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Paris, le 27 mai 2015

Thaïlande, Indonésie... Pour ou contre 20 Grands Prix Moto GP par an ?

Thaïlande, Indonésie... Pour ou contre 20 Grands Prix Moto GP par an ?

Actuellement articulée autour de 18 Grands Prix par saison, la programmation MotoGP devait prochainement passer à 20 rendez-vous sous l'impulsion du promoteur du championnat du monde, Dorna (lire notre Point MNC sur la réglementation 2017/2021 ). Cette augmentation pourrait passer par l'Asie, afin d'y accroître la popularité de la catégorie reine : MNC fait…

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Actuellement articulée autour de 18 Grands Prix par saison, la programmation MotoGP devait prochainement passer à 20 rendez-vous sous l'impulsion du promoteur du championnat du monde, Dorna (lire notre Point MNC sur la réglementation 2017/2021). Cette augmentation pourrait passer par l'Asie, afin d'y accroître la popularité de la catégorie reine : MNC fait le point sur les "pistes" actuelles et futures.

Un Grand Prix par semaine !

Dans la mesure où il est désormais établi que le MotoGP retournera en Autriche l'an prochain grâce à l'implication de Red Bull, cela porte à 19 le nombre de Grands Prix prévus en 2016. Il ne resterait donc qu'un seul nouveau circuit à ajouter pour atteindre l'objectif de 20 courses par an souhaité par Dorna... si tous les partenaires actuels prolongent leur contrat !

En effet, assez régulièrement des organisateurs et des propriétaires de circuit se retrouvent "pris à la gorge" sur un plan logistique ou économique, à l'image des pourtant populaires tracés de Jerez (Espagne) et du Sachsenring (Allemagne) les saisons passées. Sans oublier le magnifique circuit de Brno, théâtre du GP de République tchèque, qui aurait actuellement du mal à boucler son budget.

C'est pour cette raison que le promoteur du MotoGP étudie méticuleusement chaque nouvelle demande d'organisation d'un Grand Prix, à la fois pour parer au retrait d'un des sites habituels du calendrier mais aussi pour étendre la portée de la catégorie reine - et donc les retombées économiques acquises grâce aux entrées et aux retransmissions TV.

Le problème lié à cette augmentation réside dans le rythme qui serait alors imposé aux pilotes et aux teams : disputer 18 courses sur une période étalée actuellement de fin mars à début novembre est déjà très exigeant, tant sur le plan physique que logistique. Surtout quand le Continental Circus aborde sa traditionnelle tournée d'outre-mer avec ses trois courses consécutives au Japon, en Australie et en Malaisie...

Deux rendez-vous supplémentaires entraîneraient un rythme encore plus soutenu avec des courses qui se suivraient de manière quasi hebdomadaire durant les sept mois pleins de la saison. Cette année déjà, le GP d'Argentine s'est déroulé dans la foulée du GP des Amériques et le GP de République thèque est prévu la semaine suivant celui d'Indianapolis. Sans oublier le traditionnel tiercé "Japon-Australie-Sepang" programmé du 11 au 25 octobre (voir notre calendrier complet).

Et dire qu'il y a seulement 20 ans, la programmation comptait entre 13 et 14 courses... sans même parler des six épreuves au programme de la toute première saison de Grands Prix en 1949 ! 

En tout état de cause, cette augmentation va causer un énorme casse-tête pour parvenir à caser autant de courses sans "télescopage" avec les autres rendez-vous moto comme le WSBK ou l'endurance mais aussi avec les autres grosses compétitions sportives. 

D'autre part, si les courses se suivent à intervalles trop rapprochés, la blessure d'un pilote signifie la fin de sa saison faute de temps pour se soigner. Dani Pedrosa, opéré d'un syndrome des loges après l'ouverture au Qatar, en est la parfaite illustration : l'espagnol n'a plus aucune chance d'être titré car il a raté trois courses durant son mois et demi de convalescence.

S'ouvrir à d'autres marchés... sans augmenter le nombre de courses

"Nous savons qu'il y a des discussions pour potentiellement augmenter le nombre de courses. Nous devons examiner ça de très près parce que nous ne voulons pas nous retrouver avec une saison trop longue et trop dure pour tous les gens qui sont impliqués dans ce sport", prévient Lin Jarvis, directeur du team officiel Yamaha.

"Dans le même temps, nous devons certainement nous ouvrir à autres marchés et la Thaïlande serait très, très intéressante pour nous. Ce serait aussi intéressant d'aller en Indonésie", admet le dirigeant britannique en dévoilant à demi-mots sa vision des choses : s'ouvrir à d'autres marchés, oui, mais sans augmenter le nombre de courses...

Autrement dit, si le calendrier intègre à l'avenir des rendez-vous supplémentaires, en Asie comme ailleurs, Jarvis estime que Dorna devra en retour supprimer des épreuves. Comme par exemple l'un des rendez-vous en Espagne, devenue la destination vedette du calendrier avec quatre haltes en 2015 : Jerez, Barcelone, Aragon et Valence !

"Nous devrions rouler à d'autres endroits !", confirme Jarvis. "Qu’il y ait des changements, c’est normal et logique, mais je pense que nous devons être prudents pour ne pas trop étendre le calendrier. Nous avons besoin de garder la qualité plutôt que la quantité. Nous devons penser aussi au fait que parfois, pour les gens qui sont impliqués en MotoGP, c’est difficile de suivre ces longues saisons".

Concernant la possibilité d'aller courir en Thaïlande, pays friand de sports mécaniques et extrêmement prisé des constructeurs en raisons des volumes de deux-roues qui s'y écoulent chaque année, Dorna y travaille officiellement depuis 2013.

Mais si le projet suit son cours, aucune "piste" sérieuse n'émerge véritablement : pour l'instant, les fans thaïlandais de sport moto se régalent des bagarres offertes par les cracks du World Superbike sur le circuit de Buriram, homologué par la FIM en 2014.

Dans la mesure où Dorna gère à la fois les droits du MotoGP et du WSBK, il n'est toutefois pas improbable que le promoteur fasse "d'une pierre deux coups" en y organisant dans le futur une course de WSBK et de MotoGP...

Reste l'Indonésie, autre destination très convoitée par les différents acteurs du championnat. Carmelo Ezpeleta, le big boss de Dorna, s'est justement rendu à Sentul cette semaine pour y évoquer le retour des Grands Prix avec les dirigeants indonésiens. 

Le circuit de Sentul a en effet accueilli le Grand Prix d'Indonésie jusqu'en 1997 (Rossi y a remporté cette ultime course en 125, Biaggi en 250 et Okada en 500), avant d'être retiré de la programmation pour des raisons de mise aux normes. Pour l'instant, ce "vieux" tracé n'est toujours pas en mesure d'accueillir une course comme le MotoGP, très réglementée en termes de sécurité compte tenu des performances des motos : 260 ch et près de 350 km/h en pointe !

"L'Indonésie peut atteindre son objectif d’accueillir le MotoGP (à l'horizon 2017/2021, NDLR), mais le pays n’aura une course que si les pré-requis sont atteints : le circuit de Sentul doit pour cela subir beaucoup d’améliorations", a affirmé Ezpeleta.

"Nous avons vu beaucoup de circuits réaliser d’importants changements. L’Indonésie peut-elle améliorer le sien ou en construire un nouveau ? Nous espérons que le gouvernement agira rapidement. Nous leur fournirons tout le soutien nécessaire pour que l’événement soit une réussite".

"Il n’y a pas de contrat signé aujourd’hui mais ce qui est sûr, c’est que les deux parties sont intéressées par la venue du MotoGP en Indonésie", affirme de son côté Arief Yahya, ministre indonésien du tourisme. 

"Espérons que la Fête de l’Indépendance (le 17 août, NDLR) puisse être une date référence pour que l’Indonésie accueille le MotoGP", a-t-il ajouté en révèlant par cette déclaration qu'un accord pourrait être trouvé dans les trois mois.

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Pour un spectateur assidu des GP, le passage à 20 événements annuels est certainement réjouissant. Il n'en reste pas moins que 2 GP outremer supplémentaires engendreront des frais plus importants pour les écuries, et quels frais! Les plateaux moto 2 et moto 3 y résisteraient-ils ? En conservant toutes les compétitions du calendrier actuel, organiser deux GP supplémentaires en Malaisie et en Indonésie, en tenant compte d'une fête de l'indépendance le 17 août bousculerait totalement le calendrier et la pause estivale, que les écuries jugent déjà trop courte. Le climat dans ces régions est il réellement adapté à cette période de l'année (température, taux d'humidité, etc...)? Si ce n'est le cas, il ne restera plus qu'à allonger la saison jusqu'à fin novembre ou début décembre ou la démarrer plus tôt en mars, voire fin février. Que restera-t-il comme temps de préparation aux constructeurs durant l'inter saison pour faire évoluer les nouvelles motos? Il faudrait sûrement revoir les allocations moteurs et le règlement interdisant de développer en partie durant la saison. Ou alors, rester à 18 GP en dégageant 1 ou 2 GP Espagnols qui comptent parmi les plus rentables (sponsors, public important). Sans allonger la durée de la saison, imaginons une mini-boite de 18 petits pois, et essayons d'en faire rentrer 2 supplémentaires, soit plus de 10% du volume total. Et observons ce qui ce passe: soit on déforme la boite et on la rend moins tentante à l'achat, soit on l'agrandit en prenant le risque de ne plus la vendre car on augmente son coût, soit on comprime tellement les petits pois qu'ils seront moins appétissants, une fois rendus dans l'assiette. Quand les intérêts économiques dépassent les intérêts sportifs, ces derniers ont beaucoup à y perdre. Par contre, si tous les acteurs y trouvent leur compte, je suis preneur de 2 GP supplémentaires, car je ne paierai pas mon abonnement Eurosport plus cher !

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2 juin : GP d'Italie
16 juin : GP de Catalogne
30 juin : GP des Pays-Bas
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12 août : GP d'Autriche
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22 sept. : GP d'Aragón
6 oct. : GP de Thaïlande
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