
Les Pan America, Sportster S et Nightster ne seront plus fabriquées en Thaïlande l'an prochain : Harley-Davidson relocalise leur production dans ses usines de Pennsylvanie et du Wisconsin (États-Unis). La politique protectionnisme de Donald Trump explique en partie ce changement de stratégie.
"Harley-Davidson annonce le retour aux États-Unis de la production de la plateforme Revolution Max pour l'Amérique du Nord", fait savoir la Motor Company. "Cette initiative soutient la stratégie de retour aux sources et renforce l'empreinte industrielle américaine de l'entreprise", développe Harley-Davidson qui fabriquait certaines motos en Thaïlande, notamment à destination de l'Europe, pour contourner des pénalités douanières mises en place par l'UE depuis 2018.
Cette décision - diversement appréciée par la clientèle - avait provoqué la colère du président de l'époque : Donald Trump, qui estimait alors que "Harley-Davidson aurait dû rester 100% en Amérique avec les personnes qui ont fait son succès". Huit ans plus tard, machine arrière toute : Harley "relocalise" sa production aux États-Unis, de nouveau en réaction à des orientations politiques.
"Les changements apportés par l'administration Trump à la politique commerciale américaine, conjugués à l'évolution du contexte commercial mondial, ont créé de nouvelles opportunités d'investissement pour les entreprises souhaitant produire aux États-Unis", analyse le constructeur américain, sans remettre en cause l'impact de la politique "Trumpienne" sur sa prise de décision.
Depuis le retour de Trump à la Maison blanche en janvier 2025, les Harley fabriquées en Thaïlande puis vendues aux États-Unis sont effectivement touchées par des droits de douane volontairement dissuasifs. Objectif du président : favoriser le Made In USA, fidèle à son slogan électoral "Rendre sa grandeur à l'Amérique" (Make America Great Again).

Harley-Davidson, qui incarne une certaine image populaire des États-Unis, a donc tout intérêt à faire de nouveau tourner à pleins régimes ses chaînes "maison". Moins de taxes aux frontières, plus de motards satisfaits de rouler une "vraie" américaine, sans parler de l'impact positif sur l'emploi dans ses usines historiques. Bikers et syndicats s'en frottent les mains !
"Cette décision permet de rapatrier les opérations d'usinage, d'assemblage du groupe motopropulseur, de peinture et d'assemblage final des véhicules dans les usines Harley-Davidson de Pennsylvanie et du Wisconsin, soutenant ainsi des emplois qualifiés syndiqués et renforçant la présence industrielle de la Société aux États-Unis", développe la marque.

Les dirigeants de Harley, qui disent y réfléchir "depuis plusieurs mois", entendent de cette manière "renforcer leur engagement à consolider durablement la base de production de Harley-Davidson". Ce changement stratégique s'inscrit par ailleurs dans un vaste plan de consolidation (Back to the bricks) mis en place par son nouveau PDG, Arthur Starrs.
Harley-Davidson prévoit d'achever cette transition de la Thaïlande aux USA "avant le début de la production des modèles 2028", soit une (re)mise en route de l'outil industriel dès l'année prochaine. La marque - qui célèbre ses 123 ans - prévoit de fabriquer "plus de 100 000 motos" sur le sol américain d'ici 2027.
"Nous revenons ainsi aux fondamentaux qui ont fait de Harley-Davidson un symbole de liberté intemporel et la marque de motos la plus emblématique au monde", souligne le géant américain, qui se distingue - sans doute volontairement - en réalisant la démarche inverse de la plupart de ses concurrents...

"Ma famille travaille dans cette entreprise depuis des générations, et j’ai pu constater par moi-même la fierté, le savoir-faire et le travail acharné qui caractérisent la fabrication des motos Harley-Davidson en Amérique", commente Bill Davidson, petit-fils d'un des fondateurs de H-D.
"Mon père, Willie, ma sœur, Karen, et moi-même sommes extrêmement enthousiastes quant à l’avenir de Harley-Davidson : le retour de la production aux États-Unis est une étape importante qui nous permet de renouer avec la fabrication traditionnelle, d’investir dans l’industrie manufacturière américaine et de perpétuer les valeurs qui ont fait de Harley-Davidson l’une des marques les plus emblématiques au monde", estime le vice-président de l'enseigne de Milwaukee.
Rappelons que "Revolution Max" renvoie à la dernière génération de bicylindre étrenné par Harley-Davidson en 2021 sur son maxi-trail Pan America 1250 ci-dessus. Ce moteur moderne et puissant (150 ch) prend place dans une partie-cycle également en "rupture" avec les habitudes maison, car plus sportive. Cette plateforme sert de base à la Sportster S, tandis que la Nighster exploite une déclinaison réalésée à 975 cc.
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