La concession parisienne Paradise Moto commercialise notamment les sportives de marque MV Agusta, Cagiva et Bimota. Son directeur, Thierry Stapts, établit pour Moto-Net.Com son bilan de l'année 2009 et dévoile ses objectifs pour 2010. Moto-Net.Com : Que vous inspire l'évolution générale du marché du motocycle en 2009 ?
Thierry Stapts, directeur Paradise Moto : C'est la grande braderie !
MNC : Quel bilan dressez-vous de votre année ?
T. S. : Ce fut une année difficile, les concédants en profitent pour encore durcir leurs conditions...
MNC : Les immats ne sont pas tout : comment qualifieriez-vous votre bilan comptable ?
T. S. : La rentabilité est de moins en moins bonne compte tenu de l’augmentation irrémédiable des charges et du comportement des clients qui n’achètent plus des produits mais des prix : ils sont intoxiqués par la grande distribution.
MNC : Quelles est la situation actuelle de MV Agusta et comment voyez-vous l'avenir de cette marque ?
T. S. : Marque de prestige, marque de niche et de passionnés, mais malheureusement et compte tenu de la conjoncture économique, la clientèle n’a pas toujours eu les moyens d'assouvir sa passion.

MNC : Êtes-vous pleinement satisfaits des résultats de vos meilleures ventes ?
T. S. : Bof, à l’image de l’année écoulée...
MNC : Quels sont les modèles dont les ventes vous ont déçu et quelle en était la cause ?
T. S. : Dans la gamme Bimota, la DB7 et la DB6 ont été fortement pénalisées par la sortie des Ducati 1198 et Streetfighter : on avait un positionnement tarifaire plus élevé malgré une motorisation inférieure. Chez MV Agusta, malgré les nouvelles motorisations, on n'a pas réussi à conquérir de nouveaux clients. Ce qui prouve que le replâtrage de modèles anciens n'est pas la solution pour gagner des parts de marché et dynamiser une marque.
MNC : D'après vous, vos nouveautés 2009 ont-elles réussi leur première année ?
T. S. : Absolument pas ! Toutefois, la DB5R nous a agréablement surpris avec quatre unités vendues en 2009, ce qui en fait le meilleur produit de la gamme Bimota.
MNC : Quelle a été la bonne surprise 2009 ?
T. S. : Notre décision d’arrêter de vendre des scooters !
MNC : Quelle a été la moins bonne ?
T. S. : Les ventes sauvages de produits et accessoires sur des sites faussement domiciliés à l’étranger et qui n’hésitent pas à importer et vendre des produits à prix bradés pour lesquels nous sommes importateurs exclusifs...

MNC : Quel a été selon vous l'événement marquant de l'année 2009 dans le monde du deux-roues ?
T. S. : L'annonce de Harley de se séparer de Buell, mais surtout pour nous le retour aux affaires du prince Castiglioni !
MNC : Comment vos nouveautés 2010 ont-elles été accueillies par votre réseau et par l'ensemble des motards ?
T. S. : Comme la météo, ils attendent le dégel...
MNC : En 2010, quels seront vos objectifs ?
T. S. : On verra après les JPMS où nous exposons.
MNC : La part d'Internet a-t-elle augmenté dans votre activité en 2009 ? Qu'en sera-t-il l'an prochain ?
T. S. : Oui mais pas positivement en termes de marges.
MNC : Selon vous, reverra-t-on un Mondial du Deux-roues à la Porte de Versailles ? Si oui, dans quelles conditions ?
T. S. : Vu les tarifs prohibitifs pratiqués nous préférons d’autres salons à tarifs raisonnables. Concernant le parc des expositions de Versailles, nous réfléchissons à une éventuelle participation si les tarifs sont en phase avec le marché...
MNC : Quels seront vos grands rendez-vous 2010 ?
T. S. : Les JPMS, le salon du golf, le festival de la moto, Moto Légende, etc.
MNC : En conclusion, quelle maxime illustrerait le mieux votre bilan 2009 ?
T. S. : Travailler plus pour gagner moins...