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Almeria (Espagne), le 13 mai 2016

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Premier constructeur japonais à avoir transformé sa Superbike en roadster d'élite avec la FZ1 en 2006, Yamaha remet le couvert dix ans plus tard avec la MT-10. Et ça donne quoi, une R1 Crossplane à poil ? Des sensations et une efficacité hors pair ! Test.

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Statique : la gueule de l'empoigne...

Loin de s'essouffler, la déferlante Yamaha MT se renforce chaque année depuis sa découverte en 2014 - avec la MT-09 puis la MT-07 -, au point d'écraser toute opposition en Europe dans chaque catégorie avec quelque 65 000 unités écoulées en deux ans toutes versions confondues (de la MT-125 à la MT-09 en passant par la Tracer).

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

La clé de ce succès ? Des motos dynamiques, généreuses en sensations et souvent bien placées au niveau tarifaire. Ajoutez à cela une campagne marketing savamment orchestrée sur la thématique "Dark Side" - censée s'inspirer de la sous-culture underground japonaise, dont les vidéos dépassent les 4 millions de vues sur le web -, secouez bien, et voila des best-sellers en puissance : en France, la MT-07 et la MT-09 trustent les premières places du marché moto !

Au-delà de cette enviable réussite, le tour de force de Yamaha est d'avoir renouvelé son offre à partir d'un socle identitaire commun mais des architectures moteur radicalement différentes : monocylindre pour la MT-125, bicylindre pour les MT-03 et MT-07, trois-cylindres pour la MT-09 et 4-cylindres pour la MT-10, nouveau porte-drapeau de cette turbulente fratrie. Il y en a pour tous les goûts -mécaniquement, du moins - et tous les budgets !

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Sur un plan esthétique en revanche, la gamme MT fait moins l'unanimité en raison de son fort parti pris esthétique... et cette nouvelle MT-10 ne déroge pas à la règle ! Evacuons tout de suite le "problème" : oui, la face avant de ce roadster étroitement dérivé de la R1 (lire encadré ci-dessous et notre Point technique en page 3) est pour le moins originale, avec ses découpes saillantes et ses deux lenticulaires repris à la Superbike testée par MNC sur circuit puis au long cours sur route.

Notre essai de la Yamaha MT-10 en vidéo

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

En complément de ce premier essai de la Yamaha MT-10, découvrez aussi notre présentation vidéo depuis Almeria (Espagne).

Inutile de tourner autour du pot - dont la sortie latérale est par ailleurs en titane sur cette MT-10 : la nouveauté a une sacré gueule, entre manga et Transformers, qui ne plaira pas à tout le monde.

Amateurs de lignes douces, de discrétion (mais aussi d'élégance ?), passez votre chemin ! Surtout dans cette version "Night Fluo", dont le coloris gris "ciment" contraste violement avec le jaune "chasuble" des jantes (en aluminium, et non plus en précieux magnésium comme sur la R1) !

Principales différences entre la MT-10 et la R1

  • Habillage et ergonomie : selle élargie (et plus basse de 30 mm), guidon relevé et élargi, repose-pieds avancés sur la MT-10
  • Jantes en alu et boucle arrière cadre en acier sur la MT (magnésium sur la R1)
  • Electronique moins évoluée sur la MT : pas de centrale inertielle, de gestion des glisses latérales et des wheelings, d'assistant au départ ou de shifter (dispo en option)
  • -40 ch et -1,4 Nm de couple (160 ch et 111 Nm contre 200 et 112,4 sur la R1)
  • Transmission raccourcie sur la MT-10, échappement et admission retravaillés, nouvel embiellage, nouveaux pistons, boîte à air agrandie, etc.
  • -5 mm d'empattement (1400 mm sur la MT contre 1405 sur la R1)
  • +11 kg (210 kg contre 199 sur la R1)
  • Régulateur de vitesse de série sur la MT-10 (non dispo sur la R1)
  • -5000 € (13 199 € jusqu'au 31/07 puis 13 499 € contre 18 499 pour la R1)

La partie arrière est plus neutre, avec son très visible feu à LED repris à la MT-09. Courte et n'offrant guère d'espace de rangement (un bloque-disque entre aux forceps sous la selle), cette boucle tubulaire troque elle aussi le magnésium de la R1 pour de l'acier, certes moins prestigieux mais aussi - surtout - moins cher à produire.

Elle hérite en contrepartie de fixations intégrées pour accrocher des valises semi-rigides - disponibles en option - de même qu'un pare-brise et des protège-mains évoquant ceux de la MT-09 Tracer. Voila qui est bien vu en attendant une hypothétique MT-10 Tracer, dont Yamaha France interrogé par MNC n'a pas voulu nous confirmer ou non l'existence...

Une présentation correcte... pour une Superbike déshabillée !

En termes de qualité de réalisation et de finition, la MT-10 fait globalement honneur à la réputation de savoir - bien - faire des motos Yamaha en général, et de la gamme MT en particulier. A 13 199 € en prix de lancement (13 499 € à partir du 1er août), c'est toutefois la moindre des choses !

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Malgré un aspect "plastique" inévitable, la nouveauté jouit d'un assemblage soigné, sans fausse note ni câbles baladeurs. Les soudures du cadre périmétrique en aluminium n'attirent aucune remarque désobligeante, pas plus que la qualité des traitements de surface.

En revanche (mais c'est courant sur ce type de motos), certaines pièces mécaniques s'exposent au regard là où elles sont cachées derrière des carénages sur la R1. Et toutes ne sont pas prévues pour être contemplées, entres autres les durits et la pompe du circuit de refroidissement, ou encore le vase d'expansion accolé au flanc droit du radiateur, vraiment mal intégré malgré son "camouflage" en plastique noir.

Le régulateur électrique situé sous le passage de roue (devant la peu pratique serrure du coffre, fixée sous un capuchon étanche) fait lui aussi un peu tâche, tandis que le petit radiateur d'huile aurait gagné à être entouré d'écopes. Mais bon, certains aimeront aussi ce côté "usine à gaz" propre aux motos sportives dépoilées !

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Très peu apprécieront toutefois l'absence de caoutchouc sur les repose-pieds et de réglage d'écartement du levier d'embrayage, heureusement facile à manier car progressif. Par ailleurs, des valves coudées et des durits de frein tressées ne seraient pas de trop sur une moto de ce calibre...

On se console en découvrant quelques aspects pratiques pertinents, voire inattendus dans ce segment "Hyper Naked" : l'instrumentation complète et lisible (liste des infos en page 4) se gère depuis le commodo droit, tandis qu'une prise 12V prend place en dessous du cockpit. De quoi appuyer la stratégie de Yamaha de proposer une moto à deux visages, via plusieurs accessoires routiers (lire MNC du 11 mai 2016).

Essai Yamaha MT-10 : gueule de tueuse et corps d'athlète

Pas convaincu par cette improbable polyvalence ? Yamaha si apparemment, puisqu'un régulateur de vitesse - oui, oui ! - trouve même sa place sur le commodo gauche ! Pas vraiment indispensable sur ce genre de motos - conserver le shifter de la R1 aurait été plus appréciable -, mais pourquoi pas !

Enfin, la déflexion offerte par la tête de fourche aux formes torturées constitue également une bonne surprise puisqu'elle préserve une bonne partie du buste. Certes, la tête et les épaules restent exposées (c'est un roadster, faut pas rêver !), mais cette petite protection est toujours bienvenue, notamment sur voies rapides où les 130 km/h réglementaires sont atteints en un éclair - à 5500 tr/mn en 6ème - grâce à la fougue du moteur !

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Modèle d'origine (1083 km)
  • Parcours : 357 km
  • Routes : tous types aux alentours d'Almeria
  • Pneus : Bridgestone S20
  • Conso moyenne : 7,91 l/100 km mesurés sur la moto de MNC (plus de 8,5 l/100 km pour celles de confrères plus "énervés")
  • Problèmes rencontrés : RAS

POINTS FORTS YAMAHA MT-10

  • Moteur sensationnel et ultra-performant
  • Partie cycle au top, y compris les suspensions
  • Rapport maniabilité / stabilité jamais vu dans la catégorie

POINTS FAIBLES YAMAHA MT-10

  • Selle ferme et repose-pieds passager mal placés
  • A-coups d'injection pénibles (mode B quasiment inconduisible)
  • Choix de coloris limité et majoritairement flashy
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