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MOTOGP 2016 - VALENCE (18 SUR 18)
Paris, le 14 novembre 2016

Déclarations et analyse du GP de Valence MotoGP 2016

Déclarations et analyse du GP de Valence 2016

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix moto de Valence 2016 remporté par Jorge Lorenzo pour sa dernière course avec Yamaha.

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Page 2 - Valence : déclarations et analyse

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar (1er en qualifs et 1er en course - 3ème au général) :  "Le week-end a été parfait puisque nous avons eu la pole position, le meilleur tour en course et la victoire. J’avais 20 ans quand j’ai rejoint ce team pour mes débuts en MotoGP et j’avais eu la pole position dès ma première course (au Qatar en 2008, NDLR). Près de dix ans plus tard, je repars avec une pole position et une victoire. Je crois qu’il n’y avait pas de meilleur cadeau pour remercier Yamaha pour le ursoutien et le travail qui a été fait durant toutes ces années". 

"Nous avons toujours eu une moto compétitive, capable de gagner. Maintenant nous allons fêter cette victoire et repenser à tous ces souvenirs. Pendant une course, vous êtes concentré à 100% et lorsque vous franchissez la ligne d’arrivée, vous ne pensez pas trop, il n’y a pas trop d’émotion parce qu’il faut le temps de récupérer. Mais au bout de deux ou trois minutes, j’ai commencé à penser aux meilleurs moments de ma carrière, ainis qu'aux plus difficiles, et retrouver mon team dans le parc fermé a été un grand moment d’émotion. Nous allons fêter ça comme jamais parce que c’est un grand jour et je vais savourer ces derniers moments avec Yamaha".

L'analyse Moto-Net.Com : L'ancien champion du monde 2015 termine la saison 2016 comme il l’avait entamée au Qatar, en battant tous les records du tracé puis en décrochant la victoire. Pour la première fois depuis la deuxième partie de saison, Lorenzo a constamment joué devant, et même loin devant : "plus je poussais sur la moto et plus elle semblait capable de passer encore plus vite en courbes", se réjouissait vendredi soir le futur pilote Ducati, de nouveau en parfaite osmose avec sa M1 après presque six mois sans victoire (la dernière remontait à fin mai, en Italie).

La preuve de cet équilibre retrouvé avec cette moto sur laquelle il a décroché 44 victoires et trois titres en neuf saisons s'observe par son incroyable fluidité en piste. Jamais Jorge Lorenzo n'a semblé forcer ce week-end : sa M1 était comme rivée au sol, aussi bien au freinage qu'à l'accélération, quand ses rivaux suaient sang et eau pour garder en permanence le contact avec le bitume. 

Pas une seule fois la Yamaha n'est entrée en courbes "en travers", là où Marquez semblait glisser des deux roues jusqu'à la corde ! A aucun moment, la M1 n'a paru réticente aux prises d'angles faramineuses du majorquin : Lorenzo l'a pilotée comme le prolongement de sa main, suivant tour après tour la même trajectoire avec une précision géométrique. Cet état de grâce se visualise sur la photo ci-dessus, sur laquelle on peut voir qu'il ne tient son demi-guidon gauche qu'avec l'index et le pouce, le majeur à peine posé sur la poignée, pendant son passage en courbe ! 

Cette image en dit long sur sa confiance et son aisance à cet instant crucial, plein angle avec une moto dépassant les 270 ch ! La M1, Lorenzo la connaît littéralement du bout des doigts ! Mais en sera-t-il de même l'an prochain sur la tempétueuse Ducati ? Le doute est permis, quand bien même la possibilité de mner les Rouges au titre pour la première fois depuis Stoner en 2007 va énormément motiver "Jorgueil" !

Autre source de motivation perceptible dans l'attitude de Lorenzo : son souhait de briller dès sa première année chez Ducati, en pied de nez à son ancien coéquipier Valentino Rossi qui n'a jamais été compétitif lors de son passage chez Ducati en 2011 et 2012. Il lui faudra avant cela maîtriser l'aspect rétif de la Ducati, mais aussi poursuivre ses efforts d'adaptation avec les Michelin, sa bête noire cette saison.

Bonne nouvelle toutefois : après son éclatante victoire à Valence, le majorquin a salué les progrès enregistrés par le Bibendum. Difficile toutefois de faire la fine bouche après pareille démonstration, en partie permise par la nouvelle construction proche de celle de 2017 étrennée ce week-end ! Comme la plupart des pilotes, Lorenzo a apprécié le surcroît d'informations délivrées par l'avant, l'un des points critiques en 2016.

'L'avant a bien évolué, il est désormais davantage en mesure de compenser l’adhérence du pneu arrière", explique-t-il, appréciant la disparition de cette sensation d'arrière qui pousse l'avant. "Petit à petit, nous avons aussi fait progresser l’arrière. Après les problèmes que nous avons eus en Argentine et à Sepang (explosions des pneus de Redding et Baz pendant les essais à la clé, NDLR !), nous avons eu des pneus très compétitifs ce week-end".

Malgré sa joie de conclure ainsi sa carrière chez Yamaha, Jorge Lorenzo ne cache pas une pointe d'amertume envers le blason d'Iwata, qui refuse de le laisser remonter sur la GP17 lors de tests privés organisés par Ducati à Jerez fin novembre, arguant du fait qu'il est sous contrat Yamaha jusqu'au 31 décembre...

Le n°99 n'aura par conséquent que les essais post-GP mardi et mercredi à Valence pour découvrir la Ducati en 2016, alors que ses concurrents ont le champ libre pour mener des essais privés avec leurs nouveaux employeurs. C'est le cas, ironiquement, de son successeur Maverick Viñales, autorisé par Suzuki à participer à des tests privés avec Yamaha ce mois-ci à Sepang !

Marc Marquez, Honda-Repsol (2ème en qualifs et 2ème en course - 1er au général) :  "Je crois que c’était mon pire départ de l’année. J’ai eu un souci avec l'embrayage, ce qui m’a fait perdre pas mal de positions en début de course. J’ai aussi mis un moment avant de me défaire de Valentino et Andrea. Comme Valentino le mentionnait en conférence de presse samedi, Valence est un tracé où il est très difficile de dépasser. Plusieurs fois j’ai essayé de les doubler, mais la Ducati me distançait systématiquement en ligne droite. L’accélération aura vraiment été notre point faible cette année. J’ai ensuite réussi à créer un petit écart, j’attaquais car je n’avais plus rien à perdre".

"Sur la fin je rattrapais Jorge et puis, en voyant nos chronos respectifs, j’ai compris que ça allait être difficile d’opérer la jonction, mais j’ai tenté ma chance. Il aurait fallu deux ou trois tours de plus. Mais Jorge a fait une incroyable course aujourd’hui, félicitations à lui. Ce dimanche, j’ai tâché de rester concentré car je voulais vraiment terminer la saison en beauté et nous y sommes arrivés. Cette célébration en fin de course était normalement celle d’Australie... Au final, nous avons célébré ce titre ici avec ma famille, mes amis et tous les fans, ce qui n'est pas plus mal".

L'analyse Moto-Net.Com : Parti en wheeling à l'extinction des feux, Marc Marquez a ensuite pris son mal en patience derrière Rossi et Iannone avant de sonner la charge. Cette attitude sage illustre le changement d'état d'esprit du plus jeune triple champion du monde MotoGP de l'histoire, qui tenait par-dessus tout à terminer cette finale à domicile pour effacer le goût amer de la poussière mordue précédemment en Australie puis en Malaisie.

Seul pilote en mesure d'inquiéter Lorenzo pendant les essais et les qualifications, Marquez a tenu son rang en course : une fois débarrassé du tumultueux duo italien, l'officiel Honda est revenu comme une balle sur la Yamaha, faisant fondre tour après tour l'énorme avance prise par le majorquin. Après être grimpé jusqu'à 5,352 sec dans le 21ème tour, celle-ci est ainsi redescendue à 1,7 sec à l'entame du dernier !

La raison de ce retour fulgurant tient essentiellement aux pneus, tant à l'avant qu'à l'arrière. Marquez avait opté pour une gomme dure à l'avant, logiquement plus performante en deuxième partie que le médium choisi par Lorenzo. Mais ce choix opposé n'a rien d'exceptionnel : les RC213V sollicitent davantage l'avant que les Yamaha, les Ducati et les Suzuki. Crutchlow et Miller avaient d'ailleurs eux aussi optés pour le dur sur leur RCV privée, seul Pedrosa ayant sélectionné un médium.

En revanche, les motos du blason ailé préservent davantage l'arrière, une qualité probablement liée à leur relative faiblesse à l'accélération face à leurs rivales : "les Honda stressent moins les pneus arrière et c'est la raison pour laquelle elles sont plus performantes que nous en deuxième partie de course depuis quelques temps", observe Valentino Rossi.  

Cette "fraîcheur" pneumatique en fin de course est la clé du retour de Marquez, qui pouvait maintenir un gros rythme quand celui de l'homme de tête commençait à faiblir : "j'ai eu beaucoup de chance que Marc rencontre ses problèmes au départ, car j'étais en difficulté avec le flanc gauche de mon pneu arrière et je ne pouvais pas faire plus pour contrer son retour", avouera d'ailleurs très honnêtement Lorenzo à l'arrivée.

Marc Marquez termine à 1,185 sec du majorquin, un peu déçu de ne remporter la finale mais néanmoins très heureux de conclure positivement sa domination exercée en 2016. Car malgré une Honda longtemps en retrait à cause de son nouveau V4 à vilebrequin contrarotatif et des difficultés du HRC à exploiter les logiciels uniques, le n°93 a décroché cinq victoires et sept pole positions. Lorenzo, deuxième pilote le plus souvent victorieux, ne compte en comparaison "que" quatre succès et quatre départs en pole.

A 23 ans, l'officiel Honda a coiffé sa troisième couronne en MotoGP grâce à son louable changement d'approche : Marquez a compris qu'il était parfois nécessaire d'accepter de perdre des courses en vue de gagner un championnat. Ce raisonnement plus mûr se traduit par sa constance aux avant-postes : il comptabilise douze podiums et trois top 5 en 18 courses, loin de ses six résultats blancs observés l'an dernier !

Certes, l'approche est moins flamboyante et sans doute très frustrante pour un pilote aussi combatif. Mais elle constitue la seule voie à suivre pour continuer à briller sur la durée, comme le prouve ce cinquième titre remporté en seulement huit saisons de Grands Prix !

Les performances de Marquez en qualifications lui font par ailleurs remporter le BMW M Award - trophée qui récompense le meilleur pilote en qualifs MotoGP - pour la quatrième fois consécutive ! Un record qui confirme sa capacité restée intacte à affoler le chrono, lui qui a validé à Valence le 22ème titre constructeur de Honda en catégorie reine. Seul le championnat par équipes échappe finalement au HRC et revient au rival, Yamaha Movistar. 

L'absence de Pedrosa aux avant-postes est la principale raison de cet échec, à relativiser toutefois : d'une part car Honda coiffe les lauriers les plus convoités (titres pilote et constructeur), de l'autre parce que le blason ailé est surtout le seul à avoir vu quatre de ses pilotes s'imposer (Marquez, Pedrosa, Miller et Crutchlow). Yamaha et Ducati comptent chacun deux pilotes victorieux (respectivement Rossi et Lorenzo et Iannone et Dovizioso), Suzuki un seul (Maverick Viñales) et Aprilia aucun.

Andrea Iannone, Ducati (7ème en qualifs et 3ème en course - 9ème au général) : "Je suis très heureux de cette dernière course parce que je me suis bien battu, dès le début, après un très bon départ qui m’a permis de passer deuxième dans le premier virage. J’ai essayé de faire de mon mieux face à Jorge, mais il avait un rythme incroyable. Je suis très content parce que notre rythme n’était pas très bon vendredi et que nous avons beaucoup progressé au long du week-end".

"Mon team a fait un excellent travail et rendu ce résultat possible. Je me suis donné à 100%, je me suis bien battu avec Marc, puis avec Vale, et je me suis donné à fond. Mon dos me faisait mal, j’avais moins d’énergie mais je n’y pensais pas. J’ai pu profiter de la puissance sur la ligne droite pour passer Vale, et quand j’étais devant lui j’en profitais pour reprendre des forces. Nous avons eu une belle bagarre et c’est un excellent résultat pour conclure mon aventure avec Ducati".

L'analyse Moto-Net.Com : Sacré Andrea Iannone ! Alors qu'il se plaignait samedi des difficultés à faire tourner sa Ducati à Valence, l'italien signe l'une des plus belles courses pour sa dernière sur la GP16 ! Le premier pilote victorieux avec Ducati depuis Stoner - sur le sec en Autriche - scelle de surcroît son quatrième podium de la saison en remportant un somptueux corps à corps avec Valentino Rossi. Rien que ça !

Cette performance est le fruit de son incroyable aisance au freinage du premier gauche du Ricardo Tormo, où il "piquait" presque systématiquement son compatriote, pourtant l'un des plus gros freineurs de la catégorie ! Force est toutefois de constater que Iannone était bien aidé par son avantage d'accélération et de vitesse de pointe, avec jusqu'à 322,9 km/h enregistrés contre 319,7 pour Marquez et 317,9 pour Rossi.

Ce podium arraché de haute lutte est d'autant plus inattendu qu'Andrea Iannone manifeste encore des gênes liées à ses inquiétantes blessures cervicales contractées à San Marin, qui limiteraient sa condition à "70%". Dans ces conditions, la 7ème place de son coéquipier Andrea Dovizioso, à 18,678 sec du vainqueur, apparaît dure à excuser...

"J’ai eu un souci à l’avant dès le premier tour : mon feeling avec la moto était différent par rapport aux essais et je n’ai pas réussi à réduire l’écart comme je l’aurais voulu", avoue "Dovi", logiquement dépité par cette contre-performance qu'il attribue de nouveau au facteur pneumatique. 

A l'heure du bilan pourtant, Andrea Dovizioso garde la tête haute puisqu'il termine cinquième du championnat avec 171 points quand Iannone apparaît à une lointaine neuvième place avec 112 points. Par ailleurs, si Iannone avait souvent l'avantage en termes de vitesse, ses percutants ratés sont tout aussi mémorables : en Argentine quand il avait privé Ducati d'un très probable doublé sur le podium en percutant son propre coéquipier, avant de récidiver sur Lorenzo en Catalogne !

A n'en pas douter, Andrea Iannone possède un énorme talent : sa vélocité est incontestable, tout comme sa pugnacité. Mais son manque de discernement devrait désormais être mieux canalisé alors que se conclut sa quatrième saison en MotoGP. Car entre ses chutes à répétition et ses forfaits sur blessure qui en découlent, le bouillant transalpin n'aura finalement franchi la ligne d'arrivée qu'à seulement huit reprises en 2016 ! 

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar (3ème en qualifs et 4ème en course - 2ème au général) : "J’ai attaqué du début à la fin et je n’étais pas si mal durant la première moitié de l’épreuve, puisque j’occupais la deuxième place. Malheureusement, je n’ai pas été en mesure de me forger une petite avance. Par la suite, je me suis retrouvé plus en difficulté. Marc est revenu très fort et m’a passé, puis j'ai dû me bagarrer avec Andrea".

"Il m’a finalement battu et je ne fais pas mieux que quatrième, mais c’était tout de même une belle course. Cette saison 2016 aura tout compte fait été très positive, avec cette deuxième place au général, ces podiums et ces premières lignes. L’an prochain, je veux essayer de décrocher plus de victoires. Nous avons été compétitifs à chacune des manches, mais j’ai commis quelques erreurs et nous avons un peu joué de malchance avec cette casse moteur au Mugello. Résultat, nous étions un peu loin au championnat, mais ce fut tout de même une bonne saison".  

L'analyse Moto-Net.Com : Les motifs de satisfaction n'étaient pas si nombreux hier soir dans la bouche du nonuple champion du monde... Certes, le Docteur compte parmi les principaux animateurs de cette palpitante finale, mais il termine néanmoins au rang des vaincus : battu une dernière fois par Lorenzo, Rossi a aussi subi la domination de Marquez et d'un Iannone tout simplement enragé !

Le transalpin échoue dans son objectif d'ajouter une troisième victoire à son palmarès 2016, bloqué depuis cinq mois sur son deuxième succès signé en Catalogne. Sur un plan statistique, le n°46 affiche autant de victoires que Crutchlow, trois de moins que Marquez et deux de moins que Lorenzo...

Malgré sa constance aux avant-postes et des progrès à saluer en qualifs (trois pole positions), le n°46 fait moins bien que sa saison précédente, durant laquelle il avait signé quatre victoires et était surtout monté 15 fois sur le podium en 18 courses. Mais cette année, le Docteur a terminé en dehors de la "caisse" à huit reprises (10 podiums en 18 courses) : cette inconstance est à l'origine de son incapacité à enrayer la "Marc Royale". 

Ses chutes à Austin, à Assen et au Motegi pèsent lourd - très lourd - dans le bilan final, tout comme sa rageante casse moteur au Mugello. A ces quatre résultats blancs s'ajoutent aussi des Grands Prix sans relief, comme en Allemagne quand il termine 8ème à 26,5 sec, faute d'une bonne stratégie sous la pluie (comme à chacune de ses course avec un changement de pneus, serait-on tenté d'ajouter)...

Bref, Valentino Rossi n'a manqué ni de vitesse ni de panache en 2016, mais son approche doit redevenir plus opportuniste et moins empressée pour espérer décrocher un dixième titre mondial. Autrement dit, il doit s'inspirer des qualités développées par le nouveau champion du monde en titre, Marc Marquez, de 14 ans son cadet !

Maverick Viñales,Suzuki-Ecstar (4ème en qualifs et 5ème en course - 4ème au général) :  "C’était une course difficile et honnêtement je m’attendais à un peu mieux. Je pensais pouvoir terminer sur le podium, mais en fin de course j’ai eu du mal à conserver mon rythme. J’ai tout donné dans les premiers tours, puis j’ai perdu quelques positions".

"Mais à l’arrivée, je pense surtout à ces deux années passées chez Suzuki. L’an dernier nous étions en difficulté, alors que cette saison nous étions constamment à la lutte pour le podium. Je quitte des personnes avec qui j’avais établi des liens très forts, mais je suis fier du travail que nous avons fait ensemble".

L'analyse Moto-Net.Com : Il ne sont pas si nombreux, les pilotes à pouvoir se vanter d'avoir disputé une place au classement avec Jorge Lorenzo, quintuple champion du monde des Grands Prix ! Maverick Viñales compte parmi ces rares élus, lui qui termine finalement quatrième au général à 31 points du majorquin.  

Le futur coéquipier de Valentino Rossi chez Yamaha achève à 21 ans une deuxième saison rondement menée sur une Suzuki GSX-RR dont il aura révélé toutes les qualités. Auteur de quatre podiums - dont sa première victoire signée de main de maître à Silverstone -, "Mack" se positionne assurément comme l'un des futurs grands de la catégorie reine !

De son adaptation à la Yamaha et ses relations avec son encombrant équipier vont dépendre ses succès à venir : Viñales doit trouver ses marques sur la M1, mais aussi dans l'organigramme des Bleus... Rappelons qu'il quitte un team au sein duquel il développait une moto d'usine à sa main - fort de sa domination absolue sur Aleix Espargaro - pour une équipe où l'influence du Docteur s'étend jusque dans le merchandising officiel, assurée par la structure VR46 !

Loris Baz, Ducati-Avintia (16ème en qualifs et 18ème en course - 20ème au général) : "Au warm up dimanche matin, je me suis vraiment senti bien. En course en revanche, j’ai beaucoup souffert. Comme souvent, nous rencontrons des difficultés en début de course lorsque le réservoir est plein. Nous manquons d’expérience sur ce point cette saison, car nous n’avons pas assez roulé sur le sec. Au final, nous avons donc rencontré beaucoup de problèmes en début de course avec l’avant. Lorsque celui-ci s’est amélioré, l’arrière s’est alors mis à me poser problème".

"C’était vraiment compliqué de faire une bonne course dans ces conditions. Cette course est le reflet de notre saison qui s’est passée ainsi du début à la fin. Dans l’ensemble, la saison a mal commencé et a empiré au fur et à mesure du temps. Je retiens simplement les deux courses à Brno et à Sepang où nous avons brillé. En dehors de ces deux courses, je me suis blessé et je n’ai pas fait beaucoup de courses sur le sec. Les autres ont donc progressé pendant que je stagnais. Il me faut plusieurs séances de tests et du temps pour me refaire une condition physique à 100%. La trêve hivernale est donc la bienvenue. Mardi et mercredi, je roulerai à Valence au guidon de la Ducati GP15, puis je continuerai le travail à Jerez la semaine prochaine pour un test de trois jours. Ensuite, je subirai une petite opération pour retirer les plaques de mon pied et prendrai un peu de repos".

L'analyse Moto-Net.Com : Fin de saison en demi-teinte pour le haut-savoyard Loris Baz, jamais dans un bon rythme à Valence... L'unique français aligné cette année, en difficulté avec le train avant de sa Ducati depuis ses lourdes chutes, n'est pas parvenu à retrouver de bonnes sensations pour la finale. "Baz-ooka" clôt sa deuxième saison MotoGP au 20ème rang, soit trois places plus loin que sa première l'an passé sur la Yamaha Forward Open.

Le reste de son bilan n'est guère plus positif : Loris n'a marqué que 35 points sur les quatorze Grands Prix dont il a pris le départ, soit un point de moins que le pilote essayeur Michele Pirro lors de ses neuf apparitions en wild card ou en remplacement sur la Ducati officielle ! Le tricolore finit avant-dernier représentant Ducati au général, devant le colombien Yonny Hernandez (22ème avec 20 points), qui redescend en Moto2 l'an prochain.

La cause de cette médiocre moisson tient essentiellement aux blessures à la cheville et au pied causées par des accrochages, d'abord avec Alvaro Baustita au Mugello puis avec Pol Espargaro à Silverstone. A chaque fois, Loris Baz a subi de lourdes interventions chirurgicales qui l'ont affaibli et l'ont surtout longuement tenu éloigné des circuits : le n°76 a manqué quatre courses, soit autant de résultats blancs.

Ses splendides performances sur le mouillé (4ème à Brno puis 5ème à Sepang) ne suffisent pas à redresser la barre, d'autant que ses blessures à répétition ont fini par entamer sa confiance. Loris avoue honnêtement avoir perdu la sérénité nécessaire pour se dépasser en piste, à force de regarder ses rivaux s'arsouiller à la télé depuis un lit d'hôpital... Le français espère renouer avec son engagement habituel la saison prochaine sur une Ducati plus performante, la GP15, qu'il pilotera encore aux côtés d'Hector Barbera. 

Son coéquipier, justement, termine pour sa part excellent dixième du classement général avec 102 points. L'air de rien, Barbera est le troisième pilote privé au classement derrière Cal Crutchlow (7ème) et Pol Espargaro (8ème). L'expérimenté espagnol, dont les deux piges sur la Ducati officielle se sont terminées au tapis au Japon puis en Australie, termine à seulement dix longueurs du pilote officiel Andrea Iannone ! De quoi conforter le choix de Ducati de lui confier une GP16 l'an prochain.

Dani Pedrosa, Honda-Repsol (8ème en qualifs et chute en course - 6ème au général) : "Cette chute est vraiment regrettable. J’avais pris un bon départ et j’abordais les choses prudemment, ne me sentant pas parfaitement à l’aise avec les pneus. Malheureusement, arrivé dans le virage 2, j’ai perdu l’avant alors que je n’attaquais même pas et je n’ai pas pu éviter la chute".

"Je ne sais pas ce qu’il s’est passé car je n’étais pas à la limite. C’est dommage, j’aurais vraiment voulu terminer la course. Nous arrivons au terme d’une année difficile mais nous ferons tout pour faire mieux en 2017".

L'analyse Moto-Net.Com : Espérons que Dani Pedrosa pourra redresser la barre l'an prochain, lui dont le retour à la course après une absence de trois Grands Prix se solde par une chute devant ses fans. Le courageux et sympathique espagnol mérite mieux... tout comme son employeur !

Sixième au général avec une seule victoire au compteur (son plus mauvais score à égalité avec 2014), "Pedro" n'aura en effet jamais été en lice pour le titre, pas plus que pour le podium final face à Rossi et Lorenzo. Il s'en est même fallu de peu pour que le n°26 ne termine derrière la Honda privée de Crutchlow, qui peut nourrir des regrets face à ses deux chutes consécutives en Malaisie et à Valence puisque seulement 14 points le séparent de l'officiel HRC.

A noter qu'avec ses victoires à Brno sur le mouillé puis sur le sec en Australie, le pilote LCR fait deux fois mieux que "Pedro". Une comparaison à méditer pour le catalan, en délicatesse avec les Michelin et surtout en désaccord avec les orientations techniques décidées par Marquez sur la RCV. Reste que cette "mauvaise" Honda s'est adjugée 50% des victoires, avec neuf succès sur 18 Grands Prix (5 pour Marquez, 2 pour Crutchlow, 1 pour Miller et Pedrosa) !

Au final, Dani Pedrosa clôt sa plus mauvaise saison depuis son arrivée en MotoGP avec seulement 155 points. Il y a dix ans, pour ses premiers pas en catégorie reine, il terminait cinquième avec 215 points... Depuis, "Pedro" n'était jamais descendu en dessous du quatrième rang, coiffant même à deux reprises le titre honorifique de vice-champion du monde : en 2007, 2010 et 2012, sa meilleure saison - et de loin  - avec 332 points marqués et pas moins de sept victoires.

Tests post-GP à Valence : c'est déjà 2017 !

Demain mardi débuteront les traditionnels tests post-GP à Valence, durant lesquels plusieurs pilotes vont découvrir leur nouvelle moto : Jorge Lorenzo va étrenner la Ducati, Maverick Viñales la Yamaha, Bradley Smith et Pol Espargaro la nouvelle KTM, tandis qu'Aleix Espagaro sautera de la GSX-RR à l'Aprilia et que Bautista découvrira la Ducati pour ses retrouvailles avec le team Aspar aux côtés du revenant Karel Abraham (lire notre Point sur la grille MotoGP 2017, équipe par équipe). 

Ils seront rejoints par les petits nouveaux du Moto2 : le double champion du monde de la catégorie, Johann Zarco, et son nouveau coéquipier Jonas Folger chez Yamaha Tech3, Alex Rins chez Suzuki et Sam Lowes chez Aprilia. A noter que cette finale à Valence a aussi été l'occasion pour Ducati et Honda de signer un nouveau contrat d'engagement de cinq ans avec le promoteur Dorna.

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