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Paris, le 29 août 2012

Baisse de l'essence : l'État fait le plein... de mécontents !

Baisse de l'essence : l'État fait le plein... de mécontents !

Comme promis durant la campagne présidentielle de François Hollande, le gouvernement Ayrault a annoncé une baisse du prix des carburants allant jusqu'à 6 centimes d'euros par litre, applicable dès aujourd'hui et pour une durée minimale de trois mois (lire notamment MNC du 15 août 2012 ).

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Comme promis durant la campagne présidentielle de François Hollande, le gouvernement Ayrault a annoncé une baisse du prix des carburants allant jusqu'à 6 centimes d'euros par litre, applicable dès aujourd'hui et pour une durée minimale de trois mois (lire notamment MNC du 15 août 2012).

Cette petite baisse sera prise en charge à parts égales entre l'État et les entreprises pétrolières, ce qui représente pour l'Etat un effort "d'environ 300 millions d'euros", estime le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, qui a précisé que cette mesure mise en place pour une durée de trois mois serait suivie par "un mécanisme plus pérenne".

"Les prix baisseront jusqu'à 6 centimes à la pompe, 3 centimes pour les pétroliers et 3 centimes pour l'Etat. C'est un effort substantiel : concrètement, c'est un euro et demi de moins pour un plein de 25 litres", a-t-il assuré.

Et le blocage des prix, alors ?

Premier constat : la baisse sur laquelle ont tant communiqué les socialistes se révèle bien plus modeste qu'attendue. Alors que le litre de SP95 dépasse les 1,65 € en moyenne et que celui du gasoil frôle les 1,50 €, beaucoup espéraient un coup de pouce plus conséquent de la part du nouveau gouvernement.

Jugeant la mesure "insuffisante", l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) estime que cette baisse ne représente au mieux que "douze euros d'économies par mois" pour un consommateur qui en dépense "plus de 200".

Alors qu'il avait déclaré pendant sa campagne vouloir "bloquer les prix des carburants", François Hollande a finalement fait machine arrière et s'est contenté de piocher sur le pactole empoché par l'État grâce à ses taxes sur "l'or noir". D'après le ministère de l'environnement, la part de la TIPCE (taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) et de la TVA sur un litre de carburant atteignait en effet entre 49,2% (diesel) et 57,2% (SP95) en 2011.

Cette "baisse" abondamment médiatisée apparaît donc assez mesurée - pour ne pas dire anecdotique -, d'autant que cet "effort d'environ 300 millions d'euros" devra bien être comblé d'une manière ou d'une autre par les citoyens... D'où un certain sentiment de ras-le-bol pour le consommateur, qui en a assez d'être "pompé" par des gouvernements de gauche comme de droite assurant ne pas pouvoir fournir plus d'efforts !

"Nous demandons la mise en oeuvre d’une "TICPE flottante", comme l’avait évoqué François Hollande lors des élections présidentielles. Elle empêcherait ainsi l’Etat de faire plus de profits au détriment du consommateur", a ainsi déclaré dans ce sens, Didier Bollecker, président de l’Automobile Club Association (ACA). "Lors d'une augmentation du prix du pétrole, la baisse de la TICPE compenserait la hausse et ne pénaliserait plus le consommateur. L’Etat conserverait tout de même un niveau de recettes satisfaisant", assure-t-il.

Des baisses inégales selon les stations

En outre, Pierre Moscovici n'a pas précisé si le montant de la baisse concernait à la fois le prix du gasoil et celui de l'essence. Une omission de taille, dans la mesure où le diesel représente 80% des ventes de carburants en France !

Enfin, il apparaît que la baisse ne sera pas de 6 centimes d'euros dans toutes les stations : certains distributeurs ont déjà fait savoir qu'ils n'étaient pas en mesure de prendre à leur charge une baisse de 3 centimes !

Chez Total, "l'effort" se limiterait plutôt à 2 centimes et de 1 à 3 centimes chez Leclerc et Système U, tandis que les rares stations encore détenues par des indépendants ont déjà prévenu que leurs diminutions serait calquées sur celles accordées par leurs fournisseurs. Et pas un centime de plus...

Conclusion : pour faire de vraies économies, le plus simple consiste encore et toujours à privilégier la moto ou le scooter dans vos déplacements quotidiens, notamment en ville où un deux-roues se faufile facilement entre les monospaces diesel et autres berlines dépassant les 150 ch, qui font du sur-place avec la clim' à fond...

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