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Marbella (Espagne), le 17 décembre 2014

Essai MT-09 Tracer : Yamaha trace vers le succès !

Essai MT-09 Tracer : Yamaha trace vers le succès !

En 1991, Yamaha mettait les pieds dans le plat avec la TDM, moto multi-genres et multitâches. 23 ans après, la MT-09 Tracer réinterprète cette recette appréciée en y ajoutant deux ingrédients irrésistibles : un 3-pattes et un équipement savoureux. Essai.

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Le changement, c'est maintenant !

Après quelques kilomètres sur le mouillé, la pertinence de l'ergonomie de la MT-09 Tracer fait mouche : elle emprunte au genre trail sa position surélevée sécurisante, tandis que sa compacité générale et ses repose-pieds reculés lui confèrent le dynamisme d'un roadster-GT. Soit peu ou proue le même mélange des genres étrenné avant elle par la TDM !

Mais si la vénérable TDM était une excellente moto car incroyablement polyvalente, elle pêchait par un manque de caractère et un physique particulier, à l'origine de sa réputation "utilitaire-sans-défaut-mais-insipide". Oubliez tout cela avec celle qui lui succède 23 ans plus tard : même apaisée par rapport à la MT-09, la mécanique de la Tracer conserve un sacré tempérament !

Extrêmement souple, le 3-pattes possède un coffre incroyable à tous les régimes, caractéristique qui lui permet par exemple capable de négocier une épingle en montée en troisième à 20 km/h à 1500 tr/mn sans un hoquet. Une onctuosité de fonctionnement à peine perturbée par quelques grésillements ressentis dans les bottes passés 5000 tr/mn.

Très énergique, le "CP3" tracte fort quel que soit le rapport engagé, évitant ainsi d'avoir à rétrograder pour doubler ou négocier une courbe. Un atout doublement précieux dans la mesure où la sélection reste - comme sur la MT-09 - plutôt rêche, surtout à froid.

L'accélération est constante et très vigoureuse jusqu'à 6000 tr/mn, régime à partir duquel la poussée se renforce sensiblement jusqu'aux 11 500 tr/mn du rupteur. Du fait du lissage opéré par Yamaha sur la distribution de puissance, l'accélération est moins explosive que sur la MT-09, limite brutale dans les tours. Un choix logique, en adéquation avec les velléités plus routières de la Tracer.

Le sourd ronflement généré par la boîte à air à l'accélération est en outre mis en sourdine par rapport au roadster, ce qui participe aussi à rendre les montées en régime moins spectaculaires.

Pour autant, même civilisé, le "CP3" est loin d'engendrer la mélancolie sur la Tracer : quel que soit le régime, ses relances ont de quoi décoiffer un chauve et le large guidon tire fort sur les bras lorsqu'on essore le ride-by-wire ! Hélas, malgré les modifications apportées sur l'injection, celle-ci reste perfectible sur le filet de gaz où de légers à-coups sont encore sensibles

Le phénomène, nettement amélioré par rapport à la première génération MT-09, est surtout perceptible avec la cartographie d'injection "A", avec laquelle la puissance déboule instantanément. Le mode "Standard" fait état de plus de progressivité à la remise des gaz, tandis que le mode "B" offre la gestion la plus fine, en adéquation avec une conduite en duo et/ou dans des conditions d'adhérence délicates.

Une TDM mieux équipée et plus dynamique

Régulièrement mis à contribution durant la première partie de notre essai sur chaussée glissante, l'ABS et l'anti-patinage se sont avérés finement calibrés et réactifs. Et entre les 87,5 Nm de couple balancés sans temps morts à la roue arrière et le freinage puissant et mordant convoqué à la moindre pression sur le levier droit, ce n'est pas un mince exploit !

Sans parler du grip passable des Dunlop D222 d'origine, assez longs à monter en température et avares en remontée d'informations, y compris sur le sec. La MT-09 Tracer méritait mieux en termes pneumatiques, afin de profiter à plein de son impressionnant potentiel dynamique...

Redoutablement agile, la Tracer a conservé une grande partie du dynamisme de la MT-09 standard, malgré près de 20 kg supplémentaires. Saine, elle plonge en courbe sans résister ou amplifier l'ordre donné et reste rivée sur sa trajectoire. Lorsque qu'une bosse s'invite plein angle ou pendant un changement d'angle, elle ne manifeste pas cette vivacité directionnelle parfois exacerbée ressentie sur la MT-09.

La raison de cette stabilité supérieure à celle du roadster sont multiples : grâce au semi-carénage, il y a tout d'abord davantage de poids sur l'avant. La maniabilité y perd -un peu - ce que le conducteur y gagne - beaucoup - en confiance. La protection supérieure compte aussi parmi les impacts positifs liés à cette greffe, puisque la bulle en position haute préserve la moitié du casque d'un pilote d'1m75 et ses épaules malgré son étroitesse guère prometteuse à l'arrêt.

D'autre part, Yamaha a raffermi les suspensions de la Tracer, lui octroyant un équilibre pertinent car plus efficace en termes d'absorption des transferts de masses. Bien aidé aussi par la distribution "lissée" de la puissance, l'amortisseur arrière n'a plus cette tendance à s'avachir à pleine charge rencontrée sur la MT-09.

Même chose à l'avant, où la plongée de la fourche est mieux maitrisée en début de course lors de forts freinages, aux bénéfices de la précision. Un amortissement rigoureux mais sans fermeté excessive, efficace sur le bosselé et pas dépassé dans le sinueux : c'est tout simplement un sans faute, y compris lors d'arsouilles sanglantes grâce à une garde au sol et une motricité convaincantes !

Verdict : sacrée relève à la TDM !

Clairement, Yamaha s'est donné les moyens de ratisser très large avec la Tracer, moto à considérer comme une vraie nouveauté et non une déclinaison accessoirisée comme les précédentes Sport Tracker et la Street Rally.

Lookée, bien finie et dotée d'une dotation de série d'une rare richesse, la Tracer enfonce le clou grâce aux qualités tirées de son partage de plate-forme avec la MT-09. Son comportement - plus dynamique donc moins "ouaté" que sur la TDM - est de tout premier ordre, tandis que son 3-pattes offre couple et vigueur en toutes circonstances.

C'est donc une véritable réussite, à peine entachée par une remise des gaz certes réellement meilleure qu'auparavant mais encore perfectible et un mécanisme de coulissement sur 30 mm de la bulle laborieux à manipuler. Remonter le pare-brise demande d'abord de déverrouiller deux vis puis de tirer fermement sur la bulle : autrement dit, c'est irréalisable en roulant.

Mais à 9999 euros, soit seulement 1500 euros de plus que la MT-09 ABS malgré l'équipement supplémentaire, le petit doigt de MNC lui suggère que ses nombreux futurs acquéreurs lui pardonneront facilement, permettant à Yamaha Mortor France d'atteindre ses ambitieux objectifs !

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Commentaires

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J'ai aussi fait mon essai de la Tracer hier après-midi et je ne vous surprendrai pas en affirmant c'est vraiment un super joujou que cette MT 09 déclinée sauce trail...... En écrivant "joujou", je pèse mes mots, vous allez le comprendre en lisant la suite........ J'avais, lors de sa sortie, essayé la MT 09 roadster qui m'avait surpris par ses velléités au wheeling. Je pensais qu'elle était équipée d'un TCS et c'est la conscience tranquille que passé en mode A j'ai ouvert en grand et quelle ne fut pas ma surprise de voir décoller la roue avant à 80 cm du sol...une fois assimilé le fait, j'étais plutôt content de pouvoir faire décoller légèrement la roue avant sur les premiers rapports à l'accélération....... ça me faisait revenir dans les années 76/80, où au guidon de mes 500 XT j'étais devenu un modeste spécialiste de la discipline. La première moto que j'ai essayée équipée d'un TCS a été dans les années 92, la 1100 Pan Euro qui m'avait bluffé par un comportement très sécurisant sur une route mouillée dans les sous bois pendant l'automne, d'abord sur mes gardes au début de l'essai j'ai vite assimilé cet avantage à tel point qu'en remontant ensuite sur ma 850 TDM , j'avais complètement perdu mes repères de conduite habituels. Donc hier, après avoir vu le voyant orange s'allumer plusieurs fois lors de mes accélérations et ses refus de wheeling, j'en ai déduit que cette fois la MT 09 était bel et bien équipée d'un TCS. C'est là que je voudrais attirer votre attention, après avoir roulé sur une vingtaine de kilomètres de routes tournicotantes, je venais de m'engager sur une route plus dégagée avec de belles courbes et lors d'une accélération poignée dans le coin (en mode A) l'arrière de la moto a brusquement décroché à une vitesse de 110/120 en trois ou quatre (j'sais plus). J'ai du faire ce qu'il ne fallait pas, vu que je suis un piètre pilote reconnu, j'ai coupé les gaz (sans freiner, faut pas exagérer quand même), ce qui a eu pour conséquence de me retrouver en godille sur une petite centaine de mètres avant que l'équipage ne soit stabilisé. Je suppose que la chaussée devait être humide ou grasse à cet endroit. Alors, la question que je me pose, ce TCS est-il paramétrable en plusieurs sensitivités pour avoir la possibilité de faire des dérives, ce qui expliquerait ce qui m'est arrivé. Faut croire que hier, ce n'était vraiment pas mon jour... pas trop refroidi par ma première frayeur, je m'en suis fait une petite deuxième, cette fois à la fin de l'essai en ville en passant devant le concessionnaire concurrent, pour les narguer, j'ai de nouveau accéléré à donf sur les trois premiers rapports et ce foutu "ride by wire" très sensible est resté ouvert un quart de seconde de trop à la faveur d'une légère aspérité de la chaussée qui m'a légèrement chahuté avec pour résultat un freinage catastrophe pour pouvoir négocier le carrefour au bout de la rue qui était en T à angle droit. Je peux certifier que le freinage est efficace et sécurisant. En conclusion, il faut toujours avoir un "cerveau", les aides électroniques ne font pas tout ou alors il faut un minimum de savoir faire en pilotage que je n'ai pas hélas ! Après toutes ces suées, je suis rentré tranquillement à la maison sur ma placide 1200 RT qui ne me joue pas des tours comme cette effrontée jeunette de MT 09 Tracer qui ne doit pas être en phase avec mes vieux os !..... et pis les "joujous" faut pas les prêter aux vieux !

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Modèle d'origine avec 890 km au départ
  • Parcours : 240 km
  • Routes : routes sinueuses du sud de l'Espagne
  • Pneus : Dunlop D222 Sportmax
  • Conso : non mesurées (de 5,4 à 5,7 l/100 selon l'ordi de bord)
  • Problèmes rencontrés : RAS

POINTS FORTS MT-09 TRACER

  • Moteur et partie cycle polyvalents et funs
  • Richesse et pertinence de l'équipement de série
  • Prix

POINTS FAIBLES MT-09 TRACER

  • Injection encore perfectible sur filet de gaz
  • Bulle dure à manipuler
  • Sélection un poil rêche, surtout à froid
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