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MOTOGP - MONTMELO (7 SUR 18)
Paris, le 15 juin 2015

Déclarations et analyse du GP de Catalogne MotoGP

Déclarations et analyse du GP de Catalogne MotoGP

Après chaque course Moto GP, retrouvez les déclarations des principaux pilotes de la catégorie reine et l'analyse de leurs succès (et de leurs échecs) par la rédaction de Moto-Net.Com. Débriefing du Grand Prix de Catalogne Moto GP 2015 à Montmelo.

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Déclarations des pilotes et analyse MNC

Grâce à une fin de course particulièrement fine, Danny Kent s'est imposé lors du GP de Catalogne en Moto3, suivi en Moto2 par un Johann Zarco tout simplement éblouissant : le français repart de Barcelone avec une pole record et une superbe victoire signée après une remontée intelligente !

Dix ans de désert supplémentaires au Qatar

Le circuit de Losail au Qatar est prolongé dans le calendrier MotoGP pour une durée de dix ans supplémentaires à compter de 2017 (jusqu'à 2026 inclus, donc). Cet accord a été signé à Barcelone à l'occasion du GP de Catalogne par Carmelo Ezpela (boss du promoteur des GP, Dorna Sports) et Nasser bin Khalifa Al-Attiyah, président de la Fédération qatarie des sports motorisés QMMF (Qatar Motor and Motorycle Federation).

Introduit dans le calendrier MotoGP en 2004, le GP du Qatar ouvre depuis 2007 le championnat du monde MotoGP. En 2008, ce circuit moderne et rapide devint le premier à accueillir une course en nocturne, grâce à un puissant et couteux système d'éclairage.

A l'heure actuelle, Losail est toujours le seul circuit sur lequel les MotoGP tournent de nuit. Evidemment très réjoui, Ezpeleta était en revanche plus contrarié ce week-end par son bras de fer l'opposant aux organisateurs du GP de République tchèque, qui traîneraient à lui régler les frais liés à l'organisation de la course à Brno... Agacé, le boss de Dorna aurait menacé d'annuler l'édition 2015 (prévue le 16 août), ce qui aurait débloqué la situation. "Ils vont payer", a ainsi assuré Hervé Poncharal, président de l'association des teams (IRTA), à nos confrères de L'Equipe.

En Moto GP, l'épreuve catalane fut marquée par de très nombreuses chutes puisque huit pilotes sur 24 n'ont pas terminé la course ! Et parmi eux, Marc Marquez enregistre son deuxième résultat blanc consécutif, son troisième depuis le début de la saison avec sa chute en Argentine lors de son baston avec Rossi...

Pour le double champion en titre, l'heure est grave : Marquez est désormais à 69 points de Rossi, leader au championnat, lui-même talonné de très près par Lorenzo suite à sa quatrième victoire d'affilée à Barcelone. Un seul petit point sépare les deux officiels Yamaha, clairement à leur avantage sur ces premières courses : les M1 se sont imposées six fois (au Qatar et en Argentine pour Rossi, à Jerez, au Mans, au Mugello et à Montmelo pour Lorenzo), les RCV une seule fois (Marquez à Austin).

Déclarations et analyses

Jorge Lorenzo, Yamaha-Movistar Factory (2ème en qualifs et 1er en course) : "Ça a été la victoire la plus difficile cette saison, même si les courses du Qatar, d'Austin et d'Argentine avaient été très dures. Les dix derniers tours ont probablement été parmi les plus difficiles de ma carrière ! Valentino était très rapide et étant donné que la piste était vraiment très chaude et qu'il y avait moins de grip que samedi, je suis vraiment content du résultat. Ma moto ne roulait pas aussi bien que samedi, j'avais pu rouler en 1'41 et aujourd'hui c'était impossible".

"Pour Valentino ça a été le contraire, il atteint toujours un niveau de performances incroyable le dimanche. J'ai dû pousser à fond, prendre plus de risques quand la moto bougeait déjà beaucoup, c'est ce que j'ai fait sur les dix derniers tours. Après les séances d'hier, je ne m'attendais pas à une victoire facile mais j'imaginais néanmoins qu'il allait y avoir plus d'écart entre le deuxième et moi à partir de la mi-course. J'ai pu maintenir mon rythme et rester concentré. Je tiens à remercier le team pour leurs efforts et les féliciter pour cette quatrième victoire consécutive".

L'analyse Moto-Net.Com : Pour la première fois de sa carrière en Grands Prix, Jorge Lorenzo décroche une série de quatre victoires consécutives. Jamais il n'avait atteint cette "passe de 4" depuis ses débuts en 125 cc en 2002, y compris au plus fort de sa domination en 250 cc en 2006 et 2007 et lors de ses titres MotoGP en 2010 et 2012.

Revenu à son meilleur niveau et bien plus affûté physiquement (il a perdu 5 kg cet hiver), le majorquin se sent surtout de nouveau à l'aise sur sa moto. Yamaha a en effet adouci le comportement du 4-cylindres, rendu un poil brutal l'an passé suite au passage de 21 à 20 litres d'essence. Comme lors de ses trois victoires précédentes, Lorenzo a en outre pu utiliser l'allocation pneumatique médium, avec laquelle son ressenti est meilleur plein angle.

Rapide et régulier dès les premiers essais libres, le n°99 aurait comme au Mugello pu aussi signer la pole si Aleix Espargaro n'avait pas profité du pneu tendre Open sur sa Suzuki, comme l'avait fait Iannone en Italie. Mais aussi dominateur qu'il soit, Lorenzo a aussi pu constater que son coéquipier avait le répondant nécessaire pour lui donner du fil à retordre...

De son propre aveu, "Jorgueil" n'imaginait pas Rossi à pareille fête... Il a même craint à un moment de perdre la course, lorsque le n°46 a réduit l'écart de 2 secondes à 1,4 sec. Sans doute a-t-il même revécu dans sa tête le Grand Prix de Catalogne 2009, lorsque Rossi lui avait soufflé la victoire au prix d'une attaque magistrale dans le dernier virage !

Valentino Rossi, Yamaha-Movistar Factory (7ème en qualifs et 2ème en course) : "J'espérais rattraper Lorenzo, mais c'était difficile... Malheureusement, en partant de la troisième ligne, j'ai perdu beaucoup de temps, même en étant fort sur le premier tour. Après ça j'ai eu un bon rythme, j'avais un bon set-up, ma vitesse était semblable à celle de Jorge aujourd'hui et c'est positif. J'étais rapide mais ça n'a pas suffi parce que quand je suis arrivé en deuxième position, Jorge était déjà loin.

"C'est dommage car j'avais le rythme pour me battre avec lui et je peux être très fort en bagarre parce que cette année, je suis très fort au freinage. Nous n'avons qu'un point de différence au bout de sept courses, nous avons un rythme similaire et la suite va donc être intéressante !"

L'analyse Moto-Net.Com : Certes, Valentino Rossi ne remporte pas la course et n'a cette fois encore pas été en mesure de contrer l'échappée de son coéquipier, désormais revenu à une petite longueur au provisoire... Mais contrairement aux GP précédents, le n°46 termine sur les talons de Lorenzo (0,885 sec) !

En configuration course, les deux officiels Yamaha affichaient un rythme similaire : Lorenzo a réalisé son meilleur temps en 1'42.225, Rossi en 1'42.356. Mais là où le majorquin est tout de suite entré dans une série de tours rapides, l'italien a perdu du temps à remonter de sa 7ème place sur la grille et à doubler des pilotes certes plus lents, mais pas forcément moins déterminés.

Ainsi, dépasser Smith, Espargaro ou Doviziosio lui a demandé plusieurs tours, tandis que son coéquipier filait avec la piste libre devant lui. Une nouvelle fois, le Docteur ne peut que nourrir des regrets de s'être mal qualifié puisqu'il était incontestablement plus à l'aise que Lorenzo en fin de course, lorsque la M1 prend du mouvement du fait de l'usure des pneus.

Dani Pedrosa, Honda-Repsol Factory (6ème en qualifs et 3ème en course) : "Je suis très content parce que ça a été un long parcours, nous avons beaucoup souffert ces derniers mois et tout semblait aller contre moi... J'ai suivi mon coeur et c'était ce que je devais faire. J'ai progressé de manière positive à chaque manche mais nous avons enfin un bon résultat, d'autant plus que c'est devant mon public".

"Nous avons eu quelques soucis avec la moto et j'espère que nous pourrons bientôt être plus compétitifs et plus réguliers, mais être sur le podium est déjà génial pour le team. Il y a peut-être d'autres circuits qui conviendront mieux à notre moto et où nous pourrons faire davantage de progrès"

L'analyse Moto-Net.Com : Le chemin vers ce premier podium de l'année a été long et difficile pour Dani Pedrosa... Forfait pendant trois courses suite à son "opération-surprise" au bras après le Qatar, l'espagnol a terminé 16ème au Mans après une chute pour son retour à la compétition, puis quatrième au Mugello à dix secondes du vainqueur...

Devant les siens, Dani monte enfin sur le podium au terme d'une course solide, pour la première fois depuis la finale à Valence en 2014 ! Néanmoins, si l'on ne peut que se réjouir du retour aux avant-postes du sympathique et courageux n°26, sa performance générale laisse à suggérer qu'il lui manque encore quelque chose pour rejouer parmi l'élite.

Lui aussi en délicatesse avec sa Honda, Dani a été gêné en qualifications et n'a signé que le sixième temps. En course, il ne réalise que le 8ème meilleur temps en 1'42.855, soit la bagatelle de 0,636 sec moins vite que le record du tour en course signé par son coéquipier Marc Marquez avant sa chute. Même le surprenant Scott Redding (5ème temps) a tourné plus vite avec sa RCV privée que "Pedro" avec la moto officielle...

Enfin, impossible de passer sous silence l'écart abyssal qui le sépare des deux hommes de tête : Dani Pedrosa est certes troisième, mais à 19,455 sec du vainqueur et à 18,570 sec du second ! Sans les nombreuses chutes en tête de course (notamment celles de Marquez, Dovizioso et des deux frères Espargaro), l'officiel HRC n'aurait sans doute pas terminé à cette position.

Une analyse dont il est parfaitement conscient puisque Dani quitte Barcelone en espérant pouvoir bientôt être "plus compétitif et régulier"... Pour le spectacle et au regard du talent du bonhomme, MNC l'espère aussi !

Maverick Vinales, Suzuki-Ecstar Factory/Open (2ème en qualifs et 6ème en course) : "Je suis heureux de ce résultat mais finalement, je suis aussi un peu déçu aussi. Etre sixième est un résultat extraordinaire, c'est mon meilleur résultat jusqu'ici et c'est une amélioration par rapport au Mugello, ce qui signifie que nous travaillons positivement".

"Mais en regardant la feuille des temps, je note que j'ai roulé dans le même rythme que les autres pilotes Factory, donc je suis forcément déçu. Je suis aussi triste bien sûr pour la chute d'Aleix mais au final, le week-end peut être considéré comme positif car nous avons fait de grands progrès".

L'analyse Moto-Net.Com : Coup double à domicile pour Maverick Vinales : il décroche sa meilleure position en qualifications en MotoGP samedi (deuxième derrière son coéquipier Aleix Espargaro), puis signe sa meilleure performance en course dimanche (6ème à 2 petites secondes de Smith) ! Du jamais vu pour Suzuki, dont la dernière pole position remontait à 2007 !

Un résultat d'autant plus flatteur qu'il a été réalisé à monte pneumatique égale avec les leaders (médium avant et arrière), là où beaucoup s'attendaient à voir les pilote Suzuki moins à la fête sans l'avantage du pneu tendre Open utilisé en qualifs. Mais Vinales et Espargaro ont finalement tenu bon malgré un départ catastrophique, qui s'explique sans doute par un système d'aide au départ perfectible, l'absence de boîte Seamless et un 4-cylindres en ligne encore en déficit de puissance.

Pour autant, le moteur Suzuki a considérablement progressé grâce à l'évolution apportée en Catalogne, comme en témoigne la réduction de l'écart de vitesse de pointe avec les motos Factory : en course, Vinales a attrapé 338 km/h contre 340,2 km/h pour Rossi, et 340,1 km/h pour Doviozioso. Dani Pedrosa et Andrea Iannone, sans doute bien "aspirés", décrochent la timbale avec un supersonique 343,6 km/h et 343,7 km/h !

Au final, la plus grosse déception de Suzuki provient sans doute de la chute d'Aleix Espargaro à cinq tours de l'arrivée (perte de l'avant au 21ème tour), alors qu'il occupait une solide quatrième place derrière les trois motos d'usine de Lorenzo, Rossi et Pedrosa...

Loris Baz, Yamaha-Forward Open (19ème en qualifs et 13ème en course) : "J'ai dû reprendre mes marques en début de course et j'ai perdu un peu de temps. J'ai mis aussi du temps à doubler Mike. En fin de course, j'avais un bon rythme en revenant sur Laverty, Miller et Bautista. Ce n'était pas assez pour gagner la course Open. Néanmoins, je marque trois points alors que le matin même, je ne pensais pas terminer la course".

"Il ne fallait pas grand-chose, mais compte tenu des problèmes que nous avions ce week-end, c'est très bien. Le plus important, c'est que je suis désormais à trois points de Barberá au classement Open. La prochaine course se déroule à Assen, une piste que j'apprécie et qui me convient, je pense, beaucoup mieux qu'ici. Je devrais vite retrouver mon niveau du Mugello (12ème au scratch et premier Open, NDLR)".

L'analyse Moto-Net.Com : Quatrième pilote Open à l'arrivée derrière Bradl (8ème), Miller (11ème) et Laverty (12ème), Loris Baz s'estime pourtant satisfait de son week-end, même s'il termine à 55 secondes du vainqueur et à 13 secondes de son coéquipier, Stefan Bradl, premier pilote Open en Catalogne.

Perdu dans ses réglages suite à l'arrivée d'un nouveau basculeur de suspension - utilisé par Bradl depuis le Mugello -, le français s'est retrouvé confronté à un dilemme : soit continuer avec cette nouvelle pièce qui améliore le comportement de sa moto dans plusieurs domaines, soit la laisser de côté pour revenir à une base connue et résoudre les problèmes de vibrations (dribble) ressenti à l'avant avec ce basculeur.

Suite à sa chute en FP3 samedi matin, le savoyard a finalement décidé de revenir à la précédente configuration, mais a ensuite dû composer avec un timing serré pour la suite du week-end. "Stefan a souffert des mêmes problèmes, mais il a réussi à les régler. Il a fait un grand pas en avant dès la FP4 samedi", note Loris avec une pointe de regret.

Pas de quoi se fustiger pour autant dans la mesure où "Baz-ooka" découvre la catégorie alors que son coéquipier roule en MotoGP depuis 2012 et jouit à ce titre d'une expérience bien supérieure en termes de mise au point.

Mike di Meglio, Ducati-Avintia Open (17ème en qualifs et en course) : "Nous avons beaucoup mieux travaillé durant les essais et nous étions dans de meilleures conditions pour la course. Je n'ai pas pu suivre le groupe de devant, mais je me sentais bien sur la moto".

"À dix tours de l'arrivée, la moto a commencé à être plus délicate à piloter. Étant 14ème, j'ai préféré assurer ces deux points plutôt que risquer de partir à la faute. Compte tenu des chutes qu'il y a eu aujourd'hui, il était important de rester sur ses roues".

L'analyse Moto-Net.Com : Mike di Meglio retrouve le sourire ! Dans les points pour la première fois de la saison, le toulousain a réellement progressé et se réjouissait samedi d'avoir mis le doigt sur des réglages généraux qui lui permettent d'être à l'aise.

"Nous avons désormais une bonne base, assure le n°63, qui souhaite maintenant se concentrer sur la constance de sa moto. "La GP14 est vraiment rapide sur un tour, mais c'est encore difficile de maintenir un rythme élevé tour après tour".

Profitant des déboires techniques d'Hector Barbera (contraint de s'arrêter aux stands pour un souci de frein), Mike di Meglio bat au passage son coéquipier, patron de la sous-catégorie Open. Le champion du monde 125 cc 2008 termine à 15 secondes de son compatriote Loris Baz, avec lequel il s'est tiré une bourre bonne en course.

Marc Marquez, Honda-Repsol Factory (4ème en qualifs et abandon sur chute en course) : "J'ai essayé de me donner à 100% pour ma course à domicile, mais j'ai attaqué trop fort et c'était une erreur. Je voulais réussir ma course coûte que coûte et ce sont des choses qui arrivent. J'étais bien parti, j'essayais de préserver mes pneus derrière Jorge, mais j'ai commis une erreur et je suis par conséquent parti trop large".

"Quand je suis arrivé dans les graviers, j'ai vu que le mur était très proche, j'ai donc penché la moto mais je n'ai pas pu l'arrêter. J'ai pu repartir pour rentrer au garage mais j'ai vite réalisé que le levier de vitesse était endommagé et je ne pouvais pas changer de rapport. Je tiens à remercier les fans qui étaient venus, le meilleur de cette journée a été d'écouter leurs encouragements durant les trois tours que j'ai faits"

L'analyse Moto-Net.Com : Désormais cinquième au classement provisoire avec 69 points de retard sur Rossi et 68 sur Lorenzo, Marc Marquez est au pied du mur suite à cette deuxième chute consécutive... Mathématiquement, le double champion du monde reste dans la course au titre : il reste onze courses à disputer, soit un potentiel de 275 points à marquer.

Mais au regard de sa situation et de la forme des Yamaha boys, il lui faudrait un coup de main du destin pour reprendre l'ascendant sur ses réguliers rivaux, même en renouant - enfin - avec la victoire. Car dans la mesure où sa dernière victoire remonte à déjà cinq courses (GP des Amériques), renverser la tendance ne semble pas si évident...

Le fond du problème réside d'ailleurs peut-être là : habitué à courir pour gagner, Marquez peine à gérer cette mauvaise passe car il n'accepte pas d'attendre son heure en terminant deuxième ou troisième. Son empressement à Barcelone conforte cette théorie : le n°93 a réalisé le meilleur tour en course et s'est précipité pour suivre Lorenzo, sans chercher à ménager ses pneus malgré ses plaintes répétées sur la tendance de sa moto à justement les abîmer trop rapidement...

Son entrée ratée suivie d'une inévitable chute dans le virage n°10, La Caixa, confirme aussi son pilotage sur le fil : peinant à suivre Lorenzo, Marquez a forcé pour rester dans son sillage en misant quitte ou double sur les phases où il excelle, les entrées de courbes. Le souci, c'est qu'attaquer de la sorte dès le troisième tour est une stratégie très risquée.

Trop, quand on compte déjà deux résultats blancs au compteur et seulement deux podiums en sept courses (premier à Austin et troisième à Jerez). D'autant plus regrettable que sa moto étrennait à Barcelone de nouveaux échappements favorisant le couple à la puissance pure, ainsi qu'une électronique remaniée pour adoucir le comportement du V4.

Des modifications jugées prometteuses, bien qu'encore insuffisantes aux yeux de Marquez pour se sentir complètement à l'aise sur la RCV 2015. Déçu mais lucide, le n°93 a immédiatement assumé les responsabilités de son erreur, sans chercher à incriminer le comportement de sa moto pour l'expliquer en partie comme lors des courses précédentes...

Nouveaux tests officiels avant le GP des Pays-Bas

La huitième course MotoGP de la saison 2015, le Grand Prix des Pays-Bas, se déroulera à Assen du 25 au 27 juin. Attention : comme d'habitude en terres néerlandaises, les courses se disputeront le samedi et non le dimanche. En attendant, les cracks du MotoGP restaient à Barcelone toute la journée pour une nouvelle série de tests officiels.

Perturbée par la pluie depuis ce matin (d'où la moue dépitée de Loris Baz ci-contre vers 13h00, au plus fort de l'averse), cette séance a vu le team officiel Yamaha replier les gaules à 13h45, faute d'améliorations météo annoncées. Mauvaise pioche pour Rossi et Lorenzo : le ciel est ensuite revenu à de meilleurs sentiments, permettant aux pilotes de progressivement tourner dans des chronos très rapides.

A 2 heures de la fermeture prévue de la piste, Bradley Smith menait ainsi les débats grâce à un superbe tour en 1'42.018, soit 0,164 sec plus vite que le record du tour en course détenu par Marquez depuis 2014. Juste derrière (à 0,051 sec), Vinales confirme les progrès de Suzuki devant Aleix Espargaro et Marc Marquez.

Mais une nouvelle averse tombée vers 16h00 a finalement sonné le clap de fin ! Pour les constructeurs, Honda en particulier, cette journée était extrêmement importante car elle constituait l'une des dernières opportunités pour introduire des nouveautés sur le plan électronique.

Le règlement stipule en effet que les équipes d'usine les plus avancées en la matière (Ducati, Honda et Yamaha) devront bientôt "geler" le développement de leurs logiciels, et commencer à plancher ensemble la version standard utilisée par toutes les motos en 2016. Rappelons que Suzuki et Aprilia ne participent pas, pour l'instant, à l'élaboration du modèle commun.

Normalement, ce gel était prévu pour le 1er juillet, mais il est finalement repoussé après le Grand Prix d'Allemagne, le 12 juillet. Ce qui signifie que dans deux courses, Honda, Ducati et Yamaha ne pourront plus rectifier un problème en développant un nouveau programme "maison", comme le blason ailé s'est justement efforcé de le faire en Catalogne !

Après cette journée officielle durant laquelle Aprilia a testé pour la première fois un embrayage à sec sur sa RS-GP - dispositif généralisé en MotoGP -, Ducati restera en Catalogne pour une journée de tests privés mercredi tandis que Yamaha roulera en Aragon (Espagne) mardi avec les pneus Michelin et mercredi avec les pneus Bridgestone. A suivre bien évidemment sur MNC : restez connectés !

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Honda, cette saison, fait les frais du règlement instituant le plombage des moteurs pour la catégorie « Factory ». D’après Marquez et Pedrosa, la puissance délivrée par le moteur 2015, semblerait trop brutale, et rendrait plus difficile le contrôle de la moto sur la durée d’une course. Pour les ingénieurs et les pilotes, les options paraissent désormais limitées au travail sur l’électronique pour adoucir l’arrivée de la cavalerie ou essayer de la faire passer en testant…les anciens châssis. Il semblerait qu’il faille s’habituer à voir deux des extra terrestres galérer pour le reste de la saison… Parce qu’il a fallu toute la vista du champion du monde en titre, pour gagner un Gp cette année, grâce notamment à la possibilité de faire un tour qualif de feu en se battant avec la moto, et de se placer divinement pour réaliser une belle entame de course. On assiste régulièrement depuis quelques GP, à un phénomène nouveau : voir une des deux Honda officielles se battre pour arracher un billet en dernière séance qualificative. Quand il s’agit d’Aoyama, c’est anecdotique, mais quand Marquez et Pedrosa se retrouvent au milieu des « Open » ou « Factory Open », il y a de quoi faire douter n’importe qui. Une fois cet écueil passé, le réel problème pour les Honda boys, c’est qu’il faut maintenir cet effort sur plus d’une vingtaine de tours en course, et cela devient beaucoup plus difficile, car les pilotes n’ont droit à aucune erreur de concentration ni de pilotage. Et, si Marquez semble avoir beaucoup de mal cette saison, c’est peut-être parce qu’il ne dispose plus d’un package lui permettant de partir dernier et de remonter tout le monde, comme en Moto 2, en se basant uniquement sur sa science du pilotage et son gros coeur. D’où son impatience lorsqu’il n’a pas la piste totalement libre devant lui, et comme il n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié, il s’en remet à sa bonne étoile en tentant des actions Kamikazes sur les leaders. Mais ça, c’est dans le meilleur des cas, à savoir quand sa place sur la grille et son départ lui ont permis de se retrouver dans le bon paquet dès les premiers virages. Le championnat risque d’en souffrir un peu cette année, mais les qualités du bonhomme ne sont pas à remettre en cause, car il dispose d’un mental en acier trempé. Une deuxième difficulté cette année, repose encore sur le règlement provisoire, permettant aux « Factory Open » de figurer en haut de la feuille des temps, lors des essais, grâce à l’utilisation de pneus « Extra softs ». C’est un réel plaisir de voir à nouveau les Ducati et les Suzuki occuper les premières places de la grille, car le mélange des couleurs et des sponsors, permet aux diffuseurs télévisuels d’offrir un riche panel aux téléspectateurs durant un gros quart d’heure avant que les fauves ne soient lâchés. Mais une fois que le sport reprend ses droits, les performances des uns et des autres peuvent être altérées, car les héros du samedi se transforment parfois en chicanes mobiles le dimanche… D’où l’intérêt pour Yamaha, de disposer d’un pilote comme Lorenzo, capable de sortir régulièrement un temps le samedi, qu’il soit malade ou pas, car ils savent que s’il est bien qualifié, le résultat suivra, et d’un Rossi, qui, s’il se retrouve derrière une tribu de « Factory Open », saura toujours faire un résultat, même s’il doit mettre la moitié de la course à empiler les dépassements comme s’il jouait au « Tétrys », mais en assurant le spectacle, ce qui est bon pour Yamaha et pour les organisateurs. Ce qu’il fait avec la Yamaha, Pedrosa aurait certainement aimé le faire dimanche avec sa Honda, car finir à 19 secondes du vainqueur, ça ne lui ressemble pas. Comme tous ses fans, Rossi doit parfois se dire, qu’avec un même règlement pour tout le monde, il aurait peut-être une ou deux Ducati ou une ou deux Suzuki en moins devant lui, ce qui lui permettrait de partir en première ou deuxième ligne et qu’il pourrait se battre d’entrée pour la victoire, mais il faut s’accommoder des règlements, et à ce jeu là, celui qui s’en sort le mieux depuis quelques courses, c’est Lorenzo. Dernière remarque, la progression du moteur Suzuki a été incroyable, mais l’homogénéité avec l’électronique semble en avoir pâti, au regard de leur départ façon « mou de veau » par rapport au reste du plateau, ce dont ne semble pas souffrir l’Aprilia de Bautista qui progresse à chaque sortie, et dont on ne parle pas trop. Mais les évolutions commencent à poindre, car Bautista est passé après 4 GP, de l’antépénultième place, au deuxième tiers du tableau pendant que Mélandri continue à faire payer à son employeur, sa décision de l’avoir transféré du SBK au Motogp. Hervé Poncharal doit plaindre le staff Motogp d’Aprilia, car l’attitude de ce pilote doit lui rappeler de bien mauvais souvenirs…

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