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COMPARO
Paris, le 25 novembre 2010

Comparo CB1300S, Bandit 1250 et XJR1300 : que valent ces derniers sumos ?

Comparo CB1300S, Bandit 1250 et XJR1300 : que valent ces derniers sumos ?

Loin des ''maxi'' roadsters 1000 cc de plus en plus sportifs et exigeants, Moto-Net.Com vous propose un combat opposant les trois derniers véritables gros roadsters japonais : Honda CB1300S, Suzuki Bandit 1250 et Yamaha XJR1300... Essai comparatif !

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En route : Hadjime !

Des trois Sumos, le plus doux est sans conteste le XJR1300 : malgré une boîte de vitesse à la sélection un poil rêche, la disponibilité du moteur, l'injection correctement calibrée et la souplesse des suspensions font de la Yamaha une monture agréable à découvrir.

On démarre sans accélérer, une rotation minime du poignet droit permet de se caler rapidement à 50 km/h en 4ème - voire sur le 5ème et dernier rapport -, on passe les dos d'âne sans - trop - ralentir, on voit parfaitement dans les rétros et on prend grand plaisir à se voir dans les vitrines !

On est toutefois vite rappelé à l'ordre lorsque se pointe le premier virage : sous les 20 km/h notamment, le train avant se montre lourd et la moto tend à engager passé un certain degré d'inclinaison.

De plus, son poids conséquent, son inertie et les transferts de masse appellent à la prudence. Les remises de gaz ou reprises des freins en pleine courbe ne sont pas sans incidence sur la trajectoire du monstre ! Il ne faut donc pas griller les étapes avec la XJR, sous peine d'être vite débordé.

Cette vigilance devra redoubler par mauvais temps : la Yam' ne dispose pas d'ABS (même pas en option) et le ressenti du freinage est dans un premier temps gommé par la plongée de la fourche. Sur le sec, on se rend compte que les deux disques avant ralentissent très efficacement la bête et que le mordant des étriers est en fait atténué par la suspension avant.

La Honda possède un train avant bien plus neutre que la Yamaha, une boîte de vitesses plus douce (5 rapports également) et des suspensions moins molles. Elle ne déçoit que par ses à-coups d'injection, surtout à la décélération, qui ne sont pas gommées par ses suspensions moins lâches que sur la Yamaha.

A contrario, avec son guidon plus haut et sa partie cycle mieux équilibrée, la CB1300S se sort un peu mieux des portions viroleuses que la XJR1300. Pour autant, son demi-carénage et son instrumentation ultra complète lui donne davantage des airs de routière que de roadster. Son freinage confirme parfaitement cette impression.

Dotée d'origine du système C-ABS, la Cébé ne craint guère les pavés gras-mouillés, les plaques d'égouts ou les usagers de la route peu prévenants ! En balade, on adopte vite le freinage à la pédale qui actionne simultanément les freins arrière et avant, tout en garantissant un équilibre parfait de la moto. Un atout particulièrement appréciable en duo et sur des petites routes en descente.

On se sent donc en parfaite sécurité à bord de la Honda, quelles que soient les conditions. L'homogénéité globale de la machine n'est pas étrangère à ce sentiment : le savoir-faire des hommes de Tokyo a encore frappé ! Bien qu'impressionnante de prime abord, la CB1300S facilitera la tâche du pilote, même peu expérimenté.

Son moteur, toujours disponible, manque un peu de caractère à bas régime par rapport à celui de la Yamaha, mais il n'en reste pas moins efficace et très agréable à utiliser.

En comparaison, la Bandit 1250 passe pour un roadster sportif : suspensions bien plus sèches que celles de la Yamaha, position plus sportive que sur la Honda, la Suzuki profite en outre d'un moteur ultra rond et rempli pour devancer ses deux compatriotes !

Sa boîte 6-vitesses est d'une efficacité incroyable et fait même oublier la dureté du levier de l'embrayage, que l'on n'actionne plus que lors d'un arrêt total. De même, le "Douze et demi" accepte de repartir depuis le ralenti sans jamais broncher et bénéficie très rapidement d'une vigueur redoutable. Les ingénieurs d'Hamamatsu s'y connaissent en motorisation !

Plus agile que ses comparses, la Bandit demande moins d'efforts et permet davantage d'improvisation. Elle déstabilisera moins les motards habitués aux moyennes cylindrées et leur pardonnera plus. Tant et si bien qu'on roule plus vite à son guidon qu'à celui des deux autres gros roadsters. Tel un Karateka, la Bandit favorise l'attaque à la défense !

Et il n'y a pas que dans le sinueux que la Suzuki prend les devants. Postées sur leur dernier rapport à 90 km/h, les trois motos ronronnent aux alentours de 3000 tr/min : 3000 en 6ème pour la Suz', environ 3250 en 5ème pour la Honda et la Yamaha.

Au moment de s'insérer sur l'autoroute, la Suzuki part toute seule comme une balle ! La Yamaha tente bien de suivre le brigand, mais en vain... Et la Honda, plus lente à se mettre en action, ferme la marche. Vers 5000 tr/min cependant - oui, la bienséance et la maréchaussée réunies voudraient que l'on ne dépasse pas ce régime sur route ouverte -, la CB1300S reprend du poil de la bête et dévore la XJR1300.

Malheureusement pour la CB, la Bandit ne peut pas être rattrapé... À moins que la course poursuite ne dure plusieurs kilomètres, auquel cas le pilote de la Honda, plongé derrière sa bulle, finira par avoir raison du fuyard et de sa monture totalement dépourvue de protection ! Ou comment le Sumo Honda sort finalement la Bandit Karateka du Dohyo...

Sur la Yamaha, avant même le mal aux cervicales et aux bras, les vibrations dans les cuisses et les fesses (entre 4000 et 5000 tr/min) écourteront les escapades sur voies rapides. Dommage, car le châssis et les suspensions pourtant "Vintage" - comprenez confortables et perfectibles en mode arsouille - de la XJR 1300 permettent de franchir les longues courbes à très grande vitesse.

Côté pratique, la palme revient à la CB1300S, pourvu d'un vide-poches mais aussi et surtout d'un vaste espace sous la selle. Seul petite difficulté : trouver puis actionner la tirette placée derrière la serrure qui permettra de soulever la selle ! Le "coffre" de la Honda permet d'embarquer un antivol, une combi de pluie, une seconde paire de gants et un nécessaire anti-crevaison ou une petite bombe de graisse à chaîne.

La place est davantage comptée sur la Yamaha, mais on peut tout de même y loger un U, une combi et quelques outils supplémentaires. Sous la Suz' en revanche, il faudra se contenter d'un bloque-disque et d'un pantalon de pluie.

Si l'on souhaite ensuite poser un gros sac ou une passagère derrière soi, la CB1300S se montrera de nouveau la mieux armée. Quatre ergots pour le sac (autant sur la Yam et seulement deux sur la Suz'), une selle large, des poignées bien placées, des repose-pieds bas et une vue dégagée pour le copilote : c'est la Honda qui séduira le plus à vos tendres moitiés.

Enfin, du point de vue de la consommation et de l'autonomie, la Honda marque de nouveaux points grâce à une conso moyenne lors de notre comparo de 6,6 l/100 km, soit une autonomie théorique d'environ 320 km. Avec les mêmes 21 litres, la Yam' parcourt au maximum 295 km (7,1 l/100km), tandis que la Suz' avec son petit réservoir de 19 litres s'arrête 20 bornes plus tôt (275 km à raison de 6,9 l/100km).

Difficile au final de désigner une véritable gagnante à l'issue de cet essai comparatif... D'un point de vue performances pures et rapport qualité /prix, la Suzuki Bandit 1250 se démarque nettement. Mais son look moderne, plus ou moins réussi et trop proche de celui de la 650, pourra être rédhibitoire chez certains - ceux qui cherchent une "vraie" machine Vintage.

Homogène, polyvalente et très bien finie - belle, ajouteront même certains ! -, la Honda - "vraie-fausse" ancienne - nécessite une bourse bien garnie. Dommage que Honda France ne daigne plus importer la version non carénée... Il est également regrettable que pour un tel tarif, la béquille centrale ne soit pas livrée de série.

Enfin la Yamaha enfin offre son lot de sensations et de fierté, le tout dans un confort royal. Malheureusement, les vibrations du moteur pourront irriter les plus sensibles, l'absence d'ABS inquiéter les plus citadins et le poids éloigner les moins costauds...

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CONDITIONS ET PARCOURS

 
  • Modèles français d'origine (Pot Devil livré de série sur la Suzuki)
  • Pneus : Dunlop Sportmax D220 (CB1300S), Dunlop Sportmax D218 (Bandit 1250) et Dunlop Sportmax D252 (XJR1300)
  • Parcours : 450 km
  • Routes : Route, autoroute, ville
  • Consos : de 6,6 l/100 km avec la Honda, de 6,9 l/100 km avec la Suzuki et 7,1 l/100km avec la Yamaha
  • Problèmes rencontrés : RAS
 
 
 

POINTS FORTS HONDA CB1300S

 
  • Homogénéité de la machine
  • Look et finition
  • Freinage C-ABS
 
 
 

POINTS FORTS SUZUKI BANDIT 1250

 
  • Tarif imbattable
  • Moteur plein partout
  • Performances sur bon revêtement
 
 
 

POINTS FORTS YAMAHA XJR1300

 
  • Dernier "vrai" gros roadster
  • Confort suspensions/selle
  • Partie-cycle
 
 
 

POINTS FAIBLES HONDA CB1300S

 
  • Pas de version "naked"
  • Béquille centrale en option
  • Tarif
 
 
 

POINTS FAIBLES SUZUKI BANDIT 1250

 
  • Look (de la 650...)
  • Suspensions sèches
  • Finition
 
 
 

POINTS FAIBLES YAMAHA XJR1300

 
  • Poids et inertie
  • Pas d'ABS
  • Vibrations moteur
 
 
 
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