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MOTOGP - AUSTIN (3 SUR 18)
Paris, le 11 avril 2016

Déclarations et analyse du GP des Amériques MotoGP 2016

Déclarations et analyse du GP des Amériques MotoGP 2016

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix moto des Amériques 2016 à Austin (Texas).

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La troisième manche des Grands Prix 2016 sur le Circuit of the Americas (COTA) a vu Romano Fenati renouer avec la victoire en Moto3 pour la première fois depuis le GP de France 2015, Alex Rins écraser ses rivaux en Moto2 et Marc Marquez se livrer à son habituel récital à Austin en MotoGP, portant à huit son nombre de succès consécutifs sur un tracé américain depuis son arrivée en MotoGP en 2013 (quatre à Austin, trois à Indianapolis et un à Laguna Seca).

Marc Marquez, Honda-Repsol (1er en qualifs et 1er en course) : "Je suis très content de la façon dont tout le week-end s'est passé. C'est un circuit qui me plaît, c'est l'un de mes préférés, mais nous avions quelques doutes parce que nous avions décidé de rouler avec le pneu tendre à l'avant juste avant la course. Au final le team m'a très bien conseillé et j'ai eu un très bon feeling avec la moto alors que j'avais un peu perdu mes sensations lors du warm-up (avec le pneu médium, NDLR). Je dois tous les remercier, ainsi que les techniciens de Michelin".

"Quand je leur avais posé la question, ils m'avaient dit que j'allais être bien pour les douze ou quinze premiers tours et qu'il faudrait ensuite un peu plus gérer la situation et c'est exactement ce qui s'est passé. Nous avons remporté une nouvelle victoire ici à Austin et nous sommes maintenant sur une série de quatre, c'est génial. Il y avait en plus la joie du team après la victoire. Sur les trois premières courses de l'année, nous avons géré au mieux les situations dans lesquelles nous nous sommes retrouvés".

L'analyse Moto-Net.Com : Malgré son style de pilotage très en appui sur l'avant en entrée de courbes, Marc Marquez était l'un des rares pilotes à s'aligner avec le slick avant tendre sur sa Honda, là où Rossi, Lorenzo et les officiels Ducati avaient opté pour la gomme plus dure (le choix médium) par crainte d'une usure pénalisante en fin de course (lire notre Point pneumatique à Austin).

Pari gagnant pour l'officiel Honda, qui remporte sa quatrième victoire consécutive à Austin en partant pour la quatrième fois d'affilée de la pole position : genre de domination sans partage ! Intouchable lors de chaque séance d'essais (seul Iannone l'a battu lors du warm-up), Marquez n'a fait qu'une bouchée de ses rivaux et colle 6,107 secondes à Lorenzo, impuissant deuxième.

Cet écart monstrueux montre à quel point le n°93 maîtrise son sujet puisqu'il s'agit de son nouveau record à Austin : en 2015, l'avance sur son premier poursuivant était de "seulement" 2,354 sec, contre 4,124 sec en 2014 et 1,534 sec pour la première course au COTA en 2013. Au passage, cette performance devient sa course MotoGP terminée avec l'avantage le plus important sur le sec, tous circuits confondus...

Cette domination sans partage s'ajoute à sa superbe victoire en Argentine et à sa troisième place au Qatar pour le propulser solide leader au général, avec déjà 21 points d'avance sur Lorenzo. En l'espace de seulement trois courses, une telle avance est colossale puisqu'elle le met quasiment à l'abri d'un résultat blanc ! Sacré contraste avec la saison passée, lorsqu'il comptait à ce stade une 5ème place au Qatar, une victoire à Austin et une chute en Argentine !

Ce fantastique début de saison - dans la lignée de sa météorique saison 2014 - fait dire à Valentino Rossi que la Honda fonctionne en réalité bien mieux que ne le prétend Marc Marquez : jamais avare en diagnostics, le Docteur estime en effet que l'officiel HRC joue les stratèges en se plaignant depuis l'intersaison de la brutalité du V4 de la RCV et des problèmes rencontrés par Honda avec le nouveau logiciel électronique...

Pour Rossi, tout le talent du monde ne suffirait pas à combler de tels problèmes de conception et d'adaptation. En clair, même un surdoué comme Marquez n'occuperait pas la tête du championnat avec une moto à ce point perfectible.

Reste que cette année à Austin, circuit traditionnellement favorable aux Honda, seul Marc Marquez est parvenu à briller : la seconde RCV à l'arrivée est celle du débutant Esteve Rabat, 13ème à 47 secondes ! Certes, Pedrosa et Crutchlow ont chuté, privant de facto le blason ailé de gros points dans le classement...

Mais cette situation valide a priori le caractère rétif de la Honda, dont seul Marquez parvient pour l'instant à s'accommoder. Peut-être aussi, finalement, parce que le HRC se concentre uniquement sur son pilote vedette, rendant de cette façon sa moto de plus en plus exclusive ?

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar (2ème en qualifs et 2ème en course) : "C'était très important de finir la course et de prendre ces 20 points après avoir chuté à haute vitesse le matin. C'était très difficile de se concentrer. J'ai profité des heures qui ont précédé la course pour essayer de me convaincre que je pouvais vraiment réussir cette course. Ça a été difficile au début, la piste était très glissante et c'était très compliqué d'arrêter la moto avec le pneu arrière dur et le réservoir plein".

"J'ai fait quelques erreurs que je n'ai pas l'habitude de faire sur le premier tour. Je n'ai pas pu tenir le rythme de Marc, il a fait la différence tout le week-end et en course aussi, mais j'étais suffisamment rapide pour rester en seconde position et finir la course. Tout le monde a vu à quel point c'était difficile de rester sur ses roues, il y a eu beaucoup de chutes. Aujourd'hui, l'important était de finir et je l'ai fait".

L'analyse Moto-Net.Com : Comme tous les top pilotes, Jorge Lorenzo n'avait qu'un objectif ce week-end : non pas gagner, mais terminer second derrière l'invincible Marquez ! Contrat rempli donc pour le majorquin, qui assure que ses entrées en courbes ratées dans le premier tour s'expliquent par d'imprévues difficultés rencontrées au freinage avec le réservoir plein et le pneu neuf.

D'un autre côté, on ne peut s'empêcher de se demander si ces freinages bien trop tardifs ne constituaient pas plutôt une tactique de Lorenzo, dans le but de gêner Marquez et l'empêcher de s'envoler trop vite vers sa prévisible victoire. Un peu comme le n°99 l'avait fait à Valence en 2013 afin de ralentir le peloton pour placer des pilotes entre lui et Marquez, alors en chemin vers son premier titre en MotoGP.

Quoi qu'il en soit, Jorge Lorenzo repart assez satisfait d'Austin malgré ses 21 points d'écart sur le leader : "l'an passé, j'en comptais 29 de retard ! Attendons maintenant de voir ce qu'il va se passer sur les circuits européens, où je pense me montrer à l'aise avec les Michelin et l'électronique unique", prévoit le champion du monde en titre qui rebondit favorablement après sa chute en Argentine.

"Cette année, on verra probablement plus d'erreurs que ces quatre ou cinq dernières saisons", prévoit également le majorquin en expliquant que les nouveaux pneus et le logiciel unique changent la donne à ce niveau. D'où les chutes successives de tous les favoris depuis l'ouverture de la saison : Iannone, Dovizioso, Pedrosa, Rossi et Lorenzo ont goûté du gravier. Tous ? Non : Marc Marquez, pourtant souvent par terre aux essais, évite jusqu'à présent le faux-pas fatal en course !

Jorge Lorenzo se concentre désormais sur la prochaine course, prévue dans 15 jours à Jerez (Espagne), mais aussi sur le mirobolant contrat proposé par Ducati (12 millions d'euros par saison sur deux ans !) qu'il aurait d'ores et déjà signé. Le n°99 reste muet sur ce sujet, mais le doute n'est guère permis : même Davide Brivio, team manager de Suzuki, a publiquement confirmé - avec une pointe d'amertume - que Yamaha démarchait activement son jeune protégé Maverick Viñales pour pallier le départ de Lorenzo chez les Rouges...

Par ailleurs, Lorenzo lui-même a laissé échappé quelques indices révélateurs, comme lorsqu'il s'est plaint du fait que son coéquipier s'était servi de ses données pour améliorer ses performances à Austin : "on ne peut rien y changer, pour le moment c'est comme ça jusqu'à la fin de la saison", a-t-il regretté, en insistant sur le caractère temporaire de cette politique de partage en vigueur chez Yamaha... Mais pas chez Ducati ?

A l'évidence, si le transfert de Lorenzo chez Ducati devient une réalité, l'importance prise par Rossi chez Yamaha comptera en grande partie parmi les raisons du départ du majorquin. Sans compter la salivante perspective de réussir précisément là où son encombrant coéquipier a échoué avec la Desmosedici en 2011 et 2012 !

En revanche, Jorge Lorenzo doit aussi comprendre que si le team officiel Yamaha manque de considération à son égard, comme il s'en plaint à demi-mots, c'est peut-être en réaction à son attitude critiquable lors du "Clash de Sepang", notamment ses tentatives d'enfoncer son propre coéquipier auprès du TAS sans même en parler à son équipe... Car au Japon, on ne badine pas avec le sens de l'honneur.

Andrea Iannone, Ducati (4ème en qualifs mais rétrogradé 7ème et 2ème en course) : "C'était très important pour moi de terminer sur le podium et, plus encore, de signer un bon résultat lors de ce Grand Prix. Cette pénalité de trois places est navrante, d'autant plus que j'ai eu un contact avec Dani (Pedrosa, NDLR) et Aleix (Espargaro, NDLR) au départ, ce qui m'a fait perdre quelques positions. Mais j'ai réussi à rester constant au fil des tours".

"Mon rythme était bon, assez proche de celui de Jorge. Si j'avais fait un meilleur début de course, j'aurais probablement pu me battre pour la deuxième place. Dans tous les cas, je suis content de la façon dont s'est passé ce Grand Prix. Je dédie ce podium à tout mon team car ils ont souffert de mes erreurs lors des deux précédentes épreuves. Ce résultat vient récompenser le travail qu'ils ont fait pour moi".

L'analyse Moto-Net.Com : Observé de toutes parts après sa monumentale boulette en Argentine, causant la chute des deux Ducati officielles alors en lice pour le podium, Andrea Iannone a senti le poids de cette pression : "j'ai vécu un moment très difficile, l'un des pires de ma carrière. Tout le monde me met la pression et m'observe"...

L'italien s'est donc appliqué à effectuer une course sage, s'élançant prudemment de la 7ème place à laquelle il avait été rétrogradé pour avoir causé la chute de Dovi. Objectif : effacer cette réputation de "chien fou" d'autant plus préjudiciable que son contrat arrive à expiration en fin d'année. Or, si Lorenzo intègre effectivement la structure officielle de Bologne l'an prochain, Ducati devra en toute logique se séparer de l'un de ses deux Andrea...

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la balance ne penche pas favorablement pour le n°29, et ce depuis plusieurs Grands Prix déjà : Austin est la première course dont il voit l'arrivée depuis... sa 3ème place en Australie l'an passé ! Soit quatre résultats blancs consécutifs pour le très rapide mais parfois trop fougueux italien...

Il était largement temps d'enrayer cette préoccupante série, car pendant ce temps le compteur tourne : Andrea Iannone - favorisé à Austin par l'accrochage "Pedrosa-Dovizioso" - ne pointe qu'à la 11ème place au provisoire, avec quelque 50 points de retard sur Marquez (16 contre 66).

Maverick Vinales, Suzuki-Ecstar (5ème en qualifs et 4ème en course) : "Malheureusement, nous avons rencontré quelques problèmes avec l'adhérence du pneu arrière. Je ne me suis senti en confiance que jusqu'à la moitié de la course, durant laquelle je pensais être en mesure d'accéder à la troisième place. Mais les performances ont diminué de façon spectaculaire, rendant impossible cet objectif".

"Au final, j'ai décidé de me contenter de la 4ème place et de rester sur mes roues. Le résultat est positif puisqu'il s'agit de ma meilleure place en MotoGP, mais au regard de mon week-end je suis un peu déçu de ne pas avoir pu finaliser par un résultat encore meilleur".

L'analyse Moto-Net.Com : Afin de compenser le manque de motricité dont fait preuve la GSX-RR face aux RCV, Desmosedici et autres M1, Maverick Vinales avait opté pour un pneu tendre à l'arrière, comme Dani Pedrosa sur sa Honda. Mais sans réelle surprise, cette gomme n'a pas tenu la longueur de la course, empêchant le très convoité espagnol de revenir sur Iannone.

S'avouant très flatté d'agiter à ce point le marché des transferts, le jeune n°25 s'est dit excité à la perspective d'imaginer faire équipe avec Rossi chez Yamaha, mais aussi un peu effrayé par la possibilité de se faire écraser par l'immense aura du nonuple champion du monde... Lorenzo pourrait lui en dire long sur le sujet !

Reste que le nouveau prodige du MotoGP décroche son meilleur résultat en catégorie reine, certes favorisé par les chutes de Pedrosa et Dovizioso et à 18,4 sec du leader. Mais tout de même : la performance reste impressionnante pour un pilote dans sa deuxième année au sommet du sport moto !

Même satisfaction pour son coéquipier Aleix Espargaro, enfin de retour aux avant-postes après ses deux anonymes onzièmes places sur une Suzuki dont il n'arrivait plus à trouver le mode d'emploi. Lui aussi auteur de son meilleur résultat en MotoGP avec cette 5ème place à Austin, Aleix avoue ne pas avoir dormi pendant les trois dernières semaines tant la situation lui pesait.

"Ces dernières semaines ont été très difficiles pour moi, les plus dures que j'ai connues dans ce championnat", explique celui qui avait préféré courir avec l'ancien châssis au Qatar pour tenter de recouvrer ses sensations. "Je ne comprenais pas ce qui se passait et je ne prenais pas de plaisir sur la moto".

Coaché ce week-end par Kenny Roberts Jr, venu en voisin et spectateur à Austin, l'ancien leader de feu la catégorie CRT est parvenu à se regonfler le moral, sans doute égratigné par la comparaison inévitable avec son coéquipier Vinales. Les deux hommes passeront une journée supplémentaire à Austin pour tester des évolutions sur la GSX-RR.

Loris Baz, Ducati-Avintia (12ème en qualifs et 15ème en course) : "Je ne sais pas réellement ce qui s'est passé... Au début du deuxième tour, dans le premier virage, je me suis mis en position pour doubler Bautista qui venait de me passer en ligne droite. J'ai freiné tard, comme il fallait. Au moment de prendre le virage, j'ai vu une moto tenter de me passer à l'intérieur alors que j'étais déjà le mieux placé".

"Je ne saurais pas dire si c'est lui qui m'a touché ou si c'est moi, en relevant la moto, qui a touché Bautista. Mais dans tous les cas, l'issue reste la même. J'ai pu repartir, mais la moto était vraiment endommagée. Je n'avais plus de shifter, le bras oscillant était tordu et mon repose-pied mesurait un centimètre ! Je me suis battu pour aller chercher un point... "

L'analyse Moto-Net.Com : Pour la première fois qualifié directement en QP2 depuis son arrivée en MotoGP, Loris Baz était bien parti pour réaliser une course intéressante depuis sa 12ème place sur la grille. Mais une percussion avec Bautista en a décidé autrement, lui faisant perdre beaucoup de temps et surtout endommageant au passage la Ducati et son pilote.

Souffrant d'une vive douleur à l'épaule, le haut-savoyard espère aborder la prochaine course à Jerez "à 100%", afin d'accéder au bon résultat qu'il sent à sa portée sur ce circuit "que j'aime bien et sur lequel j'ai toujours bien roulé". Il faudra d'ici là que la poisse le quitte, notamment le dimanche de la course...

"J'ai toujours été plus fort le dimanche, mais depuis le début de saison c'est un jour qui ne veut pas me sourire. Il faut que nous terminions à la place où nous devons être à partir de Jerez", prévoit le n°76 qui marque son premier point de la saison malgré sa chute et sa moto en vrac.

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar (3ème en qualifs et abandon sur chute en course) : "C'est dommage car mon embrayage a surchauffé au départ. J'étais troisième mais l'embrayage glissait beaucoup. J'ai dû ralentir pour atténuer le problème, ce qui m'a fait perdre quelques positions. Mais en même temps, je n'étais pas si loin et je me sentais bien sur la moto car nous avions bien travaillé ce week-end".

"Je pensais retrouver l'usage de mon embrayage quand il refroidirait, comme ça arrive d'habitude, mais j'ai ensuite chuté. Sur le moment, je n'ai pas eu l'impression d'entrer fort dans le deuxième virage mais visiblement c'était le cas, au vu du résultat... C'est dommage car nous aurions pu faire une belle course. Au lieu de ça, nous perdons de précieux points au championnat (il passe de la deuxième à la troisième place à 33 longueurs du leader Marc Marquez, NDLR). Le point positif est que nous étions rapides. Je suis prêt pour Jerez".

L'analyse Moto-Net.Com : Agacé par sa chute, la première depuis le GP d'Aragon 2014, Valentino Rossi pointe du gant des problèmes liés au matériel : la surchauffe des disques d'embrayage de sa M1 est selon lui un souci récurrent cette année, qu'il attribue "peut-être au nouveau software (le logiciel unique imposé cette saison, NDLR), à la nouvelle cartographie de départ ou à celle du frein moteur".

Dans l'incapacité de mettre gaz en grand dans les lignes droites en raison du patinage de son embrayage, le Docteur a ensuite perdu l'avant dans le deuxième virage, une chute brutale et sans avertissement dont ont été victimes plusieurs pilotes à l'image de Pedrosa, Smith ou encore Crutchlow en course mais aussi Lorenzo au warm-up.

Admettant qu'il est peut-être rentré plus large que d'habitude dans cette longue courbe à droite, Rossi estime toutefois que cette chute est à mettre au compte de Michelin, dont le pneu avant n'envoie aucun signal avant-coureur avant de décrocher, contrairement à l'ancien Bridgestone...

"Avec les Bridgestone on avait beaucoup de sécurité à l'avant et même si on faisait une petite faute, on perdait peut-être un peu de temps mais on ne tombait pas. Les Michelin sont différents : ils sont très performants, mais si tu fais une erreur ils ne pardonnent pas".

Pour autant, le n°46 ne remet pas en cause le travail du manufacturier français et estime que c'est aux pilotes et aux constructeurs de s'adapter à cette nouvelle donne pneumatique : "on doit améliorer les motos pour qu'elles conviennent mieux aux Michelin et éviter de faire ce genre d'erreurs", planifie-t-il.

Cette attitude assez clémente avec le Bibendum fait écho à sa prise de défense face aux critiques formulées suite aux délaminations des pneus arrière de Baz à Sepang et de Redding en Argentine : "c'est peut-être aux équipes Ducati de prendre plus de marge pour éviter ce genre de soucis", analyse l'italien en expliquant que Yamaha abaisse la puissance des M1 dans certains virages afin de justement préserver le pneu arrière.

A noter enfin que le n°46 a de nouveau testé la version 2016 du châssis de la M1, écartée cet hiver en accord avec Lorenzo, pendant les premiers essais libres ce week-end. Malgré des progrès soulignés, le transalpin n'est toujours pas convaincu par ce cadre différent, notamment au niveau du positionnement du réservoir d'essence placé encore plus vers l'arrière (sur la M1 actuelle, le réservoir est sous la selle).

Dani Pedrosa, Honda-Repsol (8ème en qualifs et abandon sur chute en course) : "Ce fut un week-end globalement assez difficile. Les essais ne se sont pas bien passés, mais j'ai appréhendé la course avec l'espoir de mieux faire et j'ai plutôt bien commencé. J'ai gagné plusieurs places et j'étais dans un bon groupe, et je pense même que nous aurions pu nous battre avec Lorenzo pour la deuxième place."

"Malheureusement, j'ai commis une petite erreur et perdu l'avant au freinage alors que j'entrais dans le virage. J'ai perdu le contrôle et essayé d'éviter la chute, mais j'ai fini par tomber et emmener Dovizioso avec moi... C'est vraiment dommage de terminer la course de cette façon et je me sens vraiment mal pour Andrea. Je tiens à m'excuser auprès de lui et je suis heureux qu'il aille bien et que ma moto ne l'ait pas blessé durant l'accrochage".

"La bonne nouvelle, c'est que nous avons réalisé un grand pas en avant entre les essais et la course : nous devons maintenant analyser les données et tenter de s'en servir pour bien démarrer le prochain Grand Prix à Jerez".

L'analyse Moto-Net.Com : Catastrophique début de saison 2016 pour Dani Pedrosa, hors du coup au Qatar (5ème à 14 sec) puis en Argentine (3ème à 28 sec) et cette fois contraint à l'abandon suite à une chute dans le virage n°1 ! Plus rageant encore : sa moto a fauché le malheureux Doviziosio, auprès duquel "Pedro" s'est immédiatement excusé en bord de piste, puis de nouveau dans le box Ducati.

Comme de nombreux pilotes, le catalan a soudain perdu l'avant au freinage, confirmant le caractère intransigeant du Michelin lors des entrées en courbes en force. "J'avais peut-être pris un peu plus d'angle, mais c'est comme ça avec ces pneus, ils sont très sensibles", développe-t-il, confirmant le sentiment général que le Bib' avant est moins tolérant que l'ancien Bridge, dont les limites étaient littéralement insondables.

C'est d'autant plus rageant pour Dani Pedrosa qu'il était parvenu à résoudre ses problèmes de motricité rencontrés avec le pneu arrière, spécialement renforcé à Austin pour prévenir de tous risques de délamination comme ceux rencontrés par Baz et Redding.

Pour le n°26, pilote le plus petit et léger du plateau MotoGP, ce durcissement de la gomme et de la carcasse s'est avéré incroyablement handicapant. Incapable de faire monter le pneu médium en température faute d'arriver à générer des contraintes suffisamment fortes, Pedrosa tournait à 5 secondes de la pole lorsqu'il a testé cette gomme la plus dure de l'allocation disponible !

C'est pourquoi l'officiel Honda a fait l'étrange choix de s'élancer avec le pneu arrière le plus tendre (Soft), quand la plupart des top pilotes couraient avec la gomme médium. Cette solution était aussi celle retenue par Maverick Vinales, lui aussi assez léger et dont la Suzuki ne déborde pas de puissance.

Cinquième au classement provisoire derrière Marquez, Lorenzo, Rossi et Pol Espargaro, Dani Pedrosa accuse désormais un retard de 39 points sur le leader suite à ce résultat blanc. Hector Barbera, sixième grâce à son inespérée 5ème place en Argentine, n'est qu'à deux unités de l'officiel Honda sur sa Ducati Avintia !

Andrea Dovizioso, Ducati (7ème en qualifs et abandon sur chute en course) : "Je suis vraiment très déçu, car encore une fois je ne termine pas la course à cause d'un autre pilote. Perdre deux podiums possibles sur trois est la chose la plus difficile à accepter quand on joue le championnat. Aujourd'hui, nous pourrions être deuxième au provisoire, à quelques points de Marquez"...

"Cependant, je tiens également à me concentrer sur les aspects positifs : je ne me suis pas blessé dans l'incident et étant donné la façon dont il s'est produit, cela aurait pu être bien pire. De plus, sur trois courses différentes, dans des conditions difficiles à gérer avec les pneus, nous avons toujours été en mesure de nous battre pour le podium".

"Même si nous manquons de vitesse pendant les essais et si je ne me sens pas encore à 100% sur la moto, nous sommes toujours compétitifs en course. C'est de cette façon qu'un pilote d'usine doit courir quand il pense au championnat".

L'analyse Moto-Net.Com : Certes, la course moto est un sport individuel visant à couvrir une certaine distance le plus rapidement possible, sans tenir compte de paramètres extérieurs dans le résultat final. Seul le chrono compte, et cet aspect est théoriquement lié à la capacité du pilote à aller vite.

Mais dans le cas de l'infortuné Andrea Dovizioso, ce règlement d'une parfaite - mais implacable - logique trouve ses limites. Tour à tour fauché par son propre coéquipier en Argentine, puis par son ancien voisin de box chez Honda Repsol à Austin, l'officiel Ducati se voit privé de 40 précieux points à sa portée ! Et à chaque fois, sans que sa responsabilité n'ait été engagée d'une quelconque manière...

Alors, certes, la loi du sport prime sur tout le reste et se faire harponner en Grands Prix fait partie des aléas de la course. Les mécontents sont invités à se reconvertir dans le football, où il suffit de se rouler par terre en geignant pour influencer l'issue d'un match. Mais si d'aventure l'attribution de points "bonus" devait faire son apparition dans le règlement MotoGP pour pallier ce genre de circonstances exceptionnelles, "Dovi" serait à nos yeux tout indiqué pour en profiter !

Très bien parti au Qatar (2ème), l'italien pointe à une lointaine 7ème place au provisoire avec 23 points au compteur. Sans les torpillages de Iannone et Pedrosa, le solde du n°4 pourrait potentiellement être de 63 unités, à seulement trois points de Marc Marquez... Présenté comme ça, avouez que ça fait rager, non ?

Mais comme dit le dicton : "avec des si on coupe du bois"... ou l'un des quatre ailerons des Ducati, franchement disgracieux sur l'avant des Desmosedici ?! Et dire que Honda et Yamaha suivent cette tendance, faisant pousser des excroissances sur l'avant des RCV (assez discrètes) et des M1 (carrément énormes sur celle de Lorenzo)...

Pas rancunier, Andrea Dovizioso n'en veut pas à Dani Pedrosa dont la longue carrière sans incident de ce type (sauf la mémorable bévue commise sur son coéquipier Hayden lors du Grand Prix du Portugal à Estoril en 2006) rappelle qu'il n'a rien d'un pilote dangereux. "Etant donné que ça vient de Dani, c'est différent de l'Argentine", précise "Dovi", de manière à bien faire comprendre à Andrea Iannone que son cas est totalement différent !

La quatrième course de la saison MotoGP 2016, le Grand Prix d'Espagne, est prévue du 22 au 24 avril sur le (superbe) circuit de Jerez de la Frontera, en Andalousie. A suivre naturellement sur MNC : restez connectés !

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