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Paris, le 14 décembre 2012

MNC a testé la 1ère moto sportive électrique française !

MNC a testé la 1ère moto sportive électrique française !

Piloter un deux-roues électrique est une expérience rare et unique en son genre. Alors quand il s'agit de tester la Luciole, première moto de vitesse alimentée par batterie conçue par l'entreprise française H-KER, l'essai devient carrément...électrisant !

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H-KER ou la moto électrique à la française

La moto électrique, c'est un peu comme l'amélioration du pouvoir d'achat : beaucoup de promesses, très peu de solutions concrètes. Malgré les progrès réalisés sur l'encombrement et l'autonomie des batteries, le deux-roues "zéro émission" reste en effet marginal, notamment en France.

De l'autre côté de l'Atlantique en revanche, cette alternative - plus ou moins - verte en est à un stade nettement plus avancé et les motos de certains spécialistes du "secteur" (ouarf !) - Brammo, Zero Motorcycles ou encore Mission Motorcycles - font montre d'un niveau de performances étonnant.

Exemple : lors d'une course organisée en prélude du GP de Laguna Seca 2011, un prototype "nucléaire" aux caractéristiques impressionnantes (141 ch et 260 km/h en pointe !) a tourné à seulement dix secondes de la pole position signée par Jorge Lorenzo avec sa Yamaha de MotoGP "thermique" (lire MNC du 26 juillet 2011).

Encouragés par ce type d'exploits, Yves Kerlo et François-Xavier Huille, un ancien pilote devenu préparateur de talent et un industriel dans le domaine de la métallurgie, décident de créer H-KER - pour "H-uille" et "KER-lo" - en 2010 avec une idée bien précise en tête : construire et commercialiser la première moto de piste française à propulsion électrique.

Pour atteindre cet objectif, ces deux passionnés à l'enthousiasme contagieux mutualisent leurs compétences : Yves Kerlo (à gauche en premier plan sur la photo) se charge de la partie technique du projet, tandis que François-Xavier Huille (à droite) lève les fonds nécessaires à son accomplissement. N'hésitant pas à mettre la main à la poche, cet ancien vice-président de la chambre de commerce et de l'industrie d'Eure-et-Loir (28) a réunit environ 300 000 € à ce jour.

"Et uniquement en faisant appel à des fonds privés : H-KER n'a reçu aucune subvention publique", précise cet amateur éclairé de compétition qui possède par ailleurs une collection de motos anciennes. Le seul coup de pouce de l'État intervient au niveau du statut accordé à cette société chartraine (28) : H-KER est considérée comme une Jeune entreprise innovante (JEI), et ne paie à ce titre ni impôts sur les bénéfices, ni charges sociales.

La FFM à la (re)charge…

L'initiative bénéficie aussi du soutien actif de la Fédération française de motocyclisme qui oeuvre depuis plusieurs années déjà au développement de la propulsion électrique (lire notamment MNC du 20 octobre 2009). La FFM y voit en effet une réponse au durcissement continu des contraintes environnementales et sonores qui menace les sports mécaniques.

"Outre l'absence de rejets de Co2, le silence de fonctionnement d'une moto électrique apporte une solution aux problèmes rencontrés par certains circuits à cause du bruit : il est même possible de rouler entre 12 et 14 heures, ce qui est actuellement exclu sur de nombreux sites. Cela ouvre de nouvelles perspectives", se réjouit le président de la FFM, Jacques Bolle, avant de rappeler que des prototypes électriques soutenus par la fédération obtiennent des résultats probants en trial.

De même, des écoles de mini-motos de la ligue de Bourgogne sont désormais équipées avec des modèles électriques. Mais si la FFM suit d'aussi près ce dossier, c'est aussi parce qu'elle est parfaitement consciente que l'électrique a la cote auprès d'une grande partie de l'opinion publique et des instances politiques…

"L'électrique, c'est vertueux", confie, sur le ton de la confidence, le président de la FFM qui a fourni un budget au montant tenu secret ainsi qu'une Honda 125 RS à H-KER. C'est à partir de cette petite moto de course "thermique" que Yves Kerlo et François-Xavier Huille ont élaboré leur premier prototype, la Luciole.

Du prototype Luciole à la moto "de série" : la First

Découverte pour la première fois fin 2011, la Luciole est le "laboratoire-roulant" de H-KER. Si la plupart des périphériques de la sportive Honda sont conservés (jantes, étrier de frein à deux pistons, fourche inversée et amortisseur réglable en précharge), son châssis a subi de nombreuses transformations en vue d'accueillir un moteur triphasé "sans balai" de 26 kW (35,3 ch) alimenté par une batterie lithium-ion de 120 Ah.

"En réalité, nous ne sommes que des assembleurs éclairés", explique modestement Yves Kerlo, directeur général et technique de H-KER. "Tous ces éléments proviennent de fournisseurs américains et notre tâche consiste essentiellement à réunir le tout et faire en sorte que cela fonctionne".

Plus facile à dire qu'à faire : d'innombrables séances essais ont été nécessaires pour résoudre tous les inévitables défauts de jeunesse et retenir les bons composants ! Quant au cadre, il a plusieurs fois été tronçonné et sa géométrie modifiée afin d'idéalement intégrer la lourde batterie constituée de trois packs. Un détail primordial pour le comportement dynamique de la moto, puisque ladite batterie pèse 70 kg !

Une fois les bases définies avec la Luciole, H-KER est passé à la seconde phase de son projet : la conception d'une version commercialisable en - petite - série à un tarif raisonnable.

Baptisée "First", elle s'adresse en priorité aux écoles de pilotage et aux organisateurs de roulages sur piste souhaitant promouvoir l'électrique et diversifier leurs offres. Une alternative "branchée" certes séduisante, mais aux débouchés potentiels a priori bien minces : une niche à l'intérieur d'une autre niche en quelque sorte…

A terme, H-KER espère aussi l'engager dans un hypothétique futur championnat de France de vitesse électrique qui s'inspirerait des deux compétitions internationales existantes : le FIM e-Power et le TTX-GP (lire notamment MNC du 4 décembre 2009).

Étroitement dérivée de la Luciole (moteur, batterie et contrôleur, notamment), la First s'en distingue par son châssis périmétrique prélevé sur une Yamaha YZF-R125 : "il nous semblait plus judicieux de partir d'une moto encore commercialisée - la 125 RS n'est plus au catalogue Honda, NDLR - pour élaborer notre modèle de série. En plus, l'YZF est construite en France dans l'usine de MBK de Saint-Quentin", expliquent ses créateurs qui n'ont - pour le moment ? - aucun partenariat avec Yamaha.

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Modèle "laboratoire" avec châssis de Honda RS
  • Parcours : trois tours du circuit Carole
  • Conditions météo : piste séchante, 2°C dans l'air
  • Pneus : pluie Dunlop
  • Conso moyenne : 0 g/km de CO2 (en action...)
  • Problèmes rencontrés : RAS

POINTS FORTS H-KER Luciole

  • Comportement général sain
  • Prise en main facile
  • Puissance instantanée et facile à gérer
  • Concept novateur
  • Made in France !

POINTS FAIBLES H-KER Luciole

  • "Filet de Watt" chaotique
  • Rapport poids/puissance médiocre
  • Temps de charge avec chargeur origine
  • Prix et positionnement exclusifs
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