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INTERVIEW
Paris, le 26 janvier 2007

François Etterlé : Les hommes politiques ne peuvent plus ignorer le secteur du deux-roues !

François Etterlé : Les hommes politiques ne peuvent plus ignorer le secteur du deux-roues !

Interviewé par Moto-Net.Com, le directeur commercial de Suzuki France (+ 8,1%) analyse le marché français du deux-roues et fait le point sur sa stratégie 2007. Avec notamment l'ambition de se rapprocher de la deuxième place toutes cylindrées confondues !

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Sans placer de modèles dans le top 3 des ventes ni en 125 ni en grosses cylindrées, Suzuki a tout de même immatriculé en 2006 la bagatelle de 31 962 deux-roues en France, soit 2 398 de plus qu'en 2005.

Numéro un des ventes en grosses cylindrées avec 21,5% de PDM contre 20,1% pour Yamaha, Suzuki ne surfe pas autant que Yamaha et Piaggio sur la déferlante des 125. Son Burgman, troisième meilleure vente en scooters 125, reste un ton en dessous des Xmax et X8 mais son remaniement en 2007 pourrait lui être bénéfique.

Le même raisonnement peut être tenu au sujet de la Bandit, quatrième des ventes de plus de 125 douze ans après son lancement et qui sera équipée cette année d'un nouveau moteur à refroidissement liquide qui devrait redonner un coup de fouet aux ventes du GSF...

Moto-Net.Com : Que vous inspire l'évolution générale du marché du deux-roues en 2006 ?
François Etterlé, directeur commercial Suzuki France
: Le marché français du deux-roues motorisé a franchi la barre symbolique des 200 000 unités, ce qui était prévisible, mais 229 364 et +16,5% était inespéré ! Le deux-roues motorisé répond à un triple besoin des français : liberté, mobilité et plaisir. Les hommes politiques ne peuvent plus ignorer ce secteur désormais !

Moto-Net.Com : Quel bilan dressez-vous de votre année en 125 et en gros cubes ?
F. E.
: En 125 cc, les ventes de Van-Van, de GZ 125 et de VL ne se développent plus .Nous estimons pouvoir faire mieux en Van-Van mais nous souffrons du manque de volume international qui nous aiderait à mieux le positionner. Par contre le scooter Burgman 125 a rencontré un beau succès grâce au développement de ce marché et évidemment grâce à ses propres qualités. En MTT, Suzuki termine premier en France pour la troisième année consécutive.

Moto-Net.Com : Êtes-vous pleinement satisfaits des résultats de vos Burgman 125-400, Bandit 650 et GSX-R1000 ?
F. E.
: Bien sûr et nous espérons faire mieux encore en 2007. La famille Burgman est une réponse très pertinente au développement du marché. Nous en sommes fiers car nous avons été précurseurs dans le domaine du gros scooter. Le AN 650 ne connaît pas un succès fulgurant, mais une croissance régulière et durable des ses ventes. La GSX-R 1000 est la référence en matière de "race réplica" et même si son segment de marché devient difficile, elle s’est créée une telle réputation à travers ses qualités et la compétition que nous sommes satisfaits.

Moto-Net.Com : Quels sont les modèles dont les ventes vous ont déçu et quelle en était la cause ?
F. E.
: Avec le RV 125 Van-Van, on peut mieux faire. La DL 1000 baisse, ce qui est dommage car c’est une excellente machine, presque une routière GT. Et là on s’aperçoit qu’il faut régulièrement remettre à jour nos modèles pour les relancer. Avec le DL 650 on devait faire mieux, mais c'est de notre faute car nous avons rencontré des ruptures de stock préjudiciables, comme avec la GSX-R 750. Pour la GSF 1200, on sentait la fin de carrière ! Pour la GSR 600 le résultat est juste correct, car la concurrence des prix a fait rage sur le segment. Notre machine étant nouvelle, elle était chère comparativement. Mais la machine étant bien née, nous ne sommes pas inquiets.

Moto-Net.Com : Selon vous, vos GSX-R 600, GSX-R 750 et GSR ont-elles "rempli leur contrat" pour leur première année ?
F. E.
: Pour la GSX-R 600, il devient difficile de vendre une machine sophistiquée destinée à des jeunes, donc pas chère ! On se retrouve là dans la situation paradoxale identique à celle des motos de cross, sophistiquées, donc chères à construire, destinées à des clients souvent peu fortunés. De plus, un concurrent qui supportait d’importants stocks de modèles 2004 et 2005 a "bradé" ses motos, ce qui n’a pas facilité les affaires des autres. La GSX-R 750, non, mais par la faute de nos approvisionnements. La machine en réalité a connu un succès dépassant les espérances de Suzuki France. Nous avons dépassé de 25% notre objectif initial mais nous aurions pu faire nettement mieux. Et enfin la GSR, oui.

Moto-Net.Com : Quelle a été la bonne surprise 2006 ?
F. E.
: La Bandit 650 ! Chez Suzuki, nous sommes heureux de voir qu'elle connaisse autant de succès après douze ans de présence dans le paysage français.

Moto-Net.Com : Quelle a été la moins bonne ?
F. E.
: La GSX-R 600... Beaucoup de travail et de qualités, pour un résultat commercial insuffisant.

Moto-Net.Com : Leader incontesté en motos de moins de 34 ch, observez-vous l'arrivée dans vos concessions de "motomobilistes" devenus motards ?
F. E.
: Oui, mais pas nécessairement à travers les 34 ch. Les automobilistes qui par équivalence accèdent au deux-roues motorisé cherchent rapidement à conduire plus puissant et reconstituent une base non négligeable de notre clientèle.

Moto-Net.Com : Comment vos nouveautés 2007 (Bandits 650 et 1250, Burgman, GSX-R 1000, B-King) ont-elles été accueillies par votre réseau et par l'ensemble des motards ?
F. E.
: Pour l’instant c’est le sans faute ! Maintenant, c’est encore trop frais pour la Bandit 650 et la B-King. Il va falloir en savoir plus dans quelques semaines. Il existe toujours un delta entre les intentions et les votes... Dans un sens comme dans l’autre !

Moto-Net.Com : En 2007, quels seront vos objectifs en termes de ventes mais aussi de réseau, d'image et de communication ?
F. E.
: En 2007, Suzuki en France veut se rapprocher tout près de la deuxième place du marché immatriculé et conserver la première place pour la quatrième année consécutive en MTT. En termes de réseau, nous avons recruté un responsable du développement. Nous souhaitons arriver à 230 concessions moto et surtout le faire dans la qualité. En termes d’image, nous progressons. Nous avons refait la signalétique européenne auto et moto qui est plus qualitative, nos produits sont de mieux en mieux finis. En termes de communication, nous accompagnons l'évolution de la marque et du marché, avec par exemple des catalogues au graphisme optimiste qui s’ouvre sur l’extérieur (vers de nouveaux clients).

Moto-Net.Com : Quelle est la part d'Internet dans votre activité ?
F. E.
: Cette part est croissante, bien entendu. Nous avons un site depuis 1999 et nous l’avons refondu en 2006. Nos concessionnaires peuvent y faire paraître leurs occasions. Les concessionnaires les plus dynamiques nous disent vendre un pourcentage non négligeable par Internet. Internet devient incontournable également en termes de rédactionnel et de campagnes publicitaires.

Moto-Net.Com : Quels seront vos grands rendez-vous 2007 ?
F. E.
: Commercialement, le Mondial de la moto en septembre, les expositions du Touquet, le salon Sima et celui de Valloire en quad, sans oublier notre convention nationale ce week-end. En compétition, le championnat du monde d’endurance, Le Mans, le Bol... Cela occupe bien des week-ends, mais qui s’en plaindrait ?

Moto-Net.Com : En conclusion, quelle maxime illustrerait le mieux votre bilan 2006 ?
F. E.
: Nous sommes fiers d'avoir pu répondre et anticiper les attentes des motards français !

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Commentaires

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"Les hommes politiques ne peuvent plus ignorer ce secteur désormais !" : si ça pouvait être vrai et se vérifier!!! Mais comme disait si bien Desproges : le doute m'habite (ou si vous préférerz je suis dubitatif)... Si le marché continue à croître, on peut espérer qu'effectivement les politiques se rendront compte qu'on existe, qu'on n'est pas forcément des looulous en blouson noir ou des psychopathes roulant comme des fous assoiffés de sang... Mais la route est encore longue :le fait de confier le dossier "Sécurité routière" à des juristes est révélateur de la mentalité des politiques à ce niveau, et prouve qu'il y a encore du boulot. N'y a t-il pas des personnes au passé professionnel plus pertinent pour s'occuper de tels dossiers???

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