Trois revendeurs de mini motos et de quads viennent d'être relaxés par le tribunal correctionnel de Bobigny, trois mois et demi après une spectaculaire opération de police qui avait abouti à la confiscation de plus de 200 engins (lire notamment Moto-Net.Com du 3 décembre 2007). Selon Nicolas Ligneul, avocat d'un commerçant de Pantin chez qui 170 machines avaient été saisies le 18 mars, le tribunal a suivi l'arrêt de relaxe rendu le 12 juin par la cour d'appel de Paris concernant un revendeur de Dammarie-les-Lys, accusé comme son client d'avoir importé et vendu des véhicules "non réceptionnés" (article 321-1 du Code de la route), c'est-à-dire non homologués pour la conduite sur route.
A la surprise des prévenus, la relaxe a été requise par le parquet, pourtant à l'origine des poursuites, au vu des précisions apportées par la nouvelle loi du 26 mai 2008 relative aux conditions de commercialisation et d'utilisation des mini-motos. Et le tribunal a ordonné la restitution des machines saisies.
"Nous avons été les victimes d'une procédure chevaleresque", avec "au final un procureur qui retourne sa veste", a déclaré à l'AFP l'un des mis en cause qui s'est dit "soulagé" par cette décision.
Le tribunal correctionnel de Bobigny a donc donné raison aux professionnels du secteur, qui dénonçaient l'illégalité des poursuites engagées contre des revendeurs et soutenaient que l'article 321-1 du Code de la route ne pouvait s'appliquer aux mini motos, engins de loisirs non destinés à un usage sur route (lire Moto-Net.Com du 6 décembre 2007 et Moto-Net.Com du 25 mars 2008).
Tout en restreignant la vente et l'usage de ces engins, le nouveau texte distingue en effet clairement les véhicules qui n'ont pas vocation à circuler sur la voie publique et ceux dont la commercialisation peut constituer un délit (lire Moto-Net.Com du 4 février 2008).