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DUEL
Paris, le 10 juillet 2015

Duel Yamaha MT-125 Vs KTM Duke 125 : à couteaux tirés...

Duel Yamaha MT-125 Vs KTM Duke 125 : à couteaux tirés...

Jolie, performante et attractive financièrement, la KTM 125 Duke s'est rapidement hissée dans le top 5 des immatriculations 125 cc. Longtemps sans réelle concurrente, elle doit à présent compter avec une Yamaha MT-125 bien décidée à en découdre... Duel !

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Taillées pour la ville et le périurbain

Dès la prise en main, Duke et MT-125 affichent quelques différences. Avec une assise à 800 mm, la première facilite l'accès aux pilotes de petit gabarit. L'étroitesse de la selle au niveau de l'entrejambe permet de poser les deux pieds au sol à l'arrêt, tandis que le guidon haut et plus proche du conducteur induit une position de conduite relax, buste droit, malgré des repose-pieds hauts et reculés qui forcent à plier les jambes.

Sur la Yamaha - dont l'assise a été ramenée à 810 mm (820 sur la YZF-R125) -, les repose-pieds sont également reculés mais le guidon pourtant rehaussé et rapproché induit encore une position de conduite en léger appui sur les avant-bras. Les conducteurs approchant le mètre quatre-vingt apprécieront de pouvoir se reculer au fond de la selle, plus que sur la KTM, mais garderont eux aussi les jambes bien repliées.

Les premiers tours de roues mettent en évidence les différences de dimensions de pneumatiques : la Yamaha reçoit des Michelin Pilot Street en 100/80x17 avant et 130/70x17 arrière, la KTM des pneus plus larges de marque Continental, des ContiAttack SM en 110/70x17 avant et 150/60x17 arrière. Cela se ressent immédiatement à l'usage, la MT-125 s'inscrivant un peu plus vivement sur l'angle que la Duke qui revendique pourtant le même angle de châsse de 25°.

En ville, la KTM tire cependant un peu mieux son épingle du jeu grâce à un rayon de braquage plus court, qui lui permet de s'extirper plus facilement des encombrements et d'effectuer rapidement un demi-tour dans une rue étroite.

Coté moteur, la MT-125 affiche une souplesse remarquable et accepte de cruiser à bas régime en 6ème dès 2000 tr/min. Il faut en revanche attendre 4000 tr/min pour commencer à obtenir une réponse à l'accélération plus efficace, le moteur Yamaha donnant véritablement le meilleur de lui-même entre 6000 et 8000 tr/min.

Parfaitement étagée, la boîte de vitesses est un poil ferme mais les rapports se verrouillent rapidement et précisément, acceptant même d'être passés à la volée sans débrayer. Même sur les bons rapports, la montée en régime demeure toutefois linéaire et il ne faut pas hésiter à cravacher le huitième de litre japonais pour en tirer toute la quintessence. En revanche, on est frustrés par l'intervention systématique et un peu trop intrusive du rupteur lorsqu'on tire les rapports...

Dotée de rapports de boîte plus courts, la Duke 125 se montre sensiblement plus réactive à l'accélération et en reprises sur les régimes intermédiaires, donnant l'impression d'avoir plus de punch que sa rivale. Avec la KTM, on peut continuer à tirer les rapports malgré l'allumage du shiftlight et l'intervention plus discrète du limiteur de régime.

La sonorité d'échappement plus rauque participe à cette impression de puissance, surtout une fois passé 4000 tr/min où le moteur autrichien donne véritablement de la voix. Entre 5000 et 7000 tr/min, les relances sont déjà bien énergiques. Au-delà, la Duke affiche un tempérament de championne et grimpe rapidement en régime jusqu'à atteindre le sommet du compte-tours à son régime maxi de 10 500 tr/min.

En termes de confort, la MT-125 prend l'ascendant sur la Duke grâce à sa selle légèrement plus moelleuse que celle de l'Autrichienne, pourtant redessinée cette année pour en améliorer l'accueil (lire notre Essai de la Duke 125). Les différences se créent surtout au niveau de l'amortissement : plus souples, les suspensions de la Yamaha filtrent un peu mieux les imperfections.

La position légèrement basculée sur l'avant fait qu'on ressent par ailleurs moins les remontées de l'amortisseur dans le dos lors d'un choc, d'autant que cet élément est monté sur biellettes pour plus de progressivité.

C'est cependant la KTM qui dispose du plus grand débattement de suspensions, ainsi que de la meilleure garde au sol (malgré son échappement bas). Sa suspension travaille convenablement mais réagit encore trop sèchement aux petits chocs, rendant l'ensemble un peu trop "tressautant" sur les pavés parisiens.

Voies rapides

Sur voies rapides, nos deux 125 sont loin d'être ridicules malgré leur petits 15 chevaux bien bouchonnés. A fond de sixième, c'est la MT-125 qui prend (légèrement) l'avantage avec une vitesse compteur de 130 km/h (122 km/h au GPS), contre 123 compteur (120 au GPS) pour la Duke 125... couché sur le réservoir. Pas de quoi fouetter un chat ni faire véritablement la différence.

D'autant que toutes deux distillent à cette allure d'insidieuses vibrations au niveau des poignées, de la selle et des repose-pieds. A ces "hautes vitesses", l'une comme l'autre font preuve d'une excellente stabilité malgré leur grand guidon. Grâce à son petit déflecteur optionnel, la KTM protège un peu mieux son pilote en position couché.

Sur route, la Duke 125 profite de son limiteur de régime moins intrusif pour prendre l'avantage dans les enchaînements de virages où il faut jouer du sélecteur pour se relancer. La MT-125 la talonne de près, profitant pour sa part d'une partie cycle un peu plus agile grâce à ses pneus plus étroits. Elle réagit en effet rapidement aux actions du pilote sur le guidon, ainsi qu'aux appuis sur les repose-pieds.

De plus, ses pneus Michelin Pilot Street semblent procurer un meilleur grip que les Continental ContiAttack SM que l'on sent davantage "glissouiller" de l'arrière. Elle est en revanche pénalisée par sa suspension plus souple au freinage, notamment sur routes bosselées.

La Duke 125 réagit elle aussi sèchement aux contraintes sur ce type de revêtement routier, malgré des débattements légèrement supérieurs. L'arrière encaisse notamment plus durement les chocs que l'amortisseur progressif de la MT-125.

Sur le plan du freinage, la KTM bénéficie à la fois d'un frein avant plus progressif et dosable au levier, ainsi que d'une plongée de fourche moins prononcée. La pédale droite apporte un complément de puissance appréciable, mais l'ABS se déclenche rapidement si l'on appuie trop fort. A l'avant, l'ABS Bosch intervient plus tardivement et se montre moins intrusif.

La Yamaha dispose elle aussi d'une bonne puissance de freinage, mais le feeling lorsque les 4-pistons de l'étrier radial serrent le disque est moins bon, et la progressivité inférieure. La plongée de fourche est par ailleurs assez prononcée, entraînant un transfert de masses important en conduite sportive.

En usage mixte, la MT-125 se révèle de loin la plus économe en carburant, avec une consommation moyenne de 2,5 l/100 km qui lui confère une autonomie de 460 km. Même en la cravachant plus que nécessaire, difficile de faire augmenter cette valeur. Surprenant ! La Duke 125 est pour sa part un peu plus gourmande, avec une conso de 3,3 l/100 km qui lui offre 333 km d'autonomie moyenne. Ce qui n'est pas si mal pour la catégorie.

Verdict : KTM conserve le meilleur rapport fun/équipements/prix

Au moment de sortir la carte bleue, le choix entre l'une ou l'autre de ces deux motos n'est pas simple... En termes de rapport qualité/prix, la KTM vous en donnera assurément pour votre argent, avec des équipements de belle facture (bras oscillant caissonné, cadre treillis, freinage radial de chez la filiale indienne de Brembo ByBre) et un ABS de série et désactivable pour 4100 euros.

Pour autant, son look agressif et sa déco flashy, son confort de selle toujours aussi spartiate et son moteur plus explosif ne seront peut-être pas au gout de tous, surtout si vous souhaiter rester relativement discret...

Moins ostentatoire, plus polyvalente avec son allonge supérieure à hauts régimes et son meilleur confort, la Yamaha MT-125 représente une excellente alternative, d'autant qu'elle reçoit un peu mieux les grands gabarits et fait preuve d'une sobriété exemplaire. Reste son tarif franchement "salé" avec l'ABS : à titre d'exemple, seulement 1300 euros la séparent de la MT-07 !

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèles d'origine
  • Kilométrage au départ : KTM 4600 km, Yamaha 1060 km
  • Pneumatiques :
    • Duke 125 : Continental ContiAttack SM
    • MT-125 : Michelin Pilot Street
  • Parcours : 100 km
  • Routes : réseau secondaire, ville, autoroute
  • Consommations moyennes sur l'essai
    • Duke 125 : 3,3 l/100km
    • MT-125 : 2,5 l/100km
  • Météo : radieuse
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS KTM DUKE 125

 
  • Moteur expressif
  • Châssis rigoureux
  • Equipements
 
 
 

POINTS FAIBLES KTM DUKE 125

 
  • Vibrations dès 4000 tr/min
  • Suspensions sèches
  • Selle ferme
 
 
 

POINTS FORTS YAMAHA MT-125

 
  • Agrément moteur
  • Tenue de route
  • Autonomie
 
 
 

POINTS FAIBLES YAMAHA MT-125

 
  • Tarif avec ABS
  • Souplesse fourche
  • Frein avant peu progressif
 
 
 
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