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Maroc, le 22 janvier 2014

Voyage moto : le Maroc en Suzuki DL 650 V-Strom

Voyage moto : le Maroc en Suzuki DL 650 V-Strom

L'un de nos photographes, Marcos Poidebard, parlait depuis un moment de ce périple au Maroc au guidon de sa Suzuki V-Strom 650... Et puis soudain, sans (presque) crier gare, il l'a fait et le raconte aujourd'hui aux lecteurs de Moto-Net.Com.

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L'un de nos photographes, Marcos Poidebard, parlait depuis un moment de ce périple au Maroc au guidon de sa Suzuki V-Strom 650... Et puis soudain, sans (presque) crier gare, il l'a fait et le raconte aujourd'hui aux lecteurs de Moto-Net.Com.

Depuis l'obtention de mon permis moto, il y a trois ans, j'avais envie de tracer la route en solo et d'aller au Maroc. Pour beaucoup de Français, aller au Maroc à moto ne représente pas une "grande" aventure, mais pour moi qui vient d'Argentine, ce pays est le plus "européen" des pays africains et c'est un rêve qui se réalise. Je pars donc, seul, de ma banlieue parisienne, au guidon de ma Suzuki V-Strom, direction Sète pour prendre le bateau.

Après 450 bornes par 0 à 5°C, principalement par la Nationale 7, je décide de m'arrêter en espérant que le soleil sera au rendez-vous demain.

Je suis tellement content d'avoir pris la route que tout est beau : le café à 1 euro dans les stations-service, les quelques gouttes de pluie qui tombent, même l'hôtel avec le sol pas droit et le lit où on sent chaque ressort, où une ampoule sur quatre fonctionne, je me dis que c'est aussi ça l'aventure !

La deuxième partie du trajet se déroule sans problème...par temps gris ! Enfin, en arrivant à Montpellier, le soleil décide de se montrer. Mais avant ça j'ai pu voir de la neige au bord de la route ! Quelques cafés plus tard, j'arrive à Sète.

Mission : paperasse et autres tracasseries mécaniques...

La mauvaise surprise arrive après le contrôle de police : l'agent me rend les papiers de la moto, me dit "OK, avancez monsieur"... mais la moto ne démarre plus ! Eh oui, le câble d'embrayage qui m'avait déjà causé des galères lors d'un voygage en Espagne recommence à me jouer des tours... Pourtant je suis allé chez le concessionnaire, j'ai fait les vérifications, etc. mais une fois sur deux elle démarre pas. Nouveau coup de stress...

Surtout, rester calme. Je me répète sans arrêt : je sais le réparer, je sais le réparer... Je bidouille le câble et (pour cette fois) j'arrive à démarrer. Allez, ça n'a pas dû prendre plus de 5 minutes même si ça m'a semblé plus d'une heure !

Et c'est parti pour 36 heures de bateau (voir plus...)

Enfin à bord (et ma moto aussi !) pour 36 heures de traversée. Je dépose mes affaires dans la cabine que je partage avec trois Marocains qui vont rendre visite à leurs familles. Ils sont très sympas et l'un d'eux m'invite chez lui. Ils ont un sens de l'accueil qui me touche beaucoup.

Ils demandent à voir mon itinéraire, et là les conseils commencent à pleuvoir : "oui très bien, là c'est très joli, ah non évite la nationale, très dangereuse, surtout à moto ! Non, passe plutôt par là et tu prends l'autoroute, après tu récupères ici"... Bref, c'est intéressant et perturbant cette idée de tout changer au dernier moment !

Soudain, la nouvelle tombe : le bateau arrivera à Tanger avec... 12 heures de retard, car la compagnie Grandi Navi Veloci a décidé de faire escale à Nador, sans prévenir quiconque ! Encore 12 heures (en plus des 36 heures prévues !) de bateau, là j'avoue que ça devient chiant... Je devais arriver à 6 heures du mat', mais je serai obligé de rouler de nuit et j'aime pas ça. Mon plan de départ était de rouler jusqu'à Meknès, de jour !

Je vais à la rencontre des motards que j'avais repérés à l'embarquement, pour voir s'ils ont des bons plans pour dormir à Tanger. Je rencontre deux jeunes, Roger et Mike, qui viennent de Lyon. On est dans le même pétrin, alors on décide de rouler ensemble jusqu'au premier hôtel. Première nuit dans un pays et sur des routes qu'on ne connaît pas, on va jouer la sécurité en attendant le lever du soleil !

Les horaires définitifs de l'arrivée nous sont enfin communiqués : 19 heures. Je frôle la dépression nerveuse, ça y est, j'ai ma dose... Je décide d'aller m'allonger dans un canapé, d'écouter de la musique (U2) et de bouquiner ("Le libraire de Kaboul", d'Asne Seierstad). Peut-être que je m'endormirai... Je suis parti pour rouler, pas pour naviguer !

Depuis mon "QG", je vois passer les gens. Sans but ni destination, ils marchent avec un air lourd et tentent de faire passer le temps. Ça me fait penser à un bateau rempli de zombies.

Plus tard, je croise un Belge qui me demande de lui prêter mon plan du Maroc. Son voisin de cabine l'a invité chez lui pour manger un couscous et il veut voir où son village se situe. Lui, il voyage en auto-stop et c'est pour lui la meilleure façon de voir du pays. Ce n'est pas la première fois qu'il vient au Maroc et il m'assure que : "les gens sont cool ici tu verras, les Marocains sont très sympas, l'accueil marocain ce n'est pas une légende urbaine".

Je pense être tombé sur un agent du tourisme ou quelque chose comme ça, mais non, c'est bien un globe-trotter amoureux de ce pays. Quoi qu'il en soit, j'ai hâte d'arriver !

Le bateau arrive à Tanger, comme prévu au dernier moment, avec ses 12 heures de retard. La pression monte. La moto va-t-elle démarrer ? Et là je recommence à me répéter : je sais le réparer, je sais le réparer...

Tanger - Fes, des rencontres et un gué

Un jeune m'interpelle :

- Première fois au Maroc ?
- Oui, je réponds

Avec compassion, il demande 

- T'es en moto ?
- Oui, je re-réponds.

Et sévèrement, il ajoute : aaahh... bon, tu vas galérer. J'ose pas demander pourquoi...

Pendant une heure, on attend au bord des escaliers pour descendre au parking. Bien sûr, je suis complètement équipé : bottes, pantalon, blouson et casque à la main, sac à dos et ma sacoche réservoir (qui va se révéler très pratique). Bref, littéralement je dégouline de chaleur.

J'attache tous mes bagages avec deux élastiques et une toile d'araignée. Facile et rapide. Je suis content de mon choix. La moto démarre. Yeeees !

Descente du bateau, douane et police : rapide et facile. Je m'attendais à des contrôles plus poussés du style : ouvrez vos bagages, pourquoi vous avez un ordinateur ? Pourquoi avez-vous un couteau ? etc., mais l'échange se limite à :

- Quelque chose à déclarer ?
- Non
- Bienvenue au Maroc.

Même la police est accueillante ! Façon police, mais sympa quand même.  Ça y est, je suis arrivé ! Le stress a disparu, le vent tiède dans le casque, les pneus qui adhèrent au bitume et ma joie est là, bien présente !

Après une demi-heure à la recherche d'un hôtel, on repère un Ibis. Le riad sera pour une autre fois. Comme il en a été décidé sur le bateau, nous sommes partis ensemble avec Roger et Mike. A la douane, on a fait la connaissance de Daniel et de sa femme, Christelle, qui se sont joints à nous.

Bref, je dévie de mon plan initial qui était d'aller seul à Chefchaouen, puis à Meknès et de là à Khenifra , puis d'improviser en route et enfin rentrer par la côte. C'était en gros mon idée, c'est-à-dire pas trop d'idées...

Je ne mange presque rien au petit-déjeuner, j'ai hâte de prendre la route. Avec le groupe de motards, on va tous dans la même direction vers Meknès ou Fès. On décide de rouler ensemble la première journée. Je me dis que Chefchaouen c'est pas mal pour la fin du voyage. Comme ça, je serai à côté de Tanger pour reprendre le bateau.

Voici mes compagnons de route : Mike et Roger roulent en Ténéré 660 pour l'un et GS Aventure pour l'autre. Ils ont des connaissances en mécanique très opportunes ! Ils voyagent toujours ensemble, ont fait deux fois le tour de la Corse, voyagé en Autriche et en Estonie. Ils ont 25 ans et déjà pas mal de kilomètres au compteur.

Daniel et Christelle roulent en GS 800 montée avec des crampons. Casques et bottes d'enduro, ils ont toujours le sourire et de supers plans. Pour eux, c'est la 5ème fois au Maroc et ils se sentent en terrain connu.

On prend la Nationale 1 par la côte, puis de petites départementales qui vont nous mener jusqu'à Meknès. Le Maroc commence à se dévoiler... et les premiers pièges de la route aussi. Des nids de poule, des gravillons, les fameux taxis en ville… L'attention est au maximum !

En roulant, on aperçoit des hommes et des femmes qui travaillent dans les champs, des ânes qui portent des sacs remplis de paille et des chèvres qui gambadent, c'est très joli. La route devient humide, le goudron laisse place à la boue : la route est inondée.

De l'autre côté, on voit un utilitaire avec le capot ouvert et le chauffeur nous fait des signes avec les bras. Il les croise en X, je ralentis. Je me demande comment je vais traverser le gué... Daniel, lui, fonce. La roue avant de sa moto s'enfonce dans un trou d'eau, il en ressort assez vite mais un deuxième trou, plus profond, déstabilise la moto. Christelle, sa passagère, s'accroche, un coup de gaz et ça passe. Ils ont réussi. Après, il nous avouera qu'il était pas mal surpris de ne pas s'être vautré.  Sans blague...

Mike se lance à son tour, sans hésiter. Sa moto joue au trampoline mais il passe de l'autre côté. Avec Georges, on se regarde. Je lui dis : vas-y, toi ! Je vois la GS 1200 Adventure rentrer dans le premier trou et ressortir en diagonale en direction du champs d'à côté. Il a pris un départ trop mou, la moto zigzague, il se trouve dans le champ... mais il ne chute pas et revient sur la route.

Ça y est, c'est mon tour ! Je me lance, pas très rassuré, le deuxième trou m'inquiète. La V-Strom est moins haute que le reste des motos et je suis sûr que je vais rester coincé au deuxième nid de poule sous l'eau... J'ouvre les gaz comme un fou à cause du stress, mais je contrôle l'embrayage. On dirait le départ d'un rallye routier !

La moto gueule... Pas de précipitation (à part mon rythme cardiaque) ou d'excès de vitesse... Ouf, ça passe "sans problème" ! Bonne moto cette, V-Strom !

On roule, soudés par cette aventure. On a ensuite passé d'autres gués, beaucoup plus facilement. La route n'est pas toujours goudronnée mais praticable. Autour de nous, le paysage est d'un vert dense. Quelques hommes vendent des fraises au bord de la route, même l'ombre des arbres m'enchante...

Je sens que mon voyage démarre vraiment et c'est pour vivre ça que j'ai voulu passer mon permis et rouler à moto.

Nous arrivons à Fès. Un type en scooter nous aborde et nous propose de le suivre dans un riad avec parking pour les motos. Il nous convient, on s'installe. L'eau chaude tarde à couler, mais qu'importe. On est parvenus à destination, on peut enlever nos bottes et se délasser.

Le soir, après une brève visite de la médina et un repas un peu trop touristique, on décide de continuer tous ensemble. Là, j'ai carrément modifié mon itinéraire et abandonner mon idée de voyage en solitaire, mais ce groupe est vraiment sympa et c'est aussi ça le voyage, ne pas hésiter à dévier du plan prévu et suivre l'inspiration du moment ! Ceci dit, rien ne m'empêche de passer par Khénifra et Chefchaouen sur le chemin du retour. 

Midelt, ou rouler dans une carte postale

Le lendemain, nous avions prévu une petite journée de roulage jusqu'à Midelt. Nous traversons des paysages magnifiques sous un ciel d'un bleu intense et par une chaleur accablante. On roule dans une carte postale qui se serait animée par magie…

Je reçois plus de ce voyage que ce que j'en attendais... et j'en attendais beaucoup ! Les paysages, les gens qui nous saluent au passage, les routes - qu'elles soient en lignes droites ou avec des virages en lacets à perte de vue, avec du goudron ou de la terre... Ce pays me séduit beaucoup. 

Le soir, on s'arrête près de Midelt à l'hôtel Ayachi, que Daniel connaissait. L'homme qui nous accueille nous offre le thé et partage avec nous quelques souvenirs et anecdotes sur différents ministres français qui ont séjourné ici.

C'est passionnant, mais mon regard est aimanté par le frigo rectangulaire rempli de bières... En fait, je souhaite par dessus tout enlever mes bottes et boire une mousse !

Plus tard, on se rend au bar de l'hôtel qui est visiblement le lieu de rendez-vous des hommes et des femmes du village. Un orchestre joue et ça danse. Après quelques bières, la conversation s'oriente naturellement vers les moteurs, pompes à injection et accessoires motos. Lequel d'entre nous a les meilleures valises, à quel prix, etc. Je m'endors à l'instant même où ma tête touche l'oreiller.

Direction Merzouga et une surprise au réveil

La nuit a été réparatrice ! Ce matin, on part en direction de Merzouga. Comme chaque matin, je fais une rapide évaluation de l'état de ma V-Strom : chaîne, pneus, huile, etc. Je trouve un clou planté dans mon pneu arrière, qui heureusement n'a pas causé de crevaison. Apparemment, j'ai la baraka ! Et j'avoue que rouler avec les deux "MacGyver" lyonnais me rassure énormément.

La nationale qui mène jusqu'aux portes du Sahara est tout simplement incroyable. Encore une fois, on se retrouve dans un décor de film.

Merzouga est une ville un peu trop touristique à mon goût, certes, mais elle a pour fonction de maintenir le désert propre, d'interdire les quads dans les dunes, de réparer les panneaux et les routes, etc. On y est reçus comme des touristes, ce qu'on est après tout. Donc allons-y pour des activités touristiques !

Une nuit dans le désert

Daniel et Christelle, qui ont toujours de bonnes idées, proposent qu'on passe la nuit dans le désert. On nous promet "le désert profond et sauvage à 45 minutes de dromadaire"... Au programme : tajine et nuit sous la tente ou à la belle étoile. On se retrouve donc chacun sur le dos d'un dromadaire, qui se balance de manière régulière et monotone. Sauf quand il doit escalader une dune et en redescendre, là il faut s'accrocher et ce n'est pas très confortable. J'avoue avoir bien rigolé en voyant Roger ne sachant plus comment s'asseoir et souffrir sur sa monture.

Notre guide, un adolescent de 15 ans, nous pilote de façon automatique, nous laissant nous arrêter de temps en temps et prendre une photo, puis nous fait signe qu'il faut avancer.

Mon voyage en solitaire vient définitivement de tomber à l'eau... Mais pourquoi résister à leur compagnie ? On discute de tout, on s'amuse et on s'entend bien.. Une très belle rencontre. Bref, mon trip de super aventurier façon Maxime Barrat (Mongolie puis Amérique latine), ce sera pour une autre fois...

Le soir, avant de tomber sur le matelas posé sur le sable du Sahara, nous regardons la nuit étoilée, passage obligé d'une nuit dans le désert.  C'est le cliché incontournable et c'est magnifique, magique, immense... et je m'endors en deux secondes car une heure de dromadaire fatigue plus qu'un après-midi à moto !

Réveil à 5h30 du matin, histoire d'admirer le lever du soleil qui est admirable. La nuit a été calme et reposante, mais j'ai hâte de remonter sur ma moto.

Après une heure de dromadaire pour le retour, une douche et un petit-déjeuner à la marocaine (crêpes, jus d'oranges, confitures et miel), je retrouve ma fidèle V-Strom et on part jouer avec les motos dans les dunes.

Personnellement je suis resté sur les pistes, plus roulables. Je n'ai pas équipé ma V-Strom avec des pneus TT mais j'aurais dû le faire. J'avoue que j'ai pensé que ce ne serait pas nécessaire, mais je me suis planté. J'avais envie de sortir des routes goudronnées, mais peur de m'ensabler. Bref, je serais moins désinvolte la prochaine fois !

L'oued et les gorges du Todra

L'itinéraire envisagé passe par Ouarzazate et les gorges, la vallée et l'oued du Todra : on attaque par une route goudronnée avec des portions en très mauvais état, entre des falaises de 50 mètres de hauteur. On roule entre les parois. A droite, une partie de l'oued de Todra, à gauche quelques boutiques de chèches colorés, colliers, pierres et autres cadeaux souvenirs typiques.

La piste continue, dans un état très variable... A chaque virage, je sors le pied pour assurer une éventuelle glissade. Mais le but n'est pas d'aller vite puisque l'endroit qui nous entoure est sublime. Daniel et Christelle roulent doucement, ce qui me laisse le temps de descendre de la moto et d'admirer le paysage.

Parfois, quand je le peux, je prends des photos, mais j'avoue que je tente surtout de ne pas trop me faire encercler par les enfants. Ils courent pour nous demander des stylos, un dirham ou des bonbons.

Certains feraient bien un petit tour à moto, j'hésite, mais je renonce. Pour une fois, mon côté raisonnable prend le dessus... Au fur et à mesure qu'on traverse des villages, les enfants continuent à sortir et courent à notre rencontre avec les bras tendus pour qu'on tape dans leurs mains. Ce jeu se poursuit jusqu'à la fin des gorges de Todra.

Khénifra, Meknès et le hammam

Nous arrivons à Khénifra de nuit et sous la pluie. Pas évident de rouler le soir sur les nationales ou départementales au Maroc, et encore moins sous la pluie ! Comme aucun de nous ne tente de battre un record de vitesse, nous arrivons sains et saufs.

L'hôtel est complet, mais grâce à un contact qu'ils y ont établi, Daniel et Christelle nous ont trouvé un appart' à louer. Après avoir déposé les bottes et blousons sur le rebord des fenêtres grandes ouvertes de la cuisine, on part dîner en ville : tagine, couscous et puis c'est tout, pas de bière cette fois-ci. C'est pas toujours facile à trouver, le sujet est délicat, je ne sais pas si c'est interdit ou pas, mais en tout cas la vente d'alcool reste discrète.

Demain direction Meknès, environ 140 km.

La médina de Meknès est superbe. C'est une ville à visiter à tout prix. C'est la troisième plus grande ville du Maroc et elle est placée sous la protection de l'UNESCO . Le manque d'aéroport à proximité lui permet de garder un côté plus authentique et moins ouverte au tourisme de masse, contrairement à Fès ou Marrakech.

Après une visite guidée par Mohamed, un homme sympathique qui m'a abordé alors que je fixais un artisan travailler le métal, nous nous retrouvons dans un hammam. J'avoue que j'ai toujours voulu essayer, mais je n'en ai jamais eu ni le temps, ni l'occasion.

On s'assoit en short de bain sur un sol tiède, avec trois seaux vides. L'employé qui s'occupe de nous remplit d'eau chaude les deux premiers et d'eau froide le troisième. Il nous frictionne avec une éponge, puis nous fait un massage au savon noir végétal que nous avons acheté sur place.

Après, il va vider littéralement les seaux sur nous, plusieurs fois, jusqu'à que le savon soit parti. En sortant, vous pouvez laisser un pourboire pour lui et pour les messieurs qui font chauffer le hammam. On sort de là tout propres et pleins d'énergie.

On retrouve Christelle, rouge comme une fraise, un grand sourire aux lèvres. De son côté, dans le bain des femmes, la nudité est de mise. Les mamans viennent avec des bébés, des grand-mères côtoient des ados et elle a facilement échangé des sourires et paroles avec les Marocaines présentes.

Propres et frais, ayant tous envie de manger du poisson, nous changeons nos projets. Nous décidons de visiter Chefchaouen une autre fois et on part vers notre dernière destination : Asilah, ville côtière. Près de Tanger, c'est la ville que nous choisissons pour finir le voyage.

La fin du voyage (déjà...) et deux vidéos

La  médina d'Asilah a des murs très blancs et des remparts d'où l'on peut admirer la plage. Nous nous régalons avec des calamars, des sardines, des crevettes et divers poissons frits ou grillés au barbecue. S'ensuit un mélange de contentement de rentrer chez soi et d'envie de continuer le voyage...

Sans me déranger, ça ne me passionnait pas de monter et démonter les sacs, vérifier les motos, crever de chaud sous ma combi, etc. En revanche, traverser des paysages magnifiques, découvrir des sites incroyables et rouler avec ces compagnons de route va me manquer.

Oui, on a eu chaud (ou froid), mais les déplacements d'une ville à l'autre, les paysages traversés, les gens que l'on rencontre quand on voyage à moto, c'est incomparable. Le contact est très spontané, qu'ils soient attirés par la machine ou par le mec bizarre équipé comme un astronaute. Dans l'ensemble, on retrouve le sens de nos besoins basiques et on laisse le superflu et le superficiel derrière nous. Même les galères liées aux soucis mécaniques ou aux conditions de la météo deviendrons de bons souvenirs (peut-être même les meilleurs !).

Avec ce voyage, j'ai compris le sentiment d'addiction que peuvent procurer ces trips à moto et déjà, sur le bateau du retour, je rêve à mes prochaines destinations...

En bonus, pour conclure, voici la vidéo de Roger avec de belles images, une super musique et un magnifique montage !

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