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INTERVIEW
Paris, le 19 juillet 2010

Éric de Seynes, nouveau président de la branche moto de la CSIAM

Éric de Seynes, nouveau président de la branche moto de la CSIAM

Cinq mois après son arrivée à la tête de Yamaha Motor France, Éric de Seynes continue de rouler sur les traces de Jean-Claude Olivier : EDS vient d'être élu président de la branche Motocycle de la CSIAM. Moto-Net.Com en a profité pour l'interviewer.

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Le Conseil de la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (CSIAM) vient d'élire Éric de Seynes, directeur général de Yamaha Motor France, nouveau président de sa branche "Motocycle". EDS succède donc encore une fois à JCO !

"Cette désignation intervient après le départ de Jean-Claude Olivier, ancien PDG de Yamaha Motor France, qui a quitté depuis le mois de février 2010 ses fonctions opérationnelles", rappelle la CSIAM dont Thierry Archambault, en poste depuis septembre 2007, assure toujours les fonctions de président délégué permanent .

Éric de Seynes rejoint donc les autres membres du Bureau de la CSIAM que sont Jean-Luc Gérard (président de Ford France et de la Branche "Voitures Particulières", Jean-Noël Thenault (PDG de Volvo Trucks France et président de la branche "Véhicules Industriels, Bus et Cars" et Luc Malnoury, directeur technique de Suzuki France et trésorier de la CSIAM.

Comment fonctionne la CSIAM ? Quelles seront les conséquences de cette nouvelle présidence ? Quels sont les objectifs d'Eric de Seynes après celui de JCO ? Où en est le Salon de la moto 2011 ? Interview.

Moto-Net.Com : Quel est le rôle de la CSIAM ?
Éric de Seynes, nouveau président de la branche "Motocycle"
: La Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle a deux missions. La première est d'être l'interlocuteur de l'ensemble des pouvoirs publics - qu'ils soient français ou européens au niveau de Bruxelles - lorsque ceux-ci souhaitent apporter une évolution aux textes législatifs qui encadrent l'activité du marché des deux-roues motorisés. Par exemple : les limitations de vitesse, les bridages, les contrôles techniques, la sécurité, l'évolution des normes antipollution ou de bruit. Bref, tout ce que l'on peut imaginer comme étant encadré par le politique mais ayant une finalité et surtout une application qui ne peut être faite qu'à travers les réseaux de professionnels et des constructeurs.

"La CSIAM a deux missions : faire le lien avec les pouvoirs publics et fédérer les actions des constructeurs"

La seconde mission regroupe toutes les actions volontaires que pourrait engager la profession afin d'assurer la promotion de son image, le rayonnement et le développement de ses marchés. On peut citer, il y a de nombreuses années, des campagnes collectives en faveur de l'utilisation des 125. Ce sont des actions de communication dont bénéficient l'ensemble des constructeurs. Ceux-ci financent ces opérations au prorata de leurs parts de marché.

On peut noter qu'en parallèle de la CSIAM, deux chambres syndicales regroupent les constructeurs français : la Chambre syndicale nationale du motocycle (CSNM) et le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

"Le président de la branche Motocycle est un expert qui épaule la CSIAM, et un porte-voix des constructeurs de deux-roues motorisés"

MNC : Quelles sont les responsabilités du président de la branche moto de la CSIAM ?
EDS :
Je dois principalement demeurer extrêmement proche du président délégué permanent, Thierry Archambault, qui anime la chambre et travaille pour le bénéfice de l'ensemble des trois branches de la CSIAM. Il fait office d'opérateur quotidien, mais lorsqu'il est interpellé par les pouvoirs publics ou lors des réunions dédiées à un thème particulier, il est secondé par le président de la branche. Celui-ci a donc un rôle d'expert, cautionne et soutient la qualité du débat qui peut s'engager avec le gouvernement ou d'autres instances ministérielles. Il faut s'assurer de la vision pertinente du marché, de l'application de telle ou telle décision. Nous sommes là en renfort, il nous faut être disponibles, savoir répondre à des questions précises dans les deux heures.

Nous avons également des réunions par activités durant lesquelles les représentants des constructeurs débattent et où le président de la branche concernée doit être le porte-voix, le porteur des conclusions du débat. En l'occurrence, je ne représente plus Yamaha mais bien l'ensemble du marché : je peux donc être amené à défendre une position qui n'est pas celle de ma marque, mais peu importe.

"Je peux être amené à défendre une position qui n'est pas celle de ma marque"

MNC : Faut-il être numéro un des ventes de motos en France pour accéder à ce poste ?
EDS :
Non, je ne pense pas. Il se trouve que par le passé, Jean-Claude Olivier avait cette responsabilité mais c'était lié à une dimension historique puisqu'au départ, la chambre syndicale de la moto - avant d'être au sein de la CSIAM - n'avait pas de président permanent : Jean-Claude l'est devenu à cette époque-là, dans les années 70. Lorsque nous avons rejoint la CSIAM, sous la présidence de Philippe Sion, Jean-Claude est resté celui de la branche deux-roues motorisés.

Pour son remplacement, nous étions plusieurs à nous présenter à cette sorte d'élection primaire organisée entre nous (un représentant d'une marque européenne et celui d'une autre marque japonaise étaient également en lice, NDLR). Le fait que je représente un constructeur qui est impliqué sur les marchés du cyclomoteur, de la 125, de la moto non homologuée et de la moto généraliste permet à Thierry Archambault de disposer de quelqu'un bénéficiant du crédit de toutes les formes de marché du deux-roues motorisé. Mais dans trois ans, se pourra tout à fait être quelqu'un d'autre. De toute manière, quel que soit le président, nous savons nous montrer solidaire car il en va des enjeux de la profession.

"Nous regrettons tous la suspension du Salon de la moto à Paris"

MNC : Le Salon de la moto à Paris prévu en novembre ou décembre 2011, sera plus tardif mais aussi plus court que les éditions passées du Mondial. Qu'en pensent Eric de Seynes le nouveau président de la CSIAM, Eric de Seynes le DG de Yamaha et Eric de Seynes le simple motard ?
EDS :
Incontestablement, la profession et les constructeurs en particulier regrettent cette suspension du Salon de la moto à Paris. Nous sommes tous extrêmement motivés et volontaires pour remettre en route un salon qui permette de nouveau à l'ensemble du marché de pouvoir s'exprimer au moins une fois tous les deux ans. Deuxièmement, cette pause a sûrement permis de faire évoluer les idées et de faire en sorte que dans le projet qui nous occupe, on puisse aller vers un format qui soit en effet plutôt plus court, plus économique et plus rassembleur pour l'ensemble des acteurs, puisque nous sommes plusieurs à insister sur l'idée que les constructeurs ne font pas le salon à eux seuls et qu'il est très important que les accessoiristes , les équipementiers, les médias, les organisateurs d'événements, etc. retrouvent leurs marques dans ce nouveau format de salon.

"Organiser le salon en novembre ou décembre a du bon !"

En tant que président de la CSIAM, je retiens donc ce fort élan collectif. Au niveau de Yamaha Motor France, je pense que c'est absolument indispensable de retrouver un événement qui donne un rayonnement à la profession et aux marques. Enfin en tant que simple motard, je pense que les options sur lesquelles nous travaillons en ce moment sont les bonnes. Nous travaillons sur un meilleur calage en termes de calendrier que celui du mois de septembre auparavant, vers des mois un peu plus hivernaux. C'est bien, car ça laisse la saison commerciale aller jusqu'à son terme et ça permet de rediriger l'attention sur notre secteur dans une période plus creuse. En septembre on roule encore beaucoup, les arrière-saisons sont encore très actives. Trouver une date dans les mois de novembre ou décembre en évitant Noël sera sûrement plus juste en termes de saisonnalité, de disponibilité de la part des acteurs professionnels et d'intérêt de la part des clients. On se projette ainsi vraiment dans la saison à venir.

"Paris doit faire preuve d'humilité face à Milan"

De plus, il est important que Paris tienne compte du calendrier et de ce que représente Milan : aujourd'hui, une grande partie des constructeurs italiens voire européens privilégient la révélation des nouveautés à Milan. Il faut avoir l'humilité de considérer que Paris arrive après Milan, ce qui permettra de présenter l'intégralité des nouveautés de la saison à venir. Il s'agit d'être crédible dans nos initiatives. De même, la réduction de la durée est indispensable si l'on veut fédérer l'ensemble des acteurs. Venir à Paris sur une longue durée est trop onéreux car il n'y a pas que le prix du mètre carré, il y a aussi le coût d'exploitation d'un stand et toute la logistique. Nous devons nous montrer vigilants à ce niveau et nous situer dans un prix qui permette à tous de pouvoir rejoindre l'événement.

Encore une fois, j'espère que ces années de pause n'auront pas été inutiles et permettront au salon de retrouver une marque qui soit juste dans l'état de notre environnement, la situation actuelle du marché.

"Tout n'est pas ficelé à 100% pour le salon de Paris 2011, mais nous nous en approchons"

MNC : Quand seront annoncées les nouvelles orientations ?
EDS :
Vous en serez averti de manière officielle avant la fin de l'année. Ce sera à Thierry Archambault de l'annoncer en tant que président de la CSIAM. Nous travaillons, tout n'est pas encore totalement ficelé à 100%, mais nous nous en approchons !

"Les autres dossiers de la CSIAM : ils sont nombreux !"

MNC : Quels sont les autres dossiers brûlants à gérer ces prochains mois ?
EDS :
Il y a une succession de dossiers. En ce moment, nous avons des contacts sur l'application du contrôle de conformité ou contrôle technique pour les cyclomoteurs, c'est un sujet important. Nous sommes également sur la directive européenne du permis de conduire qui doit intervenir en application pour janvier 2013 mais où chaque gouvernement des Etats membres doit donner sa position définitive en janvier 2011. Oui, il y a un certain nombre de dossiers très réglementaires sur lesquels nous sommes en contact avec l'ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles) dirigée par Jacques Compagne, et le gouvernement bien évidemment.

Il y a également d'autres dossiers moins visibles ou moins passionnants pour les motards, mais qui pour nous sont très importants, notamment celui du SIV (Système d'immatriculation des véhicules) et de ses mises à jour pour permettre, par exemple, l'immatriculation des moto-écoles, des MTT1 par rapport aux MTT2, bref des ajustements qui éliminent beaucoup de temps perdu donc de l'argent et des moyens humains pour nos réseaux.

Beaucoup de travail donc, qui exige de l'intégrité. Encore récemment, je défendais l'homologation et l'accès des Permis B aux MP3 LT... Je n'ai pas de MP3, je ne suis pas Piaggio, mais c'est un enjeu de la profession que de défendre cet accès là !

"Le MP3 est une alternative intéressante"

MNC : À quand un MP3 Yamaha alors ?
EDS :
Tout de suite ! Non, on verra. Le Tmax et le Xmax se défendent très bien, mais il est vrai que nous regardons ça de près quand même car c'est une alternative intéressante.

MNC : Pour conclure, quand dévoilerez-vous les nouveautés Yamaha 2011 ?
EDS :
Cela se fera au fil de l'eau, sachant que la FZ8 et la Super Ténéré sont des modèles 2011. Ils sont arrivés courant 2010, certes, mais ils figurent dans notre plan de développement produits comme des millésimes 2011. Nous avons donc déjà révélé une partie des nouveautés ! Industriellement, il va falloir accepter - un peu comme l'automobile l'a fait avant nous - que les années modèles ne soient plus aussi précises qu'avant. Nous présentions les nouveautés en octobre, nous les introduisions dans le réseau entre décembre et février, puis il ne se passait plus rien pendant dix mois. Il est vrai que dans la moto, il demeure une assez forte saisonnalité, quoique l'effet se lisse sur certaines machines. En ce qui concerne le scooter, on peut très bien sortir un nouveau modèle en juillet, en mai ou en octobre, ça ne choquera personne. Nous sommes dans un rythme de révélation des nouveautés qui n'est plus nécessairement aussi rigide qu'auparavant.

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