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DUEL
Paris, le 10 juillet 2013

Duel CBR500R Vs Ninja 300 : la moto sportive, façon A2 !

Duel CBR500R Vs Ninja 300 : la moto sportive, façon A2 !

Qui a dit que les motos des motards débutants ne pouvaient pas être sportives ? Certainement pas Honda et Kawasaki ! Chacune à leur manière, la CBR500R et la Ninja 300 mettent la botte (racing) au repose-pied aux détenteurs du nouveau permis A2. Duel.

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Le sport, c'est mieux A2 ?

Derrière les carénages aguicheurs de la Honda CBR500R et de la Kawasaki Ninja 300 se cachent donc des motos plus fréquentables et confortables - en un mot : plus raisonnables - que leurs "frangines super-sportives". Hélas, il est un défaut qu'elles leur empruntent : une protection médiocre, due à l'obstination des constructeurs à concevoir des bulles minuscules pour des raisons de look.

Certes, installer une "pelle à tarte" comme sur une routière alourdirait - dans tous les sens du terme - la partie avant de ces mini-sportives. C'est un peu comme si Shakira (1m57) piquait les fringues de Laure Manadou (1m57... de tour d'épaules !) : avouez que ça ferait désordre ! Mais un pare-brise plus enveloppant améliorerait considérablement la donne, sans dénaturer les lignes : il suffit de jeter un oeil aux MotoGP de Rossi, Lorenzo, Pedrosa and Co pour constater qu'élégance et efficacité ne sont pas incompatibles.

Calée à 130 km/h, la Honda ronronne paisiblement à 6000 tr/mn en sixième en laissant exposée aux turbulences une grande partie du casque et des épaules. Le sort de l'apprenti pilote de la Kawasaki est encore moins enviable : la bulle de sa monture dévie moins d'air, car installée plus à l'horizontale. Pour ne rien arranger, les vibrations perceptibles dès 3000 tr/mn deviennent omniprésentes à 8000 tr/mn, alors qu'elles sont presque totalement filtrées sur la CBR500R (juste quelques fourmillements sous la selle à partir de 6000 tours).

En circulant à l'allure maximale en France, l'approche différente empruntée par les deux constructeurs se fait de plus en plus sensible : la lisible aiguille du compte-tours de la Ninja 300 affiche tout d'abord 3000 tr/mn de plus que le régime indiqué par les petites graduations numériques de son homologue de Tokyo. Une paille ! Typé "longue course" (67 mm d'alésage et 66,8 de course), le bloc de la CBR500R ne raffole pas des hauts régimes : son accélération se tasse sensiblement vers 8000 tr/mn, soit un millier de révolutions avant sa coupure d'allumage.

A 9000 tr/mn, le bloc plus "carré" dAkashi (62 x 49 mm) dispose encore de 4000 tr/mn d'allonge. Et il fait vite sentir qu'il s'agit de sa plage d'utilisation favorite : la Verte se rue en avant avec fougue, délivrant au passage ce coup de pied au fondement assimilé aux motos sportives et/ou de caractère. Bien sûr, la "bête" ne crache que 39 ch et l'expression de sa sportivité est donc relative face aux 200 bourrins de la bestiale ZX-10R !

Sur la Honda, ce sursaut d'énergie se fait vainement attendre... Coupleux mais terriblement linéaire, le bicylindre de la CBR500R donne l'impression d'accélérer de la même façon à 4000 tr/mn, 5000 tr/mn ou 7000 tr/mn. Une sensation corroborée lors de nos tests de reprises : malgré sa cylindrée et sa puissance supérieures, la moto du premier constructeur ne se défait pas si facilement de sa rivale !

Si à bas et mi-régimes, son couple supérieur lui permet - en toute logique - de prendre les devants, il suffit de cravacher la Kawa pour lui en faire voir des Vertes et des bien mûres ! Profitant de son avantage de poids, la Ninja 300 est même la plus prompte à s'élancer au feu rouge. Et si son pilote prend soin de copieusement la faire "hurler" en profitant de son allonge, la CBR500R aura bien du mal à refaire son retard...

Des apparences trompeuses...

A l'approche des premières courbes, le comportement moteur plus énergique de la Kawasaki la place en théorie favorite : on s'imagine négocier les courbes plein badin, ciseler les trajectoires grâce à son train avant ultra-maniable et ressortir en trombe. Mais en réalité, les prédispositions sportives de la Ninja 300 sont mises à mal par une partie-cycle nettement moins convaincante que celle de la Honda.

Plus intuitive, la CBR500R fait surtout preuve d'une cohésion et d'une progressivité d'amortissement qui font défaut à la Verte. Celle-ci apparaît trop sèche sur les petits chocs et pas assez freinée en hydraulique : les successions de bosses désunissent son accord de suspensions, tandis que les transferts de masses sont insuffisamment contenus lorsque le rythme s'accélère.

Et gare à ne pas trop dépasser la mesure : sa stabilité sur l'angle peut rapidement être altérée par la trop grande réactivité du train avant sur les bosses, et quelques mouvements de direction ne sont pas à exclure à haute vitesse. En mode "arsouille", le manque de renvoi d'informations de ses pneus bas de gamme (IRC Roadwinner) vient aussi calmer les ardeurs, tout comme son freinage un peu juste en puissance et franchement passable sur le plan du mordant et du feeling.

Plutôt qu'un embrayage anti-dribble pas totalement transparent à l'usage (retours d'efforts au rétrogradage) et à l'utilité discutable sur ce genre de motos, Kawasaki devrait songer à lui greffer des périphériques d'une qualité supérieure...

Très douce, presque molle en début de course, la Honda se tasse de son côté plus sensiblement au freinage et à l'accélération. Mais un tarage pertinent de ses suspensions lui permet d'éviter de s'affaisser sur ses appuis : une fois placés en contrainte, sa fourche et son mono-amortisseur retrouvent progressivement de la fermeté, aux bénéfices de l'efficacité en courbe.

Contrairement à la Kawasaki, la CBR500R donne souvent l'impression qu'il était possible de négocier le virage précédent dix ou quinze bornes plus vite. Hélas, son manque de garde au sol s'y oppose régulièrement : frustrante pour les plus énervés, sa propension à facilement "frotter" mettra en revanche la banane aux débutants ! Bonne pioche donc, puisque c'est à eux qu'elle s'adresse en priorité !

Plus lourde et moins tranchante de l'avant, la Honda demande un petit peu plus d'efforts pour plonger vers la corde, mais elle le fait avec plus de naturel et de neutralité que la Kawasaki. La moto du premier constructeur reste ensuite rivée sur sa trajectoire, où elle se montre plus permissive que la Ninja 300 lorsqu'il s'agit de modifier le cap au débotté.

A condition toutefois de faire preuve de modération si d'aventure le besoin de reprendre le levier droit se fait sentir : actionné trop vigoureusement sur l'angle, le frein avant "verrouille" sensiblement la direction. Quasiment insensible à ce phénomène, la Kawa tire ici profit de l'étroitesse de son pneu avant et de ses 22 kilos de moins.

Verdict : esprit es-tu là ?

Grâce à la Honda CBR500R et à la Ninja 300, les jeunes permis peuvent s'initier aux joies du deux-roues par le biais de motos - raisonnablement - sportives. Néanmoins, gare à ne pas se laisser abuser par leur ronflant patronyme : loin d'être des chasseuses de chronos à taille et cylindrée réduites, elles visent surtout à offrir l'apparence de la sportivité sans en imposer les contraintes (position infernale, inconfort général, prix et exclusivité).

A ce niveau, la Kawasaki est la plus fidèle à l'esprit Ninja : ses lignes taillées à la serpe sont plus suggestives - succès assuré à la sortie de la fac ! -, et son moteur rageur lui donnera l'avantage sur la placide Honda auprès des débutants épris de sensations.

Plus "CB" que véritablement "CBR", la moto du premier constructeur apparaît beaucoup trop policée sur le plan mécanique pour être considérée comme véritablement sportive. L'efficacité générale est bien là, sans aucun doute, mais elle est édulcorée par un moteur un brin paresseux : si sa partie-cycle hyper saine autorise bien des fantaisies, ce n'est pas le cas de sa mécanique...

La CBR500R s'impose pourtant facilement sur la Ninja 300. D'une part, car elle est plus homogène et facile à appréhender, de l'autre parce qu'elle en offre plus dans beaucoup de domaines. Plus de cylindrée, plus de puissance, plus de couple, mais aussi plus d'équipements et de confort pour un tarif équivalent si l'on ajoute l'ABS à la Kawasaki : équipée de l'antiblocage des freins en série, la Honda s'échange à 5990 € contre 5599 € pour la Ninja 300 avec ABS (4999 € sans).

Enfin, la finition supérieure de la Honda colle le coup de grâce à sa rivale : toutes deux fabriquées en Thaïlande, la CBR500R et la Ninja 300 ne sortent assurément pas des mêmes chaînes ! Soumise à un examen de détail, la "Zak" révèle une somme de petites imperfections irritantes, même pour une moto de ce tarif : les soudures (cadre, pédale de frein, colonne de direction) sont bâclées, l'intégration du réseau électrique laisse à désirer et les platines repose-pieds marquent très vite.

Pas de ça sur la Honda, qui sort la tête haute de cette confrontation statique ! Certes, sa présentation est moins clinquante que celle de sa rivale (les clignos intégrés dans le carénage et les rétros hexagonaux de la Ninja 300 produisent leur petit effet), mais son assemblage est plus soigné, donc plus valorisant. Un souci du détail commercialement bien vu de la part du premier constructeur : bichonner le motard débutant constitue en effet une excellente manière de le fidéliser !

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CONDITIONS ET PARCOURS

  • Parcours : 465 km
  • Routes : réseau secondaire, ville et voies rapides
  • Problèmes rencontrés : RAS
  • Kilométrage au départ Honda : 1434 km
  • Kilométrage au départ Kawa' : 4550 km
  • Equipement optionnels Honda : 100% d'origine
  • Equipement optionnels Kawa' : silencieux LéoVince
  • Pneus Honda : Dunlop Sportmax D222
  • Pneus Kawa' : IRC Roadwinner
  • Consos Honda : de 3,77 à 4,45 l/100km
  • Consos Kawa' : de 4,11 à 4,56 l/100km

POINTS FORTS CBR500R

  • Rapport qualité/prestations/prix
  • Partie-cycle saine et efficace
  • Excellent compromis "sport-confort"

POINTS FORTS NINJA 300

  • Moteur rageur, étonnamment disponible
  • Train avant léger et facile à placer
  • Lignes proches de la ZX-6R : on s'y croit !

POINTS FAIBLES CBR500R

  • Moteur mou et peu expressif
  • Bouchon de réservoir sans charnières
  • Appellation CBR limite usurpée ?

POINTS FAIBLES NINJA 300

  • Vibrations sensibles
  • Accord et réglages suspensions perfectibles
  • Prix avec l'ABS
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