
Le pilote tchèque Kamil Holan est mort lors des qualifications de la North West 200, jeudi dernier. Un rappel poignant des risques énormes que prennent les pilotes de course sur route, de l'addiction que suscite cette folle discipline et de la fascination qu'éprouvent les fans. Hommage et témoignage.
"The Show Must Go On", tonnait Freddie Mercury, il y a 35 ans. Ce jeudi 7 mai 2026, l'écho de cette déchirante chanson de Queen résonnait profondément dans le paddock de la North West 200, suite au tragique décès de Kamil Holan, 48 ans, lors des essais qualificatifs.
Le n°74 (numéro de course que porte habituellement Davey Todd, forfait) a perdu la vie à Station Corner, un virage mythique du tracé de la célèbre et terrible - au sens propre comme au figuré - course sur route d'Irlande du Nord. Or une semaine plus tôt, c'est son père et plus grand fan, Ivo, qui s'était éteint. Kamil roulait en partie pour lui...
"Il était sincère, sympathique et toujours aimable", témoignait vendredi Laurent Hoffman, au micro de la BBC Northern Irland (voir ci-dessous). C'était "un type bien, au grand cœur, et un excellent pilote bien sûr. Je n'ai rien à lui reprocher : c'était tout simplement quelqu'un d'exceptionnel", décrivait solennellement le motard belge.
"Kamil, tu étais une source d'inspiration, un soutien et un partenaire dans la vie comme sur la piste", retient son équipe. "Ton humilité, ta passion et ton sourire nous manqueront à chaque instant. Merci pour tout ce que tu nous as apporté et pour tout ce que tu as été à nos yeux. Ton héritage perdurera au sein de Hefty74 et dans nos cœurs".
Belgian rider Laurent Hoffmann has paid tribute to a "good friend" in Kamil Holan, who died following an accident at the North West 200 on Thursday. pic.twitter.com/YGAH8sv6dR
— BBC SPORT NI (@BBCSPORTNI) May 8, 2026
Pilote de course sur route accompli, Kamil Holan était devenu le tout premier tchèque à s'imposer au Manx GP, lors de la finale A des débutants en 2012. Puis il avait pris le départ du légendaire Tourist Trophy, terminant 20ème en catégorie SBK en 2018, et avait décroché l'année suivante deux 14ème places à l'Ulster GP. Il était par ailleurs coordinateur cette saison du team de son compatriote Jakub Smrz en WorldSBK.
Doublement frappée, la famille Holan a donné son accord pour que la North West 200 2026 continue, malgré tout. Malgré ce "20ème décès en 97 ans d'histoire pour cette épreuve", comptabilise la BBC. Pour mémoire ou information, le dernier accident fatal remontait à 2016, lorsque le jeune Malachi Mitchell-Thomas avait chuté durant la seconde manche SuperTwin.
Comment les pilotes font-ils pour reprendre le guidon ? Notre confrère Andy Gray, sur place pour la BBC NI, a interrogé Davey Todd à ce sujet. Triple vainqueur sur l'édition 2025, le pilote anglais ne participait pas à l'épreuve cette année en raison de blessures subies lors d'une mauvaise chute lors de la récente Daytona 200…

Le n°8 au Tourist Trophy (son numéro au TT, mais il est dans le "Top Five" au classement des meilleurs pilotes de "Road Racing" !) convient qu'il peut être difficile, voire impossible même pour des motards, de saisir les raisons qui incitent les concurrents à reprendre la piste - la route ! - quelques heures après avoir perdu l'un des leurs.
"Je comprends tout à fait. Malheureusement, pour le comprendre, il faut en faire partie", estime le coéquipier et copain de Peter Hickman (passé non loin du drame au TT 2025). "Dès que vous faites partie de ce sport extraordinaire, vous comprenez comment ça fonctionne et pourquoi nous continuons à faire ce que nous faisons".
Les organisateurs quant à eux, tâchent d'optimiser la sécurité des participants : une quatrième chicane avait par exemple été instaurée en 2010 au niveau de Mather's Cross, suite au décès de Roberts Dunlop en 2008 et de Mark Young l'année suivante dans cette courbe ultra-rapide dépourvue de dégagement.

"En cas de problème concernant l'état de la piste, comme des traces d'huile ou des débris, d'anciens pilotes expérimentés se rendent sur place aux côtés des officiels pour aider à déterminer s'il est sûr de laisser les motos reprendre la piste et si des mesures doivent être prises", ajoute le journaliste de la "BiBiCi".
"Cependant, comme l'accident de Holan l'a tragiquement mis en évidence, ce sport ne sera jamais sûr à 100%, et ceux qui courront samedi le feront en sa mémoire", indiquait notre confrère, la veille des courses. "Quand tout va bien, c'est la meilleure chose au monde", conclue Todd. "Rien ne peut se comparer à cette sensation. Les moments forts sont forts, mais les moments difficiles sont très difficiles".
Toute l'équipe de Moto-Net.Com se joint à la douleur de sa famille et de ses proches, de ses rivaux et néanmoins amis qui ont offert de superbes courses aux dizaines de milliers fans présents samedi dernier. Le spectacle doit continuer...
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