
Suzuki Motor Corporation dévoile le bilan de son exercice 2025 et se réjouit d'atteindre des records dans un contexte pourtant délicat. Bonne surprise : son activité moto affiche la plus forte hausse avec un chiffre d'affaires à +14,2% ! Tout roule, finalement, pour le blason d'Hamamatsu ?
Avec seulement 4713 immatriculations sur le marché français en 2025, c'est peu dire que la division moto de Suzuki est passée à côté de son année. Ce recul des ventes de 35,3%, le plus important des quatre marques japonaises, relègue Suzuki à la septième place du classement constructeur derrière Honda, Yamaha, BMW, Kawasaki, Triumph et… CFMoto.
Mais si cette situation interpelle, voire inquiète, elle ne reflète pas du tout les performances obtenues par le groupe Suzuki Motor Corporation. Certes, l'activité moto est à la peine en France - et pas que - mais c'est loin d'être le cas au niveau mondial ! Preuve en est la spectaculaire progression des ventes de deux-roues Suz' sur l'exercice comptable du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, tout juste dévoilé par la marque.
"Le chiffre d'affaires a progressé de 56,4 milliards de yens (+ 14,2 %) par rapport à l'exercice précédent, pour atteindre 454,5 milliards de yens (environ 2,5 milliards d'euros, NDLR)", dévoile le géant nippon à propos des résultats de sa division moto et scooter. Dans le détail, son résultat d'exploitation liée aux 2RM bondit de "3,9 milliards de yens (+ 9,7 %)" pour atteindre quelque "44,8 milliards de yens (environ 243 millions d'euros, NDLR)".
Comment expliquer ces excellentes performances économiques ? Simple : Suzuki réalise des volumes colossaux sur les marchés autrefois appelés émergents et désormais bien émergés ! Des volumes essentiellement obtenues via des petites cylindrées, peu coûteuses à fabriquer par et pour l'Asie et l'Amérique du sud. Comme le scooter Access et la V-Strom 250 promus par Suzuki India ci-dessous.

La branche moto de Suzuki ne s'en cache pas : "le dynamisme commercial du groupe sur des marchés tels que l'Inde ou la Colombie ont contribué à cette hausse du chiffre d'affaires et du résultat". De quoi l'inciter à "poursuivre ses investissements stratégiques pour soutenir sa croissance internationale, avec une attention particulière portée à l'Inde et aux marchés émergents", prévoit le blason au "S". Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle…
N'en déplaise aux mauvaises langues, l'activité deux-roues de Suzuki n'est donc pas menacée. Bien au contraire ! Son business est florissant, en tout cas à l'échelle mondiale. En revanche, ces résultats tirés vers le haut par l'Inde et l'Amérique du sud accentuent le décalage entre les lourds investissements exigés par les marchés dits "mâtures" (en gros : les États-Unis et l'Europe) et les volumes moins coûteux à produire qu'absorbent le "reste du monde".
Pour autant, pas de conclusion hâtive : construire des petites cylindrées à pas cher ne suffit pas. Les motos à fort contenu technologique et/ou les sportives réalisent certes de petits "scores" au niveau mondial, mais elles génèrent plus de marges qu'un utilitaire de 150 cc tout en consolidant l'image. Le retour de la GSX-R1000 en 2026 s'inscrit exactement dans cette réflexion.

Reprenons l'exemple de CFMoto, qui a fait les freins à Suzuki France l'an dernier : ce n'est pour rien que le constructeur chinois dépense des millions dans sa Superbike V4 ! Toutes les marques, anciennes comme nouvelles, ont besoin de vitrines pour démontrer leur savoir-faire et entretenir leur légitimité. Pourquoi pensez-vous qu'ils investissent autant dans la compétition ? La course n'est pas qu'une question d'honneur : c'est un moyen détourné d'associer hautes performances aux modèles de série.
Sans parler de la fiabilité : la réputation de robustesse des moteurs Suzuki s'est en grande partie bâtie sur l'empilage de titres mondiaux en Endurance avec la GSX-R1000 du SERT ! La marque vient d'ailleurs d'abattre une sacrée carte pour entretenir cette image en "béton armé" : toutes les motos Suzuki sont désormais garanties dix ans, pièces et main d'oeuvre. Une offre, à ce jour, sans équivalent dans le secteur moto !

Cette rassurante extension de garantie, associée à de salutaires repositionnements de prix, pourrait bien faire bondir les résultats financiers de la branche moto européenne de Suzuki sur son prochain exercice. L'inédite SV650 sur échasses, la nouvelle SV7-GX, devrait également aider… bien que son arrivée tardive (septembre !) va fatalement brider son potentiel commercial.
En attendant, le groupe se réjouit de boucler 2025 avec un chiffre d'affaires de "5 825,2 milliards de yens" (environ 35,6 milliards d'euros) au cumul de ses activités auto, moto et marine, en hausse de "8,7%". La prudence reste toutefois de mise face à "un environnement économique plus complexe (à partir du 2026, NDLR) marqué notamment par les fluctuations monétaires et le ralentissement de certains marchés", prévoient les experts comptables japonais… A suivre : restez connectés !
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