, le Team Tecmas - Minerva Oil et le Dafy-Kaedear-RAC41-Honda, aucune équipe ne parvenant à prendre l’ascendant. En Production, la Yamaha n°96 de Legacy Competition domine toujours, mais les Kawasaki n°199 d’Artec et n°42 du Greenteam 42 Lycée Sainte Claire restent dans le même tour.

Gregg Black (Gex n°12) et Naomichi Uramoto (Double-R n°76) se livrent par ailleurs une bataille acharnée pour la troisième place, complexifiée par les incessants dépassements à effectuer sur des pilotes nettement plus lents, mais pas moins méritants ! Comme le soulignait le pilote Suzuki avant le départ : "la gestion du trafic cette nuit sera la clé de cette course".
À l’issue des huit premières heures, le team BMW Motorrad World Endurance s’adjuge les 10 premiers points de cette épreuve d'ouverture 2026, devant le YART (9 points) et le SERT (8 points). Mais dans 8 heures, une nouvelle distribution de points est prévue...
Alors que la fraîcheur et l’humidité s’installent sur le circuit Bugatti, la 49ème édition des 24 Heures Motos entre dans une phase critique. À minuit passé, la M1000RR n°37 de l'écurie BMW officielle maintient son avance d’un tour sur son homologue R1 n°1, mais la tension ne faiblit nullement.

Les températures en baisse (jusqu'à 4°C au coeur de la nuit) exigent des pilotes une adaptation constante, notamment dans le choix des trajectoires en fonction des concurrents et de l’adhérence. La GSX-R1000 n°12 et la Ninja ZX-10R n°11 se disputent toujours la troisième place, à cinq tours des leaders, tandis que la Honda n°5 dégringole à la 24ème position suite à une lourde et nouvelle intervention mécanique.
Les abandons et les erreurs se multiplient dans l’obscurité. En Superstock, la BMW n°25 du Team Étoile, déjà fragilisée, subit une nouvelle chute - sans gravité pour le pilote -, tandis que l'écurie Tecmas - Minerva Oil perd du terrain face au leader Champion-HERT Powered by MRP, qui se ménage une avance de deux tours.

En Production, la Kawasaki du Greenteam 42 Lycée Sainte Claire profite des déboires de ses rivales pour s’emparer de la tête de catégorie, devant la Yamaha n°96 de Legacy Competitio qui évolue à trois tours. La lutte pour le podium s’intensifie. Preuve en est, la chute de Paul Barré (Kawasaki n°199) à la chicane Dunlop (oups, GoodYear) qui offre une opportunité inattendue à la Yamaha n°222 du Team Supermoto Racing.
À l’approche du lever du jour, la BMW n°37 menée par Steven Odendaal, conserve une fragile avance d’un tour sur la Yamaha n°1, pilotée par Leandro "Tati" Mercado. La stratégie de sobriété de la machine allemande force la sa rivale nippone à compenser par un rythme plus soutenu, comme en atteste le meilleur chrono signé par Marvin Fritz (1' 36.257) au 546ème passage. Pourtant, l’écart ne se creuse pas entre les deux meilleures équipes.

Derrière, la bataille pour la troisième place oppose toujours la Suzuki n°12 et la Kawasaki n°11, cette dernière profitant d’un arrêt technique de son adversaire pour s’emparer provisoirement de la dernière marche du podium, avant qu’Étienne Masson ne reprenne l’avantage pour le SERT.
En Superstock, les BMW dominent désormais sans partage : la n°38 devance la n°9 d’un tour, tandis que la Fireblaade n°44 de Honda No Limits s’accroche à la troisième place. En Production, le Greenteam 42 Lycée Sainte Claire consolide sa position en tête, malgré la remontée de Legacy Competition.
À l’issue des seize premières heures, le BMW Motorrad World Endurance Team (n°37) franchit à nouveau la ligne en tête avec 575 tours bouclés, empochant les 10 points supplémentaires. Le YART (n°1) reste dans le même tour et marque 9 points. La Kawasaki n°11 (Kawasaki Webike Trickstar) conserve la troisième place, talonnée par la Suzuki n°12, tandis que l’ERC Endurance n°6 complète le Top 5, à neuf tours.

Si l’aube semble avoir clarifié certaines hiérarchies, notamment en Superstock et en Production, l’épreuve reste plus que jamais ouverte. Les faibles écarts promettent une fin de course haletante, où chaque détail - un ravitaillement hasardeux, un mauvais enchaînement de courbes, une simple erreur - peut tout bouleverser.
La 49ème édition des 24 Heures Motos s’achève sous le soleil… et sur une victoire surprise mais méritée du YART qui signe un doublé après son succès en 2025. Karel Hanika, Marvin Fritz et le "nouvo" Leandro Mercado ont compensé une consommation supérieure par un rythme implacable, sans faute et proche du record de distance (859 tours Vs 860 en 2017 pour le GMT94… et le YART !).

Pourtant, tout n’a pas été simple : partie en pole, la Yamaha n°1 s'est retrouvée en dehors du Top 5 dès les premiers tours, avant de remonter toute la nuit pour s’imposer avec cinq tours d’avance sur la Suzuki n°12, et un de plus sur la Kawasaki n°11. Trois machines différentes donc, mais toutes trois japonaises !
"Cette édition a été plus difficile à remporter que la précédente", nous prie de croire Marvin Fritz, reconnaissant humblement que leur "départ a été compliqué. Nous avons souffert en début de course. Ensuite, nous avons attaqué à chaque relais".

"Tous nos rivaux étaient extrêmement rapides", observe le pilote allemand. "Après 14 heures de course, nous nous tenions en 30 secondes. Ça a été un combat jusqu’à la fin. J’espère que les fans ont apprécié. C’est regrettable que la BMW n°37 ait rencontré des problèmes mécaniques. Sans ça, ils se seraient battus jusqu’au bout", souligne le champion du monde.
Le Yoshimura SERT Motul (Suzuki n°12) a sécurisé la deuxième place malgré des soucis électroniques, tandis que la Kawasaki n°11 de Kawasaki Webike Trickstar, menées par Grégory Leblanc, a profité de la casse des favoris pour monter sur la troisième marche du podium.

"Un brin de frustration mais tout de même heureux d’empocher des gros points pour le championnat", déclare brièvement Étienne Masson. "Course incroyable au Mans pour l’ouverture du Championnat … et quelle fierté de monter sur le podium !", se réjouit davantage son coéquipier Gregg Black.
"Au terme de 24 heures intenses, pleines de rebondissements, le Yoshimura SERT Motul a fait preuve de maîtrise et de détermination", salue le pilote anglo-français. "Dans une épreuve aussi exigeante, chaque tour compte, chaque décision est cruciale… et l’équipe a su rester solide jusqu’au bout pour aller chercher une magnifique 2ème place".
La BMW n°37, leader pendant 16 heures, a vu ses espoirs s’envoler en fin de course : problèmes d’antipatinage, accrochage de Michael van der Mark, puis avarie mécanique à moins de deux heures de l’arrivée l'ont relégué à une décevante 23ème place. Un scénario cruel pour l’équipe belge, qui rêvait d’offrir à BMW sa première victoire européenne au Mans (6 désormais pour Yam, 15 pour Suz, 14 pour Honda et Kawa)

Honda, grand absent du Top 5, a vu sa CBR1000RR-R n°5 perdre tout espoir après une chute de Corentin Perolari, terminant 12ème à 40 tours. Dommage, "on est parti 4ème sur la grille, j'ai fait un très bon départ et un bon premier relais en mettant un écart de 10-15 secondes. Mes relais étaient constants et rapides, avec un record du tour en course", résume l'auteur du meilleur chrono en course.
"Mais durant la nuit, je me suis accroché avec un autre pilote, donc ça nous a fait perdre du temps. Les mécaniciens ont fait un très bon travail. En 15 minutes, la moto était refaite. Comme j'avais un peu mal au coude, j'ai sauté un relais puis je me suis remis dans le rythme jusqu'à la fin. On n'a rien lâché. Mes coéquipiers ont fait le boulot et ont été très rapides et constants aussi. Je suis un peu déçu de cette chute, mais ça fait partie de la course. On marque des points, c'est le principal. Il y a encore trois courses, donc c'était important de ne pas abandonner".

Les Fireblade collectionnent cinq places sur six à partir de la 8ème position… mais les M1000RR s'illustrent en verrouillant les 4, 5 et 6èmes places finales grâce à la n°6 de Kenny Foray et David Checa notamment, la n°76 de Syvain Guintoli et la n°38, première moto à plaque rouge.
"Un grand plaisir d’avoir la famille sur place", signale notre compatriote "Gunthers" qui avait invité ses concurrents à un petit footing sur le Bugatti, afin de le soutenir dans son prochain défi : courir le marathon de Londres en combinaison de cuir (si, si !) en hommage à son fils Luca et pour le compte d'associations contre le cancer.

"Parmi eux, des noms bien connus des fans d’endurance comme Grégory Leblanc, quintuple vainqueur des 24 Heures Motos, Gregg Black, Dan Linfoot, Corentin Perolari, Michael van der Mark, Markus Reiterberger, Johan Nigon, Baptiste Guittet ou Kenny Foray. Tous ont joué le jeu en courant en combinaison, dans une ambiance à la fois sportive et solidaire", félicitait les promoteurs du championnat EWC.
Cinquième de ces 24H motos, Sylvain signale que "la vitesse était là, on s’est battu jusqu’au bout, malheureusement quelques soucis nous empêche de faire mieux. Belle ouverture de la saison pour notre nouvelle équipe Autorace Ube Racing Team et mes coéquipiers Hannes Soomer et Naomichi Uramoto".

En Superstock (avec plaque rouge donc, et pneus Dunlop obligatoires), la BMW du team Champion-HERT Powered by MRP s'impose, devant les Honda n°44 et n°27, tandis que la catégorie Production est remportée par la Yamaha n°96 de Legacy Compétition, après l’abandon sur casse de chaîne de la Kawasaki n°42.
"C’est une sensation difficile à décrire, presque irréelle… un véritable rêve d’enfant qui se réalise aujourd’hui", n'en revient pas Loris Cresson, pilote rouge du de la BMW n°38 victorieuse. "Quand on repense au chemin parcouru, aux sacrifices, aux moments de doute, et qu’on voit où on est aujourd’hui, c’est juste incroyable".

"Je suis immensément fier de mes coéquipiers Balint, Jan et Mate mais surtout de toute l’équipe MRP Motorcycle Racing Parts - HERT", souligne le pilote belge qui réalise un extraordinaire doublé : "on a accompli quelque chose de fort ensemble : deux courses de 24 heures, deux victoires. C’est fou quand on y pense".
Le vainqueur du Bol d'Or 2025 sur la BMW n°9 préparée par le même atelier MRP reconnaît que "rien de tout ça ne serait possible sans le travail, l’engagement et la passion de chacun. Je tiens à remercier toutes les personnes qui rendent cette aventure possible, de près ou de loin". Et bravo à lui, aussi !

Cette 49ème édition des 24H rappelle une nouvelle fois la rudesse de la discipline : sur les 60 motos sélectionnées au départ, seules 40 ont franchi la ligne d’arrivée. Parmi les drames, la chute de la BMW n°37, qui menait depuis le début, restera comme l’un des moments clés de la course. Et du championnat EWC 2026 ?
Karel Hanika, nouveau record man du tour au Bugatti, se réjouit "nous récoltons 63 points d’entrée, ce qui est plus que l’année dernière. La saison s’annonce palpitante et éprouvante à la fois", prévoit le pilote de la Yamaha n°1 qui compte 15 points de plus que la Suzuki n°12, 21 de plus que la Kawasaki n°11… et 30 de plus que la BMW n°37 (6ème).

"Après Spa, où nous sommes assez performants, il y aura Suzuka au programme, où nous avons manqué de chance en 2025 : nous devons y prendre notre revanche", programme le pilote tchèque. "Puis il y aura le Bol d’Or où nous n’avons jamais gagné, c’est dur d’y battre le Yoshimura SERT Motul".
En Superstock, Moto-Net.Com retient la désillusion de National Motos Honda FMA, (triple) vainqueur de la coupe STK en titre qui a dû abandonner sur casse moteur après 19 heures de course : "Vingt ans après la victoire générale aux 24h du Mans 2006, la course 2026 se termine sur une panne mécanique pour notre équipe", regrette l'écurie francilienne.

"Malgré un début de semaine difficile avec la blessure de Valentin (Suchet), les premiers tours de roues pour Philipp (Steinmayr), et l’intégration de nouveaux bénévoles, toute l’équipe a fait preuve de détermination pour obtenir la meilleure qualification possible", rapporte les vainqueurs de la coupe STK (2025… et 2024 !)
La deuxième épreuve du championnat du monde d'Endurance moto, les 8 Heures de Spa Motos, est programmée le 6 juin prochain. Celle-ci donnera la possibilité à la concession de La Garenne-Colombes de rebondir !
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