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Split (Croatie), le 6 septembre 2013

Essai MT-09 : le futur road'star' de Yamaha !

Essai MT-09 : le futur road'star' de Yamaha !

Symbole d'une nouvelle ère à venir, Yamaha avait dévoilé il y a près d'un an un inédit trois-cylindres. Première moto à en être équipée, le roadster MT-09 arrive fin septembre en concessions... mais il est déjà à l'essai sur Moto-Net.Com ! Verdict.

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MNC au guidon de la MT-09

La première impression est excellente : la nouvelle MT-09 est facile à enfourcher - merci la selle plate ! - et évidente à relever de sa béquille latérale. Quelques mouvements de hanches suffisent pour faire valser la machine de gauche à droite sans effort et confirmer que oui, cette moto est légère !

La position de conduite est très bonne elle aussi, principalement grâce au guidon plus haut, plus large et plus près du pilote que ne le sont les guidons des autres roadsters Yamaha. Le buste est naturellement redressé, les bras légèrement fléchis : le pilote est prêt à affronter la jungle urbaine...

Les jambes ne sont pas trop repliées - même lorsqu'on mesure 1m80 - et les cuisses se plaquent agréablement contre le fin réservoir et ses flancs parfaitement plats. Les courts sur pattes ne sont pas perdus non plus, puisque la selle située à 815 mm du sol est copieusement affinée sur l'avant, ce qui facilite l'accès des deux pointes de pieds au sol.

L'unique bémol en ergonomie concerne la largeur du moteur, accentuée par la finesse du cadre ! Les carters dépassent largement de part et d'autre du châssis. Le droit pose un peu problème car à l'arrêt, le mollet vient naturellement se coller à lui, d'où la présence d'un discret cache en plastique.

Ce carter d'embrayage demande donc au pilote d'excentrer un peu son appui pour ne pas être trop indisposé par la chaleur. Précisons toutefois qu'il faisait plus de 30°C à Split (Croatie), lieu de notre premier contact, et que la température moteur dépassait les 100°C !

Avant de partir, Moto-Net.Com souhaite jeter un petit coup d'oeil sous la selle... mais même en tournant autour de la moto, impossible de trouver la serrure ! Et pour cause : elle est cachée pile au dessus de la roue, protégée par un petit capuchon...

On découvre alors deux petits espaces : le premier au niveau de la trousse à outils (fixée à même la selle) peut loger un petit bloque-disque et le second, plus profond, se trouve entre la batterie et le réservoir. Mais son accès est en partie bouché par un branchement électrique : dommage !

Ultimes réglages avant de démarrer le moteur : le pilote peut ajuster l'écartement de son levier de frein dans cinq positions - une seule pour l'embrayage - et peaufiner l'orientation de ses rétroviseurs, qui offrent une très bonne vue sur ses arrières.

Enfin, l'ouvreur nous fait signe de démarrer nos engins. Et là, première (demi) surprise : contrairement au "Tripeul" anglais, ce 3-cylindres ne siffle pas ! De même, le moteur nippon ne se montre pas aussi bruyant que les moteurs "made in Italie". Ouf...

Légèreté + pèche moteur = bonheur

Quelques petites rotations du poignet droit suffisent à faire grimper le moteur dans ses mi-régimes. Le 3-cylindres d'Iwata est très vif et la sonorité de son pot rocailleuse. En revanche, certains "Yamahistes" regretteront l'absence du petit râle distinctif des 4-cylindres de la marque émanant des boîtes à air.

La légèreté de la MT-09 se confirme dès les premiers hectomètres et participe à cette impression d'extrême agilité. Le grand guidon aide lui aussi à virevolter d'une rue à l'autre - le rayon de braquage est satisfaisant -, tandis que le train avant et la chausse de Bridgestone S20 fait preuve d'une rassurante neutralité.

La finesse du réservoir permet en outre de tenir fermement la moto entre ses cuisses. Contrairement à ses aînées, cette nouvelle Yamaha est particulièrement évidente à prendre "en jambe" !

La prise en main est un soupçon moins évidente en raison des à-coups générés lors des accélérations : dans un tout premier temps, l'ouverture des papillons dans les corps d'injection (via le système YCC-T, voir notre point technique) semble trop franche et trop généreuse.

Disposant d'un couple impressionnant - pour ne pas dire intimidant - dès les plus bas régimes, le 3-cylindres propulse énergiquement la moto et son conducteur. En sélectionnant le mode B, le plus doux, la réponse moins explosive - qu'en mode standard et mode A surtout - permet de gommer les soubresauts, mais pas complètement.

Au fil des kilomètres toutefois, le pilote s'acclimate et parvient à rouler calmement, sans heurts. La souplesse du 3-cylindres est alors remarquable : il accepte de redescendre quasiment jusqu'au ralenti ! Sur le sixième rapport, on circule sur un filet de gaz juste en dessous des 40 km/h, alors que le compte-tours affiche - pas assez lisiblement - 1500 tr/min.

Les rues de la banlieue de Split étant salement glissantes, ouvrir en grand sur les trois premiers rapports entraînait invariablement une perte du grip arrière. Dans ces conditions, enclencher le mode B peut se révéler utile. On salue au passage la facilité du système Yamaha : gaz coupé, une simple pression suffit, inutile de valider en maintenant la commande enfoncée.

La boîte, bien étagée et commandée par un levier d'embrayage ni trop dur ni trop sec, souffre d'un seul défaut, récurrent chez Yamaha : la sélection est un peu rêche. Heureusement, en synchronisant convenablement son pied aux régimes moteur, le passage des vitesses se fait plus facilement, et sans embrayage !

De l'autre côté du guidon, la commande des freins requiert un minimum de retenue. Prise à pleine main, elle conduit à une vive plongée de la fourche, ce qui peut dérouter lors des premiers franchissements de ronds-points ou de carrefours.

Sur routes mouillées, grasses ou luisantes - il y en a beaucoup en Croatie ! -, on préfère augmenter sa marge de sécurité car en cas de coup dur, il ne sera pas évident de maîtriser son planté de pistons sur les disques ! En utilisation "normale" en revanche, le freinage de la MT-09 séduit par son toucher précis et son dosage optimal.

Le frein arrière n'est pas en reste puisqu'il permet de parfaitement seconder le frein avant. Sa puissance n'est pas colossale, mais son mordant suffit à asseoir la moto aux abords des virages... ou à la faire déraper pour le "fun" !

Les suspensions quant à elles effectuent un travail très sérieux. En ville comme sur routes, les imperfections du tarmac sont impeccablement absorbées, rendant les trajets quotidiens ou les longues balades tout à fait agréables.

Pour un maximum de confort, le pilote a intérêt à se reculer sur la selle afin de profiter de toute sa largeur. On regrette simplement qu'elle soit un peu trop inclinée vers l'avant. Sur ce point, Yam' aurait pu encore accentuer la parenté "Supermotard".

Le passager, en revanche, considérera que Yamaha ferait mieux de s'inspirer des routières ! Dépourvue de poignées passager, la MT-09 propose une selle trop fine et des repose-pieds trop hauts pour envisager de longs périples en duo...

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Modèle d'origine
  • 1210 km au départ
  • Parcours : ville, des tas de petites routes et un bout d'autoroute
  • Pneus : Bridgestone S20
  • Problèmes rencontrés : RAS

POINTS FORTS MT-09

  • Pêche et souplesse du 3-cylindres
  • Confort en ville et sur route
  • Tarif bien placé
  • Lignes épurées, sans chichis

POINTS FAIBLES MT-09

  • A-coups à la remise des gaz
  • Espace trop limité sous la selle
  • Suspensions plus confort que sport
  • Compteur assez mal intégré
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