
Ultime épreuve du championnat du monde d'Endurance moto 2026, ce 89ème Bol d'Or s'élancera le samedi 19 septembre à 15 heures sur le Circuit Paul Ricard, au Castellet (83). Un rendez-vous à ne surtout pas manquer tant les classements EWC, Superstock et Production sont serrés, et les équipes remontées comme des pendules… à deux tours !
Dix-neuf points séparent l'écurie officielle Yamaha (n°1 YART), leader du championnat du monde d'Endurance moto 2026, de la BMW d'usine (n°37 BMW Motorrad World Endurance Team), battue d'extrême justesse l'an dernier au Castellet, justement ! Cette année encore, l'EWC promet un final à suspense sur ce circuit mythique où les pilotes rouleront à toc. Attention, la ligne droite du Mistral (1,8 km avalé à plus de 300 km/h) ne pardonne aucune faiblesse mécanique...
Tout avait commencé en avril aux 24 Heures Motos du Mans, où le YART de Karel Hanika, Marvin Fritz et son nouveau venu argentin Leandro Mercado, avait signé un sixième succès pour la marque aux trois diapasons, devançant le Yoshimura SERT Motul de Gregg Black, Étienne Masson et Dan Linfoot.
Longtemps en tête de cette première épreuve 2026, le BMW Motorrad World Endurance Team avait vu ses espoirs de victoire s'écrouler après dix-sept heures de course, un problème d'antipatinage puis une chute de Michael van der Mark les reléguant jusqu'à une anecdotique 23ème place.

Les 8 Heures de Spa-Francorchamps, en juin, ont ensuite rebattu les cartes : parti en pole position, le trio Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael van der Mark a offert à leur M1000RR d'usine une mémorable et importante victoire, devant le YART et une Kawasaki officielle (n°11 Webike Trickstar) solide malgré une chute sous la pluie. Six constructeurs différents occupaient alors les six premières places, signe d'un plateau extraordinairement resserré cette saison.
Cap sur le Japon en juillet pour les 8 Heures de Suzuka, où le team local Honda HRC de Takumi Takahashi, Jonathan Rea et Somkiat Chantra s'est à nouveau imposé devant sa rivale du Yamaha Factory Racing Team. Côté championnat, c'est la BMW n°37, troisième, qui a frappé fort en devenant la première marque non japonaise à accéder au podium de cette vénérable épreuve, devant le YART, quatrième, et l'AutoRace Ube Racing Team, cinquième.

Au cumul de ces trois manches et à l'aube du Bol d'Or "final", le YART Yamaha Official EWC Team domine donc le classement provisoire avec 112 points, devant le BMW Motorrad World Endurance Team et ses 93 unités. Avec 65 points encore à distribuer ce week-end, rien n'est donc joué pour l'équipe autrichienne, championne du monde en titre et en quête d'un quatrième sacre EWC.
Troisième avec 84 points, le Yoshimura SERT Motul, vainqueur du dernier Bol d'Or, conserve un espoir de sacre. Juste derrière avec 73 pts, la Kawasaki Webike Trickstar de Roman Ramos, Christian Gamarino et Grégory Leblanc (quintuple vainqueur record des 24 Heures Motos), et l'AutoRace Ube Racing Team avec 60 pts, écurie japonaise où le double champion du monde Sylvain Guintoli épaule Naomichi Uramoto et Hannes Soomer, complètent un Top 5 relevé.

Point commun de ces cinq meilleures équipes : toutes roulent en pneus Bridgestone. Il faut descendre à la sixième place, occupée par l'ERC Endurance #6 (53 pts) et sa BMW chaussée de Dunlop, pour voir apparaître un autre manufacturier. Septième avec 39 points, le Team Bolliger Switzerland, institution suisse de l'endurance active depuis 1982 et surnommée la "Sauber de l'EWC", défend quant à elle les couleurs de Pirelli sur sa Kawasaki.
Dans la catégorie Superstock, les motos plus proches de la série chaussent exclusivement des pneumatiques Dunlop (idem en catégorie Production). Un même manufacturier, mais une bataille tout aussi féroce ! En tête avec 84 points, l'écurie Champion-HERT Powered by MRP surprend son monde…

Cette structure belgo-hongroise, associant le Team MRP de Werner Daemen aux ingénieurs hongrois du HERT, dispute avec brio sa toute première saison complète en EWC. Sur leur BMW M 1000 RR, l'expérimenté Bálint Kovács, son compatriote Máté Számadó, l'Allemand Jan Bühn et le Belge Loris Cresson se sont imposés dès les 24 Heures Motos du Mans.
À dix-neuf longueurs, le Wójcik Racing Team, écurie polonaise fidèle à Honda, occupe la deuxième place après un nouveau podium décroché à Suzuka (en SST), notamment grâce à l'Espagnol Oscar Gutiérrez. La formation, habituée des places d'honneur depuis le milieu des années 2010, avait déjà terminé deuxième du Bol d'Or en 2019-2020 puis en 2022 : de quoi nourrir de sérieuses ambitions pour cette 89ème édition ?

Troisième des Superstock, la Honda Dafy-Kaedear-RAC41 de Diego Poncet, Takeshi Ishizuka, Kevin Manfredi et James Westmoreland revendique le statut de meilleure non-BMW de la catégorie, un fait d'armes obtenu dès Le Mans. "On a été les seuls à concurrencer les trois BMW", savoure l'équipe française qui rêve désormais d'un premier succès de catégorie sur ses terres, au Castellet.
Quatrième, le Team Étoile cultive un joli paradoxe : cette écurie japonaise, aligne une BMW M 1000 RR pilotée par Hikari Okubo, Kaito Toba, Motoharu Ito et Rei Toshima, quand la plupart de ses rivaux nippons roulent sur des machines de leur propre pays. Auteurs de la pole position en Superstock à Suzuka, ces quatre pilotes rêvent d'un premier succès au Bol d'Or.

Cinquième et dernière équipe du Top 5 SST, la Revo-M2 défend les couleurs italiennes d'Aprilia sur la RSV4. Kevin Calia, Simone Saltarelli et Flavio Ferroni ont décroché la victoire de la catégorie aux 8 Heures de Spa sous une pluie battante, preuve que cette équipe transalpine sait briller aussi lorsque les éléments se déchaînent.
Créée en 2025, la catégorie Production se constitue de motos quasiment sorties de caisse, chaussées elles aussi exclusivement de pneus Dunlop. L'objectif de ce Trophée Mondial FIM est clair : ouvrir l'Endurance moto à des écuries aux moyens plus modestes, sur des machines proches de celles vendues en concession, pour un spectacle accessible et disputé.

En tête avec 83 points, Legacy Compétition présente un quatuor solide : Jordy Manneveau, Pierre Gelas, Ludovic Hauser et Jonathan Hugot, héritiers de l'ancien Team Moto Ain, ont déjà remporté la catégorie lors du dernier Bol d'Or sur leur Yamaha YZF-R1 n°96. "L'idée, c'est de poursuivre ce que d'autres ont commencé", résume Pierre Gelas, désormais en quête d'un doublé.
Deuxième avec 72 points, le GreenTeam 42 Lycée Sainte-Claire n'est pas une écurie comme les autres : basée à Sury-le-Comtal, dans la Loire, cette structure associe depuis 2018 le lycée professionnel Sainte-Claire à sa Kawasaki ZX-10R n°42, embarquant une douzaine d'élèves en formation Bac Pro Moto aux côtés de leurs professeurs. Une aventure pédagogique autant que sportive, portée par Julien Bonnet, Alexy Negrier, Jules Blanc et Corentin Garcia.

Troisième avec 69 points, l'ARTEC #199 n'a rien à envier aux autres : championne du monde en titre de la catégorie Production, l'écurie de Lionel Bergeron embarque sur sa Kawasaki ZX-10R Paul Barre, Julien Mathon, Fabien Waldura et Adrien Lepine (remplaçant de Jacky Dejoye). Elle défendra à domicile un titre conquis l'an dernier au terme d'une belle histoire de résilience.
Au total, 56 équipages s'élanceront sur les 5,673 km du Circuit Paul Ricard pour ce 89ème Bol d'Or : 17 en Formula EWC, 24 en Superstock, 13 en Production et 2 en catégorie Experimental. De quoi promettre, entre suspense au sommet et belles bagarres dans le peloton, une finale de championnat comme l'Endurance moto sait si bien les offrir.
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