Propulsé coéquipier de Casey Stoner chez Ducati durant l'hiver 2007, le vice-champion du monde MotoGP 2005 Marco Melandri était attendu comme le Messie au sein du team de Bologne... 
Jamais sacrés avec un pilote italien - en MotoGP comme en WSBK -, les Rouges espéraient en effet secrètement parvenir à concrétiser ce doux rêve en combinant l'expérience de "Super Marco" avec les performances étourdissantes - bien mises en avant grâce à Casey Stoner - de leur balle rouge... Las ! Dès les premiers essais, le Hérisson de Ravenne a pu mesurer l'ampleur de la tâche : la Ducati GP8 n'avait rien à voir avec les dociles Honda RCV sur lesquelles il a gagné cinq courses en catégorie reine, et aucun réglage n'allait parvenir à accorder les deux parties...

Une longue descente aux enfers débute alors pour l'italien de 26 ans, incapable d'approcher à moins d'une seconde les chronos de son chef de file australien qui -malgré quelques déboires - a été le seul à réellement tenir tête à un Valentino Rossi revenu au sommet de son art. "La saison 2008 est terminée. J'ai beaucoup appris de mes nombreuses déceptions. J'ai vraiment failli lâcher, au plus mauvais moment de ma carrière, et tout envoyer promener", confie Marco sur son blog. "Un jour, j'ai eu un déclic et j'ai compris que si autant de personnes croyaient en moi, je devais moi aussi y croire !".

Pour autant, croire en son talent ne lui suffira pas pour combler l'enrayement de la mécanique. Et si une belle 5ème place en Chine contribue à rendre un peu d'espoirs aux aficionados du champion du monde 250 (2002), sa 17ème place au classement final et les maigres 51 points marqués en 18 GP ne les satisfont pas pleinement... Passé aux côtés de John Hopkins chez Kawasaki pour la saison 2009, Marco Melandri a toutefois rapidement amélioré ses chrono lors des tests post Grand Prix à Valence, même s'il s'est montré incapable de tourner plus rapidement que son nouveau coéquipier américain.
"Maintenant, je vois les choses différemment et je me sens très bien. Mon travail est ma plus grande passion et je vais donner le maximum, parce que je sais que je vais énormément m'amuser !", avance l'italien : "non pas que je n'ai pas fait de mon mieux cette année, car j'ai abordé chaque course comme si je visais la victoire !"

Des aveux surprenants eu égard à ses résultats décevants et aux performances remarquables - mais épisodiques - de Toni Elias sur la Ducati "Sat"... Pas plus d'explications quant au meilleur classement final (13ème) de l'infortuné Sylvain Guintoli, actuellement en phase d'apprentissage sur sa Suzuki de British Superbike... Éludant la question, l'italien propose sa - fataliste - explication : "Quand rien ne va, il n'y a rien à faire ! J'ai compris qu'il ne servait à rien de se poser tout un tas de questions. Elles ne peuvent que vous rendre la vie plus difficile et vous apporter des préoccupations inutiles", estime le pilote aux 19 podiums en catégorie reine. "Je crois que parfois, il vaut mieux laisser les choses comme elles sont et se rassurer en sachant qu'on a donné le meilleur de soi-même", poursuit avec aplomb le n°33.